Journal des penchants du roseau

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mardi 20 mars 2012

Bienvenue aux lectrices et lecteurs de Staccato

Couverture Staccato 1

Chers lecteurs de Staccato de Michel Gros Dumaine, les commentaires, ci-dessous, vous sont ouverts. N'hésitez pas à vous exprimer ; ou gardez le silence si vous le préférez.

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Staccato, "piqué" et "détaché", donc, à tous les sens: "une suite d'instants", une forme "syncopée" au rythme des saisons de la mémoire, un phrasé souvent heurté, où chaque parcelle de phrase résonne et dit la discontinuité d'une vieille vie qui s'effiloche, un passé qui apparaît par bribes et dont il faudra bien se détacher.

C'est brillant - parfois trop. Je veux dire: les courtes biographies qui associent systématiquement avec malice petite et grande Histoires, tous les thèmes qui s'orchestrent avec une parfaite minutie, la blancheur de la maison dans les ouvertures, les larmes qui reviennent dans les clôtures, certes tout cela est impliqué par les réminiscences en spirale de Simon-l'homme-immobilisé, mais - à mon goût- trop visiblement en place, à leur place exacte. (tout comme les messages du caveau familial qui apparaissent très (trop?) logiquement juste avant la dernière partie, l'hivernale...)

A la lecture, des interférences troublantes, plaisantes, voulues ou non par l'auteur je l'ignore: par exemple le début du "Printemps" fourmille de détails qui renvoient à "L'Orphelinat" de Bayona, film hautement psychanalytique (le prénom: Simon, 1-2-3 soleil, enfances vouées à la disparition, grande maison solitaire au bord de la mer...); ou encore les brefs récits de vie, très réussis, par leurs lacunes même, qui semblent se situer entre "Souvenirs pieux" de Yourcenar et "Vies minuscules" de Michon (cf les 4 belles lignes consacrées au modeste Clotaire)...

Bref encore une oeuvre maîtrisée, émouvante, profonde, malgré mes quelques réserves.

Marc Sefaris

(ce Retour de lecture de Marc fut fait sur Scryf à partir du manuscrit de Staccato déposé là-bas par Michel, il y est d'ailleurs toujours consultable)

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« (...) « Staccato » est un terme employé en musique. Michel Gros Dumaine explique que les contenus de la mémoire, atteinte par la maladie d'Alzheimer, jaillissent par des à-coups non liés comme les notes de musique jouées staccato. La musique est très présente dans « Staccato » puisque l'auteur utilise les quatre saisons comme les quatre temps de la vie (l'enfance, la jeunesse, l'âge mûr et la vieillesse) et qu'il entame chacune d'entre elles dans une relation avec la musique. »

Georges Coffre, Sud-Ouest lire l'article en entier

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Quel livre magnifique ! Je viens juste de le terminer, pleine d'admiration et d'émotion. Vers la fin, je me suis dit "J'avais besoin de ce livre". Je ne sais pas encore pourquoi.Ces phrases minuscules au début, qui se dilatent, s'élargissent progressivement au long du texte (en omettant les Traces de mémoire) jusqu'à une fin presque lyrique, cette voix du narrateur, calme, implacable, cette retenue et ce contrôle ! J'admire (autant que je puisse admirer un écrivain).

Gabrielle Ostoya

(ce Retour de lecture de Gabrielle fut fait sur Scryf à partir du manuscrit de Staccato déposé là-bas par Michel, il y est d'ailleurs toujours consultable)

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« Et le voilà dans la peau de Simon posant sur le papier ses jaillissements de mémoire. Les phrases arrivent avec la force de l'éclair traversant le cerveau de Simon et se posent comme des sculptures, images de souvenirs intimes et inachevés. Simon se répand sur sa jeunesse avec lucidité et nostalgie et s'écorche sur son présent imprécis fugitif et anxieux. On est pris par le rythme, par la richesse des images et des mots, par la souffrance de cet homme qui ne peut faire partager sa lucidité intérieure. Alzheimer. Alzheimer oui mais avec une vie affective qui nous réhabilite avec le patient. Et nous suivons l'homme sur son chemin où chaque caillou le déroute inlassablement et il continue à avoir inlassablement des fulgurances de mémoire que l'auteur traite par saccades aussi riches en vocabulaire que violentes dans l'action. Staccato livre bien nommé et qui nous électrise autant qu'il nous fait suivre, en paix, Simon vers ses "lieux incertains de l'oubli". Un hymne staccato à la gloire de toute trace de vie »

Jean Lasaires, Charente Libre lire l'article en entier

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Fini en à peine 2 heures intenses, ce livre est juste magnifique.
Il va pour moi crescendo dans les abîmes inexplorées de la déchéance mentale de Simon en transposant ses flashs sur la vie de l'auteur.
Dans sa construction, dans son style, dans son intensité, dans son humanité et dans sa sensibilité, ce roman est une pure merveille dans laquelle chacun peut se projeter par bribes.
J'ajoute qu'il ne manque pas d'un certain engagement sur les idéaux, d'amour, d'humour aussi, bref j'ai adoré.
Merci Michel.

Laurent Garlin (copie d'un commentaire ci-dessous)

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Dans Staccato j’y suis. Dedans, tout de suite. Il y a un état d’écriture, une humeur, un rythme dans votre Staccato. Une simplicité aussi. Je trouve que l’érudition souvent tue l’émotion. Et puis, c’est toujours désagréable d’être pris en flag de bêtise ou d’inculture.

Dans Staccato la forme épouse le fond. On ne me dit pas, on me fait vivre. Je suis dans la mémoire chaotique de Simon. L’écriture ne raconte pas, elle fait ressentir. J’ai eu froid de solitude dans ce canapé et chaud d’enfance auprès de la forge de l’arrière-grand-père.

Quand vous écrivez « Simon a faim », j’ai senti tous les Simon dans cette faim, l’enfant, l’adolescent, le vieillard.

J’ai BEAUCOUP aimé l’alternance des styles. Avec les Traces de mémoire, vous donnez à ressentir ce que fut la pensée de Simon quand il était dans la force et l’intelligence de l’âge. Tout comme vous dressez avec humour parfois (agréable contrepoint à la dérive du Simon en fin vie) les portraits de ses ancêtres.

J’aime bien cette mémoire accrochée toujours à cette même image qui revient, lancinante, inlassablement « Elle est seule posée sur la plage… »
Il y a des choses superbes de poésie et de simplicité :
« Son horizon, courbé, esquisse la rondeur du monde. »
« C’est l’heure du calme. Des pensées fuyantes, inutiles. Impossibles à retenir. »
« Du temps en vrac. Du temps qui détruit la mémoire. Qui fatigue Simon. Du temps étranger. »
« Simon ouvre les yeux qui regardent son rêve » et tant d’autres !

Staccato est maîtrisé et bouleversant.

Chantal Malignon écrivain.

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"Se souvenir des belles choses", le film de Zabou Breitman nous donnait à voir le lent déclin de la mémoire chez Claire, une femme encore jeune. Et sur ce fond pessimiste elle tissait les beaux moments d'un amour naissant avec un parti pris d'optimisme malgré la gravité du sujet.

