Journal des penchants du roseau

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Tag - Cécile Delalandre

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dimanche 12 février 2012

« Je crois bien qu'il a raison »

« (...) et à nous écouter parler je me suis souvenue d'une phrase que Tchéky m'avait dite quelques jours avant : "ce sont nos différences qui font le lien " ...
je crois bien qu'il a raison. »

Cécile Delalandre in Un Lundredi de Février 2012 "chez Ginette...."

lundi 6 février 2012

Le Bac à sable

La Belle et la Bête, Jean Cocteau, 1946.

On avait muselé mes dix ans. Bâillonnée, abandonnée derrière l’enceinte de pierres du pensionnat Saint Michel, je m'étais faite muette comme une pensée solitaire poussant entre les fils d'un trottoir bétonné. J’avais décidé de teindre en bleu marine un sourire de convenance et de l’adoucir d’un silence vêtu de socquettes blanches. Mais sous cet uniforme lisse et docile baignait l'écume de mes jours d'enfant qu'une eau bouillonnante ne cessait de blanchir.

Le soir, je déposais le masque et crachais en cachette ma hargne sur des vers qui se faisaient guerriers. Le jour, il m'arrivait pourtant de me battre vraiment pour briser les barreaux de cette geôle sanctifiée sur l'autel de mon éducation. Pendant mes longs jeudi de repos gris et moites puant l'errance amère, j'organisais des combats entre filles dans le bac à sable de la grande cour. Nous n'étions qu'une dizaine, petites compagnes d'isolement à fouler le gravier froid de la pension désertée par la meute de la semaine. Ces battles exorcisaient ma rage. Cogner, pincer, mordre, rougir jusqu'à l'apoplexie, suer, déchirer, bleuir, saigner me donnait l'illusion d'abattre tous les murs. Je ne pleurais jamais. Chaque coup reçu détruisait une frontière et chaque coup donné m'ouvrait un horizon. Mais c'était peine perdue. Châtiments et sanctions qui concluaient nos joutes armaient bien plus encore le ciment de ma bastille.

Après un mois de lutte dans le bac à sable, vint le résultat de la toute première rédaction de ma vie. Je crois que j'avais écrit un poème sur la mer avec des mots qui tanguaient sur des pieds incertains mais où la rime voguait paisiblement. Mademoiselle Deloffre, la prof de français l'avait lu à toute la classe. J'étais fière mais sans plus. Ce qui me réjouissait surtout c'était de me laisser porter par mes mots qu'elle clamait en oubliant étonnamment qu'ils étaient miens. Je réalisais le pouvoir de leur musique et la liberté qu'ils procuraient à s'évader. Écrire n'était pas que se battre ou vomir son aigreur, écrire c'était partir aussi. Ce fut ma première révélation. La seconde fut quand à la fin de sa lecture elle m'offrit en récompense un livre, mon premier vrai livre. Je le pris avec délicatesse et retournais rougissante de plaisir à mon pupitre. Je me souviens de la douceur du papier beige sous mes petits doigts et de l'illustration de la couverture. C'était un magnifique dessin où une jolie princesse regardait avec amour un homme vêtu comme un prince mais avec une tête velue de lion. Il s'agissait de La Belle et la Bête de Jeanne-Marie Leprince de Beaumont et dès cet instant je sus que ce livre m'accompagnerait toujours. Je le lus et le relus mille fois comme les Contes des mille et une nuits blottie sous les draps de ma petite prison qui n'en était plus une. Je me sentais légère et libre, libre de fuir sans que personne ne s'en aperçoive. Je crois même que je devins plus sage. Chaque nuit j'étais la belle : je jouais du clavecin ou chantais en filant et j'étais amoureuse de ce monstre au grand cœur dans son palais doré. Je n'éprouvais plus le besoin de me battre pour détruire la muraille de ma solitude et ma colère sourde s'était muée en une soif de lire. Je venais de découvrir que la littérature brisait les frontières et me permettait d'aller à l'assaut de contrées et d'idées inconnues sans même que je me cogne. Longtemps après pourtant, en lisant toutes sortes de livres, j'ai su qu'en définitive et depuis la nuit des temps, la littérature ne me parlait que de l'homme ... Avec elle je n'ai plus jamais été seule et ça m'a enchantée.

Cécile Delalandre

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Retrouvez Cécile sur La Lunule de Chios, en lisant Le Petit Porche aux éditions de L'Abat-Jour, en écoutant Bleu Terre (je n'ai pas le lien) de préférence Un Jour de grosse lune.

(photo extraite de La Belle et la Bête de Jean Cocteau, 1946)

samedi 14 janvier 2012

Un jour de grosse lune, Bankster & Peaux de papier

C'était il y a un an, déjà. Trois livres, fins & délicats, dont le papier cristal les enveloppant allait protéger leurs styles si différents. Des petits penchants partagés, ceux que l'on ne tait pas, car on aime les faire découvrir. Trois rencontres et leurs frictions, ces étincelles qui nous rassurent au point du jour. Celle de Robert, de Cécile & de Yasmina. Merci.

Bankster

Un jour de grosse lune

Peaux de papier

dimanche 1 janvier 2012

Bienvenue aux lectrices et lecteurs du Souvenir de personne

Le Souvenir de personne, Cécile Fargue, première de couverture

Le 5 octobre 2010, Le Souvenir de personne de Cécile Fargue est déjà parvenu en Marne et de là, il poursuivra sont parcours de mains en mains, accrocher l'œil de l'un, compagnon d'une soirée de l'autre. Nul ne saurait prédire ses itinéraires et les cheminements intérieurs qu'il suscitera.

Ce jour donc, j'ouvre ce lieu de bienvenue à ses lecteurs. Les commentaires, ci-dessous, vous sont ouverts. N'hésitez pas à formuler vos critiques du flacon ou de l'ivresse ; ou gardez le silence si vous le préférez.

