
Le 5 octobre 2010, Le Souvenir de
personne de Cécile
Fargue est déjà parvenu en Marne et de là, il poursuivra sont parcours de
mains en mains, accrocher l'œil de l'un, compagnon d'une soirée de l'autre. Nul
ne saurait prédire ses itinéraires et les cheminements intérieurs qu'il
suscitera.
Ce jour donc, j'ouvre ce lieu de bienvenue à ses lecteurs. Les commentaires,
ci-dessous, vous sont ouverts. N'hésitez pas à formuler vos critiques du flacon
ou de l'ivresse ; ou gardez le silence si vous le préférez.
[je réactualise ce billet-accueil des lecteurs du Souvenir de
personne en y glissant au fur et à mesure que j'en prends connaissance des
avis glanés ici ou là, n'hésitez pas à me faire parvenir les vôtres]
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Chaque fois que je passe devant un de ces bouquets qu’on voit parfois
plantés en bord de route, j’accélère malgré moi, et pendant quelque temps, je
ne peux m’empêcher de songer à cette personne qui a disparu, à ces gens qui
l’ont aimée et qui sont peut-être seuls à se souvenir. Le pincement au cœur que
j’éprouve dans ces moments-là, je ne sais s’il provient du drame qui s’est joué
un jour à cet endroit ou de l’état du bouquet. Car certains sont tellement
rabougris, tellement noircis par les voitures – sans parler des fleurs en
plastique – qu’ils me foutent le cafard comme lorsque je traverse une zone
industrielle. Je n’ai qu’une envie : être déjà loin. Ne me parlez pas de
votre disparu.
Puis un beau jour, il pleut des cordes, la route est boueuse et triste. Et
sur le bas-côté, je vois un autre ce ces bouquets. Mais ses fleurs sont
tellement belles, et s’emploient si bien à cacher leur beauté, que je lève le
pied, que je m’arrête.
Et en redémarrant, je me dis qu’elle a de la chance la personne à qui on a
rendu un si bel hommage. Autant de chance que Nancy dans cette belle chanson de
Leonard Cohen.
Pour moi, Sébastien, Nancy, c’est la même musique. Merci.
Sindbad le marin (recopié d'un commentaire ci-dessous)
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Ayant la chance d'avoir obtenu une prévente du "Souvenir de personne", je
tenais à encourager tout curieux à se procurer cet ouvrage. Pour moi, l'émotion
a été forte à la lecture de ce livre. Du sourire aux larmes, il nous transporte
dans les tendres souvenirs de Cécile et laisse une morsure indélébile.... Si
vous espérez trouver un livre cru et froid, détournez vous... Par contre, si
vous voulez ouvrir vos yeux comme l'auteur l'a fait et tenter de vous imprégnez
de ces souvenirs, de cette réalité, procurez vous "Le Souvenir de
Personne".
Alexia (lu à cette adresse)
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Gamine, souvent, en rentrant de l'école, je faisais un crochet par le petit
cimetière de campagne qui longeait la route surplombée d'un joli sous-bois où
j'aimais m'attarder, au risque de me faire gronder.
Comme vous, Sinbad, j'ai eu maintes fois le coeur serré malgré mon bas âge -
celui de l'insouciance - en observant les pierres tombales dénudées. Celles des
enfants étaient toujours fleuries, je m'en souviens. En ce temps-là, les
Sébastien n'existaient sans doute pas encore, sauf dans les livres évoquant des
poètes dits maudits.
Aujourd'hui, je ressens qu'un livre tel que celui consacré à la mémoire de
Sébastien peut placer un lecteur dans une position proche de la torture par
tout ce qu'il renvoie en miroir. Par exemple, un frère perdu il y a peu,
disparu sans collier, et retrouvé dans un bas fossé. Dès lors, je ne peux non
plus "parler du disparu" !
Iris (recopié d'un commentaire ci-dessous)
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Ce qui est bouleversant, troublant aussi dans le "Souvenir de Personne" de
Cécile Fargue, c'est qu'au-delà d'une lettre magnifiquement écrite sur le
caveau d'une promesse tenue, elle nous crie à tripes ouvertes, son combat
contre l'oubli et l'indifférence.
