Ce jeudi 11 août est le dernier soir des lectures libres avant la fermeture pour congés du centre européen de poésie d’Avignon. J’ai décidé de m’y rendre et de partager quelques vers.
J’arrive un peu en avance et je profite de ces instants pour relire les mots accrochés aux murs pour les 25 ans du centre. L’écriture des poètes est la thématique de cette fabuleuse exposition. Ces vers à l’état brut ! On peut encore en saisir l’émotion, l’encre semble encore fraîche.
Nous sommes maintenant une bonne dizaine et Marie Jouannic, directrice artistique, nous invite à prendre place autour de la table. Les lectures peuvent commencer. Que dire de ce que j’ai entendu et reçu ? Des mots qui résonnent encore en moi et dont je savoure la texture. Des mots que je n’ai pas mémorisés mais dont je vois les couleurs et sens les parfums. L’élément eau est présent ce soir, la mer s’est invitée et c’est tout naturellement que trois poèmes des Mémoires du Cargo de Padrig Moazon entrent dans cette ronde. Le retour à la terre s’annonce avec la lecture de trois textes de Peaux de papier et s’achève à un retour à la mère de mon voisin.
Si l’écoute est silencieuse durant la lecture, la discussion s’anime ensuite et Marie Jouannic nous invite à partager le verre de l’amitié. Il est l’heure de rentrer. Je poursuis une conversation passionnée et passionnante dans les rues animées d’Avignon avec un des poètes, mais nous sommes obligés d’y mettre un terme. Il doit rejoindre son Ardèche. Si la poésie ignore les kilomètres, le corps, lui, les compte.
Il est 23 heures et juste avant de m’endormir je pense aux Infinis paysages, aux Mémoires du cargo et à mes Peaux de papier qui ont pris place sur un des rayons du centre.
Je pense à ces visiteurs qui, un jour, feuilletteront ces pages.
Yasmina Teterel