[je réactualise ce billet-accueil des lecteurs du Souvenir de personne en y glissant au fur et à mesure que j'en prends connaissance des avis glanés ici ou là, n'hésitez pas à me faire parvenir les vôtres]


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Chaque fois que je passe devant un de ces bouquets qu’on voit parfois plantés en bord de route, j’accélère malgré moi, et pendant quelque temps, je ne peux m’empêcher de songer à cette personne qui a disparu, à ces gens qui l’ont aimée et qui sont peut-être seuls à se souvenir. Le pincement au cœur que j’éprouve dans ces moments-là, je ne sais s’il provient du drame qui s’est joué un jour à cet endroit ou de l’état du bouquet. Car certains sont tellement rabougris, tellement noircis par les voitures – sans parler des fleurs en plastique – qu’ils me foutent le cafard comme lorsque je traverse une zone industrielle. Je n’ai qu’une envie : être déjà loin. Ne me parlez pas de votre disparu.

Puis un beau jour, il pleut des cordes, la route est boueuse et triste. Et sur le bas-côté, je vois un autre ce ces bouquets. Mais ses fleurs sont tellement belles, et s’emploient si bien à cacher leur beauté, que je lève le pied, que je m’arrête.

Et en redémarrant, je me dis qu’elle a de la chance la personne à qui on a rendu un si bel hommage. Autant de chance que Nancy dans cette belle chanson de Leonard Cohen.

Pour moi, Sébastien, Nancy, c’est la même musique. Merci.

Sindbad le marin (recopié d'un commentaire ci-dessous)


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Ayant la chance d'avoir obtenu une prévente du "Souvenir de personne", je tenais à encourager tout curieux à se procurer cet ouvrage. Pour moi, l'émotion a été forte à la lecture de ce livre. Du sourire aux larmes, il nous transporte dans les tendres souvenirs de Cécile et laisse une morsure indélébile.... Si vous espérez trouver un livre cru et froid, détournez vous... Par contre, si vous voulez ouvrir vos yeux comme l'auteur l'a fait et tenter de vous imprégnez de ces souvenirs, de cette réalité, procurez vous "Le Souvenir de Personne".

Alexia (lu à cette adresse)


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Gamine, souvent, en rentrant de l'école, je faisais un crochet par le petit cimetière de campagne qui longeait la route surplombée d'un joli sous-bois où j'aimais m'attarder, au risque de me faire gronder.

Comme vous, Sinbad, j'ai eu maintes fois le coeur serré malgré mon bas âge - celui de l'insouciance - en observant les pierres tombales dénudées. Celles des enfants étaient toujours fleuries, je m'en souviens. En ce temps-là, les Sébastien n'existaient sans doute pas encore, sauf dans les livres évoquant des poètes dits maudits.

Aujourd'hui, je ressens qu'un livre tel que celui consacré à la mémoire de Sébastien peut placer un lecteur dans une position proche de la torture par tout ce qu'il renvoie en miroir. Par exemple, un frère perdu il y a peu, disparu sans collier, et retrouvé dans un bas fossé. Dès lors, je ne peux non plus "parler du disparu" !

Iris (recopié d'un commentaire ci-dessous)


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Ce qui est bouleversant, troublant aussi dans le "Souvenir de Personne" de Cécile Fargue, c'est qu'au-delà d'une lettre magnifiquement écrite sur le caveau d'une promesse tenue, elle nous crie à tripes ouvertes, son combat contre l'oubli et l'indifférence.

Ses mots justes, retenus, admirablement poétiques, sont bien pl...us forts qu'une Pâques, pour ressusciter Sébastien, son ami de rue mort comme un chien à l'âge de quatorze ans. Cécile Fargue nous parle deux mais c'est d'un, d'elle dont on entend encore le cri quand on referme ses pages.

Il est essentiel de lire ce petit bijou de talent et d'émotion brute.

Cécile Delalandre (lu à cette adresse)


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« L'amour, forme suprême de reconnaissance, permet à la narratrice de conférer une dimension supplémentaire à l'anonyme, de lui donner un supplément d'existence. "Personne" devient ainsi "une personne". Et le fait de mettre en scène un instant d'intimité entre la narratrice et le garçon, dans une chambre miteuse ("Novembre"), recrée pour le couple (où chacun se donne, alors que d'ordinaire le jeune homme se vend) la profondeur dramatique d'un rituel qui n'a rien de mécanique. »

Daniel Fattore, Lire l'article sur le site Fattorius.


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« (...) on évolue dans un monde où l'on ne dit pas "merci", le mot étant truqué par les menaces de la condescendance ou devenu "trop lourd". Un monde qui voit les enfances disparaître au contact de réalités grimaçantes. Pourtant le rêve enfantin n'est jamais loin, presque à portée de main. Perchés sur un arbre sans cabane où "on fait semblant d'être les Indiens de notre histoire", ou buvant une "grande rasade de cet alcool qui rend propre" (l'eau de Cologne) comme un élixir du pauvre, ou passant aux yeux d'un "clodo" un peu fou pour "le passeur de nuit" maître de rassurantes clés imaginaires, ou comment transformer un geste de mépris et de défense _ la copine qui s'essuie la manche _ en comptine urbaine, "un deux trois", ou Sébastien mimant avec dérision et sérieux le geste du jardinier: autant de moments où le quotidien le plus désespérant semble prêt à céder aux jeunes élans de vie, où par la magie du jeu l'existence semble soudain pouvoir être autre. »

Marc Sefaris, Lire le billet : Un poids, une place, ici.


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« (...) ce cri dans la nuit n’est ni empreint de rage ou de colère, d’angoisse ou de solitude. Il est une voix qui s’unit à celle de Sébastien ; il est une âme qui rejoint l’âme sœur ; un amour qui a trouvé.

(...) un long souffle retenu qui peu à peu se défait, et le lecteur, dans ce silence, écoute ; face à ce texte, se tait. »

Savina de Jamblinne Lire l'article sur le site Vingt mille lieues sous les livres...


