Hier soir en rentrant chez moi, j'ai eu deux surprises.
La première n'en est pas vraiment une, c'est parmi des centaines d'autres la réception d'un courrier indésirable appelé spam (cf. Monty Python). Pour une fois, je l'ai lu et ne résiste pas à vous le recopier ici :
« Comment Faire Face aux Gens Difficiles
Vos relations quotidiennes
Ne vous êtes-vous jamais heurté à un patron autoritaire, à des collègues sournois, à un fonctionnaire grincheux, à une belle-mère abusive, à un client hostile, à un mari macho, à un vendeur arrogant, à une épouse geignarde, à des adolescents apathiques, à un voisin jaloux, à un entourage défaitiste... ?
Si vous répondez par la négative, c’est que vous habitez une île déserte !
Combien la vie serait plus facile sans tous ces gens « difficiles » mais ces gens existent et nous les côtoyons tous les jours !
On peut les classer en trois grandes familles : les agressifs (hostiles, blessants, sarcastiques, arrogants, narquois...), les négativistes (plaintifs, geignards, défaitistes, pessimistes...) et les inertes (apathiques, renfermés, muets, laconiques...). Vous en connaissez sûrement plusieurs dans votre entourage.
Ne vous découragez pas ; vous n’êtes plus condamné(e) à être la proie de ces « persécuteurs en tout genre ».
Plusieurs méthodes psychologiques concrètes et largement expérimentées existent pour vous aider à sortir de ces situations délicates : contrôle émotionnel, bouclier intérieur, défense verbale, art de la négociation, humour...
L’auteur, master en sociologie de la communication, vous fait ici partager ses secrets et ses méthodes (avec tests et exercices) pour ne plus vous « laisser marcher sur les pieds » et passer dans le camp de ceux qui parviennent toujours subtilement à leurs fins.
La capacité que vous aurez alors de vous entendre avec ces gens « difficiles » - et de vous en faire des alliés - deviendra vite l’un de vos atouts les plus précieux, tant dans votre profession que dans votre vie privée. »
Bref, c'est un tâcheron masteurisé qui cherche à vendre son bouquin – fort cher d'ailleurs – comme ces charlatans ambulants du far-west. Mais de son texte, attrape-couillon, se dégage une idée forte : l'autre est toujours indésirable sauf si vous le maîtrisez dans vos filets, ceux que vous allez apprendre à mailler serré. C'est une conception commune, je la rejette. Je ne saurais faire de longues phrases pour m'en expliquer, mais voyez-vous, si je lis un texte et qu'il me bouscule, je m'y penche plus. Surtout lorsqu'il frise – comme la corde d'une guitare peut le faire en vibrant sur une frette : lorsqu'il a cette proximité et l'agace.
L'autre, cette proximité ? J'ai ri en cours de semaine. J'avais entre les mains un rapport médical me concernant avec des graphes et tout un tas de mots que je ne saurais comprendre, accompagné de volumes et de pourcentages, mon regard se précipita sur les conclusions qui me semblèrent compréhensibles et me réconfortèrent ; il glissa alors sur l'entête du feuillet : mon nom, mon âge et mon sexe : « femme ». Ah ces cliniciens et leur sens du détail ! Fort de cette découverte, je sais maintenant que je est aussi une autre, foin de ventricules et d'alvéoles.
La deuxième surprise, je l'attendais, avec toujours cette appréhension qu'elle n'arrive pas : je recevais la deuxième édition papier du Souvenir de personne de Cécile Fargue-Schouler, celle publiée par m@n. Le cuir vivant n'est jamais tanné – il faut sacrifier la bête avant – , j'avais une légère fébrilité en ouvrant l'enveloppe et, lorsque j'en ai extrait le livre, m'est revenu en mémoire cet article, non signé, publié confidentiellement il y a 37 ans, qui surgissait soudain dans une revue à fort tirage – toujours non signé (ouf). Je l'avais relu alors, il était différent. Pourtant chaque mot et chaque phrase étaient à leur place. Lorsque ce n'est son regard, c'est la peau de l'autre qui transforme le nôtre.
Je relirai donc ce Souvenir de personne pour vivre cette métamorphose.
°°°
Et de vous, j'ai parfois des nouvelles, je vous en livre ici trois :
Manon Godeau de la librairie Gargan'mots de
Betton m'a envoyé ceci :
« Le vendredi 23 mars, nous recevrons Christine Lapostolle. La sortie de son
dernier livre Latham, publié chez
Flammarion, nous fournit l'occasion de l'inviter en dédicace de 17h à 19h et
pour une soirée à 20h30.
Une photo du célèbre aviateur lui inspira ce livre, réflexion et évasion sur
les événements relatifs sur la vie de Latham mais aussi sur l'art de voler et
sur tout ce que ce mot libère.
Elle est également l'auteur de plusieurs autres romans: Regarder la
mer (ed Léo Scheer), Nous arrivons (ed Seuil). »
J'aurai le plaisir d'y revoir Christine.
Michel Gros Dumaine participera au salon du livre d'auteurs charentais le 18 mars 2012 à Magnac sur Touvre avec son Staccato.
« Mein Meisterstück. » Robert Bruce publie son nouveau livre : Un café et l'addition, il le présentera au salon du livre de Dieppe le 12 mai 2012.
« C'était ce moment sans gloire, un peu désespoir, un peu noir, un peu hasard du dimanche soir. A l'heure avancée de l'après-midi, l'arrière quartier se pétrifie dans l'immobilisme dominical. Seuls deux ou trois cafés ouverts sur la place, pauvres isolats humains, expurgent régulièrement d'heure en heure, leur lot quotidien d'ivrognes, jambes en compas, mains indécises contre la clôture, rotant et pestant sans retenue comme des chauffeurs routiers ukrainiens....
Dehors, le toit poussiéreux du véhicule bleu délavé stationnant depuis des semaines au coin de la rue, futur butin des épavistes, s'était recouvert des empreintes des chats du voisinage, formant ainsi un curieux tableau pointilliste, car les félidés avaient élu à l'unanimité la vieille carrosserie déglinguée, châtellenie du quartier.
Sur les murs et poteaux de la rue, un prédicateur exalté a collé partout des affichettes portant le message suivant :
Dieu te cherche !
Quelqu'un répondit au stylo : Dis-lui que je suis au bistrot ! »
Un café et l'addition, Robert Bruce, 2012.
PS : Vous... n'hésitez pas à vous emparer de cette rubrique, il suffit de me contacter.


