Alain Veinstein reçut Christine Lapostolle du jour au lendemain, cette émission peut être entendue ici (le chargement n'est pas instantané).
Tag - Christine Lapostolle
jeudi 5 avril 2012
Du jour au lendemain : écouter Latham et Christine Lapostolle
Par Christian le jeudi 5 avril 2012, 13:01 - Découvertes
lundi 26 mars 2012
Annie, chercheur(e) en écologie marine
Par Christian le lundi 26 mars 2012, 21:30 - Lectures
« À l’époque, celle de mes 20 ans, je l’opposais à un autre type de métier où tout me semblait figé.
Je ne vois plus les choses ainsi maintenant, je crois que l’on peut apprendre, innover dans son travail comme dans sa vie. Ce sentiment tient à la variété des gens qui m'entourent, non-chercheurs, et qui présentent des situations très diverses de travail avec toujours cette volonté d’élargir les horizons. Alors c’est vrai, chercheur(e) c’est un peu, comme le chante Juliette Gréco, « devenir vieux sans avoir été adulte », c’est garder cette naïveté, cette envie d’apprendre et de se dire que l’on a encore toute la vie devant soi. C’est donner aux autres cette image d’éternel étudiant oubliant les contraintes de la société, les horaires, les convenances …
Pourtant chercheur(e) au jour le jour c’est aussi avoir des contraintes. Celles qui émanent de l’autorité administrative avec laquelle il faut faire. Le chercheur, c’est l’ouvrier de l’entreprise. C’est un rôle qu’il a parfois du mal à tenir, se croyant libre de ses pensées, un rôle qu'il subit d'autant plus qu'il s'imagine loin de ce monde là. »
Extrait de Annie, chercheur(e) en écologie marine, une description de Christine Lapostolle (à lire en suivant ce lien).
jeudi 22 mars 2012
Michel, psychanalyste. Une nouvelle description de Christine Lapostolle
Par Christian le jeudi 22 mars 2012, 13:20 - Lectures
« L'écoute du psychanalyste est radicalement différente de celle du médecin qui reste à l'affût des indices, des signes pour établir un diagnostic.
Le psychanalyste ne guette aucun indice, aucun signe qui indiqueraient la présence d'une névrose ou d'une psychose. Il écoute le discours du sujet qui essaie de dire sa souffrance, et dans les failles de ce discours il entend la présence de l'inconscient, de « l'autre » qui parle à travers le sujet, de « l'autre du sujet » pourrait-on dire.
Là où le psychothérapeute compatit, le psychanalyste reste neutre. Car la souffrance du sujet peut être pour une partie souffrance mais pour une autre partie jouissance. Cette écoute est aussi différente de celle d'un ami qui pourrait avoir à prendre parti pour le sujet.
Cette neutralité du psychanalyste, cette écoute dite « bienveillante » permet progressivement au sujet, à l'analysant, de départager les « torts » et de reconnaître enfin en quoi il a pu être l'artisan de son propre malheur.
Si l'analysant mesure dès le premier entretien la portée d'une telle écoute, il supporte plus ou moins bien le silence du psychanalyste. Ce silence est d'ailleurs devenu caractéristique de la pratique du psychanalyste, voire sa caricature. »
Extrait de Michel, psychanalyste, une description de Christine Lapostolle (à lire en suivant ce lien)
dimanche 4 mars 2012
Les gens difficiles ou je est une autre
Par Christian le dimanche 4 mars 2012, 10:53 - Journal
Hier soir en rentrant chez moi, j'ai eu deux surprises.
La première n'en est pas vraiment une, c'est parmi des centaines d'autres la réception d'un courrier indésirable appelé spam (cf. Monty Python). Pour une fois, je l'ai lu et ne résiste pas à vous le recopier ici :
« Comment Faire Face aux Gens Difficiles
Vos relations quotidiennes
Ne vous êtes-vous jamais heurté à un patron autoritaire, à des collègues sournois, à un fonctionnaire grincheux, à une belle-mère abusive, à un client hostile, à un mari macho, à un vendeur arrogant, à une épouse geignarde, à des adolescents apathiques, à un voisin jaloux, à un entourage défaitiste... ?