********************************************** « (...) Je voudrais que cet objet-évènement se recopie, se fragmente, se répète, se simule, se dédouble, sans que quiconque n'impose ce qu'il voulait dire, ni de dire ce qu'il voulait être.

Le souvenir de personne, c'est du Mozart. Après sa lecture, même le silence est grand.

Merci à toi, Cécile de nous chuchoter tant d'émotions,de nous procurer cette sensation indéfinissable qui nous fait percevoir que nous sommes vivants... simplement vivants. (...) »

Robert Bruce [Lire le texte ici]


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« (...)Le souvenir de personne surprend par la maîtrise de son écriture et par la force du récit. On pense à L'attrape-cœurs de Salinger, à L'herbe bleue témoignage anonyme devenu culte, ces œuvres marquantes par leur universalité : parler des marginaux (dans le sens de ceux qui vivent dans la marge) est beaucoup plus efficace pour décrire une époque que de délayer le quotidien des gens dit normaux. Et ce livre a la grâce des œuvres écrites avec l'émotion de la jeunesse, cette grâce qu'on finit par perdre avec le temps. (...) »

Marie Lebrun Lire l'article sur le site Post scriptum...


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Parfois, il est bon de ne rien dire tant un texte se suffit à lui-même.
Lorsque j'ai lu « le Souvenir de personne » j'ai tout de suite ressenti ce besoin d'être discret, pudique, tant on est au cœur d'une histoire secrète... celle de deux adolescents... dont le destin sera tragique pour l'un d'eux.

Je garde en mémoire, tout ce passage où Sébastien tentera de se désintoxiquer... dans cette cabane prêtée... au bord d'un monde qui se réveille chaque jour... et qui n'est pas forcément le nôtre. « Le Souvenir de personne » c'est une tentative de faire revivre quelque chose, quelqu'un... mais c'est comme visiter un camp de la mort : on voit les décors, les paysages... ce qui reste... mais qu'en est-il vraiment des êtres humains qui ont vécu là ?

En un « Voyage au bout de la nuit »... le livre refermé, on garde le silence... c'est ce qu'il convient le mieux au souvenir de Sébastien... car le silence est profond, vaste et sans limite...

Il faut tout de même dire que j'ai été heureux de lire ce livre, d'être un "témoin" de ce qu'a été la vie de Sébastien.

Becdanlo


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Je repense à ce qu'en évoque Cécile et c'est vraiment cela, un cri , que pour ma part j'entends encore résonner en moi deux mois presque après sa lecture... et j'y repense souvent, cette angoisse qui noue le ventre, comment retenir un soupçon de ce qui a été, ne pas le laisser disparaître à jamais...Cécile Fargue a su si bien nous interpeller, nous accrocher...

le "Souvenir de Personne" restera le mien..

Ariane Grammaticopoulos (recopié d'un commentaire ci-dessous).


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On aura tous croisé dans les rues des grandes villes le regard si adulte, et enfantin, de très jeunes toxicomanes, sans faire rien d'autre que de s'éloigner en pressant le pas, et en cela le récit de Cécile Fargue prend toute sa dimension, dans ce sens qu'elle s'arrête, elle marque le pas, et le récit poétique qu'elle livre – même s'il aurait gagné à être resserré, épuré, acéré – sonne bizarrement juste.

Vincent Wackenheim (Lire l'article)


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Pour résumer, c'est pour moi un bien beau livre dans son style et son dessein, mais l'absence de soutien et de révolte donne un étrange sentiment de complaisance.

Stanislas Fleury (Lire le texte)


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Le Souvenir de personne s'est refermé tout doucement hier soir et il est devenu mien à présent. Sans difficulté, il a su trouver une place dans ma mémoire. Comment rester indifférent à cette indifférence dont souffre Sébastien ? L'indifférence tue ses victimes, dans un terrible anonymat. Il n'y a pas d'autre issue, l'indifférence ne choisit pas, elle ne veut pas choisir.

L'écriture à fleur de peau de Cécile Fargue, sa poésie et ses mots crus, aussi crus que les maux de Sébastien, magnifient cet adolescent dont l'héroïsme est plus puissant et plus morbide que son héroïne, fidèle compagne de ce voyage si court.

Bouleversée, retournée comme ce pauvre corps, j'ai pris, le temps de cette lecture, la place de Cécile et je l'en remercie. D'ailleurs, je me souviens de ce papi libidineux et de son regard lubrique. J'ai la nausée, j'aimerais le tuer.

Cependant, mon intrusion dans cette histoire a été parfois quelque peu perturbée. L'usage récurrent des points de suspension m'ont frustrée, à certains moments. J'aurais aimé que Cécile en dise plus, se laisse aller. Cette sensation de "retenue", même si elle est justifiée par l'émotion, exclut le lecteur de ce souvenir de personne, au risque de demeurer justement personne.

Et cette retenue, par instant, tombe dans son inverse, là où justement il ne faudrait pas trop en dire pour laisser le lecteur à sa propre interprétation qui ne sera jamais éloignée de la vérité. Un mot de trop, un adjectif inutile suffisent à contrarier, agacer même. Mais ces petites faiblesses nous rappellent que l'auteur est humain et que le talent doit rester humain.

Yasmina Teterel, (reçu par mail avec autorisation de le publier).


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« (...)Ce jeune garçon se prénommait Sébastien. En quelques dizaines de pages, Cécile Fargue l’a extrait de la fosse commune où on l’avait jeté. Elle lui a offert une sépulture – notre lecture – d’où il pourra poursuivre sa route. Latcho drom, Sébastien ! »

Lire l'article sur le blog de Gilles Monplaisir...


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Le Souvenir de personne : c'est pour moi une lecture bouleversante, très difficile, une expérience véritablement charnelle. Ce récit est un don qui traduit l'immense générosité et l'amour que porte en elle Cécile Fargue. Quelle grâce.

Anne-Laure Brun Buisson (avis reproduit avec son autorisation)


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C’est poignant, on ne sort pas intact d’une telle lecture, les mots manquent. Certaines scènes sont bouleversantes et terribles. Elles poursuivront longtemps le lecteur. Le pire est l’indifférence, la lâcheté des personnes ayant croisé Sébastien.