Dans Staccato, le roman de Michel Gros Dumaine, Simon, lui, est au quatrième tempo de sa vie, la vieillesse. Bientôt il aura effacé de sa mémoire, les belles choses comme les moins belles qui ont jalonné son existence, les souvenirs profondément enracinés dans le terroir de ses ancêtres. Le drame est bien là, dans ces absences qui le plongent peu à peu dans l'oubli de ce qu'a été sa vie. Le lecteur accompagne alors Simon dans les derniers jaillissements de sa mémoire. Il l'accompagne enfant, adolescent, homme mûr avant que ne se referme définitivement avec la vieillesse le livre de ses souvenirs. Le lecteur suit avec passion le cheminement de cette vie qui, petit à petit,comme la bougie vacillante, va s'éteindre. Le lecteur a de la compassion pour Simon. En même temps il n'est pas triste, puisque Simon, quoiqu'il advienne, sera toujours riche de toutes les choses de sa vie qui nous sont données à lire.

Et c'est là le tour de force de l'auteur. Par son style, par ses mots, par la poésie qui se dégage de ce livre, nul apitoiement mais une bienveillante empathie à l'égard de son héros déclinant.

Martine Playe

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Cher Michel, Je suis là, enfin ! Simon, votre héros et vos phrases ressemblent a un voilier. Quand il ne peut plus lutter contre le vent, la mer, la vie pour poursuivre encore un peu sa route, il lui reste deux allures pour ne pas s'enfoncer de l'avant : la cape (le foc bordé à contre et la barre dessous )le soumet à la dérive du vent, de la mer, de la mémoire, et la fuite devant la tempête en épaulant la lame sur l'arrière avec un minimum de toile.

J'ai pris délibérément ces expressions nautiques pour résumer la vie de Simon, car la fuite reste souvent, loin des côtes, la seule façon de sauver le bateau, de se sauver. Elle permet aussi,' (comme dans votre roman) de découvrir des rivages inconnus qui surgiront du tréfonds des souvenirs. Rivages inconnus qu'ignoreront ceux qui ont la chance apparente de posséder un cerveau qui nous donne un sens ou plutôt aucun.

Le tragique de la destinée humaine ne vient-il pas de ce que l'homme comprend qu'il en a assez pour savoir qu'il n'en connîtra jamais suffisamment.

Staccato ! Vos mots sonnent, claquent, résonnent puis viennent rouler à nos pieds portés par le ressac de la vie antérieure de Simon. Quel beau livre inspiré ! Quelle force littéraire quasi présente dans ce texte. C'est un jardin intérieur dans lequel on peut inviter ses amis sans leur demander ni titre, ni passeport.

Je m'incline respectueusement devant cette oeuvre oraculaire, alors je vous dis tout simplement merci, merci, et surtout longue, très longue vie littéraire.

Robert Bruce

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Une première lecture rapide me laisse sans voix : belle écriture efficace, style court et rythmé (d'où le titre), quelques passages magnifiques qui m'ont rappelé mes vacances d'été chez mes grands-parents, et de beaux moments d'émotion.

Je laisse un peu retomber l'affaire et je le reprendrai avec une lecture plus attentive et plus lente, pour mieux m'imprégner de cette écriture sobre mais ô combien efficace.

Bruno (voir aussi le commentaire de Bruno sur La Cave de Bobosse)

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Staccato.Saccadé.Secoué.Déchiré. La mémoire en puzzle. Les pièces perdues, mélangées, éparpillées. Ls pensées en pointillés. Comment ne pas être ému, bouleversé par Simon.Sa vie en lambeaux. Les contours qui s'estompent dans une mémoire embrumée. Je suis rentrée dans l'univers de Simon et je n'en sors pas indemne...

Merci à Michel Gros de m'avoir offert ce moment d'émotin intense, de retour sur soi-même, de réflexion sur le sens même de la vie.

Danielle Garlin

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Que dire - écrire - après tous ces commentaires ? Quand j'ai refermé Staccato, j'ai eu une étrange sensation. Beaucoup de tristesse et de désarroi. Car si Michel Gros Dumaine a su se mettre dans la tête de Simon, il n'a pas manqué d'y entraîner le lecteur. A ma lecture j'étais Simon avec ses sursauts de mémoire. J'avais des blancs aussi et j'avais peur. Car si on aspire à faire le ménage avant de partir et n'emporter que ce qu'il y a de bon, il ne faut pas que ce soit à notre insu. Simon ne peut choisir ce qui est à garder ou non. Sa mémoire est devenue "un être à part entière" qui refuse d'être enfermée dans une boite osseuse. Elle s'en va laissant un corps, juste un corps.

Merci à Michel, à ses mots et même à ces silences.

Yasmina Hasnaoui

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« L’auteur, psychanalyste de profession, a voulu non pas décrire la maladie en tant que telle mais faire apparaître des moments de lucidité chez son personnage principal. Et les raconter dans un style, précis, concis, saccadé (d’où le titre de l’ouvrage), à travers les quatre périodes de la vie humaine correspondant aux quatre saisons : printemps, été, automne et hiver. Ce qui lui permet de retrouver son enfance à Neuvicq, les personnages qu’il a rencontrés ou dont il a entendu parler : le maréchal-ferrant, son arrière-grand-père, Oscar, et son « arpète » Clotaire, sa femme Maria, et bien d’autres qui accompagnent ses souvenirs. Il s’agit bien d’un « concerto des quatre saisons » qui laisse au lecteur une double impression : celui du temps passé avec la vie d’un village, vibrante et variée, dont les habitants étaient les acteurs d’un film en noir et blanc sans le savoir ; et les éclairs de lucidité de Simon, qui s’enfonce peu à peu dans un éternel oubli, mais dont la vie transparaît à travers ces vagues successives d’images d’un temps à jamais révolu.

extrait d'un article de Pierre Girard-Augry dans l'Hebdo 17

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« Michel Gros Dumaine a écrit avec « Staccato » un roman remarquable sur la mémoire et l’oubli, le souvenir et le temps, l’identité et la perte.

(...) l’auteur a une plume toute personnelle, légère et précise à la fois. Sa description de l'ambiguïté des relations familiales sonne très juste et son évocation des paysages charentais est poétique et nostalgique.

Un roman émouvant et intense, écrit dans un style élégant et subtil.

Extrait d'un billet de Marianne Desroziers sur son Pandémonium littéraire.

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Suivre les souvenirs de Simon, ces fragments dispersés et perdus dans sa mémoire brisée m’a beaucoup émue – pourquoi et comment certaines images, certains mots sont restés gravés ? Quel mystère se cache derrière ce front ? Enigme qui nous renvoie tous à notre incompréhension et aussi à une sourde angoisse face à notre propre fragilité – mais ce livre n’est pas triste ; de ses pages s’égrènent lentement les notes de tout ce qui a fait la vie de Simon, de ce qui fait toute vie et l’on sent une certaine tendresse de l’auteur pour ce personnage, qui pourrait être nous. Michel a su trouver le ton juste pour en parler, comme on dit d’une voix qu’elle chante juste.