Si vous répondez par la négative, c’est que vous habitez une île déserte !
Combien la vie serait plus facile sans tous ces gens « difficiles » mais ces gens existent et nous les côtoyons tous les jours !
On peut les classer en trois grandes familles : les agressifs (hostiles, blessants, sarcastiques, arrogants, narquois...), les négativistes (plaintifs, geignards, défaitistes, pessimistes...) et les inertes (apathiques, renfermés, muets, laconiques...). Vous en connaissez sûrement plusieurs dans votre entourage.
Ne vous découragez pas ; vous n’êtes plus condamné(e) à être la proie de ces « persécuteurs en tout genre ».
Plusieurs méthodes psychologiques concrètes et largement expérimentées existent pour vous aider à sortir de ces situations délicates : contrôle émotionnel, bouclier intérieur, défense verbale, art de la négociation, humour...
L’auteur, master en sociologie de la communication, vous fait ici partager ses secrets et ses méthodes (avec tests et exercices) pour ne plus vous « laisser marcher sur les pieds » et passer dans le camp de ceux qui parviennent toujours subtilement à leurs fins.
La capacité que vous aurez alors de vous entendre avec ces gens « difficiles » - et de vous en faire des alliés - deviendra vite l’un de vos atouts les plus précieux, tant dans votre profession que dans votre vie privée. »
Bref, c'est un tâcheron masteurisé qui cherche à vendre son bouquin – fort cher d'ailleurs – comme ces charlatans ambulants du far-west. Mais de son texte, attrape-couillon, se dégage une idée forte : l'autre est toujours indésirable sauf si vous le maîtrisez dans vos filets, ceux que vous allez apprendre à mailler serré. C'est une conception commune, je la rejette. Je ne saurais faire de longues phrases pour m'en expliquer, mais voyez-vous, si je lis un texte et qu'il me bouscule, je m'y penche plus. Surtout lorsqu'il frise – comme la corde d'une guitare peut le faire en vibrant sur une frette : lorsqu'il a cette proximité et l'agace.
L'autre, cette proximité ? J'ai ri en cours de semaine. J'avais entre les mains un rapport médical me concernant avec des graphes et tout un tas de mots que je ne saurais comprendre, accompagné de volumes et de pourcentages, mon regard se précipita sur les conclusions qui me semblèrent compréhensibles et me réconfortèrent ; il glissa alors sur l'entête du feuillet : mon nom, mon âge et mon sexe : « femme ». Ah ces cliniciens et leur sens du détail ! Fort de cette découverte, je sais maintenant que je est aussi une autre, foin de ventricules et d'alvéoles.
La deuxième surprise, je l'attendais, avec toujours cette appréhension qu'elle n'arrive pas : je recevais la deuxième édition papier du Souvenir de personne de Cécile Fargue-Schouler, celle publiée par m@n. Le cuir vivant n'est jamais tanné – il faut sacrifier la bête avant – , j'avais une légère fébrilité en ouvrant l'enveloppe et, lorsque j'en ai extrait le livre, m'est revenu en mémoire cet article, non signé, publié confidentiellement il y a 37 ans, qui surgissait soudain dans une revue à fort tirage – toujours non signé (ouf). Je l'avais relu alors, il était différent. Pourtant chaque mot et chaque phrase étaient à leur place. Lorsque ce n'est son regard, c'est la peau de l'autre qui transforme le nôtre.
Je relirai donc ce Souvenir de personne pour vivre cette métamorphose.
