Journal des penchants du roseau

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

lundi 25 octobre 2010

Oser les penchants II

Morabo del Gurugú

Cher lecteurs,

Vous trouverez, ci-dessous, un mail envoyé ce jour aux librairies indiquées dans la liste à son pied.
Vous appréciez un ou plusieurs livres des penchants du roseau ?
Vous fréquentez une ou plusieurs librairies ?
Étonnez-vous auprès de son responsable de ne les trouver ni en vitrine, ni sur une table, ni en rayon. Merci.
Cet étonnement peut bien évidemment s'exprimer pour tout livre qui ne bénéficie pas des rouleaux compresseurs de la diffusion avant pilon.

Et que chauffe la colle !

_

Madame, Monsieur,

« Les penchants du roseau », librairie artisanale, vous propose un très petit choix de livres fabriqués à l'unité dans son atelier sis au bord de l'étang de Saint-Aubin-du-Cormier en Ille-et-Vilaine. Serez-vous le premier libraire à oser commander un ou plusieurs de ses livres de votre propre chef ?

Aujourd'hui trois livres sont disponibles à la commande :

Le Souvenir de personne, Cécile Fargue, ISBN : 978-2916965-04-8 – à paraître ce 8 novembre 2010.

« Ce sont les mots de Sébastien, jeune garçon de 14 ans qui vit ses derniers instants. Une vie d’errance, à la marge de ce qui est bien, de ce qu’on regarde, et dont Cécile Fargue se souvient pour nous. Mais, Le Souvenir de personne n’est pas un témoignage de la misère, c’est une mémoire qui s’ouvre comme une prière, un cri contre l’indifférence. De la longue lettre qu’elle lui adresse aux courts textes qui redessinent les derniers mois de sa vie, Cécile nous parle de Sébastien et nous offre la chance d’une rencontre : celle que nous n’avons pas su faire et qui va désormais nous habiter longtemps.

Troublante, émouvante, poétique et grinçante, la langue de ce Souvenir fait vivre toutes les nuances du gris. Cette palette sensible où le noir n’existe que parce que le blanc n’est jamais totalement absent. »

http://billets.domec.net/pages/Le-Souvenir-de-personne

Bleu Terre, balade poétique & insulaire, Jean-François Joubert, ISBN : 978-2-916965-02-4 – publié le 17 mars 2010.

Brève présentation : « Une récréation d’un monde commence-t-elle par une comptine ? Jean-François Joubert le suggère en amorce de Bleu Terre, balade poétique. Son verbe, doux et sensible, sera ses conversations avec les êtres qui, entre estran et abysses, peuplent les redoutables récifs où se fracassent les coques égarées, les lames écumantes, sous le regard distrait de l’astre de nuit. Les toiles de Georges Briot sont, dans leur reproduction, sa respiration picturale. »

« (…)Encore des goélands, qui s’isolent dans le ciel. L’idée lumineuse du reflet du soleil apparaît, entre les pierres de l’aber. L’astre exauce leurs prières, petit guide innocent pour ceux perdus en mer. La fureur des bords de mer efface presque les désirs d’îles, de Molène, de Sein, et de celle qui perd lueur et sang. Plein ouest, le Stiff sort de l’ombre. Immense phare qui indique les caps, éloigne des dangereux murmures du Fromveur, magnifique courant au trouble sourire carnivore.(...) »

http://billets.domec.net/pages/Bleu-Terre

La Chèvre jaune & Balade caprine à travers la littérature tourangelle, Pierre de Musset, Jean Domec, ISBN : 978-2916965-03-1 – publié le 15 août 2010.

« On fait, en Sicile, une grande consommation de lait de chèvre. Tous les matins, quantité de troupeaux descendent des montagnes et parcourent les villes en distribuant le lait de maison en maison. Le dormeur, réveillé par le son joyeux des clochettes, ouvre sa fenêtre et s’amuse à regarder ces escadrons de nourrices qui apportent dans leurs mamelles le remède des poitrines malades et le déjeuner des enfants sevrés. Les chèvres possèdent la mémoire spéciale des localités. Le troupeau s’arrête avec un instinct merveilleux devant chaque porte où il y a un chaland, et la nourrice chargée d’alimenter la maison se détache aussitôt de la bande pour venir se faire traire avec un air soumis et grave, comme si elle comprenait l’importance de ses fonctions. »

http://billets.domec.net/pages/La-Ch%C3%A8vre-jaune

Comme, vous en conviendrez avec moi, le choix d'un livre à transmettre ne peut se faire qu'en connaissance de son contenu, je suis disposé sur simple demande à vous envoyer l'image numérique (format pdf) des titres que vous désirez lire. Vous trouverez, ci-joint, le dernier bulletin des penchants du roseau à destination des libraires.