Wanda Celestra, Petra – Lesvos (Grèce)

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dimanche 1 janvier 2012

Bienvenue aux lectrices et lecteurs du Souvenir de personne

Le Souvenir de personne, Cécile Fargue, première de couverture

Le 5 octobre 2010, Le Souvenir de personne de Cécile Fargue est déjà parvenu en Marne et de là, il poursuivra sont parcours de mains en mains, accrocher l'œil de l'un, compagnon d'une soirée de l'autre. Nul ne saurait prédire ses itinéraires et les cheminements intérieurs qu'il suscitera.

Ce jour donc, j'ouvre ce lieu de bienvenue à ses lecteurs. Les commentaires, ci-dessous, vous sont ouverts. N'hésitez pas à formuler vos critiques du flacon ou de l'ivresse ; ou gardez le silence si vous le préférez.

[je réactualise ce billet-accueil des lecteurs du Souvenir de personne en y glissant au fur et à mesure que j'en prends connaissance des avis glanés ici ou là, n'hésitez pas à me faire parvenir les vôtres]


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Chaque fois que je passe devant un de ces bouquets qu’on voit parfois plantés en bord de route, j’accélère malgré moi, et pendant quelque temps, je ne peux m’empêcher de songer à cette personne qui a disparu, à ces gens qui l’ont aimée et qui sont peut-être seuls à se souvenir. Le pincement au cœur que j’éprouve dans ces moments-là, je ne sais s’il provient du drame qui s’est joué un jour à cet endroit ou de l’état du bouquet. Car certains sont tellement rabougris, tellement noircis par les voitures – sans parler des fleurs en plastique – qu’ils me foutent le cafard comme lorsque je traverse une zone industrielle. Je n’ai qu’une envie : être déjà loin. Ne me parlez pas de votre disparu.

Puis un beau jour, il pleut des cordes, la route est boueuse et triste. Et sur le bas-côté, je vois un autre ce ces bouquets. Mais ses fleurs sont tellement belles, et s’emploient si bien à cacher leur beauté, que je lève le pied, que je m’arrête.

Et en redémarrant, je me dis qu’elle a de la chance la personne à qui on a rendu un si bel hommage. Autant de chance que Nancy dans cette belle chanson de Leonard Cohen.

Pour moi, Sébastien, Nancy, c’est la même musique. Merci.

Sindbad le marin (recopié d'un commentaire ci-dessous)


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Ayant la chance d'avoir obtenu une prévente du "Souvenir de personne", je tenais à encourager tout curieux à se procurer cet ouvrage. Pour moi, l'émotion a été forte à la lecture de ce livre. Du sourire aux larmes, il nous transporte dans les tendres souvenirs de Cécile et laisse une morsure indélébile.... Si vous espérez trouver un livre cru et froid, détournez vous... Par contre, si vous voulez ouvrir vos yeux comme l'auteur l'a fait et tenter de vous imprégnez de ces souvenirs, de cette réalité, procurez vous "Le Souvenir de Personne".

Alexia (lu à cette adresse)


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Gamine, souvent, en rentrant de l'école, je faisais un crochet par le petit cimetière de campagne qui longeait la route surplombée d'un joli sous-bois où j'aimais m'attarder, au risque de me faire gronder.

Comme vous, Sinbad, j'ai eu maintes fois le coeur serré malgré mon bas âge - celui de l'insouciance - en observant les pierres tombales dénudées. Celles des enfants étaient toujours fleuries, je m'en souviens. En ce temps-là, les Sébastien n'existaient sans doute pas encore, sauf dans les livres évoquant des poètes dits maudits.

Aujourd'hui, je ressens qu'un livre tel que celui consacré à la mémoire de Sébastien peut placer un lecteur dans une position proche de la torture par tout ce qu'il renvoie en miroir. Par exemple, un frère perdu il y a peu, disparu sans collier, et retrouvé dans un bas fossé. Dès lors, je ne peux non plus "parler du disparu" !

Iris (recopié d'un commentaire ci-dessous)


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Ce qui est bouleversant, troublant aussi dans le "Souvenir de Personne" de Cécile Fargue, c'est qu'au-delà d'une lettre magnifiquement écrite sur le caveau d'une promesse tenue, elle nous crie à tripes ouvertes, son combat contre l'oubli et l'indifférence.

Ses mots justes, retenus, admirablement poétiques, sont bien pl...us forts qu'une Pâques, pour ressusciter Sébastien, son ami de rue mort comme un chien à l'âge de quatorze ans. Cécile Fargue nous parle deux mais c'est d'un, d'elle dont on entend encore le cri quand on referme ses pages.

Il est essentiel de lire ce petit bijou de talent et d'émotion brute.

Cécile Delalandre (lu à cette adresse)


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« L'amour, forme suprême de reconnaissance, permet à la narratrice de conférer une dimension supplémentaire à l'anonyme, de lui donner un supplément d'existence. "Personne" devient ainsi "une personne". Et le fait de mettre en scène un instant d'intimité entre la narratrice et le garçon, dans une chambre miteuse ("Novembre"), recrée pour le couple (où chacun se donne, alors que d'ordinaire le jeune homme se vend) la profondeur dramatique d'un rituel qui n'a rien de mécanique. »

Daniel Fattore, Lire l'article sur le site Fattorius.


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« (...) on évolue dans un monde où l'on ne dit pas "merci", le mot étant truqué par les menaces de la condescendance ou devenu "trop lourd". Un monde qui voit les enfances disparaître au contact de réalités grimaçantes. Pourtant le rêve enfantin n'est jamais loin, presque à portée de main. Perchés sur un arbre sans cabane où "on fait semblant d'être les Indiens de notre histoire", ou buvant une "grande rasade de cet alcool qui rend propre" (l'eau de Cologne) comme un élixir du pauvre, ou passant aux yeux d'un "clodo" un peu fou pour "le passeur de nuit" maître de rassurantes clés imaginaires, ou comment transformer un geste de mépris et de défense _ la copine qui s'essuie la manche _ en comptine urbaine, "un deux trois", ou Sébastien mimant avec dérision et sérieux le geste du jardinier: autant de moments où le quotidien le plus désespérant semble prêt à céder aux jeunes élans de vie, où par la magie du jeu l'existence semble soudain pouvoir être autre. »

Marc Sefaris, Lire le billet : Un poids, une place, ici.


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« (...) ce cri dans la nuit n’est ni empreint de rage ou de colère, d’angoisse ou de solitude. Il est une voix qui s’unit à celle de Sébastien ; il est une âme qui rejoint l’âme sœur ; un amour qui a trouvé.

(...) un long souffle retenu qui peu à peu se défait, et le lecteur, dans ce silence, écoute ; face à ce texte, se tait. »

Savina de Jamblinne Lire l'article sur le site Vingt mille lieues sous les livres...


********************************************** « (...) Je voudrais que cet objet-évènement se recopie, se fragmente, se répète, se simule, se dédouble, sans que quiconque n'impose ce qu'il voulait dire, ni de dire ce qu'il voulait être.

Le souvenir de personne, c'est du Mozart. Après sa lecture, même le silence est grand.