°°°
Et de vous, j'ai parfois des nouvelles, je vous en livre ici trois :
Manon Godeau de la librairie Gargan'mots de
Betton m'a envoyé ceci :
« Le vendredi 23 mars, nous recevrons Christine Lapostolle. La sortie de son
dernier livre Latham, publié chez
Flammarion, nous fournit l'occasion de l'inviter en dédicace de 17h à 19h et
pour une soirée à 20h30.
Une photo du célèbre aviateur lui inspira ce livre, réflexion et évasion sur
les événements relatifs sur la vie de Latham mais aussi sur l'art de voler et
sur tout ce que ce mot libère.
Elle est également l'auteur de plusieurs autres romans: Regarder la
mer (ed Léo Scheer), Nous arrivons (ed Seuil). »
J'aurai le plaisir d'y revoir Christine.
Michel Gros Dumaine participera au salon du livre d'auteurs charentais le 18 mars 2012 à Magnac sur Touvre avec son Staccato.
« Mein Meisterstück. » Robert Bruce publie son nouveau livre : Un café et l'addition, il le présentera au salon du livre de Dieppe le 12 mai 2012.
« C'était ce moment sans gloire, un peu désespoir, un peu noir, un peu hasard du dimanche soir. A l'heure avancée de l'après-midi, l'arrière quartier se pétrifie dans l'immobilisme dominical. Seuls deux ou trois cafés ouverts sur la place, pauvres isolats humains, expurgent régulièrement d'heure en heure, leur lot quotidien d'ivrognes, jambes en compas, mains indécises contre la clôture, rotant et pestant sans retenue comme des chauffeurs routiers ukrainiens....
Dehors, le toit poussiéreux du véhicule bleu délavé stationnant depuis des semaines au coin de la rue, futur butin des épavistes, s'était recouvert des empreintes des chats du voisinage, formant ainsi un curieux tableau pointilliste, car les félidés avaient élu à l'unanimité la vieille carrosserie déglinguée, châtellenie du quartier.
Sur les murs et poteaux de la rue, un prédicateur exalté a collé partout des affichettes portant le message suivant :
Dieu te cherche !
Quelqu'un répondit au stylo : Dis-lui que je suis au bistrot ! »
Un café et l'addition, Robert Bruce, 2012.
PS : Vous... n'hésitez pas à vous emparer de cette rubrique, il suffit de me contacter.
samedi 18 février 2012
Latham : ne compte pas les cris du coucou
Par Christian le samedi 18 février 2012, 15:20 - Lectures

Appréhension. Oui, ce mot. Et quête aussi : dénicher une image qui représente au mieux celle que je me fais de la texture de l'écriture de Latham de Christine Lapostolle. Un tissage serré qui soudain s'ajoure, laisse filtrer la lumière, aérien, pour se resserrer atour d'une pensée que l'on croyais fugace, elle forme pourtant un nœud où les réflexions s'enchevêtrent sans que le fil n'échappe à la maille cueillie, plus loin. Ce fragment d'une œuvre de Cécile Meraglia, Transparence, représente mieux ce que je voudrais vous suggérer de cette texture que les mots que je pourrais écrire.