Parmi les personnes ayant profité de Sébastien, les personnes les plus humaines paraissent les plus coupables, car elles se rendent compte de la détresse de l’adolescent. Ces personnes en se montrant « amicales », , « bienveillantes », essaient de se déculpabiliser, tout en profitant de Sébastien.

Sébastien, transpercé d’aiguilles, nouveau Saint Sébastien, transpercé également comme une poupée vaudou, sur laquelle la société entière déverserait ses frustrations tout en le transperçant de toute part, en lui volant sa fraicheur, sa jeunesse, son étrangeté, son côté libre et sauvage contre de l’argent ou de la drogue.

Cette drogue détruit Sébastien, les clients le savaient pertinemment. Ils profitaient de Sébastien car il était seul isolé, ils pouvaient agir en toute impunité face à quelqu’un de démuni.

L’auteur, Cécile Fargue, en écrivant Le Souvenir de personne, rend hommage à cette vie perdue, à son amour perdu, en édifiant à la mémoire de Sébastien, un véritable monument de mots, j’ai bien aimé l’expression : « une cathédrale de mots ».

Rémy (copié d'un commentaire, ci-dessous)


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Un livre où l'on course la mort entraîné par ces deux-là. La voix de Cécile, l'innommable de Sébastien. Le tout dans l'indifférence de ceux qui passent où le viol de ceux qui paient. Rude, dur, couleur de muraille, d'urine, de shit.

Bourré de tendresse et de désespoir. ça fait du froid dans le coeur quand on referme le livre et c'est bien. La chaleur on la garde, regard épargné, pour le prochain môme aux veines bleuies que l'on croisera, tapi, au coin d'un porche.

Merci cécile.

Christiane (copie d'un commentaire déposé ici)


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Elle aussi avait, niché au creux de son vide, un rat. Je ne l’ai pas croisée dans les rues de mon adolescence, celles où Cécile a caressé la vie de Sébastien, mais dans le lieu où, loin de là, j’avais construit un accueil pour l’errance. Elle est venue sur la pointe de sa peur briser sans hâte la chape d’indifférence où elle était tenue, cueillir sans précipitation les éclats disséminés de son être-jeté-dans-le-monde. Je l’ai aimée aussi, à la manière admise par ma fonction d’analyste, comme Cécile et Sébastien se sont aimés dans le silence bruissant des douleurs indépassables, là où rien ne s’achève pris dans le flot impétueux de l’ex-sistence, des mots aussi.

J’ai lu Sébastien, comme faire là se peut, dans mon regard tendu vers les mots de Cécile et le texte qu’elle m’oblige à construire. Il n’y a pas d’autre lieu que dans cet entrecroisement où "fabriquer" la littérature et nous en remercier.

Michel Gros-Dumaine (recopié du commentaire ci-dessous)


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« Je garde précieusement ce livre pour le faire lire dans quelques années à ma fille, il est important. »

(fragment d'un courrier reçu par Cécile Fargue)


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Un récit plein de justesse et sans pathos, en hommage à un jeune garçon disparu bien trop tôt et qui fait partie de la longue liste des morts de la rue. Grâce à Cécile Fargue, ce corps enterré anonymement, retrouve une dignité, une âme, une histoire, un nom. Il s’appelait Sébastien. Il vendait son corps pour quelques dizaines de francs. C’était les années 1990. Cécile y était aussi. Elle avait 13 ans et elle a connu ce jeune adolescent à la dérive qui malgré la prostitution, la drogue et la rue avait réussi à garder sa grâce et sa délicatesse. C'est l'histoire d'un amour perdu d'avance mais pas vraiment puisqu'ils se sont accompagnés l'un vers la mort, l'autre vers la vie à un moment où ils en avaient le plus besoin.

Un livre nécessaire dont la lecture bouscule.

Marianne Desroziers (recopié du pandémonium littéraire)


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Bienvenue aux lectrices et lecteurs de Bleu Terre

Bleu Terre

Vous avez feuilleté ou lu Bleu Terre ? Les commentaires, ci-dessous, vous sont ouverts. N'hésitez pas à formuler vos critiques du flacon ou de l'ivresse. Je suis aussi vivement intéressé par les célèbres question : où ? quand ? qui ? quoi ? comment ? Concernant la lecture de ce livre.

Merci.

[je réactualise ce billet-accueil des lecteurs(1) de Bleu Terre en y glissant au fur et à mesure que j'en prends connaissance des avis glanés ici ou là, n'hésitez pas à me faire parvenir les vôtres]

(1) étrange langue françaises, le féminin s'imposerait pourtant vraiment ici.


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Venez découvrir Bleu Terre

Demain, il y aura une quinzaine que j’ai terminé « Bleu Terre » de Jean-François Joubert.
Pourtant, j’ai l’impression de n’avoir pas fini ce livre où tout est fort, brillant et magique. Mais dire que j’ai aimé est insuffisant.
De ce recueil de textes courts, je retiens une poésie vivante tantôt nostalgique, tantôt onirique. Si « l’albatros » de Baudelaire avait dû écrire le récit de ses voyages et ses Mémoires, certains textes pourraient être de sa plume.
Car, ne nous méprenons pas : ce « Bleu Terre » parle de la mer et de ses côtes, de ce qu’elle inspire, de ceux qu’elle fait vivre ou mourir ; mais aussi des animaux qu’elle abrite, de ses paysages et différents aspects, des légendes et rêveries qui lui sont rattachées…

On peut sentir dans chaque mot, l’amour que l’auteur lui porte et à quel point elle est intimement liée à de nombreux aspects de sa vie actuelle. Peut-être même de ses vies antérieures vu le respect face à la source de toute chose qu’est l’océan, et la sagesse qui émane de certains textes.

