Journal des penchants du roseau

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vendredi 19 mars 2010

Trois chèvres et un pot

sente de la chèvre qui bâille

Dimanche 28 février, en ma malle-poste, j’ai eu le plaisir de découvrir un court message m’invitant à partager bonne chère dans le village de Quévreville-la-poterie ce 21 mars 2010. Vous me connaissez, ça n’a fait qu’un court pli, j’ai accepté, d’autant que ce repas est le mitan d’un dimanche littéraire où je pourrai, à la criée, proposer mes Conards et le Bleu Terre de Jean-François Joubert.

Ce village, sur le plateau qui surplombe par l’est la capitale de la Conardie, je ne le connais pas vraiment – il n’est pas loin pourtant. Alors, en préparant mes petites affaires, je plisse les yeux et imagine trois chèvres et un pot : nos anciennes compagnes méprisées et l’une des plus vieilles réalisations humaines, prémisse de l’art en cuisine et matrice étymologique de notre tête (cf. testa).

Alors, outre – elle ne saurait rester vide – Bleu Terre et Les Conards de Rouen, j’emmènerai cette vraie tête de Conard en terre cuite façonnée par Jocelyne et un petit livret à plier, pour les enfants curieux, contenant l’amorce de l’histoire de Poupie Limpopo de Cécile Delalandre.

Ah oui, c’est ce dimanche de 9 h 30 à 18 h, salle de l’Europe, si d’aventure…

PS : Platon sera-t-il là ?

jeudi 4 mars 2010

Paris Normandie (re)parle des Conards de Rouen : cornes de bouc !

Je m'étonnais, hier, de l'article de Paris Normandie dont l'incipit et la conclusion nous présentaient les Conards de Rouen en évitant soigneusement de citer toute référence bibliographique.

Je viens de le relire et suis pris d'un éclat de rire, ça tire dans tous les sens et mériterait un petit coup de badine : « Les Conards, bouffons, badins de Rouen s'associaient tous les ans au Carnaval et avaient le privilège reconnu par le parlement de la ville de défiler masqués avec à leur tête un abbé mitré et de jeter aux tout-venant des rébus et des satyres. »

Jouvencelles & jouvenceaux de Conardye voicy de quoy nous réjouyr sy d'aventure les Conards revenayent.

Cornes de bouc !

vendredi 19 février 2010

Bienvenue en Conardie (& à Rouen aussi)

La carte, ci-dessous, va s'enrichir peu à peu des hauts-lieux de Conardie. En vous rapprochant de Rouen, alors capitale, vous pourrez découvrir le tracé de la future rue de la Conardie. J'attends avec impatience le relevé de décision du conseil municipal que Madame le Maire aura, je n'en doute pas, l'obligeance de me faire parvenir par pneumatique.


Afficher rue de la Conardie sur une carte plus grande

dimanche 27 décembre 2009

Rien ne presse... ou presque

J’ai dû me débrouiller comme un manche – vous me direz que lorsqu’elle se fait majuscule, elle borde au nord la Conardie.

Le 24 novembre dernier, une bonne semaine avant la sortie des Conards de Rouen, j’ai contacté la presse. Voici comment je m’y suis pris : j’ai envoyé un courriel personnalisé à une liste de journalistes et de responsables de publications institutionnelles. Courte liste, ne voulant arroser trop largement, je me concentrais sur le territoire rouennais (1). J’ai été déçu de ne recevoir aucune réponse (2), même pas le plus lapidaire accusé de réception et bien sûr, à ma connaissance, aucune mention, ni insert, ni critique, à l’exception d’Hervé Debruyne de Rouen Magazine (malgré ce problème de tueur de spam) et de Vincent Lalire (ajout du 13 janvier 2010).

N’ayant aucun stock à écouler, cela ne me gène pas outre mesure : il est bien question de manières (3).

Lorsque j’aurai le texte d’un auteur vivant à défendre, il faudra que je trouve le moyens d’atteindre des personnes de qualité.

Christian Domec, apprenti libraire.

(1) en particulier, furent contactés :

Hervé Debruyne de Rouen Magazine que je remercie
Benoit Vochelet de Paris Normandie
Philippe Goudé de France 3
Annie Le Fléouter de France Bleu Haute-Normandie
Marc Parrad, correspondant agence de presse (Reuter)
Dominique Aubin, correspondant agence de presse (AFP)
Michaël Gossent d’Agglo Mag
Nathalie Lecerf de Ma Région
Étienne Banzet de fil-fax Normandie
Vincent Lalire de Seine-Maritime magazine que je remercie

(Ce 6 janvier, Vincent Lalire me fait part : il n'a point reçu ce courrier - en fait deux -. Il est en effet possible que cet Onard fut jugé, par un programme automatique, indésirable. Il serait toutefois souhaitable, en terre de Conardie, de lever ce soupçon et ses automatismes guère humains)

(2) prenant mon balai, je vais au devant de ma porte et m’aperçois qu’il m’arrive de ne pas répondre à des courriels...