Ses mots justes, retenus, admirablement poétiques, sont bien pl...us forts
qu'une Pâques, pour ressusciter Sébastien, son ami de rue mort comme un chien à
l'âge de quatorze ans. Cécile Fargue nous parle deux mais c'est d'un, d'elle
dont on entend encore le cri quand on referme ses pages.
Il est essentiel de lire ce petit bijou de talent et d'émotion brute.
Cécile Delalandre (lu à cette adresse)
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« L'amour, forme suprême de reconnaissance, permet à la narratrice de
conférer une dimension supplémentaire à l'anonyme, de lui donner un supplément
d'existence. "Personne" devient ainsi "une personne". Et le fait de mettre en
scène un instant d'intimité entre la narratrice et le garçon, dans une chambre
miteuse ("Novembre"), recrée pour le couple (où chacun se donne, alors que
d'ordinaire le jeune homme se vend) la profondeur dramatique d'un rituel qui
n'a rien de mécanique. »
Daniel Fattore,
Lire l'article sur le site Fattorius.
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« (...) on évolue dans un monde où l'on ne dit pas "merci", le mot
étant truqué par les menaces de la condescendance ou devenu "trop lourd". Un
monde qui voit les enfances disparaître au contact de réalités grimaçantes.
Pourtant le rêve enfantin n'est jamais loin, presque à portée de main. Perchés
sur un arbre sans cabane où "on fait semblant d'être les Indiens de notre
histoire", ou buvant une "grande rasade de cet alcool qui rend propre" (l'eau
de Cologne) comme un élixir du pauvre, ou passant aux yeux d'un "clodo" un peu
fou pour "le passeur de nuit" maître de rassurantes clés imaginaires, ou
comment transformer un geste de mépris et de défense _ la copine qui s'essuie
la manche _ en comptine urbaine, "un deux trois", ou Sébastien mimant avec
dérision et sérieux le geste du jardinier: autant de moments où le quotidien le
plus désespérant semble prêt à céder aux jeunes élans de vie, où par la magie
du jeu l'existence semble soudain pouvoir être autre. »
Marc Sefaris, Lire le
billet : Un poids, une place, ici.
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« (...) ce cri dans la nuit n’est ni empreint de rage ou de colère,
d’angoisse ou de solitude. Il est une voix qui s’unit à celle de
Sébastien ; il est une âme qui rejoint l’âme sœur ; un amour qui a
trouvé.
(...) un long souffle retenu qui peu à peu se défait, et le lecteur, dans ce
silence, écoute ; face à ce texte, se tait. »
Savina de Jamblinne
Lire l'article sur le site Vingt mille lieues sous les livres...
********************************************** « (...) Je voudrais que cet
objet-évènement se recopie, se fragmente, se répète, se simule, se dédouble,
sans que quiconque n'impose ce qu'il voulait dire, ni de dire ce qu'il voulait
être.
Le souvenir de personne, c'est du Mozart. Après sa lecture, même le silence
est grand.
Merci à toi, Cécile de nous chuchoter tant d'émotions,de nous procurer cette
sensation indéfinissable qui nous fait percevoir que nous sommes vivants...
simplement vivants. (...) »
Robert Bruce [Lire le texte
ici]
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« (...)Le souvenir de personne surprend par la maîtrise de son écriture
et par la force du récit. On pense à L'attrape-cœurs de Salinger, à
L'herbe bleue témoignage anonyme devenu culte, ces œuvres marquantes
par leur universalité : parler des marginaux (dans le sens de ceux qui
vivent dans la marge) est beaucoup plus efficace pour décrire une époque que de
délayer le quotidien des gens dit normaux. Et ce livre a la grâce des œuvres
écrites avec l'émotion de la jeunesse, cette grâce qu'on finit par perdre avec
le temps. (...) »
Marie Lebrun
Lire l'article sur le site Post scriptum...
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Parfois, il est bon de ne rien dire tant un texte se suffit à
lui-même.
Lorsque j'ai lu « le Souvenir de personne » j'ai tout de suite
ressenti ce besoin d'être discret, pudique, tant on est au cœur d'une histoire
secrète... celle de deux adolescents... dont le destin sera tragique pour l'un
d'eux.
