Journal des penchants du roseau

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Tag - Jean-François Joubert

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jeudi 10 novembre 2011

Bulletin n° 35 (ça c'est du titre mon roro !)

Le bulletin est mis à jour, pour les habitués de ce journal, rien de neuf. Il est téléchargeable, ci-dessous, au format pdf, j'en reproduis le contenu dans ce billet (d'ici).

Bulletin n°35 contenant le catalogue des livres disponibles actuellement

les penchants du roseau n° 35

Chers lecteurs,

« Les penchants du roseau », librairie artisanale, vous propose un petit choix de livres fabriqués à l'unité dans son atelier sis au bord de l'étang de Saint-Aubin-du-Cormier en Ille-et-Vilaine. Chaque livre peut bien sûr être commandé directement ou acheté chez votre libraire. Il vous est loisible de le feuilleter dans sa bibliothèque numérique ainsi que dans les feuilles correspondantes du journal des penchants du roseau ou, plus charnellement, dans votre bibliothèque préférée, si vous en demandez l'acquisition.

« Les penchants du roseau » prend le plus grand soin dans le choix des textes qu’il publie ; se défiant des genres, l’accent est mis sur la singularité, le ton et la profondeur de l’écriture de leur auteur.

Christian Domec, apprenti libraire.

Christian Domec - 9, rue du Bourg au Loup - 35140 Saint-Aubin-du-Cormier

http://domec.net
roseau.penchant@orange.fr

Au catalogue en novembre 2011

Cécile Fargue Schouler
Instants tannés — Textes & autres miniatures
« Petits penchants » — 10

« (…) Oui, elle voudrait qu’il y ait un cheval pas loin, un cheval qui s’ennuie. Il s’ennuierait et alors, devant son enclos, elle pourrait s’arrêter, l’appeler, le caresser et croire qu’il l’attendait. En le quittant, elle se dirait, au dedans d’elle, que les hommes n’ont décidément rien compris, que ce sont les bêtes qui savent, et ainsi de suite en reprenant son chemin. Elle continuerait de se rabâcher ces choses qu’on dit pour avoir moins froid, pour croire que toute cette solitude c’est un choix. Même que ça lui ferait du bien ces petits mensonges, parce que ce ne sont jamais les gros arbres qui font les radeaux de fortune, mais les petites branches qu’on accumule. (...) »
2011 — ISBN : 978-2-916965-14-7 — 48 p. — 5,00 €

Scènes étranges d'une enfance de garçon
Dangereuse expédition
« Petits penchants » — 9

« — Un bébé pas maturé, c’est un bébé qui vient au monde avant le moment normal. Quand on l’attend pas, quoi… Et en plus, il est tellement fragile qu’il risque de mourir au dernier moment !
Serg plissait le front, comme pendant les dictées difficiles à l’école.
— Ils m’attendaient pas, papa et maman ?
— Ben non... »
2011 — ISBN : 978-2-916965-13-0 — 56 p. — 5,00 €

Padrig Moazon
Mémoires du cargo
« Petits penchants » — 8

« (…) Les vagues soulevées par le moteur viennent lécher les cicatrices de la mangrove, tatouée de tentacules. Mélancolie des albatros attendant que le soleil sèche les plumes de leurs ailes déployées.

Le delta neutralise le fleuve, lui impose l’immobilité.
Les pêcheurs ont pris le parti de ne pas provoquer l’horizon.