(3) « Il est des noms de rues comme de nos manières, elles furent frustes mais gaies, pieuses mais irrespectueuses. » (incipit de l’Adresse à Madame le Maire de Rouen).

jeudi 3 décembre 2009

Adresse à Madame le Maire de Rouen pour l’inauguration de la rue de la Conardie

[Copie de l’adresse publique à Madame le Maire de Rouen pour l’inauguration de la rue de la Conardie, envoyée ce jour par courrier postal]

Madame le Maire,

Il est des noms de rues comme de nos manières, elles furent frustes mais gaies, pieuses mais irrespectueuses. Ces noms évoquaient plutôt un métier, une habitude, un marché, une réputation, un personnage illustré... qu’une personne illustre, sévère, défunte. Aujourd’hui, les épitaphes clouées à l’entrée de nos venelles, ruelles et avenues appesantissent nos pas à tel point qu’une prothèse pneumatique nous est devenue indispensable.

Disparues, celle des Arpenteurs, des Belles-Femmes, des Coquets, du Bon-Espoir, de la Basse-Fesse, de Derrière, Devant-la-Cohue, Dame-Jeanne, du Petit-Enfer, du Chien-qui-rit, du Cochon-rôti, de la Truie, des Ramasses, du Bardel, des Barbiers, des Curandiers, de Vanterie, de la Chèvre, des Crottes, de la Grosse-Bouteille, de la Pompe, des Prêtresses... même celle des Jésuites ; comme partout, elles furent remplacées par des galonnés, des ceinturés, des notables, des académiciens, des artistes... un pont récent, inauguré en grande pompe, fut même affublé du nom de celui qui s’écriait : « Les honneurs déshonorent, le titre dégrade, la fonction abrutit ! »

Il est pourtant une rue qui retient plus particulièrement l’attention. Celle qui éventra un quartier tumultueux ; qui trancha et redressa les rues des Tanneurs, de la Renelle-aux-Tanneurs, des Maroquiniers, de Dessus-la-Renelle pour tracer une droite impeccable entre la Seine, l’Hôtel-de-Ville et les boulevards. Celle qui eut toujours une belle maîtresse, l’Impériale, la Royale, la République, l’Impériale (bis), la République (bis)... et demain ?

Demain est ma requête, Madame le Maire, celle de redonner fierté aux riverains de cette artère qu’on traverse sans jamais s’y attarder ; permettre aux passants de sourire, de se rappeler, de revenir. Demain sera changer son nom en rue de la Conardie, en mémoire aux fameux Conards de Rouen(1) qui surent égayer la ville un siècle durant avant d’être étouffés par le Parlement et l’ombre du sinistre homme rouge.

Madame le Maire, je vous en prie, bousculez l’ordre du jour de votre prochain conseil, présentez-lui cette requête et, à n’en pas douter, il l’adoptera à l’unanimité. Pensez à ces jours de liesse lorsqu’au son des « tabourins, fleustes, phiffres, trompes, trompettes, cimbales, cornemuses, vielles, carivary, hautsbois, rebecquets, bourdons, violons, harpes, loures sourdes, orgues, timpans, pippets, cornets » vous inaugurerez cette rue : la clameur s’étendra à toute la cité et... bien au-delà.

À cette inauguration prochaine, bien à vous,

Christian Domec apprenti libraire.

(1) Les Conards de Rouen, les penchants du roseau, 2009, dans toutes les bonnes librairies de la ville.

mardi 24 novembre 2009

Glissement vocalique des canards aux Conards

Chercher un début, une origine et entamer ce journal ? Une anecdote toute chaude y suppléera bien.

Cécile Delalandre qui, à n’en pas douter, aime les clins d'œil nous sert l’extrait d’un article de Fulbert Dumonteil à propos du fameux canard rouennais. Sa langue, celle de Fulbert et non du canard, savoureuse était, dit-on, guidée par la délicatesse de ses papilles. Or, samedi, en revenant « de la tournée des libraires », je repensais au texte d’Hervé Bréchet, à son glissement vocalique des canards aux Conards de Rouen. Je descendais tranquillement la rue de la République en pestant contre son nom : il épousa si bien les différents régimes : Royale, Impériale, (Nationale ?) République... « Il faudrait proposer à notre Maire un autre nom, un nom qui ne fluctue pas au gré des passions humaines, un nom qui donne splendeur à celle qui éventra de nombreux quartiers populeux pour tracer droite : rue des Conards ou rue de la Conardie. Oui. Les riverains y retrouveraient fierté et les passants souriraient. » Soudain, là où la rue rejoint le quai qui borde la Seine, je vois dans un vaste couffin, deux magnifiques canards de Rouen – d’une ferme proche de Duclair – qui paradent à la porte du restaurant le Réverbère. Un homme, un verre à la main, veille sur eux, il se présente comme maître canardier.

C’est décidé, j’écris au Maire le 3 décembre.