couverture_un_jour_de_grosse_lune_1_400

Chers lecteurs d'Un jour de grosse lune de Cécile Delalandre, les commentaires, ci-dessous, vous sont ouverts. N'hésitez pas à vous exprimer ; ou gardez le silence si vous le préférez.

°°°

Ce Vendremanche, j'ai pris le livre de Cécile Delalandre et je ne l'ai pas lâché.. Sans bouger, j'ai été transportée. J'ai pris une rame de métro infernale, je suis allée à Casablanca, j'ai vu au loin les côtes de Tanger , j'ai traîné place Clichy, et humé avec délices le parfum du premier matin d'Octobre.. Un conte fantastique avec des tranches de vie faites de paysages et de rencontres magiques, glauques et maléfiques, avec des couleurs et des odeurs entêtantes..

Et puis surtout le langage de Cécile, un style baroque et riche... couleur d'Azerty.

Dimitra (recopié d'un commentaire ci-dessous).

°°°

Il y a des jours comme ci, des jours comme ça, des jours avec ou sans et il y a les jours de Cécile Delalandre. Et là, nous entrons dans un monde, un autre monde dont on ne veut plus sortir.

Une explosion d’odeurs, de couleurs, de sons qui vous transporte dans un imaginaire extra-ordinaire où même le lecteur le plus terre à terre ne peut être insensible. Des tranches de vie, banales, magnifiées par la plume de Cécile et la musicalité de son verbe. La musique est partout, par le rythme, les mots et j’ai eu le sentiment, à la lecture, d’être une groupie accompagnant des artistes en tournée.

Hier, en recevant le livret, c’était un jour, ni sans, ni avec, ni comme ci, ni comme ça, c’était un autre jour. Merci.

Yasmina Teterel (recopié d'un commentaire ci-dessous).

°°°

J'ai joué au petit Poucet avec les textes de Cécile, les découvrant un à un sur mon chemin, éclairés par cette grosse lune qui les faisait luire. Puis j'ai eu le bonheur de recevoir mon exemplaire et de m'imprégner d'eux 'à la suite'... ils m'ont ramenée vers une maison dont l'hôtesse accueille en Rabelais les amants de ses mots.

Marie-Agnès Michel (recopié d'un commentaire ci-dessous).

°°°

J'ai lu deux fois ce petit livre. La première fois, j'ai été poussé dès les premières pages par la curiosité: le besoin d'avoir une impression globale, une apprehension, une compréhension, une intuition de la nature du texte et des sentiments qui s'y expriment.... A la fin, j'avais le goût d'un journal d'automne dans le coeur (ben oui..) La deuxième fois, j'ai relu doucement. J'ai oublié les fautes (il y en a peu) et je me suis arrêté sur les merveilles (il y en a beaucoup)que j'avais soulignées à ma première lecture... J'ai parfois regretté les ellipses parisiennes, l'addition des métaphores, ou la complexité de certaines phrases... J'ai souvent regretté la brièveté du texte (certaines paragraphes méritent plusieurs pages)... J'ai toujours adoré le mélange pudique-m'astuvu du langage, si fort, si difficile, si juste..... Surtout je n'ai jamais boudé mon plaisir ! Le goût qui m'en est resté est plus complexe: subtile, gai, doux, amer, une sorte poétique très parnassienne (ben oui). Je me suis dit que j'avais oublié ce qu'il y a entre les lignes, entre les mots.. Dans ce petit livre, il y a beaucoup à lire.. Avec un grand bonheur. Merci.

Je vais le relire.

Michel Dalmazzo (commentaire recopié)

°°°

Tout d'abord merci d'avoir usé ainsi des mots et de cette idée de les pousser parfois à bout ; la promenade est maîtrisée, cocasse, l'ambiance intime et sincère.

On sent que tu as pris plaisir à t'affranchir de certaines logiques rationnelles, et l'onirisme teinte continuellement l'aventure intérieure d'un souffle très personnel. Peut-être que cette dernière phrase ne veut rien dire... mais un peu à l'image de certaines phrases de ton texte, sur lesquelles je me suis interrogé également :-)

On a affaire, assurément, à un bel exercice de style. Les mots se marient, les duos séparés se rabibochent de force... de force, oui. Tour de force, ou tour forcée ?