Un vol de pélicans pour justifier le ciel. »
2011 — ISBN : 978-2-916965-12-3 — 52 p. — 5 €

Scènes étranges d'une enfance de garçon
Retours difficiles
« Petits penchants » — 7

« Tout était si difficile en grandissant avec les sentiments. Ils s’accrochaient aux basques du petit môme d’autrefois que vous n’étiez plus et refusaient de vous quitter, ainsi il vous fallait apprendre à leur mener la vie dure, les obliger à lâcher prise. Vous vous sentiez parfois malheureux de cette dureté qui s’installait peu à peu en vous bien sûr, mais elle était nécessaire : comment grandir autrement ? »
2011 — ISBN : 978-2-916965-11-6 — 48 p. — 4,50 €

Quinze poètes
Infinis paysages
« Petits penchants » — 6

Yasmina Teterel, Matin vert.
Stanislas Fleury, Croquis marins & Croquis urbains.
Nourit Masson-Sékiné, Le Jour me lève.
Cécile Delalandre, Les paumés & Tess.
Dzovinar, Compagnon d’un moment.
Marie-Agnès Michel, Les Indiens.
Simon Camier, D’un qui dérivait.
Christelle Anjou, Farandole.
Luna Barbare, Le Crapaud, ma chère.
Robert Bruce, Mon frère.
Fanie Vincent, Là-bas.
Christine Leininger, J’entends mendier les bruits des secondes.
Patrick Aspe, Petites phrases
Véra Stépanowa, Flâneries.
Annie David, Né en Maurienne.

« D'infinis paysages, thème du Printemps des poètes 2011, fut l'occasion pour les penchants du roseau de lancer un appel à poèmes début février. Grande fut notre surprise de découvrir l'engouement qu’il suscita. Pendant plus d’un mois, plusieurs centaines de personnes venaient chaque jour déposer, lire, recopier, commenter des poèmes, ceux de leurs infinis paysages ; certains oubliés dans le fond d'un tiroir ou déjà en recueil, d’autres écrits pour l’occasion. Plaisir de découvrir que leurs paysages déchiraient les décors habituels pour y retisser de l’intime, du profond, de la nostalgie, du malicieux. Ce recueil présente ceux que nous avons choisis : quinze poètes et leurs infinis paysages. »
2011 — ISBN : 978-2-916965-10-9— 52 p. — 5 €

Christine Lapostolle
Descriptions — Jean-Yves, chevrier – Éric, potier
« Petits penchants » — 5

« J’ai parfois du mal à dire que je suis potier, je ne veux pas dire céramiste parce que je trouve que c’est prétentieux. Donc voilà, c’est un métier, enfin, c’est mon métier. »
« C’est nous qui avons décidé d’élever des chèvres, de venir ici. On n’a pas hérité d’une exploitation. Tout est notre choix. Je suis tout à fait d’accord avec ce que je fais. »
2011 — ISBN : 978-2-916965-09-3 — 52 p. — 4,50 €

Jean Giono
L’Homme qui plantait des arbres
« Petits penchants » — 4

« C’était un berger. Une trentaine de moutons couchés sur la terre brûlante se reposaient près de lui. Il me fit boire à sa gourde et, un peu plus tard, il me conduisit à sa bergerie, dans une ondulation du plateau. Il tirait son eau – excellente – d’un trou naturel, très profond, au-dessus duquel il avait installé un treuil rudimentaire.
Cet homme parlait peu. C’est le fait des solitaires, mais on le sentait sûr de lui et confiant dans cette assurance. C’était insolite dans ce pays dépouillé de tout. »
2011 — ISBN : 978-2-916965-08-6 — 24 p. — 2,50 €

Yasmina Teterel
Peaux de papier
« Petits penchants » — 3

« L’essai se meurt
De ma main fébrile
Je ne suis qu’un brouillon
Voyez ! Je m’efface

Je … »
2010 — ISBN : 978-2-916965-07-9 — 36 p. — 4 €

Cécile Delalandre
Un jour de grosse lune
« Petits penchants » — 2

« Quand les côtes de Tanger se sont mises à blanchir, il s’est tu. Moi j’étais groggy, à terre, par tout ce qu’il venait de me révéler.
Il a tenté de me consoler en me disant qu’il avait eu le temps de voir les mûres rougir, d’écouter la chouette chevêche, de caresser l’aubépine, de souffler sur les séneçons, d’humer les tanaisies, de délainer des chèvres maltaises... qu’il allait bientôt aspirer un autre air et qu’il avait moins peur du crochet des serpents que celui du big brother ! »
2010 — ISBN : 978-2-916965-06-2 — 52 p. — 4,50 €