Merci à toi, Cécile de nous chuchoter tant d'émotions,de nous procurer cette sensation indéfinissable qui nous fait percevoir que nous sommes vivants... simplement vivants. (...) »

Robert Bruce [Lire le texte ici]


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« (...)Le souvenir de personne surprend par la maîtrise de son écriture et par la force du récit. On pense à L'attrape-cœurs de Salinger, à L'herbe bleue témoignage anonyme devenu culte, ces œuvres marquantes par leur universalité : parler des marginaux (dans le sens de ceux qui vivent dans la marge) est beaucoup plus efficace pour décrire une époque que de délayer le quotidien des gens dit normaux. Et ce livre a la grâce des œuvres écrites avec l'émotion de la jeunesse, cette grâce qu'on finit par perdre avec le temps. (...) »

Marie Lebrun Lire l'article sur le site Post scriptum...


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Parfois, il est bon de ne rien dire tant un texte se suffit à lui-même.
Lorsque j'ai lu « le Souvenir de personne » j'ai tout de suite ressenti ce besoin d'être discret, pudique, tant on est au cœur d'une histoire secrète... celle de deux adolescents... dont le destin sera tragique pour l'un d'eux.

Je garde en mémoire, tout ce passage où Sébastien tentera de se désintoxiquer... dans cette cabane prêtée... au bord d'un monde qui se réveille chaque jour... et qui n'est pas forcément le nôtre. « Le Souvenir de personne » c'est une tentative de faire revivre quelque chose, quelqu'un... mais c'est comme visiter un camp de la mort : on voit les décors, les paysages... ce qui reste... mais qu'en est-il vraiment des êtres humains qui ont vécu là ?

En un « Voyage au bout de la nuit »... le livre refermé, on garde le silence... c'est ce qu'il convient le mieux au souvenir de Sébastien... car le silence est profond, vaste et sans limite...

Il faut tout de même dire que j'ai été heureux de lire ce livre, d'être un "témoin" de ce qu'a été la vie de Sébastien.

Becdanlo


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Je repense à ce qu'en évoque Cécile et c'est vraiment cela, un cri , que pour ma part j'entends encore résonner en moi deux mois presque après sa lecture... et j'y repense souvent, cette angoisse qui noue le ventre, comment retenir un soupçon de ce qui a été, ne pas le laisser disparaître à jamais...Cécile Fargue a su si bien nous interpeller, nous accrocher...

le "Souvenir de Personne" restera le mien..

Ariane Grammaticopoulos (recopié d'un commentaire ci-dessous).


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On aura tous croisé dans les rues des grandes villes le regard si adulte, et enfantin, de très jeunes toxicomanes, sans faire rien d'autre que de s'éloigner en pressant le pas, et en cela le récit de Cécile Fargue prend toute sa dimension, dans ce sens qu'elle s'arrête, elle marque le pas, et le récit poétique qu'elle livre – même s'il aurait gagné à être resserré, épuré, acéré – sonne bizarrement juste.

Vincent Wackenheim (Lire l'article)


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Pour résumer, c'est pour moi un bien beau livre dans son style et son dessein, mais l'absence de soutien et de révolte donne un étrange sentiment de complaisance.

Stanislas Fleury (Lire le texte)


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Le Souvenir de personne s'est refermé tout doucement hier soir et il est devenu mien à présent. Sans difficulté, il a su trouver une place dans ma mémoire. Comment rester indifférent à cette indifférence dont souffre Sébastien ? L'indifférence tue ses victimes, dans un terrible anonymat. Il n'y a pas d'autre issue, l'indifférence ne choisit pas, elle ne veut pas choisir.

L'écriture à fleur de peau de Cécile Fargue, sa poésie et ses mots crus, aussi crus que les maux de Sébastien, magnifient cet adolescent dont l'héroïsme est plus puissant et plus morbide que son héroïne, fidèle compagne de ce voyage si court.

Bouleversée, retournée comme ce pauvre corps, j'ai pris, le temps de cette lecture, la place de Cécile et je l'en remercie. D'ailleurs, je me souviens de ce papi libidineux et de son regard lubrique. J'ai la nausée, j'aimerais le tuer.

Cependant, mon intrusion dans cette histoire a été parfois quelque peu perturbée. L'usage récurrent des points de suspension m'ont frustrée, à certains moments. J'aurais aimé que Cécile en dise plus, se laisse aller. Cette sensation de "retenue", même si elle est justifiée par l'émotion, exclut le lecteur de ce souvenir de personne, au risque de demeurer justement personne.

Et cette retenue, par instant, tombe dans son inverse, là où justement il ne faudrait pas trop en dire pour laisser le lecteur à sa propre interprétation qui ne sera jamais éloignée de la vérité. Un mot de trop, un adjectif inutile suffisent à contrarier, agacer même. Mais ces petites faiblesses nous rappellent que l'auteur est humain et que le talent doit rester humain.

Yasmina Teterel, (reçu par mail avec autorisation de le publier).


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« (...)Ce jeune garçon se prénommait Sébastien. En quelques dizaines de pages, Cécile Fargue l’a extrait de la fosse commune où on l’avait jeté. Elle lui a offert une sépulture – notre lecture – d’où il pourra poursuivre sa route. Latcho drom, Sébastien ! »

Lire l'article sur le blog de Gilles Monplaisir...


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Le Souvenir de personne : c'est pour moi une lecture bouleversante, très difficile, une expérience véritablement charnelle. Ce récit est un don qui traduit l'immense générosité et l'amour que porte en elle Cécile Fargue. Quelle grâce.

Anne-Laure Brun Buisson (avis reproduit avec son autorisation)


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C’est poignant, on ne sort pas intact d’une telle lecture, les mots manquent. Certaines scènes sont bouleversantes et terribles. Elles poursuivront longtemps le lecteur. Le pire est l’indifférence, la lâcheté des personnes ayant croisé Sébastien.

Parmi les personnes ayant profité de Sébastien, les personnes les plus humaines paraissent les plus coupables, car elles se rendent compte de la détresse de l’adolescent. Ces personnes en se montrant « amicales », , « bienveillantes », essaient de se déculpabiliser, tout en profitant de Sébastien.

Sébastien, transpercé d’aiguilles, nouveau Saint Sébastien, transpercé également comme une poupée vaudou, sur laquelle la société entière déverserait ses frustrations tout en le transperçant de toute part, en lui volant sa fraicheur, sa jeunesse, son étrangeté, son côté libre et sauvage contre de l’argent ou de la drogue.

Cette drogue détruit Sébastien, les clients le savaient pertinemment. Ils profitaient de Sébastien car il était seul isolé, ils pouvaient agir en toute impunité face à quelqu’un de démuni.

L’auteur, Cécile Fargue, en écrivant Le Souvenir de personne, rend hommage à cette vie perdue, à son amour perdu, en édifiant à la mémoire de Sébastien, un véritable monument de mots, j’ai bien aimé l’expression : « une cathédrale de mots ».

Rémy (copié d'un commentaire, ci-dessous)


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Un livre où l'on course la mort entraîné par ces deux-là. La voix de Cécile, l'innommable de Sébastien. Le tout dans l'indifférence de ceux qui passent où le viol de ceux qui paient. Rude, dur, couleur de muraille, d'urine, de shit.

Bourré de tendresse et de désespoir. ça fait du froid dans le coeur quand on referme le livre et c'est bien. La chaleur on la garde, regard épargné, pour le prochain môme aux veines bleuies que l'on croisera, tapi, au coin d'un porche.

Merci cécile.

