Scryf

Pour ce troisième volet de la présentation de Scryf, j’ai choisi les deux autres retours de lecture de La Main des Autres de Nat Renard (http://www.natrrr.com), je ne recopie pas les commentaires suscités par ces retours (sauf une partie du mien;-), une présentation ne peut qu’effleurer.

Promis, le prochain billet sur ce sujet contiendra La Main des Autres.

Retour de lecture de La Main des Autres de Nat Renard par MaKiavelle

Bonjour,

Je prends beaucoup de plaisir à lire des nouvelles d'un autre temps. Cela pousse à la réflexion.

Pour le fond : c'est cohérent, on plonge rapidement dans le contexte. En revanche, je n'adhère pas à l'idée du suicide dans le fleuve, car même s'ils étaient plus sages vis à vis de la Nature, ils n'en étaient pas moins des êtres vivants avec cette idée profondément ancrée de procréer et de tout faire pour la survie de l'espèce.

Pour le style : le langage des dialogues est fort soutenu pour la période considérée, mais cela est fort agréable aussi, juste un peu déroutant ! Les descriptions géographiques sont bien écrites, les sentiments sont exprimés avec justesse. La fin n'est pas une fin en soi, me semble t-il, il pourrait bien y avoir une suite...

Petit voyage vers nos racines bien pensé.

MK

Retour de lecture de La Main des Autres de Nat Renard par nic

Je n'ai pas aimé ce texte, pourtant bien écrit, bien construit, où tout est en place. Pour tout ça, je verdis. Sinon...

Lors du concours, j'avoue avoir loupé Néandertal. C'est qu'il ne se joue rien entre les dialogues et qu'eux-mêmes progressent de manière convenue (tout est en place, trop peut-être).
Résultat, honte à moi, je vais vite, je survole, et je loupe.
La clé m'ayant été livrée, j'ai relu : même impression.

"La Guerre du feu" chez Nath, c'est plutôt la luxuriance du vocabulaire de Rosny-aîné que les borborygmes de chez JJ Annaud. Mais chez le premier, on se fout pas mal sur la gueule, et ça c'est chouette.

Sapiens sapiens, d'accord, mais je n'arrive pas à croire à ces philosophes beaux parleurs - "Et je crois qu'en vérité ils étaient plus faits pour ce monde que nous le sommes" - si respectueux des négations - "Cela, je ne le sais" -, de la concordance et de la succession des temps - "C'est là que fut ramassée la pointe que tu m'a montrée ?" - dont l'emploi du passé simple est tellement à propos que je m'étonne qu'ils ne connaissent pas l'imparfait du subjonctif.

Peu convaincu par la forme, je me cogne au fond, au message sur l'altérité qui, nu, est un peu prêchi-prêcha.

Commentaire de Christian

J'ai bien aimé cette Main des Autres. Son écriture et le gouffre que l'on longe, celui d'une altérité disparue. Même si j'ai vécu un léger flottement à sa lecture, sans pouvoir en déceler la raison - en cela les lectures de nic et de Marc m'intéressent pour mieux la comprendre - les dialogues et leur forme m'ont plu pour deux raisons : ils rappellent qu'il y a vingt mille ans nous étions ce que nous sommes, le choix fait par Pat exprime nos moments de finesse. Ce n'est vraiment pas déplaisant.

(…) je n'ai pas encore écrit un retour de lecture... Un vrai fainéant (comme mes ancêtres qui aimaient se prélasser et converser en dégustant les huîtres qu'ils venaient de cueillir à flanc de racines aériennes de quelque palétuvier) !