Bien à vous,

Christian Domec, apprenti libraire.
http://domec.net/

Liste partielle des librairies contactées :

Chapitre 8 Strasbourg
Librairie Broglie Strasbourg
Librairie OBERLIN Strasbourg
Librairie VINCENTI-URSCHELLER Haguenau
PLEINE PAGE Sélestat
QUAI DES BRUMES Strasbourg
FORUM ESPACE CULTURE – ALTKIRCH Altkirch
FORUM ESPACE CULTURE – COLMAR Colmar
FORUM ESPACE CULTURE – GUEBWILLER Guebwiller
FORUM ESPACE CULTURE – MULHOUSE Mulhouse
FORUM ESPACE CULTURE – SAINT-LOUIS Saint-Louis
LE GRIMOIRE Soultz
Librairie BISEY Mulhouse
Librairie HARTMANN Colmar
FORUM ESPACE CULTURE – BERGERAC Bergerac
Librairie DES LIVRES ET NOUS Périgueux
LA MANDRAGORE Périgueux
L’ESPACE LIVRE Draguignan
Librairie FORMATLIVRE Libourne
Librairie GEORGES Talence
Librairie MOLLAT Bordeaux
LA MACHINE À LIRE Bordeaux
MON LIVRE Pessac
PLACE MÉDIA - DAX Dax
MARTIN DELBERT Agen
Librairie DARRIEUMERLOU Bayonne
Librairie ELKAR MEGADENDA Bayonne
Librairie TONNET Pau
À LA PAGE Vichy
LA GRANDE LIBRAIRIE Vichy
LE POINT D’ORGUE Souvigny
AUX BELLES PAGES Murat
POINT-VIRGULE Aurillac
LE CADRAN SOLAIRE Riom
GIBERT JOSEPH - CLERMONT-FERRAND Clermont-Ferrand
TOUT UN MONDE Ambert
AU BROUILLON DE CULTURE Caen
LIBRAIRIE GÉNÉRALE DU CALVADOS Caen
FORUM ESPACE CULTURE – CHERBOURG Cherbourg
LES SCHISTES BLEUS Cherbourg
À FLEUR DE MOTS Montbard
GIBERT JOSEPH - DIJON Dijon
LE GOÛT DES MOTS Mortagne-en-Perche
Librairie - PAPETERIE HERVIEU Argentan
L’OISEAU LYRE Sées
LE PASSAGE Alençon
Le Cyprès Nevers
Forum Espace Culture – NEVERS Nevers
Les Arcades Tournus
Librairie Dialogues Brest

mercredi 31 mars 2010

Cécile, merci

Si en premier fut le verbe, n’était-il douter ?

Cette inextinguible soif d’exprimer ce qu’il y a d’enfoui en nous par un silence, une mémoire, la manière particulière de nouer un fichu, une mélopée, la trace d’un charbon prolongeant notre main sur une roche… et plus tardivement – plus récemment donc ; voie ultime ? – l’écriture est certainement ce qui nous est propre, ce qui nous est commun. Cette expression a un compagnon fidèle : le doute.

Le doute ne tétanise pas, il n’empêche la décision, il la tremblote, la bafouille, la lapsus (il travestit un nom en verbe comme une voix sensible chevrote).

Le doute accompagne celui qui écrit, celui qui choisit, celui qui passe.

Alors lire la critique de Cécile Delalandre, celle de Bleu Terre, fait un bien fou. Certes j’avais déjà lu des mots encourageants de Véra, Bernard, Corinne, Valérie… Mais là !

Oui, Cécile, merci pour Jean-François, merci pour nos penchants, merci de substituer à un doute le prochain.

Christian Domec, apprenti libraire.

mardi 16 mars 2010

Ce 17 mars 2010, Bleu Terre de Jean-François Joubert est publié.

Bleu Terre

mercredi 17 février 2010

Une brise sensible : Bleu Terre de Jean-François Joubert

La côte

Après les vents turbulents des Conards de Rouen, une brise sensible penche le roseau, celle de Bleu Terre de Jean-François Joubert.

Cette balade poétique & insulaire est illustrée par la reproduction de pastels et d'aquarelles de Georges Briot, le peintre du bout du monde. Elle sera publiée par nos soins le 17 mars 2010.

Pour les penchants du roseau, Christian Domec, apprenti libraire.