Christiane (copie d'un commentaire déposé ici)


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Elle aussi avait, niché au creux de son vide, un rat. Je ne l’ai pas croisée dans les rues de mon adolescence, celles où Cécile a caressé la vie de Sébastien, mais dans le lieu où, loin de là, j’avais construit un accueil pour l’errance. Elle est venue sur la pointe de sa peur briser sans hâte la chape d’indifférence où elle était tenue, cueillir sans précipitation les éclats disséminés de son être-jeté-dans-le-monde. Je l’ai aimée aussi, à la manière admise par ma fonction d’analyste, comme Cécile et Sébastien se sont aimés dans le silence bruissant des douleurs indépassables, là où rien ne s’achève pris dans le flot impétueux de l’ex-sistence, des mots aussi.

J’ai lu Sébastien, comme faire là se peut, dans mon regard tendu vers les mots de Cécile et le texte qu’elle m’oblige à construire. Il n’y a pas d’autre lieu que dans cet entrecroisement où "fabriquer" la littérature et nous en remercier.

Michel Gros-Dumaine (recopié du commentaire ci-dessous)


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« Je garde précieusement ce livre pour le faire lire dans quelques années à ma fille, il est important. »

(fragment d'un courrier reçu par Cécile Fargue)


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Un récit plein de justesse et sans pathos, en hommage à un jeune garçon disparu bien trop tôt et qui fait partie de la longue liste des morts de la rue. Grâce à Cécile Fargue, ce corps enterré anonymement, retrouve une dignité, une âme, une histoire, un nom. Il s’appelait Sébastien. Il vendait son corps pour quelques dizaines de francs. C’était les années 1990. Cécile y était aussi. Elle avait 13 ans et elle a connu ce jeune adolescent à la dérive qui malgré la prostitution, la drogue et la rue avait réussi à garder sa grâce et sa délicatesse. C'est l'histoire d'un amour perdu d'avance mais pas vraiment puisqu'ils se sont accompagnés l'un vers la mort, l'autre vers la vie à un moment où ils en avaient le plus besoin.

Un livre nécessaire dont la lecture bouscule.

Marianne Desroziers (recopié du pandémonium littéraire)


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mercredi 28 décembre 2011

Scryf ? La Main des Autres I

Scryf

Je poursuis la présentation de Scryf en dévoilant des bribes de ce qui s’y passe, vu de l’intérieur. Comme j’aime bien mettre la tête en bas, je commence par un « retour de lecture » de Marc Sefaris et les commentaires qui y sont liés. Dans Scryf, l’idée est assez simple : on dépose un texte, on lit un autre et on écrit un retour de lecture avec une appréciation (sous la symbolique d’une couleur). Ce « retour » fait à son tour l’objet d’une discussion et d’une appréciation. Bien sûr nulle obligation, c'est pourtant certainement ce qui est le plus stimulant.

Le « retour », ci-dessous, est celui d’une nouvelle de Nat Renard, La Main des Autres, écrite lors de sa participation à un petit concours interne à Scryf ayant pour thème… (je ne m’en rappelle plus) ; une écriture rapide donc. Vous pourrez lire La Main des Autres dans une bonne semaine sur les penchants du roseau. Si vraiment vous êtes pressés, rendez-vous sur Scryf, vous la retrouverez facilement.

Nota : je livre ces éléments brut de fonderie, j’ai juste « anonymisé » par des initiales les interventions des différents commentateurs hors Nat Renard et Marc Sefaris.

Retour de lecture de La Main des Autres de Nat Renard par Marc Sefaris

On retrouve dans cette nouvelle les qualités d'écriture de nat : style travaillé mais limpide, sérieux et goût pour les grandes questions universelles (qui donne à cet "entre nous" une portée inattendue), beau titre suggestif - et en prime le final, mélancolique et discrètement lyrique, qui ne laisse pas indifférent.

Mais pour moi la magie n'opère pas, parce que dès les dix premières lignes, je sais qui sont ces Front-plats et on peut deviner la nature de la tristesse du vieux tailleur (la nouvelle perception de Néandertal a été largement relayée par de nombreux livres et documentaires grand public, sans être spécialiste de paleoanthropologie, on peut difficilement ignorer aujourd'hui sa richesse et sa singularité). Du coup, le deuxième dialogue est en quelque sorte la confirmation, à peine le prolongement du premier; ce dont le jeune Homo Sapiens sapiens prend conscience, on a pu le comprendre bien avant lui. Autre conséquence (à mes yeux): les détails donnés sur les différents personnages ou leur attitude apportent peu (à part nous dire qu'ils sont humains), ce qui n'était pas le cas de "Retour de Mission" ou de "Hors-Réseau", où chaque détail avait son importance, dans une atmosphère immersive qui s'imposait à la lecture. Là, Mirin est "timoré", il "fit sonner un bâillement manifeste" etc., soit, mais so what? Ils ont beau agir et parler, ces personnages me semblent trop abstraits. Ce n'est donc pas le manque d'action que je critique - une nouvelle peut tenir sur le ton, la sensation etc., mais le fait qu'il s'agit d'une réflexion habillée par des échanges de paroles qui ne sont finalement qu'informatives. Je suis certain que tu pourrais, Nat, donner corps à cette grande solitude, par une situation qui implique davantage les personnages de ta tribu, qui là restent en quelque sorte en position d'observateurs-archéologues-philosophes.

(débats en perspective - pas de violence svp)

Commentaires de ce retour de lecture

D

Je pense que si Nat avait développé le sujet les dialogues etc, elle serait parvenue à quelque chose de plus abouti bien sûr et de vraiment passionnant. Néanmoins je trouve le texte très beau tel quel (ne pas oublier qu'il s'agissait d'un concours de nouvelles) C'est curieux mais j'ai l'impression qu'on a tendance à se montrer particulièrement exigeant avec Nat, je sais,"qui aime bien châtie bien " mais quand même!

M

Et avec la racine (un pauvre végétal qui écrit, c'est déjà un exploit, non !?), on n'est pas exigeant non plus !?... hi hi je charrie... mais ne châtie point ;-))

Nat Renard

Hé, j'suis non-violente, moi !

Alors là, vraiment, Marco, je ne te suis pas, au sens où je ne comprends pas. Je reprends point par, parce que, que tu sois accroché, ou pas, je me dois de défendre cette nouvelle sur les points incriminés !

- on peut deviner la nature de la tristesse du vieux tailleur : oui, et alors ? Il ne s'agit pas de faire du suspense ! Quant à la nature précise de sa tristesse, je ne suis pas d'accord avec toi. Le vieux n'est pas triste pour les Fronts-plats, il est triste pour le monde. Cela est-il si évident, là, avant la fin ? Je ne le crois pas.

- la nouvelle perception de Néandertal a été largement relayée par de nombreux livres et documentaires grand public, sans être spécialiste de paleoanthropologie, on peut difficilement ignorer aujourd'hui sa richesse et sa singularité : là encore, et alors ??? Cela fait 20 ans que j'ai étudié la (les) culture(s) de Néandertal, il n'y avait pas pour moi de grrrand secret à dévoiler ! Il y a bien longtemps, au moins 20 ans, donc, qu'on sait que Néandertal était un homme "évolué". On a même régressé un peu récemment puisqu'on l'a sorti du groupe des Sapiens (on le nommait il y a peu encore homo sapiens neandertalensis, et nous sapiens sapiens).