L'appréhension - ce mot je l'ai cherché aussi - Elle m'accompagna lorsque j'ouvris Latham. Je ne saurais trop vous dire pourquoi. Je sus d'abord le titre : Latham, comme Cécile, ayant souvent longé la Seine et remonté l'albâtre de la côte, ce nom - propre - ne m'était pas tout à fait étranger, flou pourtant. Une recherche, les débuts de l'aéronautique, ce canal anglais ou cette manche à franchir, de Sangatte à Douvres par au-dessus, un échec pourtant et son plouf retentissant. Une phrase : « Quand on lui demandait à quel métier il songeait, il riait et s'envolait dans le ciel. » Et cette quatrième : « Lors d'une exposition, une femme tombe sous le charme d'une photographie d'H. Latham, pionnier de l'aviation et dandy du début du XXe siècle. Tentant de voler vers l'Angleterre, il échoua dans sa traversée de la Manche. Envahie par la figure de l'aviateur, la narratrice décide de se rendre à Sangatte, où il avait décider de s'élancer dans cette course, et médite sur les rêves de liberté brisés. » Deux images me poursuivirent avant d'avoir le livre en main, d'entamer sa lecture : celle d'un article de Pergiorgio Bellocchio, Les dons d'Ahriman (1) qui, en parlant de l'avion, concentre en sa conclusion son propos : « Il représente le rêve réalisé de la volonté de puissance, l'instrument idéal de son objectif le plus ambitieux : l'autodestruction totale. Le fils préféré ne trahira pas les espérances qui ont été mises en lui. Fidèle et infaillible, il attend les ordres. » et aussi, parce que Sangatte, le vol - répété - de jeunes adolescents pour traverser Sahara et Méditerranée accrochés à un train d'atterrissage, atteindre l'Europe, y être ensevelis le corps raidi précocement. Images de pourquoi ?
La lecture de Latham a calmé cette appréhension, Christine Lapostolle n'évite rien, pas même ce haut mur qu'il faudra bien un jour franchir... par les airs ? Latham c'est, en un livre, l'enchevêtrement de faits, de pensées, d'images ; celui que pourrait laisser échapper une personne qui parle, qui nous parle, sans être retenue. Un passage peut-être pour que vous le sentiez : « Une fois, nous étions à Venise, un homme, par un beau jour d'automne, à midi exactement, a sauté depuis le Campanile et s'est écrasé sur la place Saint-Marc, sous les yeux des touristes hébétés. Nous n'avons pas vu la scène. Notre hôtel était à deux pas, nous étions occupé à faire l'amour. Un danseur de tango argentin âgé d'une trentaine d'années. Les journaux parlèrent de désespoir et de suicide. Rien à propos du rêve de voler dont il est pourtant plausible qu'il ait hanté cet homme qui avait consacré sa vie sur terre à danser. »
Merci Christine.
Latham, Christine Lapostolle, éd. Flammarion, 2012.

(1) in Nous sommes des zéros satisfaits, éd. de L'Encyclopédie des nuisances, 2011.
jeudi 10 novembre 2011
Bulletin n° 35 (ça c'est du titre mon roro !)
Par Christian le jeudi 10 novembre 2011, 15:37 - Journal
Le bulletin est mis à jour, pour les habitués de ce journal, rien de neuf. Il est téléchargeable, ci-dessous, au format pdf, j'en reproduis le contenu dans ce billet (d'ici).
Bulletin n°35 contenant le catalogue des livres disponibles actuellement
les penchants du roseau n° 35
Chers lecteurs,
« Les penchants du roseau », librairie artisanale, vous propose un petit choix de livres fabriqués à l'unité dans son atelier sis au bord de l'étang de Saint-Aubin-du-Cormier en Ille-et-Vilaine. Chaque livre peut bien sûr être commandé directement ou acheté chez votre libraire. Il vous est loisible de le feuilleter dans sa bibliothèque numérique ainsi que dans les feuilles correspondantes du journal des penchants du roseau ou, plus charnellement, dans votre bibliothèque préférée, si vous en demandez l'acquisition.
« Les penchants du roseau » prend le plus grand soin dans le choix des textes qu’il publie ; se défiant des genres, l’accent est mis sur la singularité, le ton et la profondeur de l’écriture de leur auteur.
Christian Domec, apprenti libraire.