On assiste finalement à une artiste chanteuse d'Opéra, sensible, expérimentée, qui vient s'échauffer la voix avant son grand récital.

Elle teste sa voix, l'élève en des trilles forcées, la met en sourdine curieuse, la place en des accords virtuoses et inattendus. Cela émerveille, surprend, agace parfois, émeut souvent. On peut même parfois trouver quelques répétitions, et se dire que cet échauffement peut paraître vain.

Le Jour de bal sur le pont Caulaincourt émerveille par ses descriptions inquiétantes et drôles.

Jour couleur d'Azerty surprend : c'est beau, mais quoi ?

Jour de premier octobre agace : ce n'est pas de la poésie, ce n'est pas de la prose ; l'auteur s'est fait plaisir.

Jour de Nuit émeut parce que deux solitudes se ratent dans des mots plus simples et moins alambiqués.
Des formules ou images répétitives ont élu adresse (« ... ton présent se mirera... tu projetteras ton futur » - page 22, « ... s'évaporèrent dans un hier qui disparut dans un demain » - page 26 , et à un autre endroit aussi il me semble.)

Curieusement, ce sont les textes les moins "travaillés" qui m'ont le plus plu.
Tel ce Jour de Rame assise qui lorgne du côté du petit sketch poétique de la vie quotidienne.
Tel ce Jour de Septembre, abusée, et surtout, le plus beau, celui qui clôt ce petit recueil, Frontières, qui raconte beaucoup en peu, qui parle beaucoup sans force mots.

On est loin « des vieilles moules enshalimarées d'où émanait un stupre peint sur une french manucure clinquante comme un bling-bling de culture dégoulinante qu'annoncerait un big-bang », qui donnerait l'envie de crier « Stop ! Trop, c'est trop ! »

Résumons : bravo l'artiste, l'échauffement de la voix est prometteur. C'est virtuose, beau, un peu forcé, mais on devine la douceur et la maîtrise. Alors, une fois les vocalises achevées, on attend, silencieux, le début du vrai récital, de l'œuvre écrite et ambitieuse qui nous prouvera que l'on a eu raison d'écouter jusqu'au bout ces arpèges et ces belles gammes.

Stanislas Fleury

°°°

J'ai reçu le livre ce midi, j'ai décacheté le délicat emballage avec soin, car il s'agit d'un livre précieux par sa forme et par son contenu. Il faut lire plusieurs fois les textes pour bien les comprendre. On éprouve beaucoup de plaisir à relire cet ouvrage. Cécile Delalandre est un artisan des mots. L'auteur a accompli un travail d'orfèvre, ces mots sont des bijoux précieux, j'aime les relire. Si il y a un effet miroir dans ce livre, c’est un effet miroir universel, car les textes de Cécile peuvent s’appliquer à tous et à chacun, même si les situations décrites sont issues de ces observations, et interprétations. C’est un livre d’une délicate poésie.

Rémy (recopié d'un commentaire ci-dessous)

°°°

J'ai lu, relu, et encore... Les phrases vif argent claquent comme des balles de tennis. On les tâte, on les monte, on les démonte, on les associe... mais elles vous échappent sans préavis. Ce sont des écorchures, de sublimes fêlures,d'impérissables ratures. Je n'ai jamais ressenti pareille commotion en lisant un texte aussi raisonnablement démesuré,d'un auteur qui défend le temps du rêve ou le temps éveillé,l'hyperbole ou le mot juste, l'aile ou la main.

La Fourche, le Wepler, Mancey, Caulaincourt, autant de lieux que je frôlais chaque jour à longueur de temps.

C'est vous dire que je ne suis pas peu fier d'avoir commenté une œuvre exceptionnellement lumineuse un jour de grosse lune.