- Du coup, le deuxième dialogue est en quelque sorte la confirmation, à peine le prolongement du premier : pas d'acc du tout. Dans le premier, le jeune entend que les fronts-plats n'étaient pas des grosses brutasses. La mise en perspective par rapport à ce qui fait leur humanité à eux est un aspect tout à fait différent. L'idée d'un autre différent, non par sa simple morphologie et sa façon de vivre, mais par ce qu'entraîne la première, cela va bien au-delà d'une simple apologie de la différence.

- le fait qu'il s'agit d'une réflexion habillée par des échanges de paroles qui ne sont finalement qu'informatives : Il y a le fond, certes, je n'ai pas caché son importance à mes yeux dans les comm échangés avec D, mais il y a aussi l'idée de voir les uns avec les yeux des autres, de se placer dans la tête d'un cro-magnon pour voir un Néandertal. Et cela en deux coups de cuillère à pot comme le format l'impose.

Par ailleurs, rapporté à tes autres retours de lecture, j'ai l'impression que tu évalues ce texte par rapport à moi et non pour lui-même. Ce jaune qui m'a fait frémir, je l'avoue, dit quand même aux lecteurs potentiel que c'est mauvais. Que la magie n'opère pas, certes, je le comprends, mais ça ??? Cela me laisse vraiment perplexe.

V

Pardon d'apporter mon grain de sel, je ferai un retour détaillé dès que possible. Mais c'était une de mes nouvelles préférées du concours, Nat, ce qui ne m'empêche pas de me retrouver dans l'ensemble des critiques de Marco.

L'idée générale me plaisait (l'énigme de leur disparition, la confrontation), et l'écriture est réussie. Mon curseur, emporté par ce mouvement général sera donc plus vert. Il reflètera mon plaisir de lecture. Mais, il ne me semble pas que Marco ait tort dans ses remarques.

Nat Renard

(je précise que j'écris tout ça sans animosité. Une fois de plus je ne suis pas dans la récrimination, seulement dans l'exigence légitime de ma propre compréhension :)

M

Tu t'enfonces, Goupil... Tu t'enfonces... ;-)))

Au fait, moi, j'avais rien compris de l'intrigue... j'avais pas pigé que l'histoire se rapportait à la fin des hommes de Nez-en-tergal !... Vous pensez pas que j'suis p'têt un Front-Plat moi aussi !? ;-)))

- Ce jaune qui m'a fait frémir, je l'avoue, dit quand même aux lecteurs potentiel que c'est mauvais. Que la magie n'opère pas, certes, je le comprends, mais ça ??? Cela me laisse vraiment perplexe. --> et si on essayait les 2 CURSEURS !?... Noooooooon, pas la maquette grandeur nature du favicoooooooooooon ... BONG!

Nat Renard

On s'est croisés, V. Merci de me soutenir en ces intants douloureux... Ben s'il a le temps, Marco répondra à ma contre-proposition :) . Je maintiens, persiste, et signe !

(ça fait quoi comme bruit, une racine, quand on l'arrache de son mauvais terreau, hein ?)(sluuurp ?)

M

La racine, brune à l'extérieur, blanche à l'intérieur, est du type pivotant, souvent lignifiée et peut atteindre après plusieurs années des dimensions impressionnantes (jusqu'à 60 à 80 centimètres et plusieurs kilogrammes). (source wiki) : au-delà du phantasme féminin, Nat, n'épuise pas tes petits biceps!!! Je suis inamovible (et même pas admin ! Hi hi, le French paradox à moi tout seul ;-))))

racine (suite) : Les vieux sujets peuvent s'enfoncer à plus d'un mètre dans la terre et sont donc difficiles à arracher. : Ha ha, tu vois! c'est pas moi qui le dit !

L

Je suis assez d'accord avec Vilnus (et donc assez proche de Marco ;-)): j'avais mis ce texte en deuxième place lors du concours, j'ai trouvé l'idée très bonne, la fin est touchante et bien vue, le texte est bien mené, mais pourtant je n'étais pas si enthousiaste que ça, je me suis presque ennuyé sur la deuxième partie (la veillée près du feu) j'ai eu un peu l'impression d'une répétition par rapport au premier dialogue, alors qu'à la réflexion, Nat, je suis d'accord avec toi qu'il y a bien plus de choses dans le deuxième que dans le premier mais c'est surtout la fin qui apporte ce plus...

Bon, je ne sais pas trop bien expliquer ce manque d'enthousiaste, mais encore une fois il m'a tout de même bien plu, et je lui mettrais un "vert" plus qu'un "jaune"... mais on en revient à ces histoires de curseur: celui de Marco est au dessus de mitigé, mais tu le perçois comme "mauvais". je pense que vous ne réglez pas le curseur de la même manière pour un ressenti proche. Par exemple, de mémoire, j'avais reçu le même vert de toi et de Marco sur "Samedi", alors que tes critiques étaient bien plus négatives ("bonne idée mais traitement décevant", en gros), personnellement j'aurais plutôt associé un jaune qu'un vert à ta critique (mais tu n'es pas obligée d'aller rectifier, hein ;-)).

D

C'est bien compliqué ces histoires de couleur ! Et si on faisait un curseur arc-en-ciel?

Nat Renard

@L : on peut tout à fait avoir des réglages de curseur propre, ce que je dis, c'est que au vu de toutes les évaluations de Marco et de son intro de retour, il me semble qu'il évalue plus le texte par rapport à ce qui peut être attendu de Nat que le texte tout court. Tu vois ? Moi, j'ai le curseur généreux, peut-être parce que je n'aime pas le curseur...

On aime, on n'aime pas, là n'est pas le propos. dans ce que dit Marco, je lis des intentions que je n'ai pas eues, et qu'il me prête par exemple par rapport à un contexte médiatique (on a pas mal parlé de néandertal récemment). Mais je ne vais pas redire ce que j'ai dit plus haut...

En tout cas, ce n'est qu'une petite nouvelle. C'est juste que quand mon intelligence est heurtée, c'est un principe, hein, je veux aller plus loin. La parole est à Marco, donc, je sais qu'il lira attentivement ce que j'ai expliqué.

M

Aaaaaaaaaa-telier Peinture! Aaaaatelier Peinture! Aaaaaaaaaquarelle... Piiiiiinceaux Toâââââles vierges ! Aaaaaaaaachetez mes gouaaaaaaaaaches !! Aaaaaaaaaa-telier Peinture! Venez colorier le(s) curseur(s) selon votre goût !

- Oui, ma petite D !?... du rose?... mais pourquoi pas!

- Hmm, Potatoe?... du noir? Mais c'est une bonne idée, ça, mon petit (qu'il est mignon, ce gosse) ! - Moui, Renardeau?... Ahh, tu veux plus dessiner, toi!?... Parce...parce que les pinceaux sont en poils de renard ! Ah ben oui, j'avais pas remarqué!... Mais j'ai rien d'autre à te proposer, moi !? Cet aprèm', c'est Atelier peinture. Point. ... hmm, tu veux tout repeindre en blanc!? Bon, d'accord alors, je te donne du canson violet... Voi-là !