(photo, La côte, reproduction de l'aquarelle de Georges Briot, 1989)

mardi 9 février 2010

Mer ocre

sentiers_des_ocres

Attendre que la maquette soit finie, lécher la quatrième de couverture, y parler de récréation et de comptine, préfacer en soulignant ce paradoxe : un monde désenchanté où surgissent des êtres qui ne le sont pas, choisir des œuvres de Georges Briot, les reproduire soigneusement, ne les faire baver et s'interroger tout haut, comme je vais le faire, sur ce qui nous fait choisir un texte pour devenir livre. Attendre avant d'annoncer la publication de Bleu Terre de Jean-François Joubert. Compter les heures et lui dire merci pour la confiance qu'il accorde à l'apprenti libraire et les quelques exemplaires qu'il pourra façonner.

Quelle curieuse alchimie nous oblige à publier un texte plutôt qu'un autre ? Oh ! Je connais les réponses proclamées par ceux qui ont coutume de publier et ceux qui les observent : le texte diront les uns, le sexe et l'argent, proclameront les autres. L'affaire est entendue ce n'est qu'une question de goût, de préférence sucrée pour ceux qui ont l'ocre amer à la bouche, le boniment facile et l'imagination crispée. Et pourtant, je m'interroge. Pourquoi Bleu Terre ? Est-ce le texte ? Oui, certes, le texte ; et pourtant, non, pas le texte en lui-même, plutôt ce qu'il suggère de la sensibilité de l'auteur, ses conversations avec des êtres peuplant l'estran ou masqués par les profondeurs, la tête en l'air, l'œil cillant à l'astre facétieux. Et aussi la mémoire. Ce souvenir d'un bref échange, des images qu'il suggéra. Vouloir les décalquer d'un trait malhabile, ce que seul une main tremblante sait dessiner.

L'échange eut lieu là où les manuscrits étaient déposés du côté des éditions Léo Scheer, en voici la teneur, celle que mon greffier sut saisir :

Bleu Terre - vendredi 29 août 2008 - Poisson-de-lune

Les quarante ou cinquante premières pages sont à couper le souffle. J’ai cru rêver tellement c’est beau et fait résonance pour les amoureuses de la mer et des astres. Puis j’ai préféré m’arrêter par crainte de rompre le charme. C’est comme pour l’aquarelle ou le pastel, les matières sont tellement agréables au toucher que tout l’art est de ne pas trop s’y complaire, sinon le dessin risque de se fatiguer. Si j’étais jury dans un club de lectrices, je donnerais un 10/10 pour l’écriture en tous cas.

L’âge du capitaine - vendredi 29 août 2008 - Ludivine Cissé

Si vous avez moins de vingt ans, c’est - disons - vaguement encourageant. Autrement, votre effort est au mieux inégal. Quelques rares trouvailles qui frôlent la poésie, mais des tonnes de clichés navrants, aussi, et des échos de mirliton partout, partout. À moins que vous ne soyez un amoureux comblé, auquel cas vous ne faites que confirmer, après vingt-huit milliards d’autres niais triomphants, que le bonheur écrit décidément très mal. Mais à en croire le commentaire précédent, votre ami(e) a aimé - et si vous pensez que c’est l’essentiel, voire que cet avis prime sur tous les autres, alors écrivez plutôt des listes de courses. Vous m’êtes sympathique, cela dit. Une belle âme, sans doute.

Bleu Terre - vendredi 29 août 2008 - jeffjoubert

@ Ludivine Cissé. J’ai moins de vingt ans... d’écritures... et déjà, je cite : « quelques rares trouvailles qui frôlent la poésie. » Venant de vous cela me fait sourire. Je parcours le blog et vos commentaires sont toujours là, présents, pour faire mal. Les clichés, possible, mais contrairement à vous, je ne les note pas dans mes listes de courses. Donc si j’en fait c’est que je suis rattrapé par l’inconscient collectif... Pour finir, merci quand même d’avoir posé vos yeux sur ces textes, et je crois que vous avez essayé d’être « gentille ».

Bleu Terre - vendredi 29 août 2008 - jeffjoubert

@ Poisson-de-lune. L’écriture est ce plaisir de partager ses émotions, ne serait-ce qu’à une seule personne... Vous avez rêvé, quitté la scène avant de : « rompre le charme » et laissé ce commentaire, sincère, qui me touche... Que dire d’autre : Merci !
Conclusion : Merci d’avoir laissé un commentaire...