Quant à moi, j’ai adoré ceux puisés directement à l’âme et au cœur de Jean-François Joubert, ceux qui mettent la larme à l’œil ou font pleurer avec bonheur tellement ils font écho à des sentiments ressentis par chacun à un moment ou un autre de sa propre vie. Preuve, s’il en faut, que les meilleures choses sont écrites à l’encre de la souffrance voire du désespoir.

Dans le texte – Suspension divine -, on nous interroge : « Que donner de plus quand on n’a rien d’autre qu’une vie à donner ? ». Ses sentiments les plus intimes, une parcelle d’âme, ses joies et ses larmes, ce qu’on aime et qui nous inspire…

Merci Jean-François.

Céline C. M. (je me suis permis de vous emprunter ce texte, dites-moi si j'ai eu tort)


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Mon avis concerne le livre de Jean-François Joubert « BLEU TERRE ». J'aime les textes de Jeff, même (ou peut-être à cause ?) s'ils ne sont pas totalement aboutis, pas "pro" : il a vraiment un monde à lui, des côtés absolument touchants, une vraie veine poétique.

Je ne connais pas les autres auteurs que vous avez publiés.

Pour ce qui concerne le livre, j'ai aimé le choix du papier et la typographie, la mise en page aérée et le dos solide. J'ai regretté que les illustrations ne soient pas toutes en pleine page, quitte à en mettre moins. Je trouve la couverture un peu mince et surtout, le défaut qui m'a paru le plus flagrant est son aspect gondolé, dû, je pense, au passage sous presse.

J'ai énormément apprécié le côté humain des échanges, le suivi de la commande ( j'imagine que vous devez y passer un temps fou !) : je n'ai jamais eu l'impression d'être une cliente anonyme, mais une amie potentielle !

Au total, j'ai l'impression en ayant acheté ce livre d'être dans le registre (précieux car il disparait !) des véritables amateurs : des gens qui partagent un amour de la chose bien faite, avec soin et personnalité et je vous en suis reconnaissante.

Nicole Delvallée (repris de ce billet-ci)


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Bleu Terre de Jean François Joubert :

Avis sur le texte : j'ai connu Jean François sur un site de correction où j'ai pu lire plusieurs de ses textes. J'ai été fasciné par cet auteur, sa personnalité à la fois fragile et attachante et sa capacité à écrire dans plusieurs genres. Il s'agit ici d'un recueil de poèmes où plutôt d'une balade poétique magnifiquement illustré par Georges Briot. Je n'ai pas encore fini de lire ce livre mais, bien que n'étant pas très passionné par la poésie, je pense en faire un commentaire prochainement sur Babelio.

Avis sur son enveloppe : les illustrations couleurs donnent à ce livre un cachet certain.

Bernard Fauren. (repris de ce billet-là)


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Bleu Terre

Suffit d'ouvrir les pages de Bleu Terre de Jean-François Joubert et la vague mangeuse vous avale dans un flot de salive qu'aurait un goût d'embruns, d'algues et de varech ...

Engloutis nous sommes, avec délices et presque volupté par ce souffle marin qui parle, nous parle, leur parle, lui parle, du crépuscule à l'aube, de cette langue d'eau qui charrie tant d'images, de sons, d'odeurs qu'on en finit par être sa balade à lui ...

Cécile Delalandre


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J'en suis à la troisième lecture de BLEU TERRE ... et toujours sous hypnose !

Je ne peux donc pas dire ce que j'en pense ... mais simplement que je ne peux pas m'empêcher d'en REPRENDRE une page chaque fois que je vois le livre !
C'est grave, Docteur ?
Bin tant pis : il tiendra une place de choix dans ma vie !
Merci à l'auteur, à l'éditeur et qu'il fende les eaux, ce bookin :-)

Simone Milhé.
(repris du commentaire ci-dessous)


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(...) Balade se réclamant poétique, laissant aux mots la liberté de choisir, et leur place, et leur force ; une façon, nonchalante, de laisser couler une écriture fantasque, mais sans doute, travaillée habilement, qu'on peut lire à voix haute : « pas un chat ne passait par là, aucun chien non plus ; le temps avait mis sa pause et le jardin gardait ses secrets » (...)

Martine Lamouché Petauton in Reflets du temps


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« (...) Ce sont de petits textes de longueurs diverses, dans une sorte de prose poétique, un recueil d’émotions sur fond de tempête, de brume, d’éclaircies soudaines, et de tout ce qui fait le charme de cette région. L’auteur semble imprégné de cette nature sauvage et c’est avec un certain talent qu’il nous livre le fruit de ses impressions. (...) »

Lire l'article de Noann en entier.


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Un recueil poétique en forme de balades où l'auteur joue avec les mots jusqu'à l'enivrement... on pense à cette « quête de l'inconnu par le dérèglement de tous les sens » de Rimbaud. Il y a effectivement du « Voyant » chez Jean-François Joubert qui évoque des ailleurs à partir des couleurs qu'il associe avec bonheur :

« ...il voyageait dans un monde féerique, son âme aimait les étincelles de couleurs de ces poissons étranges qui offraient des ondes rouge vert phosphorescent, de l'artifice à implosions électriques… »

Bleu-Terre c'est aussi une ode au monde marin, les bateaux, les poissons... et puis une nostalgie d'un passé qui ne sera plus « Fantôme de nos mémoires » :

"Mon grenier, je t'aime comme une dépendance, une drogue alitée, toi, qui conservais, sans le savoir, toute la mémoire, tout ce passé. Toute cette sensibilité étalée sur le sol, ce désir de livrer sa conscience, de se livrer, de se donner, m'ont aspiré."

C'est au fond ce qui m'aura le plus marqué au cours de ma lecture : cette « sensibilité » qui engendre aussi la souffrance... et puis cette évocation d'Elle qui sourd de page en page.

J'ai eu l'occasion d'écouter une lecture mp3 de Bleu Terre que je recommande car la « mise en bouche » de Cécile Delalandre met bien en valeur la musicalité des textes.

Enfin, mention spéciale à Georges Briot pour ses aquarelles qui entrent très justement en harmonie avec les textes de Jean-François Joubert.