Robert Bruce
Bankster
« Petits penchants » — 1

« À première vue, notre homme n’a ni l’entregent d’un Stavisky, ni la révolte d’un Mandrin, encore moins la farouche combativité de Villon, la canaillerie d’un Cartouche, d’un Guilleri ou tous ces autres légendaires malandrins des grands chemins de France. Non, ce personnage ne leur ressemble pas, il est d’une espèce différente, de celle qui, secrètement, méthodiquement, solitairement, dans une sorte de jouissance intellectuelle intérieure inouïe monte une seule mais spectaculaire carambouille, puis son forfait accompli, tire sa révérence et disparaît définitivement de la scène. »
2010 — ISBN : 978-2-916965-05-5 — 32 p. — 3,50 €

Cécile Fargue
Le Souvenir de personne

« ce sont les mots de Sébastien, jeune garçon de 14 ans qui vit ses derniers instants. Une vie d’errance, à la marge de ce qui est bien, de ce qu’on regarde, et dont Cécile Fargue se souvient pour nous. Mais, Le Souvenir de personne n’est pas un témoignage de la misère, c’est une mémoire qui s’ouvre comme une prière, un cri contre l’indifférence. »
2010 — ISBN : 978-2-916965-04-8 — 120 p. — 13 €

Paul de Musset, Jean Domec
La Chèvre jaune & Balade caprine à travers la littérature
« Côte à cote » — 0

« On fait, en Sicile, une grande consommation de lait de chèvre. Tous les matins, quantité de troupeaux descendent des montagnes et parcourent les villes en distribuant le lait de maison en maison. Le dormeur, réveillé par le son joyeux des clochettes, ouvre sa fenêtre et s’amuse à regarder ces escadrons de nourrices qui apportent dans leurs mamelles le remède des poitrines malades et le déjeuner des enfants sevrés. »
2010 — ISBN : 978-2-916965-03-1 — 160 p. — 13 €

Jean-François Joubert
Bleu Terre, balade poétique & insulaire

« Une récréation d’un monde commence-t-elle par une comptine ? Jean-François Joubert le suggère en amorce de Bleu Terre, balade poétique. Son verbe, doux et sensible, sera ses conversations avec les êtres qui, entre estran et abysses, peuplent les redoutables récifs où se fracassent les coques égarées, les lames écumantes, sous le regard distrait de l’astre de nuit. Les toiles de Georges Briot sont, dans leur reproduction, sa respiration picturale. »
2010 — ISBN : 978-2-916965-02-4 — 112 p. — 13 €

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Que vous soyez professionnel ou particulier, suivre cette démarche :

1.envoyer un message(1) à l'adresse roseau.penchant@orange.fr annonçant votre commande,
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4.après réception, votre commande vous sera expédiée à la date convenue.

(1) Attention ! Vous recevrez la réponse d'une personne et non d'un robot, n'en soyez pas surpris.

(2) chèque à l'ordre de Christian Domec,adressé à :

Christian Domec
9 rue du Bourg au Loup
35140 Saint-Aubin-du-Cormier

(3) les références vous seront communiquées par retour de mail.

(4) compte : christian.domec@wanadoo.fr

(5) une facture sera jointe à l'envoi aux libraires ou bibliothécaires pour paiement à réception.

Frais d'envoi

Un forfait de 2 € de frais d'envoi pour la France et les pays limitrophes est ajouté à la commande lorsque son montant total est inférieur à 12 € ; les frais d'envoi sont inclus au-delà.

Remise

Sauf accord particulier, la remise libraire est de 30 % sur le prix indiqué hors frais d'envoi, la remise bibliothécaire est de 9 %.

vendredi 30 septembre 2011

Salon du livre de Liffré le 1er octobre 2011

salon du livre de Liffré 2011

Ils m'accompagneront ce premier octobre 2011.

