Journal des penchants du roseau

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Tag - Descriptions

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lundi 26 mars 2012

Annie, chercheur(e) en écologie marine

« À l’époque, celle de mes 20 ans, je l’opposais à un autre type de métier où tout me semblait figé.

Je ne vois plus les choses ainsi maintenant, je crois que l’on peut apprendre, innover dans son travail comme dans sa vie. Ce sentiment tient à la variété des gens qui m'entourent, non-chercheurs, et qui présentent des situations très diverses de travail avec toujours cette volonté d’élargir les horizons. Alors c’est vrai, chercheur(e) c’est un peu, comme le chante Juliette Gréco, « devenir vieux sans avoir été adulte », c’est garder cette naïveté, cette envie d’apprendre et de se dire que l’on a encore toute la vie devant soi. C’est donner aux autres cette image d’éternel étudiant oubliant les contraintes de la société, les horaires, les convenances …

Pourtant chercheur(e) au jour le jour c’est aussi avoir des contraintes. Celles qui émanent de l’autorité administrative avec laquelle il faut faire. Le chercheur, c’est l’ouvrier de l’entreprise. C’est un rôle qu’il a parfois du mal à tenir, se croyant libre de ses pensées, un rôle qu'il subit d'autant plus qu'il s'imagine loin de ce monde là. »

Extrait de Annie, chercheur(e) en écologie marine, une description de Christine Lapostolle (à lire en suivant ce lien).

jeudi 22 mars 2012

Michel, psychanalyste. Une nouvelle description de Christine Lapostolle

« L'écoute du psychanalyste est radicalement différente de celle du médecin qui reste à l'affût des indices, des signes pour établir un diagnostic.

Le psychanalyste ne guette aucun indice, aucun signe qui indiqueraient la présence d'une névrose ou d'une psychose. Il écoute le discours du sujet qui essaie de dire sa souffrance, et dans les failles de ce discours il entend la présence de l'inconscient, de « l'autre » qui parle à travers le sujet, de « l'autre du sujet » pourrait-on dire.

Là où le psychothérapeute compatit, le psychanalyste reste neutre. Car la souffrance du sujet peut être pour une partie souffrance mais pour une autre partie jouissance. Cette écoute est aussi différente de celle d'un ami qui pourrait avoir à prendre parti pour le sujet.

Cette neutralité du psychanalyste, cette écoute dite « bienveillante » permet progressivement au sujet, à l'analysant, de départager les « torts » et de reconnaître enfin en quoi il a pu être l'artisan de son propre malheur.

Si l'analysant mesure dès le premier entretien la portée d'une telle écoute, il supporte plus ou moins bien le silence du psychanalyste. Ce silence est d'ailleurs devenu caractéristique de la pratique du psychanalyste, voire sa caricature. »

Extrait de Michel, psychanalyste, une description de Christine Lapostolle (à lire en suivant ce lien)

jeudi 15 décembre 2011

Jean Yves, gardien de chèvres

Clin d’œil.

dimanche 30 octobre 2011

Benoît, pianiste. Une nouvelle description de Christine Lapostolle

« Je prends l’exemple de Brigitte Engerer, qui est une des meilleures pianistes françaises – j’entendais l’autre jour : elle a une maison en Irlande, elle disait qu’elle arrachait les mauvaises herbes (y a-t-il des mauvaises herbes ?) avec ses mains ; elle disait, moi, je ne peux pas m’empêcher, je suis une tactile… C’est évident que quand on est pianiste, on est tactile. Il lui fallait son jardin, et puis le rapport physique à la plante, quitte à se planter des épines dans les doigts.

L’autre jour, ici, on a eu un petit tournage, deux jours de suite à la maison – c’était un vrai bordel, on étaient une trentaine à la maison, c’était impressionnant. Il y avait un pianiste, un très bon pianiste, de Bordeaux. On a bien sympathisé – un personnage d’une autre époque, il ressemblait à Frantz Liszt. On a parlé du clavier muet, qui était très à la mode autrefois. Aujourd’hui on ne fabrique plus de claviers muets. Il voulait savoir ce que j’en pensais. Et moi j’ai répondu que j’étais sûr qu’il y avait autant de plaisir, presque autant de plaisir, à jouer sur un clavier muet. Parce que le plaisir est avant tout tactile. On a aussi parlé de l’écoute. Est-ce qu’on s’écoute ? Je pense que plus on a l’habitude du toucher, moins l’oreille est présente. D’où l’intérêt de s’enregistrer. Pour avoir un regard, enfin une oreille. Sur un clavier muet on entend et, par rapport à la pression des doigts, on sait ce qu’on fait – un pianissimo, un fortissimo. On n’en fabrique plus de nos jours. Ce serait précieux. Pour les gens qui voyagent beaucoup, qui sont dans le train. Un personnage étonnant. J’ai eu l’impression qu’il était essentiellement pianiste. »

