Journal des penchants du roseau

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Tag - Padrig Moazon

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vendredi 6 novembre 2015

Ce samedi 7 novembre, rendez-vous à Rennes à 16 h 30 avec Padrig Moazon

Avant de vous annoncer quelques décisions - un peu pénibles à prendre - concernant les penchants du roseau, je vais tenter de suivre l'actualité de quelques auteurs qui accompagn(èr)ent cette librairie artisanale et son apprenti.

Aujourd'hui, je vous annonce un rendez-vous avec Padrig Moazon ce samedi 7 novembre à partir de 16 h 30 à la librairie l'Encre de Bretagne 28 Rue Saint-Melaine à Rennes. Il y dédicacera son dernier recueil de poèmes : « Autopsie du paysage » paru aux éditions Stellamaris. Recueil que j'apparente aisément à ceux publiés par nos soins : Mémoires du cargo et Une gorgée de cailloux, c'est dire si les textes présentés par Padrig me plaisent.

Si vous venez à sa rencontre, regardez dans un petit coin de la librairie, vous verrez quelqu'un sirotant avec une passion non dissimulée un verre de sirop d'orgeat ou autre breuvage du même tonneau, à l'ombre du libraire Bruno Duval, n'hésitez pas à lui tapoter l'épaule, je ne vous en voudrais pas.

Un journaliste qui lit

Cette rencontre autour du recueil « Autopsie du paysage » bénéficie d'une couverture presse de l'Organe central de la France Ouest. Deux articles, signés Philippe Simon, sont publiés - cf. celui dont je reproduis la copie en image, ci-dessous.

Il est vrai, mais je l'avais déjà remarqué lors de la sortie des deux recueils précédents de Padrig, que nous avons - chose pas si courante - la critique d'un journaliste qui lit les livres qu'il commente. Qui s'intéresse à la poésie. Qui apprécie l’œuvre de Padrig Moazon. Qui connaît donc très bien ce dont il parle. Ça se voit comme ça se lit. Cette rareté est vraiment appréciable.

Alors... à demain ?

Padrig Moazon, article de Philippe Simon

samedi 17 octobre 2015

« Autopsie du paysage » de Padrig Moazon

« Sont interdits :

La pêche à pied des coquillages, le ramassage des galets,
la promenade des chiens même tenus en laisse,
la cigarette sur le sable
et la baignade non surveillée.

Sont autorisés :

Les tirs de missile,
les sous-marins nucléaires,
les nitrates et les pesticides,
le dragage du sable,
le clapage des boues,
les déchets flottants,
les pavillons de complaisance,
les chalutiers industriels
et le nettoyage des plages au bulldozer. »

Padrig Moazon in Autopsie du paysage, éd. Stellamaris, octobre 2015.

Autopsie du paysage de Padrig Moazon

Padrig Moazon vient donc de publier un nouveau recueil de poèmes dont le titre définit les contours et dévoile déjà le verbe. Le scalpel utilisé pour cette autopsie possède trois tranchants : « Passages », « Regards » et « Vaches », ce dernier n'étant pas le moins incisif pour décrire ces paysages froissés, ces territoires déménagés par l'activité humaine. La stupide métaphore du « regard bovin » en prend un sacré coup à l'avantage de nos tendres cousines.

Les lecteurs qui auront aimé Mémoires du cargo ou Une gorgée de cailloux seront comblés par la lecture de ce nouveau recueil. Les autres y trouveront une belle entrée dans l’œuvre - modeste - de Padrig Moazon.

Une première après-midi de rencontre avec l'auteur et de signature est prévue à la librairie L'Encre de Bretagne à Rennes le samedi 7 novembre à partir de 16h30.

mardi 17 février 2015

Dimanche 1er mars, Jacques Josse et Padrig Moazon à Saint-Aubin-du-Cormier

18e rencontres autour du livre, à fleur de zinc

L'écrivain Jacques Josse au Bar d'à côté accompagné du poète Padrig Moazon

Dimanche 1er mars de 10h à 12h30

Le Bar d'à Côté – 33 rue porte carrée 35140 Saint-Aubin-du-Cormier – vous propose, avec la complicité du poète Padrig Moazon, une rencontre avec Jacques Josse, écrivain, éditeur et poète, vivant à Rennes. Animateur de la Maison de la poésie à Rennes, de la revue Foldaan et des éditions Wigwam, il nous offrira un regard grand angle – loin du marketing – sur l'écriture.

Un rendez-vous pour que les buveurs de bière ne restent pas cloués au port.