Je garde en mémoire, tout ce passage où Sébastien tentera de se
désintoxiquer... dans cette cabane prêtée... au bord d'un monde qui se réveille
chaque jour... et qui n'est pas forcément le nôtre. « Le Souvenir de
personne » c'est une tentative de faire revivre quelque chose,
quelqu'un... mais c'est comme visiter un camp de la mort : on voit les
décors, les paysages... ce qui reste... mais qu'en est-il vraiment des êtres
humains qui ont vécu là ?
En un « Voyage au bout de la nuit »... le livre refermé, on garde le
silence... c'est ce qu'il convient le mieux au souvenir de Sébastien... car le
silence est profond, vaste et sans limite...
Il faut tout de même dire que j'ai été heureux de lire ce livre, d'être un
"témoin" de ce qu'a été la vie de Sébastien.
Becdanlo
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Je repense à ce qu'en évoque Cécile et c'est vraiment cela, un cri , que
pour ma part j'entends encore résonner en moi deux mois presque après sa
lecture... et j'y repense souvent, cette angoisse qui noue le ventre, comment
retenir un soupçon de ce qui a été, ne pas le laisser disparaître à
jamais...Cécile Fargue a su si bien nous interpeller, nous accrocher...
le "Souvenir de Personne" restera le mien..
Ariane Grammaticopoulos (recopié d'un commentaire ci-dessous).
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On aura tous croisé dans les rues des grandes villes le regard si adulte, et
enfantin, de très jeunes toxicomanes, sans faire rien d'autre que de s'éloigner
en pressant le pas, et en cela le récit de Cécile Fargue prend toute sa
dimension, dans ce sens qu'elle s'arrête, elle marque le pas, et le récit
poétique qu'elle livre – même s'il aurait gagné à être resserré, épuré, acéré –
sonne bizarrement juste.
Vincent Wackenheim (Lire
l'article)
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Pour résumer, c'est pour moi un bien beau livre dans son style et son
dessein, mais l'absence de soutien et de révolte donne un étrange sentiment de
complaisance.
Stanislas Fleury (Lire le
texte)
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Le Souvenir de personne s'est refermé tout doucement hier soir et il est
devenu mien à présent. Sans difficulté, il a su trouver une place dans ma
mémoire. Comment rester indifférent à cette indifférence dont souffre
Sébastien ? L'indifférence tue ses victimes, dans un terrible anonymat. Il
n'y a pas d'autre issue, l'indifférence ne choisit pas, elle ne veut pas
choisir.
L'écriture à fleur de peau de Cécile Fargue, sa poésie et ses mots crus,
aussi crus que les maux de Sébastien, magnifient cet adolescent dont l'héroïsme
est plus puissant et plus morbide que son héroïne, fidèle compagne de ce voyage
si court.
Bouleversée, retournée comme ce pauvre corps, j'ai pris, le temps de cette
lecture, la place de Cécile et je l'en remercie. D'ailleurs, je me souviens de
ce papi libidineux et de son regard lubrique. J'ai la nausée, j'aimerais le
tuer.
Cependant, mon intrusion dans cette histoire a été parfois quelque peu
perturbée. L'usage récurrent des points de suspension m'ont frustrée, à
certains moments. J'aurais aimé que Cécile en dise plus, se laisse aller. Cette
sensation de "retenue", même si elle est justifiée par l'émotion, exclut le
lecteur de ce souvenir de personne, au risque de demeurer justement
personne.
Et cette retenue, par instant, tombe dans son inverse, là où justement il ne
faudrait pas trop en dire pour laisser le lecteur à sa propre interprétation
qui ne sera jamais éloignée de la vérité. Un mot de trop, un adjectif inutile
suffisent à contrarier, agacer même. Mais ces petites faiblesses nous
rappellent que l'auteur est humain et que le talent doit rester humain.
Yasmina Teterel, (reçu par mail avec autorisation de le publier).
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« (...)Ce jeune garçon se prénommait Sébastien. En quelques dizaines de
pages, Cécile Fargue l’a extrait de la fosse commune où on l’avait jeté. Elle
lui a offert une sépulture – notre lecture – d’où il pourra poursuivre sa
route. Latcho drom, Sébastien ! »
Lire
l'article sur le blog de Gilles Monplaisir...
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Le Souvenir de personne : c'est pour moi une lecture bouleversante,
très difficile, une expérience véritablement charnelle. Ce récit est un don qui
traduit l'immense générosité et l'amour que porte en elle Cécile Fargue. Quelle
grâce.