Sœur Emmanuelle - vendredi 29 août 2008 - Ludivine Cissé

@Jeffjoubert. Pas pour faire mal, non, ne vous méprenez pas. J’ai apprécié votre travail, même si je le dis sans doute avec la maladresse d’un style qui ne s’y prête pas. Seulement j’exècre le ménagement hypocrite et l’indifférence qui se voile d’une appréciation molle. Votre texte manque à mon avis de maturité, mais pas de talent ni d’ambition. Ce n’est sûrement qu’une question de temps, et d’expérience, pour qu’en disparaissent les scories qui m’empêchent d’être vraiment touchée. Au plaisir de vous lire davantage, et mieux.

Bleu Terre - vendredi 29 août 2008 - jeffjoubert

@ Ludivine Cissé. Là où je vous suis c’est sur le côté « inégal » cependant je ne suis pas certain que le temps soit un ami... (je brûlerais bien quelques textes...)
Et ce qui est sûr, c’est que vous n’êtes pas « hypocrite » et ce : « J’ai apprécié votre travail, même si je le dis sans doute avec la maladresse d’un style qui ne s’y prête pas », ce doit être un sacré compliment, du moins je le prends tel quel...
Merci... Vous me donnez l’envie de recommencer mes « listes de courses » en évitant les scories, bien sûr...

Bleu Terre - samedi 30 août 2008 - Christian

@Franfreluche. J’ai entamé Bleu Terre ce matin - aux aurores - comme vous m’y aviez invité. J’ai sursauté, la comptine des jours de la semaine qui ouvre l’ouvrage souvent je l’utilisais en d’autres variations auprès de ma fille.
Beaucoup de douceur dans ces textes, c’est charmant et enchanteur.
Votre comparaison - du moins celle de Poisson-de-lune - avec l’aquarelle et sa fragilité est très juste. J’ai lu la critique de Ludivine Cissé nécessairement outrancière et définitive, mais qui ne manque pas de justesse si on en atténue les traits (elle a aimé vraisemblablement avec tout l’agacement que cela procure). Du bleu-terre à la lettre-bluette la marge est mince ; les bluettes ne sont-elles pas aimables si l’écriture sait les habiller ?
Oui, un recueil d’aquarelles avec ces textes en vis-à-vis serait une bonne idée.

Bleu Terre - samedi 30 août 2008 - jeffjoubert

@Christian. Certains textes de Bleu Terre sont nés de mes impressions sur la vue d’aquarelles de Georges Briot, un peintre que j’adore. Merci de votre passage, de votre lecture et de ce commentaire...

Bleu Terre - samedi 30 août 2008 - Christian @Jeffjoubert. Ah Georges Briot, je ne connais pas. J’ai trouvé ce site.

Bleu Terre - samedi 30 août 2008 - jeffjoubert

@Christian. Eh bien maintenant vous le connaissez... le lien que vous avez trouvé est correct, cet homme peint la nature depuis de nombreuses années et son atelier se trouve près de chez-moi... Voilà comment, j’ai pu m’inspirer de ses propres inspirations, pour certains textes...

Bleu Terre - mercredi 22 octobre 2008 - eva baila

Jeff, je viens de lire avec plaisir Bleu Terre. J’y ai retrouvé des chapitres que j’avais déjà lu sur un site d’écriture, et que j’avais beaucoup aimés. À cette époque, je me souviens vous avoir demandé si vous étiez peintre aussi, tant votre écriture semblait colorée, visuelle. J’ai maintenant la clef : certaines évocations, dites-vous, sont inspirées du peintre Briot. J’ai lu Bleu Terre avec la naïveté du lecteur ordinaire, profitant de la mélancolie et de la douceur des évocations oniriques. Je n’ai certes pas l'œil d’un écrivain, ni celui d’un éditeur, et je me suis laissée bercer par cette douceur, sans trop de questionnement. Ce fut un très agréable moment passé avec vous, et je vous en remercie. Toutes mes amitiés. eva-Cerf volant.

Bleu Terre - jeudi 23 octobre 2008 - jeffjoubert

@ Cerf-volant. Quelle patience, puisque je sais que vous connaissez déjà ces textes, et malgré tout, vous continuez à y prendre du plaisir... Sachez simplement, que j’ai de nouveau envie d’écrire des textes courts, un peu grâce à vous. Merci et amitiés. Jeff

...
...

Se demander si la réponse ne se trouve pas dans ces quelques lignes, les relire encore et attendre que la maquette soit finie, lécher... avant d'annoncer... Bleu Terre.

Christian Domec, apprenti libraire.

(photo, Sentier des ocres, abigailvisits, licence creative common)