Christian Domec - 9, rue du Bourg au Loup - 35140 Saint-Aubin-du-Cormier
http://domec.net
roseau.penchant@orange.fr
Au catalogue en novembre 2011
Cécile Fargue Schouler
Instants tannés — Textes & autres miniatures
« Petits penchants » — 10
« (…) Oui, elle voudrait qu’il y ait un cheval pas loin, un cheval qui
s’ennuie. Il s’ennuierait et alors, devant son enclos, elle pourrait s’arrêter,
l’appeler, le caresser et croire qu’il l’attendait. En le quittant, elle se
dirait, au dedans d’elle, que les hommes n’ont décidément rien compris, que ce
sont les bêtes qui savent, et ainsi de suite en reprenant son chemin. Elle
continuerait de se rabâcher ces choses qu’on dit pour avoir moins froid, pour
croire que toute cette solitude c’est un choix. Même que ça lui ferait du bien
ces petits mensonges, parce que ce ne sont jamais les gros arbres qui font les
radeaux de fortune, mais les petites branches qu’on accumule. (...) »
2011 — ISBN : 978-2-916965-14-7 — 48 p. — 5,00 €
Scènes étranges d'une enfance de garçon
Dangereuse expédition
« Petits penchants » — 9
« — Un bébé pas maturé, c’est un bébé qui vient au monde avant le
moment normal. Quand on l’attend pas, quoi… Et en plus, il est tellement
fragile qu’il risque de mourir au dernier moment !
Serg plissait le front, comme pendant les dictées difficiles à l’école.
— Ils m’attendaient pas, papa et maman ?
— Ben non... »
2011 — ISBN : 978-2-916965-13-0 — 56 p. — 5,00 €
Padrig Moazon
Mémoires du cargo
« Petits penchants » — 8
« (…) Les vagues soulevées par le moteur viennent lécher les cicatrices de la mangrove, tatouée de tentacules. Mélancolie des albatros attendant que le soleil sèche les plumes de leurs ailes déployées.
Le delta neutralise le fleuve, lui impose l’immobilité.
Les pêcheurs ont pris le parti de ne pas provoquer l’horizon.
Un vol de pélicans pour justifier le ciel. »
2011 — ISBN : 978-2-916965-12-3 — 52 p. — 5 €
Scènes étranges d'une enfance de garçon
Retours difficiles
« Petits penchants » — 7
« Tout était si difficile en grandissant avec les sentiments. Ils
s’accrochaient aux basques du petit môme d’autrefois que vous n’étiez plus et
refusaient de vous quitter, ainsi il vous fallait apprendre à leur mener la vie
dure, les obliger à lâcher prise. Vous vous sentiez parfois malheureux de cette
dureté qui s’installait peu à peu en vous bien sûr, mais elle était
nécessaire : comment grandir autrement ? »
2011 — ISBN : 978-2-916965-11-6 — 48 p. — 4,50 €
Quinze poètes
Infinis paysages
« Petits penchants » — 6
Yasmina Teterel, Matin vert.
Stanislas Fleury, Croquis marins & Croquis
urbains.
Nourit Masson-Sékiné, Le Jour me lève.
Cécile Delalandre, Les paumés &
Tess.
Dzovinar, Compagnon d’un moment.
Marie-Agnès Michel, Les Indiens.
Simon Camier, D’un qui dérivait.
Christelle Anjou, Farandole.
Luna Barbare, Le Crapaud, ma chère.
Robert Bruce, Mon frère.
Fanie Vincent, Là-bas.
Christine Leininger, J’entends mendier les bruits des
secondes.
Patrick Aspe, Petites phrases…
Véra Stépanowa, Flâneries.
Annie David, Né en Maurienne.
« D'infinis paysages, thème du Printemps des poètes 2011, fut
l'occasion pour les penchants du roseau de lancer un appel à poèmes début
février. Grande fut notre surprise de découvrir l'engouement qu’il suscita.
