Journal des penchants du roseau

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Tag - Nicolas Dugord

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dimanche 3 janvier 2010

Les Conards de Rouen - Les Triomphes de l’abbaye des Conards I

LES TRIOMPHES DE L’ABBAYE DES CONARDS, sovs le resvevr en decimes Fagot Abbé des Conards, contenant les criees et proclamations faites, depuis son aduenement iusques à l’An present. Plus l’ingénieuse Lessiue qu’ils ont conardement monstrée, aux iours gras en L’an m.d.xl. Plus le Testament D’Oüinet, de nouueau augmenté par le commandement dudit Abbé, non encores veu. Plus la Letanie, l’Antienne, & l’Oraison faite en ladite maison Abbatiale en l’An 1580.

A roven, Chez Nicolas Dvgord, libraire : demeurant en Erbanne, près limage S. Romain. 1587

Extraict du Privilege de l’Abbé.

Il est permis à Nicolas Dugord et Loys Petit, libraires, d’imprimer ou de faire imprimer les Triomphes de l’abbaye des Conards, tant ce qui s’est passé jusques à aujourd’huy, que de ce qui se passera en l’abbaye, jusques à six ans finis et accomplis, sans que durant ce temps, il soit permis à aucun autre, de quelque qualité ou condition qu’il soit, imprimer ou faire imprimer, vendre ne distribuer aucun desdits livres, sur peine de cent marcs de Brelingues de sept sols. Comme il est plus à plain contenu en nostre privilège, pour ce donné à l’Escu de France, au marché aux veaux, le 12 de décembre 1586.

Ainsi signé : ne courez plus le trot,
Beuvez tout beau, et attendez Fagot.

Requeste

Presentée à Monsieur Aubert, Lieutenant de Monsieur le Baillif de Rouen, pour obtenir privilege leur imprimer ce recueil.

A Monseigneur monsieur le Lieutenant Aubert,
le gras conseil des Conards. D. S.

Vous n’ignorez, monsieur, que nos hauts jours
Approchent fort, et que pour esmouvoir
Nos bons suppots, tant les frisques que lourds
II faut ces jours à l’esmeute pourvoir.
Or, monseigneur, combien que pour tout voir
L’abbé ne fut de vous onc esconduit,
Si requiert-il ce qui fut fait et dit
En l’an passé imprimer en son nom.
Par ce moyen-haussera son credit
Et des Conards le haut bruit et renom.

Response de la requeste faite par Monsieur le Lieutenant, le mercredy 18. jour de janvier 1541.

Subscription.

Va tost, dizain, porte ce privilège
Au bon abbé et à tout son college
« Veuë par nous des Conards la requeste,
Avons permis, voulu et accordé
Faire imprimer, sans en faire autre enqueste,
Leurs faits et dits comme il est recordé ;
Et outre (avons), le tout bien regardé,
Expressement enjoint et deffendu
A toutes gens qu’il en soit nul vendu,
Sinon de ceux cachetez du cachet
Du pere abbé, ce point bien entendu,
Sur peine à eux de passer le guichet. »

Ainsi signé : Aubert, un paraphe, avec Rogere, greffier, commis au bailliage.

Nicolas Dugord, 1587.

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in Les Conards de Rouen, 2009.

mercredi 30 décembre 2009

Les Conards de Rouen - notice sur la fête des fous VI.2

En 1540, à l’occasion de la demande faite par les Conards au parlement de Rouen, la cour, moins favorable à la confrérie que les années précédentes, refusa d’autoriser la grande mascarade nocturne. Désappointement très-vif parmi les intéressés, qui ne voulaient rien moins qu’établir la procession annuelle à Fécamp, ou à Saint-Gervais, paroisse tout à fait indépendante de la juridiction épiscopale de Rouen, et ne relevant que de l’abbaye de Fécamp.

Au milieu de l’effervescence générale, l’huissier Sireulde « bel esprit et bon conard », eut l’idée d’adresser un dizain au parlement, qui établit un soudain revirement en faveur de la société. Sur cette nouvelle requête, la cour, mise en gaieté, rendit cet arrêt en vers, le 21 février 1540 :

Permis vous est, souffert et toléré,
Gros Père abbé, vos barons et marquis,
Aller masqué, triomphant, phaléré.
Les jours et nuicts en triomphes exquis.

Telles sont les origines des fameuses exhibitions dont le récit fait sous la rubrique : Les Triomphes de l’abbaye des Conards, constitue la substance du livre, édité plus tard, en 1587, chez Nicolas Dugord. Ajoutons cependant que le libraire fut poursuivi pour avoir imprimé la description de ces montres, et les pamphlets, dizains, ballades, rimés en l’honneur de dame Conardie.

C’est qu’en effet ces montres, ou ces cortéges, accomplis à diverses époques, furent de terribles allusions. On eût dit que, comme Asmodé, le génie railleur de la société conarde décoiffait toutes les maisons pour en surprendre les secrets. Ce qui s’était fait dans le silence de l’alcôve, ce qu’on n’avait raconté qu’à l’oreille de son voisin, était dévoilé, pendant ces jours de représailles, à la grande confusion de ceux qui se trouvaient ainsi mis en scène.

La politique y possédait ses acteurs. Henri VIII, au lendemain du jour où il avait pillé les abbayes d’Angleterre, fut désigné par le personnage qui dans la procession faisait le prophète Daniel, sous le nom de Balthasar, roi des Babyloniens. Ce prince, d’après l’Écriture, s’était fait servir les vases sacrés, ce dont il avait reçu le châtiment immédiat :

Cela nous peut beaucoup signifier,

ajoutait malignement le dernier vers, dont il n’était guère besoin de souligner l’allusion à propos d’Henri Tudor. Ce même Henri VIII, Charles-Quint, un fou, et le pape Paul III, furent aussi représentés en train de se disputer la sphère, c’est-à-dire l’empire du monde, et se disant entre eux : « Tiens-cy, baille-ça, ris-t’en, mocque-t’en… et margoüilloyent ce pauvre monde assez rudement, de sorte qu’il eust beaucoup à souffrir entre leurs mains. » Lorsqu’enfin on voyait dans le cortége trois ou quatre individus habillés avec faste et cherchant à disputer un sceptre, comment ne pas reconnaître les Guises.

Marc de Montifaud, 1874.

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in Les Conards de Rouen, 2009.

dimanche 6 décembre 2009

Cet opuscule facétieux est un des plus curieux et des plus singuliers monuments de la gaité de nos aïeux

Vu sur le net :

TRIOMPHES DE L'ABBAYE DES CONARDS, Les.

in-12, 169 x 105 : xxxij, 119 p.
Reliure du dix-neuvième siècle en maroquin rouge, signée de Pagnant, dos à nerfs, dentelle dorée intérieure, tranches dorées, couverture conservée.
Paris, Jouaust, 1874

Avec une Notice sur la fête des fous par Marc de Montifaud (alias Mme Léon Quivogne).

Cet opuscule facétieux est un des plus curieux et des plus singuliers monuments de la gaité de nos aïeux. Les Conards de Rouen étaient une association joyeuse qui égaya cette ville en temps de carnaval durant plusieurs siècles (Gay III 1064).

Tirage à petit nombre ; un des 10 premiers exemplaires, numéroté sur papier de Chine, parfait.

150 €