Qui ?

Cécile Fargue par son Souvenir, Yasmina Teterel avec son Papier et ses peaux, Christine Lapostolle et ses Descriptions, Cécile Delalandre via sa Lune grosse, Padrig Moazon et son Cargo, Robert Bruce avec Bankster pour caresser Platon, Jean-François Joubert et le Bleu de la Terre & Les Scènes étranges & Giono & Musset & les Paysages infinis. Ils seront tous là - hormis les Conards - non charnellement, mais par l'expression de leur(s) caractère(s), celle qui n'indiffère jamais la personne qui se risque à les lire.

Où ?

À Liffré, non loin de Rennes, 7 rue des écoles.

Quand ?

Le 1er octobre 2011 de 10 h à 18 h.

Avec qui ?

Déchiffrez l'affiche, ci-dessus. Mais j'aurai plaisir à côtoyer mon voisin graveur François Houtin, revoir Gaël Brunet, Albert Bensoussan, Jean-Loup Lecuff, Liza Lo Bartello, et tant d'autres.

À bientôt donc.

(je m'absente quelques jours de ce journal)

samedi 30 avril 2011

Premier mai, Bleu Terre à Melon : Chapeau !

Dans une Mélopée onde Bleu Terre, je vous avais parlé de l'impression azur, celle d'une voix vibrant l'estran.

Le 1er mai 2011, j'irai à la rencontre de la voix de Cécile Delalandre, la guitare de David Briot, la contre-basse de Thierry Mathé et de Bleu Terre de Jean-François Joubert. Où ? De nulle part ce n'est loin puisque ce spectacle aura lieu dans une ancienne chapelle guettant l'Iroise, devenue salle Herri Léon (nom d'un fameux sonneur de cornemuse) à Melon.

Eh bien, je vais vous le dire, vous qui me lisez - oui, à l'instant - je serai content de vous y rencontrer et d'y partager ce plaisir annoncé.

À bientôt donc.

PS : Cécile me rappelle la présence de Ludovic Hamard qui fera des peintures vivantes et éphémères le temps du spectacle.

Spectacle Bleu Terre - Premier Mai

(voir brève Ouest-France)

lundi 25 octobre 2010

Bleu Terre vu par Martine Lamouché Petauton

« Balade se réclamant poétique, laissant aux mots la liberté de choisir, et leur place, et leur force ; une façon, nonchalante, de laisser couler une écriture fantasque, mais sans doute, travaillée habilement, qu'on peut lire à voix haute : « pas un chat ne passait par là, aucun chien non plus ; le temps avait mis sa pause et le jardin gardait ses secrets » »

Martine Lamouché Petauton in Reflets du temps.

(grattez la toile ci-dessous pour lire l'article en entier)

mardi 24 août 2010

Les penchants du roseau, l'avis de Nicole Delvallée

[cet avis fait suite à ma demande, j'en remercie Nicole]

Et tout d'abord : Bon Anniversaire à ce joli petit roseau !

Mon avis concerne le livre de Jean-François Joubert « BLEU TERRE ». J'aime les textes de Jeff, même (ou peut-être à cause ?) s'ils ne sont pas totalement aboutis, pas "pro" : il a vraiment un monde à lui, des côtés absolument touchants, une vraie veine poétique.

Je ne connais pas les autres auteurs que vous avez publiés.

Pour ce qui concerne le livre, j'ai aimé le choix du papier et la typographie, la mise en page aérée et le dos solide. J'ai regretté que les illustrations ne soient pas toutes en pleine page, quitte à en mettre moins. Je trouve la couverture un peu mince et surtout, le défaut qui m'a paru le plus flagrant est son aspect gondolé, dû, je pense, au passage sous presse.

J'ai énormément apprécié le côté humain des échanges, le suivi de la commande ( j'imagine que vous devez y passer un temps fou !) : je n'ai jamais eu l'impression d'être une cliente anonyme, mais une amie potentielle !