Pendant plus d’un mois, plusieurs centaines de personnes venaient chaque jour
déposer, lire, recopier, commenter des poèmes, ceux de leurs infinis
paysages ; certains oubliés dans le fond d'un tiroir ou déjà en recueil,
d’autres écrits pour l’occasion. Plaisir de découvrir que leurs paysages
déchiraient les décors habituels pour y retisser de l’intime, du profond, de la
nostalgie, du malicieux. Ce recueil présente ceux que nous avons choisis :
quinze poètes et leurs infinis paysages. »
2011 — ISBN : 978-2-916965-10-9— 52 p. — 5 €
Christine Lapostolle
Descriptions — Jean-Yves, chevrier – Éric, potier
« Petits penchants » — 5
« J’ai parfois du mal à dire que je suis potier, je ne veux pas dire
céramiste parce que je trouve que c’est prétentieux. Donc voilà, c’est un
métier, enfin, c’est mon métier. »
« C’est nous qui avons décidé d’élever des chèvres, de venir ici. On n’a
pas hérité d’une exploitation. Tout est notre choix. Je suis tout à fait
d’accord avec ce que je fais. »
2011 — ISBN : 978-2-916965-09-3 — 52 p. — 4,50 €
Jean Giono
L’Homme qui plantait des arbres
« Petits penchants » — 4
« C’était un berger. Une trentaine de moutons couchés sur la terre
brûlante se reposaient près de lui. Il me fit boire à sa gourde et, un peu plus
tard, il me conduisit à sa bergerie, dans une ondulation du plateau. Il tirait
son eau – excellente – d’un trou naturel, très profond, au-dessus duquel il
avait installé un treuil rudimentaire.
Cet homme parlait peu. C’est le fait des solitaires, mais on le sentait sûr de
lui et confiant dans cette assurance. C’était insolite dans ce pays dépouillé
de tout. »
2011 — ISBN : 978-2-916965-08-6 — 24 p. — 2,50 €
Yasmina Teterel
Peaux de papier
« Petits penchants » — 3
« L’essai se meurt
De ma main fébrile
Je ne suis qu’un brouillon
Voyez ! Je m’efface
Je … »
2010 — ISBN : 978-2-916965-07-9 — 36 p. — 4 €
Cécile Delalandre
Un jour de grosse lune
« Petits penchants » — 2
« Quand les côtes de Tanger se sont mises à blanchir, il s’est tu. Moi
j’étais groggy, à terre, par tout ce qu’il venait de me révéler.
Il a tenté de me consoler en me disant qu’il avait eu le temps de voir les
mûres rougir, d’écouter la chouette chevêche, de caresser l’aubépine, de
souffler sur les séneçons, d’humer les tanaisies, de délainer des chèvres
maltaises... qu’il allait bientôt aspirer un autre air et qu’il avait moins
peur du crochet des serpents que celui du big brother ! »
2010 — ISBN : 978-2-916965-06-2 — 52 p. — 4,50 €
Robert Bruce
Bankster
« Petits penchants » — 1
« À première vue, notre homme n’a ni l’entregent d’un Stavisky, ni la
révolte d’un Mandrin, encore moins la farouche combativité de Villon, la
canaillerie d’un Cartouche, d’un Guilleri ou tous ces autres légendaires
malandrins des grands chemins de France. Non, ce personnage ne leur ressemble
pas, il est d’une espèce différente, de celle qui, secrètement, méthodiquement,
solitairement, dans une sorte de jouissance intellectuelle intérieure inouïe
monte une seule mais spectaculaire carambouille, puis son forfait accompli,
tire sa révérence et disparaît définitivement de la scène. »
2010 — ISBN : 978-2-916965-05-5 — 32 p. — 3,50 €
Cécile Fargue
Le Souvenir de personne
« ce sont les mots de Sébastien, jeune garçon de 14 ans qui vit ses
derniers instants. Une vie d’errance, à la marge de ce qui est bien, de ce
qu’on regarde, et dont Cécile Fargue se souvient pour nous. Mais, Le Souvenir
de personne n’est pas un témoignage de la misère, c’est une mémoire qui s’ouvre
comme une prière, un cri contre l’indifférence. »
2010 — ISBN : 978-2-916965-04-8 — 120 p. — 13 €
Paul de Musset, Jean Domec
La Chèvre jaune & Balade caprine à travers la
littérature
« Côte à cote » — 0
« On fait, en Sicile, une grande consommation de lait de chèvre. Tous
les matins, quantité de troupeaux descendent des montagnes et parcourent les
villes en distribuant le lait de maison en maison. Le dormeur, réveillé par le
son joyeux des clochettes, ouvre sa fenêtre et s’amuse à regarder ces escadrons
de nourrices qui apportent dans leurs mamelles le remède des poitrines malades
et le déjeuner des enfants sevrés. »
2010 — ISBN : 978-2-916965-03-1 — 160 p. — 13 €
Jean-François Joubert
Bleu Terre, balade poétique & insulaire
« Une récréation d’un monde commence-t-elle par une comptine ?