Extrait de Benoît, pianiste, une description de Christine Lapostolle (à lire en suivant ce lien).

jeudi 28 avril 2011

Descriptions - Christine Lapostolle - rencontre autour d'un livre

Pont-Croix

Pont-Croix - Finistère
Vendredi 29 avril
18h30 À la maison commune

Descriptions
Jean-Yves, chevrier -Éric, potier

Rencontre autour d’un livre et d’une petite maison d’édition avec Christine Lapostolle

Avec la participation de la bibliothèque municipale de Pont-Croix.

(voir le billet de Ouest-France).

mercredi 23 mars 2011

Descriptions de Christine Lapostolle est publié

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Descriptions, Jean-Yves, chevrier - Éric, potier, Christine Lapostolle.

« Résistance

Tant qu’on peut, résister aux formes, aux modèles de vie en kit, c’est-à-dire à tout ce qu’on nous propose de préfabriqué pour faire rentrer nos comportements et les caser quelque part.

Je crois que… moi, ce à quoi il me semble vraiment important de résister c’est… tous les experts en humain, ceux qui vous disent que si on est malheureux c’est parce qu’on voulait coucher avec son papa et qu’on a voulu tuer sa mère, que si l’on ne peut pas faire ce qu’on désire, c’est en raison de la malchance sociale qu’on a eue, que si on veut être écrivain il faut faire un livre tous les deux ans… Enfin, le monde est plein de mots d’ordre qui nous disent : si vous voulez ceci, faites comme ça. Résister à ça au nom de son individualité, du chemin singulier qu’on a à trouver chacun, ça me semble possible et important.

Résister ce serait croire à sa singularité, au fait que dans le grand ensemble humain, eh bien ! on est une petite note qui n’est pas exactement pareille… qui est singulière. Et que cette singularité il faut la mener envers et contre tout en acceptant qu’il n’y ait pas d’explications, en n’ayant pas peur, en se laissant conduire par des choses qui viennent de l’intérieur.

Ce n’est pas forcément facile.

Une des figures de résistance que j’aime, c’est la Princesse de Clèves.

Au XVIIe siècle, Madame de Lafayette, une femme écrivain, c’est rare à l’époque, invente le personnage de la Princesse de Clèves dans un court roman. Et la Princesse de Clèves va être aux prises avec un très puissant et magnifique amour pour Monsieur de Nemours auquel elle ne va pas s’abandonner, c’est ça l’histoire.

Ce que nous montre le roman, c’est dans quel carcan d’autorité tout cela a lieu : il y a l’autorité de la morale, de la famille, de la cour, de la religion, du mariage, enfin tout est extrêmement cadré et raide. Toute la subtilité du roman est de nous montrer que ce n’est pas par obéissance à ces puissances-là que la princesse de Clèves choisit de résister à son amour, mais que c’est au nom de quelque chose de beaucoup plus subtil qui est son être, son intériorité qui est sans doute faite de toutes ces données-là, mais aussi de choses plus mystérieuses, c’est sa délicatesse à elle. La résistance qu’elle oppose à l’accomplissement de son amour se fait au nom de cette singularité, de cette adhésion à ce qu’il y a de plus incompréhensible pour elle-même, en elle.

Retranscrit du Dialogue avec Christine Lapostolle de Karine Lebrun in Duo pour 13 mots et un paysage, http://www.13mots.com/ »

in Descriptions, Jean-Yves, chevrier - Éric, potier, Christine Lapostolle.

PS : Regarder la mer

Un roman-concert de Karine Lebrun & Sacha Gattino
d'après le livre Regarder la mer de Christine Lapostolle.

Le détail de la soirée du 7 avril
Le lien vers l'installation permanente

C'est à l'ESPACE KHIASMA, 15 rue Chassagnolle 93260 Les Lilas - 01 43 60 69 72

le jeudi 7 avril à 20h30, entrée libre.