Au total, j'ai l'impression en ayant acheté ce livre d'être dans le registre (précieux car il disparait !) des véritables amateurs : des gens qui partagent un amour de la chose bien faite, avec soin et personnalité et je vous en suis reconnaissante.

Bien entendu, j'accepte avec plaisir que mon avis soit publié.

Amicalement,

Nicole Delvallée

mercredi 31 mars 2010

Cécile, merci

Si en premier fut le verbe, n’était-il douter ?

Cette inextinguible soif d’exprimer ce qu’il y a d’enfoui en nous par un silence, une mémoire, la manière particulière de nouer un fichu, une mélopée, la trace d’un charbon prolongeant notre main sur une roche… et plus tardivement – plus récemment donc ; voie ultime ? – l’écriture est certainement ce qui nous est propre, ce qui nous est commun. Cette expression a un compagnon fidèle : le doute.

Le doute ne tétanise pas, il n’empêche la décision, il la tremblote, la bafouille, la lapsus (il travestit un nom en verbe comme une voix sensible chevrote).

Le doute accompagne celui qui écrit, celui qui choisit, celui qui passe.

Alors lire la critique de Cécile Delalandre, celle de Bleu Terre, fait un bien fou. Certes j’avais déjà lu des mots encourageants de Véra, Bernard, Corinne, Valérie… Mais là !

Oui, Cécile, merci pour Jean-François, merci pour nos penchants, merci de substituer à un doute le prochain.

Christian Domec, apprenti libraire.

mardi 16 mars 2010

Ce 17 mars 2010, Bleu Terre de Jean-François Joubert est publié.

Bleu Terre

mercredi 17 février 2010

Bleu Terre - quatrième de couverture

Une récréation d’un monde commence-t-elle par une comptine ? Jean-François Joubert le suggère en amorce de Bleu Terre, balade poétique. Son verbe, doux et sensible, sera ses conversations avec les êtres qui, entre estran et abysses, peuplent les redoutables récifs où se fracassent les coques égarées, les lames écumantes, sous le regard distrait de l’astre de nuit. Les toiles de Georges Briot sont, dans leur reproduction, sa respiration picturale.

in Bleu Terre, Jean-François Joubert, 2010.

Une brise sensible : Bleu Terre de Jean-François Joubert

La côte

Après les vents turbulents des Conards de Rouen, une brise sensible penche le roseau, celle de Bleu Terre de Jean-François Joubert.

Cette balade poétique & insulaire est illustrée par la reproduction de pastels et d'aquarelles de Georges Briot, le peintre du bout du monde. Elle sera publiée par nos soins le 17 mars 2010.

Pour les penchants du roseau, Christian Domec, apprenti libraire.

(photo, La côte, reproduction de l'aquarelle de Georges Briot, 1989)

mardi 9 février 2010

Mer ocre

sentiers_des_ocres

Attendre que la maquette soit finie, lécher la quatrième de couverture, y parler de récréation et de comptine, préfacer en soulignant ce paradoxe : un monde désenchanté où surgissent des êtres qui ne le sont pas, choisir des œuvres de Georges Briot, les reproduire soigneusement, ne les faire baver et s'interroger tout haut, comme je vais le faire, sur ce qui nous fait choisir un texte pour devenir livre. Attendre avant d'annoncer la publication de Bleu Terre de Jean-François Joubert. Compter les heures et lui dire merci pour la confiance qu'il accorde à l'apprenti libraire et les quelques exemplaires qu'il pourra façonner.