Jean-François Joubert le suggère en amorce de Bleu Terre, balade poétique. Son
verbe, doux et sensible, sera ses conversations avec les êtres qui, entre
estran et abysses, peuplent les redoutables récifs où se fracassent les coques
égarées, les lames écumantes, sous le regard distrait de l’astre de nuit. Les
toiles de Georges Briot sont, dans leur reproduction, sa respiration picturale.
»
2010 — ISBN : 978-2-916965-02-4 — 112 p. — 13 €
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9 rue du Bourg au Loup
35140 Saint-Aubin-du-Cormier
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dimanche 30 octobre 2011
Benoît, pianiste. Une nouvelle description de Christine Lapostolle
Par Christian le dimanche 30 octobre 2011, 09:01 - Lectures
« Je prends l’exemple de Brigitte Engerer, qui est une des meilleures pianistes françaises – j’entendais l’autre jour : elle a une maison en Irlande, elle disait qu’elle arrachait les mauvaises herbes (y a-t-il des mauvaises herbes ?) avec ses mains ; elle disait, moi, je ne peux pas m’empêcher, je suis une tactile… C’est évident que quand on est pianiste, on est tactile. Il lui fallait son jardin, et puis le rapport physique à la plante, quitte à se planter des épines dans les doigts.
L’autre jour, ici, on a eu un petit tournage, deux jours de suite à la maison – c’était un vrai bordel, on étaient une trentaine à la maison, c’était impressionnant. Il y avait un pianiste, un très bon pianiste, de Bordeaux. On a bien sympathisé – un personnage d’une autre époque, il ressemblait à Frantz Liszt. On a parlé du clavier muet, qui était très à la mode autrefois. Aujourd’hui on ne fabrique plus de claviers muets. Il voulait savoir ce que j’en pensais. Et moi j’ai répondu que j’étais sûr qu’il y avait autant de plaisir, presque autant de plaisir, à jouer sur un clavier muet. Parce que le plaisir est avant tout tactile. On a aussi parlé de l’écoute. Est-ce qu’on s’écoute ? Je pense que plus on a l’habitude du toucher, moins l’oreille est présente. D’où l’intérêt de s’enregistrer. Pour avoir un regard, enfin une oreille. Sur un clavier muet on entend et, par rapport à la pression des doigts, on sait ce qu’on fait – un pianissimo, un fortissimo. On n’en fabrique plus de nos jours. Ce serait précieux. Pour les gens qui voyagent beaucoup, qui sont dans le train. Un personnage étonnant. J’ai eu l’impression qu’il était essentiellement pianiste. »
Extrait de Benoît, pianiste, une description de Christine Lapostolle (à lire en suivant ce lien).
vendredi 30 septembre 2011
Salon du livre de Liffré le 1er octobre 2011
Par Christian le vendredi 30 septembre 2011, 22:40 - Journal

Ils m'accompagneront ce premier octobre 2011.
Qui ?
Cécile Fargue par son Souvenir, Yasmina Teterel avec son Papier et ses peaux, Christine Lapostolle et ses Descriptions, Cécile Delalandre via sa Lune grosse, Padrig Moazon et son Cargo, Robert Bruce avec Bankster pour caresser Platon, Jean-François Joubert et le Bleu de la Terre & Les Scènes étranges & Giono & Musset & les Paysages infinis. Ils seront tous là - hormis les Conards - non charnellement, mais par l'expression de leur(s) caractère(s), celle qui n'indiffère jamais la personne qui se risque à les lire.