Robert Bruce__ (copié d'un commentaire ci-dessous)

°°°

Mardredi, jour de marché ; Lundredi, jour de nuit ; Mercremanche jour de kiss ; ainsi s'égrènent les jours de l'univers de Cécile Delalandre. Tout un monde décalé et visuel... on se croirait sur une scène abandonnée, dans un espace cerné de pendrillons noirs où un projecteur éveillerait des mondes improbables : tel ce voyage à bord d'un bateau à voile qui avance à l'air décomprimé, ou celui d'un certain septembre, en subaru sur un chemin bordé de pruniers et de figuiers...

Une vingtaine de petits textes tricotés avec grâce et humour comme « des enluminures sous les draps de sa retirance... qui fait du vert de flambe dans sa mélancolie »

Becdanlo (copié d'un commentaire ci-dessous)

°°°

La poèsie de Cécile, belle à en crever, belle à en déchirer les pages puis les manger afin d'absorber, s'imprégner un peu de cette rime, la sienne, pour en faire ressortir quelque chose de plus léger que la lourdeur. Trop en dire serait mentir, ralentir la naissance de ses mots, les goûter, pour les voir s'envoler vers de lointains azur et disparaître, nous laisser pantois, à faire couler un pleur.

Deville (copié de ce commentaire)

°°°

J'ai tellement aimé ce jour de grosse lune - je ne suis pas une grande lectrice mais je le redis j'ai tellement aimé !!!- merci pour ce moment délicieux

Chantal (copié de ce commentaire)

°°°

« (...) Le vocabulaire est riche et précis, poétique en diable, léger comme une plume de colibri. L’écriture de Cécile Delalandre est pleine de sensibilité et de tendresse et la nostalgie qu’on sent poindre souvent n’empêche pas des accès de drôlerie, de jeux de mots et d’invention langagière (le mardredi). La plume flirte à la fois avec Boris Vian, Queneau et une certaine littérature américaine à l’élégance un peu déglinguée.(...) »

Marianne Desroziers, in « Un Jour de grosse lune » de Cécile Delalandre (Les Penchants du roseau).

°°°

A la réception de l'enveloppe, je découvre un livre fin, fragile, 50 pages qui me disent qu'elles vont vite être lues. Non, il n'en est point. Tout de suite, dès la première page, les mots précis, subtils, tordus freinent mon élan. La brièveté des chapitres me permet de les relire pour mieux m'imprégner du sens et des images que transmettent ces mots. Une histoire où je me suis laissée entraîner agréablement dans les tourbillons des bons et mauvais souvenirs de la narratrice. Des souvenirs qu'elle égrène dans une balade féérique et une vision optimiste, au fil des jours aux évocations originales. Une balade, où à travers des mots précis, inhabituels, et de multiples métaphores, j'ai pris des étoiles pleins les yeux.

Seule, la rencontre inattendue, à la fin, m'appelle à la réalité.

Mary Troillard

°°°

Je perçois l’écriture de Cécile Delalandre comme l’expression d’une sensibilité viscérale, au travers d’une langue maîtrisée, travaillée, au point que certains passages me laissent imaginer, que peut-être il existerait une soixante-quinzième langue parlée au monde, que j’aurais découverte à la faveur de mes promenades virtuelles...

Bien que reliés par un lien invisible, les chapitres, se succèdent et ne se ressemblent pas nécessairement, semblant témoigner d’instants de vie, ceux d’un être humain fictif ou réel — peu importe, peu m’importe ; avec des mots bien façonnés, pour qu’un sens émerge au coin des lettres, sans trahir complètement l’intimité du personnage. Ce ne sont pas les mots de tout le monde : ils méritent un effort... Tantôt assemblés dans des phrases courtes qui font aussitôt sens, nous donnant l’illusion d’être tapis dans l’esprit de la narratrice, tantôt à cru, bientôt enjolivés pour claquer à l’oreille, puis agencés et bien choisis pour créer des métaphores surprenantes. Vous vous trouvez transporté de l’imaginaire à l’ordinaire, du très intime, au très anonyme.

C’est sûr, il vous faudra relire certaines phrases plusieurs fois, mais une belle lecture peut être balade ou randonnée, que l’on soit : « Jour de marché, jour d’Azerty ou Mercremanche »...

Isabelle Giordani-Durand (voir l'ensemble de sa lecture)

°°°