Quelle curieuse alchimie nous oblige à publier un texte plutôt qu'un autre ? Oh ! Je connais les réponses proclamées par ceux qui ont coutume de publier et ceux qui les observent : le texte diront les uns, le sexe et l'argent, proclameront les autres. L'affaire est entendue ce n'est qu'une question de goût, de préférence sucrée pour ceux qui ont l'ocre amer à la bouche, le boniment facile et l'imagination crispée. Et pourtant, je m'interroge. Pourquoi Bleu Terre ? Est-ce le texte ? Oui, certes, le texte ; et pourtant, non, pas le texte en lui-même, plutôt ce qu'il suggère de la sensibilité de l'auteur, ses conversations avec des êtres peuplant l'estran ou masqués par les profondeurs, la tête en l'air, l'œil cillant à l'astre facétieux. Et aussi la mémoire. Ce souvenir d'un bref échange, des images qu'il suggéra. Vouloir les décalquer d'un trait malhabile, ce que seul une main tremblante sait dessiner.

L'échange eut lieu là où les manuscrits étaient déposés du côté des éditions Léo Scheer, en voici la teneur, celle que mon greffier sut saisir :

Bleu Terre - vendredi 29 août 2008 - Poisson-de-lune

Les quarante ou cinquante premières pages sont à couper le souffle. J’ai cru rêver tellement c’est beau et fait résonance pour les amoureuses de la mer et des astres. Puis j’ai préféré m’arrêter par crainte de rompre le charme. C’est comme pour l’aquarelle ou le pastel, les matières sont tellement agréables au toucher que tout l’art est de ne pas trop s’y complaire, sinon le dessin risque de se fatiguer. Si j’étais jury dans un club de lectrices, je donnerais un 10/10 pour l’écriture en tous cas.

L’âge du capitaine - vendredi 29 août 2008 - Ludivine Cissé

Si vous avez moins de vingt ans, c’est - disons - vaguement encourageant. Autrement, votre effort est au mieux inégal. Quelques rares trouvailles qui frôlent la poésie, mais des tonnes de clichés navrants, aussi, et des échos de mirliton partout, partout. À moins que vous ne soyez un amoureux comblé, auquel cas vous ne faites que confirmer, après vingt-huit milliards d’autres niais triomphants, que le bonheur écrit décidément très mal. Mais à en croire le commentaire précédent, votre ami(e) a aimé - et si vous pensez que c’est l’essentiel, voire que cet avis prime sur tous les autres, alors écrivez plutôt des listes de courses. Vous m’êtes sympathique, cela dit. Une belle âme, sans doute.

Bleu Terre - vendredi 29 août 2008 - jeffjoubert

@ Ludivine Cissé. J’ai moins de vingt ans... d’écritures... et déjà, je cite : « quelques rares trouvailles qui frôlent la poésie. » Venant de vous cela me fait sourire. Je parcours le blog et vos commentaires sont toujours là, présents, pour faire mal. Les clichés, possible, mais contrairement à vous, je ne les note pas dans mes listes de courses. Donc si j’en fait c’est que je suis rattrapé par l’inconscient collectif... Pour finir, merci quand même d’avoir posé vos yeux sur ces textes, et je crois que vous avez essayé d’être « gentille ».

Bleu Terre - vendredi 29 août 2008 - jeffjoubert

@ Poisson-de-lune. L’écriture est ce plaisir de partager ses émotions, ne serait-ce qu’à une seule personne... Vous avez rêvé, quitté la scène avant de : « rompre le charme » et laissé ce commentaire, sincère, qui me touche... Que dire d’autre : Merci !
Conclusion : Merci d’avoir laissé un commentaire...

Sœur Emmanuelle - vendredi 29 août 2008 - Ludivine Cissé

@Jeffjoubert. Pas pour faire mal, non, ne vous méprenez pas. J’ai apprécié votre travail, même si je le dis sans doute avec la maladresse d’un style qui ne s’y prête pas. Seulement j’exècre le ménagement hypocrite et l’indifférence qui se voile d’une appréciation molle. Votre texte manque à mon avis de maturité, mais pas de talent ni d’ambition. Ce n’est sûrement qu’une question de temps, et d’expérience, pour qu’en disparaissent les scories qui m’empêchent d’être vraiment touchée. Au plaisir de vous lire davantage, et mieux.

