Journal des penchants du roseau

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mardi 27 avril 2010

Bleu Terre - Terre minus

Une prairie de protection violette permet à une araignée de lumière de se protéger des tempêtes solaires. Des masses de protons, d’électrons, arrosent notre peau blanche et éclairent nos étoiles. Divine toile. Pas un artiste-peintre sur la Terre n’est capable de reproduire ce joli tableau… L’autoroute de protons navigue dans l’espace à grande vitesse et traverse des montagnes d’illusion, comme ma peine de te savoir lointaine. Mon corps s’expose et mon cœur explose si je pense à ma reine du silence, mon ex… piration s’arrête. La solitude me traverse comme un champ de chansons, il est difficile de trouver une raison pour survivre à un abandon. Heureusement, la vue d’une mer de feu rose incandescente me transmet sa force tranquille, et j’avance vers ce chemin inconnu qui mène à la fosse commune, ce lieu si sage, où le silence dort. Secrètement, j’aimerais que nous partagions cette route. Ton charme m’envoûte et je plane sur mes souvenirs d’Espagne. Tu vis en moi. Cette folie me berce, me transperce comme ces glaives de rayons. Je saigne et me sais si fragile, j’ai perdu le mode d’emploi pour sourire à la vie, depuis que tu as quitté le nid que je construisais en oubliant de dormir la nuit.

Combien d’étoiles brûlent pour que mes vœux s’exaucent ?

De pleines poignées identiques à ce sablier qui laisse le temps s’envoler...

Et mes rides construisent un rideau, un voile que tu voles, mon innocence. Sans partage, la vie n’est rien qu’un soupir, une île déserte qui transpire d’ennui. Moi, je voyage dans l’absolue certitude d’avoir rencontré ma sœur d’âme.

Oui, je suis fou !

in Bleu Terre, Jean-François Joubert, 2010.

mardi 13 avril 2010

Bleu Terre - L’Enfant

L’enfant nage dans ce bain d’étoile, il tisse sa toile et devient une lumière. Sur la Terre, sa maman regarde le désastre, la lune se cache et l’ange devient gardien du troupeau : chèvres, lions, licornes ou chats. Du coin de l’œil, le petit surveille les anciens, ceux qui croient savoir où se cache l’âme des défunts. Dès l’aube, le chérubin s’amuse à crayonner le ciel, c’est lui qui tire les ficelles et donne, selon l’humeur, des gris ou de la couleur. Parfois son cœur se fâche, alors sa colère tonne et l’orage s’abat sur les flingueurs d’innocence, ceux qui nomment argent la chance. Lui, sa vitesse-soleil l’entraîne sur des couloirs d’ivresse, qui caressent son esprit et le plongent dans les ténèbres d’un trou noir pour parfaire son œuvre. D’alizarine, de prune et de pourpre mandarine, le jeune artiste peint des nuages, il imagine des villes sans poison.

Regardez cette lueur qui flotte dans la nuit !

C’est le petit prince qu’elle habille, habile. Il dessine des fleurs, ôtant toutes les distances. Le garnement joue entre les mondes et allume les cieux, son désir de vie est un flot qui brûle d’espoir les yeux de sa mère, elle qui se sent perdue sans la musique de sa voix.

Si la mémoire est là, il vit... Beau, il vole mieux que l’oiseau.

in Bleu Terre, Jean-François Joubert, 2010.