Croquis marins
Une âme borde un foc sur l'océan sans porte
Et les vapeurs des champs versent comme des mains
Leurs senteurs qui choquent, morcelées de chemins,
Qu'un vol de goélands sans alphabet rapporte.
Le mûrier s'étoile d'abeilles et d'oiseaux,
C’est un orgue emphatique et peureux, car écoute,
C'est le vent du levant qui recherche sa route
Et qui compose en brins tous ces refrains nouveaux.
Et les sables ingrats tuent les vagues si rondes
Qui vautrent leurs corps sur ces curieux époux.
Cet incessant trépas nous suit jusque chez nous,
Et ces sanglots de mort semblent d’un autre monde.
Quand un murmure pieux fera tomber le jour
Et le soir qui se peint, que la lune qu'On lève
Confessera la mer en lumière de rêve,
Chut !... Notre tour sera de composer l'amour.
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Croquis urbains
Des chats mystérieux
Sur les cheminées pâles
Qu’engloutissent les cieux,
Tintent d’un ton d’étoile.
La ruelle sauvage
Brille comme un étang
De six ou sept étages
Épisodiquement.
Cuits comme un fleuve lourd,
Le rire clandestin,
Un enfant, son chien, courent
Avec un air festin
Pour le jeu solennel
De secourir du pied
Le navire et sa belle
Des grands égouts hantés.
Quatre fumées s’affichent
Dans un ciel qui se tord
Près du terrain en friche
Qu’abritent près d’éclore
Trois lys en deuil étrange.
Mais loin des feux ternis,
Des ombres se dérangent,
Sans bruit, et c’est la nuit.
Stanislas Fleury
Industriel sirupeux et petit artisan amusé du verbe, Stanislas Fleury s'est souvenu qu'avant un premier roman catastrophique, il s'était aventuré sur les plates-bandes de la poésie. Des prix avaient jadis auréolé ses vers, dont en voici quelques-uns exhumés. R.I.P.
À paraître : Infinis paysages.