Marc Sefaris

Oui oui, je viens de lire vos coms, peux pas rester, là, mais je reviens te répondre dès que possible, Nat. Ta réaction est bien sûr plus que légitime (j'aurais été déçu et inquiet si tu avais dit: "ah... bon... merci, Marco"). Il y a juste un malentendu à lever (sur la "mode" néandertal, je n'ai pas dit ce que tu sembles penser dans ton dernier com') (bon, un désaccord persistera, mais c'est ça aussi, l'intérêt du Regard des Autres ;)))

M

@ Marc Sefaris : j'espère que tu as noté la non-violence de la racine !? Tout par l'humour dorénavant ;-)

@ C : Dis, dis, c'est bon !?... Je suis pris dans ton groupe d'écriture de pièces de théâtre ? ;-))

@ Nat : Bizarre... Je vois toujours pas passer la pétition en faveur des 2 curseurs !?... Tu sais pas à qui tu l'as passée en dernier par hasard ? (suis sûr qu'il/elle l'a planquée! ;-)))

Nat Renard

@Marco, mode ou pas mode (j'avais peut-être mal compris), l'idée n'est en rien de défendre le fait que Néandertal était un mec cool. Mais j'attends ton vrai com sur mon com sur ton com.

@la racine : hum, comment dire... tu ne trouves pas que tu squattes un peu partout avec ton doubeul curseur de la mort qui (me) tue ? Hein ? Ce n'est pas le fond de ma requête à Marc. Non, non.

M

'Scuse, Goupil, j'avais oublié un smiley de clôture ! C'est fait ;-)

D'un autre côté, les discussions sur les curseurs en sont à choisir entre des diodes colorées façon K2000 et des smileys qui vomissent !!!

Sûr que personne ne veut 2 curseurs ?... 1... 2... 3.... Adjug...Ah ouiii... à ma droite?... Une proposition? Oui... allez-y! ... non non, n'ayez pas peur du goupil, il est empaillé ;-))

Marc Sefaris

Donc, Nat, rapidement sur un peu tous les points: 1) sur le "jaune", je reprends ce que dit L. Non, personne ne peut penser que jaune c'est "mauvais". Ou alors, quoi? orange c'est ignoble et rouge ça dépasse l'entendement tellement que c'est nul? Un moment donné, l'histoire des curseurs généreux ou radins, faut arrêter. Les mots ont un sens jusqu'à preuve du contraire: pour moi, "enthousiasmé" ça veut dire que le texte m'a enthousiasmé (et ça commence dès "8", puisque pour l'instant c'est le vert foncé la couleur ultime), "intéressé" c'est intéressé, "mitigé" a priori veut dire mitigé, "déçu" a tendance à signifier déçu, et je n'exclus pas que "consterné" évoque un sentiment proche de la consternation. Donc, quand je te mets le curseur au délà du milieu, ça signifie, pour tout scryfeur, que je ne l'ai pas trouvé faible ou mauvais, mais moyen (moyen + si on veut être précis). Ce qui est bel et bien le cas: je l'ai trouvé moyen. 2) Nat ou pas Nat? Bah non, j'étais mitigé en lisant ce texte pendant le concours. Et en le relisant: pareil. Qu'il soit écrit par toi ou par Cash Advance ou par Marcel Proust ou par Néandertal I° n'y change rien. (j'en profite pour te répondre volontiers, M : le double curseur ne changeait rien non plus dans ce cas précis, puisque "techniquement" je trouve le texte bien écrit mais mal construit: mitigé, donc). Et je redis ce que j'ai déjà dit: si quelqu'un trouve mes textes moyens ou mauvais, qu'il n'hésite pas à rectifier d'éventuels curseurs abusivement verts, pour moi ça n'a aucune importance, seuls les commentaires/retours de lecture comptent, le curseur donne une indication utile (pour les autres lecteurs) sur le plaisir de lecture, pas plus pas moins, il n'y a donc pas à ménager qui que ce soit. 3) Oui, j'ai bien vu que le deuxième dialogue ajoutait quelque chose - mais fort peu à mon sens: désolé de me répéter, mais le manque de l'Autre était déjà perceptible dans le premier dialogue, le vieux sage en dit ou suggère trop, je pense (je me doute qu'il n'est pas triste pour les Néandertals qu'il n'a jamais vus!). Pas de suspense, soit, mais pour moi trop de sur-place. Si tu retravaillais ta nouvelle (ce que tu ne feras sans doute pas, tu as vraiment l'air de la trouver très bien telle quelle ;)), ça serait peut-être en apportant plus de complexité, de controverse (il y a bien des gens dans le clan qui peuvent se réjouir de la disparition définitive des Fronts plats, non? qui continuent à les imaginer comme des monstres mi-hommes mi-animaux?) et peut-être placer le temps du récit plus proche de la séparation à la place de ces regards très retrospectifs (par exemple en mettant en scène l'agonie de la dernière représentante Front plats qu'ils aient connu, et les réactions contradictoires autour de cette disparition imminente - enfin bref, c'est une piste sans doute peu intéressante, mais c'est pour expliquer ce qui me semble manquer). 4) Bizarre, ton histoire sur les intentions que je te prête - ce que je dis dans le retour de lecture est très clair: point de vue du lecteur lambda, uniquement. Tout ce que je dis, c'est que Néandertal "nous" parle, et donc le manque de cet Autre est une idée certes fascinante, mais finalement assez répandue, qui peut se résumer brièvement. Ou si tu préfères: le lecteur moderne (le tien, hein) est pré-disposé à méditer sur ta méditation - ça n'enlève rien à ta réflexion personnelle, ta passion (je sais bien que ton propos ne suit pas la mode de Néandertal hype et pacifique, voyons!), mais ça enlève, à mes yeux toujours, de l'intérêt à ce genre de développement. En toute subjectivité.

M : oui j'ai vu. Bravo bravissimo ;))

M

Well well well... attaquons-nous donc au retour du comm' du comm' du retour du départ des fronts-plats (ouf!).

Sur le fond, beaucoup de bonnes choses, fort logiques par ailleurs comme "il y a bien des gens dans le clan qui peuvent se réjouir de la disparition définitive des Fronts plats", ce qui reflète sans aucun doute le sentiments de certains lecteurs quant à l'orientation unilatérale de la nouvelle, sans la présence physique des protagonistes prognathes comme souligné également. Mais également des points moins aboutis, comme " "enthousiasmé" ... ça commence dès "8" " qui reflète plutôt une notion tout à fait personnelle (voire personnalisée), mais qui peut expliquer tous les quiproquos précédents. Maintenant que les scryfeurs savent que 8/20 est une bonne not... euh, appréciation, tout le monde va se faire des bisous, c'est évident ;-))

Sur la forme en revanche, même un 8 semble trop beau, tellement le texte apparaît empâté, sans respiration ni retour à la ligne, voire lourd par moments : apartés entre parenthèses agrémenté de signes de ponctuation, style normalement dévolu à des analphabètes du dressage de tabl... euh de la mise en forme (pardon!?... MasterChef sur France1?.... Meuh non, je suis concentré là, pour ce retour éminemment politique! Tu rigoles! T'imagines s'ils savaient que je fais ça en dilettante!?... Jamais je ne pourrais faire ça, m'enfin) comme des Sans-fronts, des racines par exemple.