Anne-Laure Brun Buisson (avis reproduit avec son autorisation)
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C’est poignant, on ne sort pas intact d’une telle lecture, les mots
manquent. Certaines scènes sont bouleversantes et terribles. Elles poursuivront
longtemps le lecteur. Le pire est l’indifférence, la lâcheté des personnes
ayant croisé Sébastien.
Parmi les personnes ayant profité de Sébastien, les personnes les plus
humaines paraissent les plus coupables, car elles se rendent compte de la
détresse de l’adolescent. Ces personnes en se montrant « amicales », ,
« bienveillantes », essaient de se déculpabiliser, tout en profitant de
Sébastien.
Sébastien, transpercé d’aiguilles, nouveau Saint Sébastien, transpercé
également comme une poupée vaudou, sur laquelle la société entière déverserait
ses frustrations tout en le transperçant de toute part, en lui volant sa
fraicheur, sa jeunesse, son étrangeté, son côté libre et sauvage contre de
l’argent ou de la drogue.
Cette drogue détruit Sébastien, les clients le savaient pertinemment. Ils
profitaient de Sébastien car il était seul isolé, ils pouvaient agir en toute
impunité face à quelqu’un de démuni.
L’auteur, Cécile Fargue, en écrivant Le Souvenir de personne, rend hommage à
cette vie perdue, à son amour perdu, en édifiant à la mémoire de Sébastien, un
véritable monument de mots, j’ai bien aimé l’expression : « une
cathédrale de mots ».
Rémy (copié d'un commentaire, ci-dessous)
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Un livre où l'on course la mort entraîné par ces deux-là. La voix de Cécile,
l'innommable de Sébastien. Le tout dans l'indifférence de ceux qui passent où
le viol de ceux qui paient. Rude, dur, couleur de muraille, d'urine, de
shit.
Bourré de tendresse et de désespoir. ça fait du froid dans le coeur quand on
referme le livre et c'est bien. La chaleur on la garde, regard épargné, pour le
prochain môme aux veines bleuies que l'on croisera, tapi, au coin d'un
porche.
Merci cécile.
Christiane (copie d'un
commentaire déposé ici)
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Elle aussi avait, niché au creux de son vide, un rat. Je ne l’ai pas croisée
dans les rues de mon adolescence, celles où Cécile a caressé la vie de
Sébastien, mais dans le lieu où, loin de là, j’avais construit un accueil pour
l’errance. Elle est venue sur la pointe de sa peur briser sans hâte la chape
d’indifférence où elle était tenue, cueillir sans précipitation les éclats
disséminés de son être-jeté-dans-le-monde. Je l’ai aimée aussi, à la manière
admise par ma fonction d’analyste, comme Cécile et Sébastien se sont aimés dans
le silence bruissant des douleurs indépassables, là où rien ne s’achève pris
dans le flot impétueux de l’ex-sistence, des mots aussi.
J’ai lu Sébastien, comme faire là se peut, dans mon regard tendu vers les
mots de Cécile et le texte qu’elle m’oblige à construire. Il n’y a pas d’autre
lieu que dans cet entrecroisement où "fabriquer" la littérature et nous en
remercier.
Michel Gros-Dumaine (recopié du
commentaire ci-dessous)
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« Je garde précieusement ce livre pour le faire lire dans quelques
années à ma fille, il est important. »
(fragment d'un courrier reçu par Cécile Fargue)
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Un récit plein de justesse et sans pathos, en hommage à un jeune garçon
disparu bien trop tôt et qui fait partie de la longue liste des morts de la
rue. Grâce à Cécile Fargue, ce corps enterré anonymement, retrouve une dignité,
une âme, une histoire, un nom. Il s’appelait Sébastien. Il vendait son corps
pour quelques dizaines de francs. C’était les années 1990. Cécile y était
aussi. Elle avait 13 ans et elle a connu ce jeune adolescent à la dérive qui
malgré la prostitution, la drogue et la rue avait réussi à garder sa grâce et
sa délicatesse. C'est l'histoire d'un amour perdu d'avance mais pas vraiment
puisqu'ils se sont accompagnés l'un vers la mort, l'autre vers la vie à un
moment où ils en avaient le plus besoin.
Un livre nécessaire dont la lecture bouscule.
Marianne Desroziers (recopié du
pandémonium littéraire)
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