Où ?
À Liffré, non loin de Rennes, 7 rue des écoles.
Quand ?
Le 1er octobre 2011 de 10 h à 18 h.
Avec qui ?
Déchiffrez l'affiche, ci-dessus. Mais j'aurai plaisir à côtoyer mon voisin graveur François Houtin, revoir Gaël Brunet, Albert Bensoussan, Jean-Loup Lecuff, Liza Lo Bartello, et tant d'autres.
À bientôt donc.
(je m'absente quelques jours de ce journal)
vendredi 19 août 2011
Enchantée
Par Christian le vendredi 19 août 2011, 22:45 - Vous
Ce qui m’enchante c’est de tomber par hasard sur un vers de Racine.
À la radio, au détour d’un changement de station. Le surgissement imprévu de la langue de Racine dans le bruit de la vie - entre « t’as pensé à racheter du café » et « j’ai optimisé mon capital soleil ».
Si je note un vers de Racine ici, cela ne produira pas l’effet dont je parle. Il faut l’entendre, il faut que ce soit par surprise.
Un instant on reçoit dans sa langue une autre possibilité de sa langue. C’est notre langue, mise dans une autre forme. Je me redis le vers. Je vais lire à haute voix une tirade ou deux. Un étendard qui claque. Une force intacte, impeccable.
Il ne s’agit pas de regretter cette langue que personne n’a jamais parlé qu’au théâtre, de dénigrer celle avec laquelle nous parlons. Simplement se réjouir qu’elle soit là aussi, comme un coquelicot plus rouge que les autres le long d’une voie ferrée.
Je suis assise sur les marches en pierre de la petite chapelle près de laquelle nous nous sommes arrêtés pique-niquer. La quatre voie est tout près, on entend les voitures. On entend aussi des oiseaux, l’eau de la fontaine qui coule, des voix dans le jardin derrière, et encore derrière, le haut-parleur d’un magasin de bricolage « UN CONSEILLER TONDEUSE EST ATTENDU AU POINT CONSEIL».
J’ai posé mon gros volume du théâtre de Racine sur la marche. Je l’ouvre au hasard, je laisse la brise en effeuiller les pages :
Quoi vous êtes ici quand Mithridate arrive ?...
…
Que dites vous ? Ah ! ciel ! quel adieu ! quel
langage !
Prince, vous vous troublez et changez de visage ?
Non, non plus de pardon, plus d’amour pour l’ingrate…
Dans un mois, dans un an, comment souffrirons-nous,
Seigneur, que tant de mers me séparent de vous ?
Christine Lapostolle
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mercredi 23 février 2011
Descriptions - Christine Lapostolle - La Couverture
Par Christian le mercredi 23 février 2011, 22:29 - Descriptions
[parution prévue le 22 mars 2011]
Christine Lapostolle,
auteur de Nous arrivons, éd. Seuil, aime suivre, s’arrêter,
regarder une feuille de saule, détachée de son arbre, s’enrouler en spirale et
se relever pour suivre son parcours.
Christine vit aujourd’hui dans le Cap Sizun.
http://www.christinelapostolle.fr/
Jean-Yves élève des chèvres.
Éric est potier.
Ronan Riou dessine beaucoup, il écrit aussi.
« J’ai parfois du mal à dire que je suis potier, je ne veux pas dire céramiste parce que je trouve que c’est prétentieux. Donc voilà, c’est un métier, enfin, c’est mon métier. »
« C’est nous qui avons décidé d’élever des chèvres, de venir ici. On n’a pas hérité d’une exploitation. Tout est notre choix. Je suis tout à fait d’accord avec ce que je fais. »
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