Becdanlo (recopié de Babelio)


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(...) Certaines balades sont tout simplement magnifiques, et les mots utilisés par l’auteur sont d’une grande force. Je pense notamment à La Sorcière, La femme horizon ou encore L’’Ours. Ce sont les trois écrits qui m’ont le plus marqué. Avec eux, j’ai rêvé et voyagé. Diverses émotions sont ressorties de ces lectures. Avec La Sorcière, on retombe dans l’enfance et nous nous remettons à penser à toutes ces histoires farfelues qu’on pouvait imaginer lorsqu’on était enfants. La femme horizon nous fait sentir toute la puissance de l’amour. L’Ours nous plonge dans les méandres de l’être humain, et ce qu’il peut causer à la terre. Comme l’ours, on est confus et révolté.

D’autres textes ne m’ont pas vraiment touché. Je les ai lus sans être porté par les mots et sans vraiment voyager. (...)

Extrait de l'article de Gaëtan « Bleu Terre, balade poétique et insulaire », de Jean-François Joubert


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Bienvenue aux lectrices et lecteurs de Bankster

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Chers lecteurs de Bankster de Robert Bruce, les commentaires, ci-dessous, vous sont ouverts. N'hésitez pas à vous exprimer ; ou gardez le silence si vous le préférez.


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(...) Je ne résiste pas au plaisir d'ouvrir de suite ce livre de 29 pages, ayant tout de même avant, vu le classique de bon ton de la couverture (cliquez pour la voir)

A peine quelques mots lus et j'entre complétement dans l'univers de Robert Bruce, celui de la belle écriture, des beaux mots, une syntaxe parfaite, même la police est jolie !

L'histoire se situe à Paris, il y a quelques années déjà, et commence dans un bouillon...

La suite, vous la connaîtrez en lisant vous-même ce livre, vendu 3.50 euros et je vous souhaite le même régal que celui que j'ai connu !

Sabine Barbier (extrait de son billet : Bankster par Robert Bruce)


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(...) L’écriture... La nouvelle... Je n’étais que sourire... Un moment délicieux grâce à un style à l’ancienne, comme j'aime, mais en plus aéré. Une réconciliation avec les descriptions que "jadis" les écoliers trouvaient, à tort ou à raison, interminables. J’ai même songé, au Moulin...

Vous qui connaissez sans doute ma profession d’antan, je peux témoigner que ce genre d’aventure, un bref récit policier en somme et « en sommes », est tout à fait plausible. Je certifie que l’énigmatique Jean-Marie C... que nous dévoile Robert Bruce n’a rien d'un tartarin !

Plus haut, je mens un tantinet en parlant d’instant présent. J’ai quand même pris le temps de lire les vingt-neuf pages avant de dépêcher ma souris rouge pour vous écrire. Jamais, il me semble, je n’ai rien lu aussi vitement ! (...)

V.S. (extrait d'un commentaire ci-dessous).


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(...) Un style classique, enlevé ; langue française parfaitement maîtrisée.

L’auteur écrit à la première personne, où va-t-il nous mener ?

Il nous relate ses habitudes dans le quartier des Halles, chez le « Merle Moqueur », où il aime goûter aux plats « comme à la maison ». Une ambiance de rue, les clients sont des habitués, le ton y est badin, familial.

Restaurant populaire à succès, il y fait chaque midi bondé. Un jour, alors que le narrateur s’y trouve, il remarque un homme, habitué comme lui. Flanqué d’une moustache à la Salvator Dali, le sourire éternel gravé sur le visage, l’homme attire l’attention du narrateur. Pour son accoutrement un peu spécial, certes, mais surtout, et aussi, parce que, coincé entre ses jambes, il y serre avec crainte une sorte de cartable « un peu arrogant ». (...)

Savina de Jamblinne, extrait du billet : Robert Bruce : « Bankster », de , à lire dans Vingt mille lieues sous les livres...


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Après avoir lu divers avis sur Bankster, j’attendais avec impatience ce livret et hier, dès réception, j’ai pu satisfaire ma curiosité.

La nouvelle est un exercice qui demande, dans un format réduit, tous les ingrédients d’une histoire en évitant les égarements et une chute satisfaisante tout en ouvrant des possibilités. Oui, exercice particulier et formateur. Robert Bruce, ici, nous fait une belle démonstration de sa maîtrise du sujet. Son écriture, de facture classique mais non dépourvue d’humour et de verve, apporte à cette histoire un goût particulier. D’ailleurs, si certains éléments se rapportant à notre époque n’étaient pas mentionnés, nous pourrions situer l’histoire à une autre. Et c’est ce qui fait le charme de cette nouvelle. Une histoire à lire par tous les temps et en tout temps.

Bravo à Robert Bruce pour ce coup de maître !

Yasmina Teterel (recopié d'un commentaire ci-dessous).


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J'ai (...) lu "Bankster" que j'ai trouvé, comme tout le monde, malicieux et enlevé, mais réticence devant les phrases où la gouaille m'a paru forcée (la tendance à glisser de manière un peu systématique des aphorismes, certes drôles et/ou bien vus), avec parfois une impression de redites (l'image de "la patience de bénédictin", par exemple).

Marco (extrait de ce commentaire)


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Il y a de la tendre malice, de la générosité et beaucoup d'humanité dans ce "Bankster" de Robert Bruce dont je me suis régalé à la lecture !

Robert confie à Savina que son petit roman est "un amusement intellectuel, un pied de nez, un exercice pour l’esprit", moi je crois qu'il est plus que cela.

J'y ai perçu, dans l'atmosphère, dans la description de ses personnages, dans l'ironie du détail, des bolées de cidre à la Maupassant voire même des gouttes de Vouvray à la Balzac. Je m'y suis assise "comme à la maison" et m'y suis retrouvée en terrain familier.