Amoureux et curieux des livres, venez nombreux

► renseignements auprès de Christian Domec - christian.domec@wanadoo.fr

L'affichette (en cliquant sur l'image, vous pouvez la télécharger)

Le livre au bar d'à côté, 1er mars 2015

°°°

Rencontres autour du livre, à fleur de zinc

Deuxième saison 2014/2015

Accompagné de Padrig Moazon, poète, Jacques Josse est notre invité du mois de mars de cette deuxième saison (1) autour du livre au Bar d'à côté (2). Auteur des Buveurs de bière, de Cloués au port ou de Terminus Rennes, il a mouillé sa plume pour écrire une quarantaine de livres ou présenter des écrits courts d'accoucheurs de verbes. Lauréat 2014 du prix Loin du marketing, il trouvera facilement ses aises à proximité du zinc.

Comme pour la première saison (2013/2014) (3), ces rencontres auront lieu chaque premier dimanche matin du mois de 10 h à 12 h 30 avec comme invité une ou plusieurs personnes ayant un lien fort avec le livre (auteur, poète, éditeur, librairie, illustrateur, relieur, etc.) dans le cadre chaleureux et détendu du bar associatif. Une manière plaisante de lever le voile sur les sources de l'écriture, les coulisses de l'édition et d'en débattre tranquillement.

Lors de ces rencontres nous sommes aussi attentifs aux animations proposées par la médiathèque de Saint-Aubin-du-Cormier : en faire l'écho est un minimum ; créer des passerelles, un souhait.

À dimanche matin donc !

(1) Les premiers invités furent : Claude Bougeot, auteur et humoriste ; Serge Prioul, poète ; Patricia Godard & Lydie Porée, écrivains ; Muriel Vautier, poète ; Carmen Pennarun, auteur et poète ; Anne-Claire Vilbert, bibliothécaire ; Laure Missir, éditrice, illustratrice.

(2) Bar d'à côté, 33 rue Porte Carrée – 35140 Saint-Aubin-du-Cormier, est un bar associatif.

(3) Les invités furent : Pascale Goze éditrice (éd. Lunatique) ; Nicole Laurent-Catrice, poète, romancière et traductrice ; Padrig Moazon, poète ; Flora Delalande, poète et romancière ; association Tazart & George Orwell via son journal ; François Houtin, artiste graveur ; Pascal Rougé, essayiste philosophe.

°°°

Bibliographie de Padrig Moazon

  • Celte présence, éditions P.-J. Oswald, 1973
  • Mémoires du cargo, les penchants du roseau, 2011
  • Une gorgée de cailloux, les penchants du roseau, 2013

Bibliographie de Jacques Josse

  • Fissures, éditions Amériane, 1979
  • Tachée de rue la blessure, Le Castor astral, 1979
  • Fabrique, Le Dé bleu, 1981
  • Deuxième Tableau, Le Castor Astral & L’Atelier de l’Agneau, 1983
  • Talc couleur océan, La Table Rase & Les Écrits des Forges, 1985
  • Carnets de brume, Travers n° 45, 1992
  • Des voyageurs égarés, Echo des brumes, 1994
  • Le Veilleur de brumes, Le Castor Astral & La Rivière Echappée, 1995
  • En route vers l’Orient, Césure, 1996
  • Des étoiles dans le cœur, Dana, 1997
  • Un habitué des courants d’air, Cadex, 1999
  • Café Rousseau, La Digitale, 2000
  • Des solitudes, Blanc Silex, 2000
  • La Mort de Gregory Corso, La Digitale, 2000
  • Jules Lequier et la Bretagne, Blanc Silex, 2001
  • Ombres classées sans suite, Cadex, 2001
  • Lettre à Hrabal, Jacques Brémond, 2002
  • De passage à Brest, La Digitale, 2003
  • Vision claire d’un semblant d’absence au monde, éditions Apogée, 2003
  • Bavard au cheval mort et compagnie, Cadex, 2004
  • Les Buveurs de bière, La Digitale, 2004
  • Sur les quais, Éd. Traumfabrik, 2007
  • Les Lisières, éditions Apogée, 2008
  • Près du pilier, La Digitale, 2008
  • Dormants, Publie.net, 2008
  • Journal d’absence, illustrations de Georges Le Bayon, éditions Apogée, 2010
  • Almaty, vol retour, La Digitale, 2010
  • Cloués au port, Quidam Éditeur, 2011
  • Gwin Zegal, livre d'art peint par Claude Arnaud, Approches éditions, 2012
  • Terminus Rennes, éditions Apogée, 2012
  • Retour à Nantes, Maison de la Poésie de Nantes, 2012,
  • La dernière pirouette de Bohumil Hrabal, Approches éditions, 2013
  • Liscorno, éditions Apogée, 2014
  • J'ai pas mal d'écume dans le cigare, La Digitale, 2014
  • Hameau mort, Jacques Brémond, 2014
  • Au bout de la route, gravures de Scanreigh, Le Réalgar, 2015