Quant à la conclusion, médite! médite!... Bon, ok, au final, je mets 10, té !

Marc Sefaris

Quel enfoiré ;)) Mais oui, tu as raison pour le 8° degré de la graduation (sur 10, eh! :)), on tend vers l'enthousiasme, mais ce n'est pas l'enthousiasme absolu, ok. Boh ça confirme que je suis pisse-vinaigre (je ne sais pas si cette expression existe encore?), voilà tout.

Et en effet, mon com' est lourd, et peut-être pas très sympa par moment, dans le ton. Que Nat m'en excuse, je l'ai tapé vite, en réagissant aux différents points.

Nat Renard

Bon, je ne vais pas reprendre point par point, hein. Si je n'écris plus de nouvelles, c'est bien parce que je ne trouve là plus grand intérêt pour le moment. Je ne vais donc pas épiloguer... Sur le fond (du texte), je crois qu'on ne voit pas la même chose. Et finalement, je ne m'adresse sans doute pas à grand monde. Une remarque sur tes suggestions : la controverse, le pathos de l'agonie, ce sont justement pour moi autant d'écueils, de trucs faciles et attendus. Quant à un récit plus proche de la séparation, eh bien non, c'est justement un éloignement qui donne des airs de mythe à l'histoire qui m'intéresse. Et que ce soit dans les émotions des persos ou dans le temps, je veux garder de la distance.

En tout cas, évidence pour toi ne l'était apparemment pas pour tout le monde.

Et pour finir : le manque de cet Autre est une idée certes fascinante, mais finalement assez répandue ? Donne-moi des lectures sur le sujet, trouve-moi un vermisseau à me mettre sous la dent. Soit on ne parle pas de la même chose et j'ai décidément bien du mal à me faire comprendre (et je n'ai qu'à mieux faire), soit un grand quelque chose m'a échappé et j'aimerais (sincèrement) que tu m'éclaires (en me donnant des références).

Damned, ma première idée était post-apocalyptique...

Clairement, sans le concours, je n'aurais pas écrit cette nouvelle. Mais oui, je l'aime telle quelle, et non, je ne suis pas d'accord avec toi. Et je pense que c'est vraiment une question de sensibilité, dans le sens de Propriété de la matière vivante de réagir de façon spécifique à l'action de certains agents internes ou externes. Avec ça, je reste dans le sujet :)

Nat Renard

Et bien sûr, j'ai répondu sans avoir lu le dernier comm de Marco...

M

Pffff! Et dire que j'étais le King du comm' pavesque !! Me voilà piétiné à la fois par un goupil ET par une Pomme de terre... Heureusement que les mois chauds d'été, la mandragore végète... M'en vais bouder dans mon humus tiens!... Hey, ptêt' que j'vais trouver des ossements paléolithiques ;-))

A propos de préhistoire, personne n'a vu les Autres ce soir? Hou hou, les filles !?... Les gars, où êtes-vous?

@ Nat : oui, je comprends mieux ton texte au vu de tes arguments, et le fait qu'il te soit cher. C'est en soi une performance de se mettre à la place d'hominidés de cette époque. Toutefois, admets qu'il a pu ne pas enthousiasmer certains lecteurs (d'autant moins qu'ils sont peu passionnés par la préhistoire, comme moi, j'avoue) en raison d'une certaine immobilité et d'un discours 'unilatéral'. Bisous ;-)

Nat Renard

Ah ben oui, la racine, je comprends qu'il n'enthousiasme pas tout le monde ! Là n'était pas la question... (mais je sais aussi que j'ai des fans pour ce texte, non déclarés, bien sûr, à part cette bien chère D, car ouf, il y a aussi des lecteurs hors de Scryf)(enfin, il vaudrait mieux qu'ils viennent aussi, mais on n'est pas encore tout à fait assez universels :)

Marc Sefaris

Damned, je vais arrêter de dialoguer avec toi, parce que tu vas finir par me faire douter et un homo sefarisis a déjà trop tendance à douter :)

Sur la distance chronologique à garder dans ta perspective, tu as forcément raison. Sur l'idée "répandue", je me suis mal exprimé, je ne voulais pas dire "banal" (et donc on en trouverait plein d'occurrences ailleurs), mais plutôt: une idée immédiatement familière - par toutes les notions d'empathie et de regard de l'Autre qui nous sont inculquées très tôt (au collège/lycée, c'est un thème tarte à la crème - on parle certes de cultures si voisines et si différentes et non pas d'espèces voisines, mais l'analogie se fait facilement, et dans mon souvenir, il devait bien y avoir un épisode de "L'Odyssée de l'espèce" (ou une de ses nombreuses suites/annexes) qui évoquait la proximité/distance Néandertal/Cromagnon - ok, ça n'était pas ton idée exacte, j'ai bien compris, mais voilà, pas loin, au seuil de ton idée si tu préfères. Et comme je le disais, en toute subjectivité (je ne prétends pas que tout le monde doive ressentir cette "familiarité" en lisant ta nouvelle).

D

C'est drôle,je sens une ironie dans cette "bien chère D"...ou bien est-ce que je deviens parano ?

Marc Sefaris

Nat te répondra, mais à mon avis: parano.

Comme tous les sapiens sapiens, du reste.

M

Hé hé! La racine y échappe donc, à la parano ;-))

Aaah ma bien chère D!!! Tu me manquais ;-)

Nat Renard

Oui, oui, parano Dimitra ! Bel et bien chère !

Et les gars et la fille, je crains là, je viens juste de me rendre compte que mon fiston ne dormait pas encore, toutes lumières allumées, hop. Je vous le dis, je passe trop de temps devant mon écran...

Marco : doute, mon garçon, doute... Car ce n'est pas de cette notion d'empathie et de regard de l'autre, que je parle...

Hi hi.

hé hé.

Dodo

Marc Sefaris

tsss, ça c'est petit.

au seuil, disais-je, au seuil...

M

@ Nat : espèce de Doris !! T'avais oublié que t'étais maman !?... et arrière²-arrière² petite-fille de fronts-plats alors ? ;-)))

°°° (à suivre) °°°

samedi 30 octobre 2010

Le Souvenir de personne vu par Marc Sefaris

« (...) on évolue dans un monde où l'on ne dit pas "merci", le mot étant truqué par les menaces de la condescendance ou devenu "trop lourd". Un monde qui voit les enfances disparaître au contact de réalités grimaçantes. Pourtant le rêve enfantin n'est jamais loin, presque à portée de main. Perchés sur un arbre sans cabane où "on fait semblant d'être les Indiens de notre histoire", ou buvant une "grande rasade de cet alcool qui rend propre" (l'eau de Cologne) comme un élixir du pauvre, ou passant aux yeux d'un "clodo" un peu fou pour "le passeur de nuit" maître de rassurantes clés imaginaires, ou comment transformer un geste de mépris et de défense _ la copine qui s'essuie la manche _ en comptine urbaine, "un deux trois", ou Sébastien mimant avec dérision et sérieux le geste du jardinier: autant de moments où le quotidien le plus désespérant semble prêt à céder aux jeunes élans de vie, où par la magie du jeu l'existence semble soudain pouvoir être autre. »

Lire le billet de Marc Sefaris, Un poids, une place, ici.