L'affaire est magnifiquement et rondement menée jusqu'au bout ! et puis on ne peut s'empêcher d'avoir de la tendresse pour le narrateur qui dit que sa vie c'est "de ne point avoir d'histoire" alors qu'elle semble en regorger !.. de l'affectueuse admiration aussi pour ce Bankster que Robert compare "à cette patiente petite graine sommeillant des années sous terre, qui un jour, sent la nature se réveiller et commence à monter vers le soleil pour disparaître aussitôt après après la floraison"... Je suis sûre qu'il y a un peu du Jean-Marie/Bankster dans notre Robert... et/ou inversement !.. et ça c'est réjouissant voire attendrissant !

Enfant je voulais être Molière et partir sur les routes de France... je fus "foraine" aussi dès l'âge de neuf mois accompagnant mes parents sur les marchés du pays de Caux, alors forcément ce Colporteur et son Platon parlent à mes premières aspirations enfouies à jamais dans les pores de ma peau !

Désormais, j'ai bien envie de découvrir "les habits du Dimanche" "la grande nuit" ou encore "Soleil" dont parle Françoise ! Quoiqu'il en soit, Bravo à vous, Robert et merci à Christian d'avoir eu la belle idée de publier votre Bankster !

Cécile Delalandre (recopié de ce commentaire)


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Bankster : tentant, gourmand, insolent, réjouissant et très bien écrit. Robert Bruce est aussi captivant, par l'acuité du regard qu'il porte sur un certain jeu social, que son personnage.

Anne-Laure Brun Buisson (avis reproduit avec son autorisation)


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Une nouvelle ? Une histoire courte c'est certain mais qui tient la route comme son auteur qui « colporte » avec son âne Platon. Des personnages bien campés, des décors savoureux, il y a dans ce récit tous les ingrédients pour faire un récit au long cours.

J'ai beaucoup aimé la scène au restaurant du Merle Moqueur avec la serveuse Marinette qui me rappelle cette époque des « restaurants ouvriers » où il n'y avait que de grandes tables et où il fallait se mettre à la suite... sans discuter ni du menu ni de la boisson... comme chez grand-mère !

Avec ses « Petits Penchants », notre apprenti libraire s'inscrit dans l'esprit des Folio à 2 euros que j'adore : découvrir ou redécouvrir un auteur par une petite pièce ou une longue nouvelle... c'est bien ce qui arrive ici avec Robert Bruce que je découvre avec bonheur.

Becdanlo (recopié d'un commentaire ci-dessous)


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Le personnage, l'atmosphère, les descriptions, la belle écriture pourraient laisser penser que l'histoire se passe fin dix-neuvième. Mais non, il y a des euros. J'ai bien aimé l'emploi des temps grammaticaux qui animent le texte, déroulent les scènes. Très agréable à lire.

Cependant, l'auteur aurait-il quelque côté machiste ? Les femmes piaillent et "sont maquillées à la truelle", sont plus agréables quand elles ne parlent pas, repassent à merveille, font des épouses légitimes raides et revêches. Ah ! Prendre maitresse, devenir bankster et partir avec elle au soleil... A mon avis, Jean-Marie est parti seul. Parce que les couples "indifférents l'un à l'autre dans l'année" ne se découvrent "des tendresses inattendues" et des goûts communs que lorsqu'ils jouent les touristes pris "d'un accès aigu de culture". Alors pourquoi recréerait-il un tel ennui ?

Kayenn (recopié d'un commentaire présent ici)


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Bienvenue aux lectrices et lecteurs de Peaux de papier

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Chers lecteurs de Peaux de papier de Yasmina Teterel, les commentaires, ci-dessous, vous sont ouverts. N'hésitez pas à vous exprimer ; ou gardez le silence si vous le préférez.

[je réactualise ce billet-accueil des lecteurs de Peaux de papier en y glissant au fur et à mesure que j'en prends connaissance des avis glanés ici ou là, n'hésitez pas à me faire parvenir les vôtres]


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En général la poésie n'est pas mon genre préféré, mais je n'ai éprouvé aucune peine à entrer dans l'univers de Yasmina. Ici, aucune affectation, juste des mots vrais et sincères. Au fil des pages j'ai été bouleversée (Mary Eye Liner) nostalgique (Lever) révoltée (Le Chien de garde) et même joyeuse ( le soleil brille...)

Mon texte préféré? Peut-être Le voleur de rêves....Et tous les autres.

En reprenant certains textes j'ai ressenti plus profondément la grande tristesse, la noirceur même de ces poèmes. Le temps qui passe en laissant des blessures , les amours absentes, la froide solitude sous la lune, la vie avec ses douleurs..

"Et un jour, les yeux ont tiré leur couverture "..

Dimitra (recopié de commentaires ci-dessous)


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Je viens de lire et de relire Peaux de papier.

Quelle profondeur dans votre pensée, quelle fluidité dans votre écriture !

Votre chant est fort comme un opéra, parfois en relief, parfois en creux, parfois sage, parfois douloureux. C'est une langue universelle, celle de l'innocence ou de la souffrance, de la raison démesurée ou des illuminations. Vous répugnez à la laideur, vous magnifiez les bonheurs. Alors, je vous dis simplement merci, merci et à bientôt.

Robert Bruce (recopié d'un commentaire ci-dessous)


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J'ai pris le temps, ou plutôt "Peaux de papier" me l'a pris et je l'ai laissé faire avec délectation...

Yasmina Teterel est une vraie poétesse! Quel talent!

Il y a de l'élégance, de la délicatesse, de l'humble justesse, et surtout une discrète mais si éclatante profondeur dans ses peaux de mots!

Sous ce bel épiderme perce sans saigner l'humanité entière faite de retenue y versant à la fois ses douleurs et ses petits bonheurs..

Yasmina ne s'efface pas, elle laisse de vraies et belles traces:

   "là où le futur est passé
Là, au centre,
Percer l'oeuf.
Ecrire."