Bleu Terre - vendredi 29 août 2008 - jeffjoubert

@ Ludivine Cissé. Là où je vous suis c’est sur le côté « inégal » cependant je ne suis pas certain que le temps soit un ami... (je brûlerais bien quelques textes...)
Et ce qui est sûr, c’est que vous n’êtes pas « hypocrite » et ce : « J’ai apprécié votre travail, même si je le dis sans doute avec la maladresse d’un style qui ne s’y prête pas », ce doit être un sacré compliment, du moins je le prends tel quel...
Merci... Vous me donnez l’envie de recommencer mes « listes de courses » en évitant les scories, bien sûr...

Bleu Terre - samedi 30 août 2008 - Christian

@Franfreluche. J’ai entamé Bleu Terre ce matin - aux aurores - comme vous m’y aviez invité. J’ai sursauté, la comptine des jours de la semaine qui ouvre l’ouvrage souvent je l’utilisais en d’autres variations auprès de ma fille.
Beaucoup de douceur dans ces textes, c’est charmant et enchanteur.
Votre comparaison - du moins celle de Poisson-de-lune - avec l’aquarelle et sa fragilité est très juste. J’ai lu la critique de Ludivine Cissé nécessairement outrancière et définitive, mais qui ne manque pas de justesse si on en atténue les traits (elle a aimé vraisemblablement avec tout l’agacement que cela procure). Du bleu-terre à la lettre-bluette la marge est mince ; les bluettes ne sont-elles pas aimables si l’écriture sait les habiller ?
Oui, un recueil d’aquarelles avec ces textes en vis-à-vis serait une bonne idée.

Bleu Terre - samedi 30 août 2008 - jeffjoubert

@Christian. Certains textes de Bleu Terre sont nés de mes impressions sur la vue d’aquarelles de Georges Briot, un peintre que j’adore. Merci de votre passage, de votre lecture et de ce commentaire...

Bleu Terre - samedi 30 août 2008 - Christian @Jeffjoubert. Ah Georges Briot, je ne connais pas. J’ai trouvé ce site.

Bleu Terre - samedi 30 août 2008 - jeffjoubert

@Christian. Eh bien maintenant vous le connaissez... le lien que vous avez trouvé est correct, cet homme peint la nature depuis de nombreuses années et son atelier se trouve près de chez-moi... Voilà comment, j’ai pu m’inspirer de ses propres inspirations, pour certains textes...

Bleu Terre - mercredi 22 octobre 2008 - eva baila

Jeff, je viens de lire avec plaisir Bleu Terre. J’y ai retrouvé des chapitres que j’avais déjà lu sur un site d’écriture, et que j’avais beaucoup aimés. À cette époque, je me souviens vous avoir demandé si vous étiez peintre aussi, tant votre écriture semblait colorée, visuelle. J’ai maintenant la clef : certaines évocations, dites-vous, sont inspirées du peintre Briot. J’ai lu Bleu Terre avec la naïveté du lecteur ordinaire, profitant de la mélancolie et de la douceur des évocations oniriques. Je n’ai certes pas l'œil d’un écrivain, ni celui d’un éditeur, et je me suis laissée bercer par cette douceur, sans trop de questionnement. Ce fut un très agréable moment passé avec vous, et je vous en remercie. Toutes mes amitiés. eva-Cerf volant.

Bleu Terre - jeudi 23 octobre 2008 - jeffjoubert

@ Cerf-volant. Quelle patience, puisque je sais que vous connaissez déjà ces textes, et malgré tout, vous continuez à y prendre du plaisir... Sachez simplement, que j’ai de nouveau envie d’écrire des textes courts, un peu grâce à vous. Merci et amitiés. Jeff

...
...

Se demander si la réponse ne se trouve pas dans ces quelques lignes, les relire encore et attendre que la maquette soit finie, lécher... avant d'annoncer... Bleu Terre.

Christian Domec, apprenti libraire.

(photo, Sentier des ocres, abigailvisits, licence creative common)