Cécile Delalandre (recopié d'un commentaire ci-dessous)


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S'il y a bien un pan du registre de la chose écrite qui me met toujours un peu mal à l'aise, c'est bien celui de devoir donner un avis sur des poèmes. Tant il me semble que c'est de l'ordre de l'extrême intime. Dans le cas de Yasmina je suis, en premier, infiniment séduite par le titre. Les mots qui prennent chair dans ce recueil étincelant témoignent que le creuset est douloureux et profond, mais aussi d'une belle élégance. S'il ne fallait en choisir qu'un seul pour exprimer mon penchant de l'instant présent, ce serait peut-être celui de la page 21... Mais aussi celui de la page 13 et... les suivants ! Bien évidemment. Si l'amour et la mort sont, comme il est dit, les mamelles éternelles du poète, il me semble que Yasmina Teterel le confirme.

Véra (recopié d'un commentaire ci-dessous)


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Peaux de papier est arrivé chez moi par surprise... Il repose depuis sur ma table de chevet pour que je puisse le lire et le relire. J'ai une sensibilité toute particulière au Voleur de rêves et au Chien de garde. Des mots solaires, tout en douceur, pour dire la noirceur d'un monde de douleur. Merci Christian de m'avoir fait découvrir Yasmina Teterel. Merci Yasmina pour vos merveilleux mots.

Anne Laure (recopié d'un commentaire ci-dessous)


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Le lecteur lit Peaux de papier comme on déguste un thé rare. J’ai bien aimé la phrase mise en exergue : "Si je me tue tu m’en voudras toute ma vie ", cela sonne comme un lapsus, c’est un présent du ciel reçu par lecteur ou par la lectrice. Les poèmes de Yasmina Teterel reflètent la lumière d’étoile dans la noirceur de la matière noire. De cette noirceur de charbon Yasmina Teterel a su ciseler un diamant. On ne lit pas seulement les vers, les lettres ont leurs mots à dire. Yasmina Teterel est un auteur inspiré, une femme de lettres. Ces peaux aime fait de papier couleur chair poursuivent longtemps le lecteur après la fermeture du livre.

Rémy (recopié d'un commentaire ci-dessous)


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vendredi 30 décembre 2011

Staccato : quatrième de couverture

Couverture Staccato 1

« Se glisser dans le cerveau d’un homme atteint par la maladie d’Alzheimer n’est pas chose aisée tant cette terrible affliction est encore un mystère. Michel Gros Dumaine y parvient magistralement en s’immisçant dans l’esprit lézardé de Simon dont la mémoire vacille.

L’auteur sculpte des phrasés syncopés sur la tête d’une hampe créant avec ses mots une magnifique partition qu’il nous joue staccato. Tout au long du roman, il y pose son archet sans jamais quitter la corde. Le rythme saccadé de son style nous entraîne dans l’instant de Simon errant dans cette maison blanche, « Une vieille carcasse abandonnée dans les sables » face à la mer avec son flux et son reflux telle la mémoire de Simon où chaque embrun vient par vagues réveiller le passé.

Un passé que l’auteur fait ressurgir, entre deux staccati, dans un concerto des quatre saisons. Celles de Simon ressuscitées par le souvenir de ceux qu’il a aimés. Le printemps, l'enfance, le lever du soleil, l'été, la jeunesse, le soleil au zénith, l'automne, le temps des moissons, mais aussi celui des regrets. Enfin, l'hiver, le repos, la mort peut-être, en tous cas là où « Simon ne sent plus la caresse du monde. Perdu dans l’infini où sa mémoire le porte. »

Staccato, un magnifique roman à lire legato. »

Cécile Delalandre, écrivain.

°°°

Staccato de Michel Gros Dumaine paraîtra le 15 janvier 2012.

jeudi 29 décembre 2011

Staccato attendu le 15 janvier 2012

« À Louise, Françoise, Martine… »

De l’autre côté de la baie, la vitrée, ce dimanche 15 janvier 2012, paraîtra Staccato de Michel Gros Dumaine. À l’émotion de sa lecture se joint celle de sa publication. Et Simon.

(Michel, toi qui connais mon atelier, tu verrais, il est sans dessus dessous. Jules Verne n’y est pour rien, le vergé se bat avec la colle pendant que l’imprimante vrombit. Un vrai spectacle de fin de… d’année).

« Elle est seule. Posée sur la plage. Parfois, au soleil levant, ses murs blancs donnent l’impression d’une antique bâtisse. Une vieille carcasse abandonnée dans les sables. Assis sur le canapé du salon. Seul, aussi, Simon regarde la mer. À travers la grande baie vitrée. Elle envahit la maison, rythmant les journées de ses allées, de ses venues. Son horizon, courbé, esquisse la rondeur du monde. Simon regarde le monde. Courbé, lui aussi. Par le temps. Et…

Un vieux tourne-disque. Glenn Gould déplie les Variations Goldberg. Simon écoute le jeu non legato. Léger, lent. Frappé, vif. C’est du temps. Du temps qui joue. Comme celui de Simon. Avant. (…) »

Michel Gros Dumaine in Staccato

Couverture Staccato 1

Illustration de couverture d’après une Étude d’atmosphère pour Staccato.
Jean-Paul Ingrand, octobre 2011.

Couverture Staccato 4

Présentation en quatrième de couverture par Cécile Delalandre, écrivain.

lundi 19 décembre 2011

Jour de bal sous le pont Caulaincourt de Cécile Delalandre : une clameur à venir

Un clic à l'instant, une nouvelle (deux en fait) et un moment de plaisir. Je découvre que le texte proposé par Cécile Delalandre a été choisi (ainsi que celui de Anne Giddey) pour être clamé par Tcheky Karyo. Ce qui me fait aussi plaisir est que le nombre de clics n'a pas été déterminant (cela aurait été triste), mais le choix d'une personne, un homme, un Tcheky.

Bravo Cécile, je t'embrasse !

PS : curieux de connaître la suite de cette aventure.

PPS : les textes retenus sont donc : Jour de Bal sous le pont Caulaincourt de Cécile Delalandre et Palais Garnier, les fastes d'un vaisseau fantôme d'Anne Giddey.

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