Collection Wigwam des éditions Wigwam

  • Matthieu Messagier : « Le Soliflore désordonné »
  • Christian Arjonilla : « Décor du crépuscule »
  • Alain Le Saux : « Aucune fiction »
  • Anne Marbrun : « L’Homme aux cent couteaux »
  • Hervé Merlot : « Nantucket »
  • Alice Massénat : « L’Homme du sans-sépulcre »
  • Michel Dugué : « Le Paysage »
  • Jean-Yves Reuzeau : « Imiter la vie »
  • Michel Valprémy : « Miettes en sauce »
  • Alain Jégou : « Numa Naha »
  • François Rannou : « L’Autre versant de l’ombre »
  • Alain Robinet : « Là qu’une(s) »
  • Paol Keineg : « Tohu »
  • Hervé Carn : « Tableaux fumaciens »
  • Anne-Marie Beeckman : « Le Merle gothique »
  • Jean-Paul Hameury : « Le Gardien du feu »
  • Jacques Morin : « Les Caldeiras de la morgue »
  • Pierre Peuchmaurd : « Trente-six strophes de l’année »
  • Geneviève Le Dilosker : « Les boîtes noires »
  • Jean-Luc Steinmetz : « Sous la pesanteur naturelle »
  • Jacques André : « Contre les apparences »
  • Jehan Van langhenhoven : « De l’animal tri-nodal… »
  • Jacqueline et Claude Held : « La voix, le courant, l’estuaire »
  • Lionel Bourg : « La seule qui ne se soit pas fanée à ma boutonnière »
  • Thierry Renard : « Pour L.B. »
  • Sophie Masson : « L’Intime »
  • Robert Nédélec : « D’elle, dit-il »
  • Luc Richer : « Malpaso »
  • Robert Piccamiglio : « Nord »
  • Florent Chopin : « Bleu bohémienne »
  • Philippe Marchal : « Vers les fossés »
  • Daniel Biga : « Eloges des joies ordinaires »
  • Alain Roussel : « Somnifère d’indien »
  • Jean-Christophe Belleveaux : « dans l’espace étroit du monde »
  • Denis Rigal : « Estran »
  • Denise Le Dantec : « Cantilena »
  • Thierry Le Pennec : « Sur la butte »
  • Jean-Pascal Dubost : « L’Ardoise »
  • Jean-Louis Aven : « L’Autre côté de l’eau »
  • Emmanuelle Le Cam : « Zazen »
  • Slaheddine Haddad : « Limaille »
  • Jean-François Dubois : « Corbeaux délicieux »
  • Christian Degoutte : « Henry Moore à Nantes »
  • François Taldir : « Fermé pour travaux »
  • Laurent Grisel : « S’en sauver »
  • Hervé Bougel : « De passage »
  • Françoise Ascal : « L’Arpentée »
  • Jean-Claude Leroy : « Corrige la mort »
  • Alain Le Beuze : « Passé antérieur »
  • Yves Bergeret : « Loquace »
  • Pierre Tilman : « Ah s’il pouvait faire du soleil cette nuit »
  • Claude Beausoleil : « L’Urgence des mémoires »
  • James Sacré : « Sans doute qu’un titre est dans le poème »
  • Erwann Rougé : « L’Ecalure »
  • Yves Dennielou : « Le Mur de Berlin ou la cueillette des mûres en Basse-Bretagne »
  • Marcel Migozzi : « Urgence sans lumière »
  • Emmanuel Malherbet : « Pour cela »
  • Olivier Bourdelier : « Quitte »
  • Habib Tengour : « Césure »
  • Antoine Emaz : « Sur la fin »
  • Louis-François Delisse : « De fleur et de corde »
  • Nathalie Brillant : « Les Démurs »
  • Marc Le Gros : « Trapani »
  • Roger Lahu : « It doesn't stop »
  • Bernard Bretonnière : « Cigarette »
  • Dominique Quélen : « Le temps est un grand maigre »
  • Anne Peslier : « L'écaille du serpent »
  • Valérie Rouzeau : « Apothicaria »
  • Michaël Glück : « Peau d'lapin »
  • Bruno Normand : « Du contour »
  • Loïc Herry : « Night and day »
  • Joël Claude Meffre : « Respirer par les yeux »
  • Amandine Marembert : « L’ombre des arbres diminue à certaines heures du jour »
  • Jérôme Lafargue : « L’effacement des potences »
  • Jacques Demarcq : « Si ma tante »
  • Jean-Claude Martin : « Le Beau rôle »
  • Chann Lagatu : « Journal d’un voyage à pied le long de la rive sud de la rade de Brest en hiver »
  • Pascal Boulanger : « L’échappée belle »
  • Jacques Brémond : « Ce visage »
  • Mathieu Brosseau : « Et même dans la disparition »

°°°

mercredi 21 janvier 2015

Croquis dans la rue

Un morceau de sourire... pour le voir s'effriter

Des enfants en sabots
Qui ne jouent déjà plus,
Ils mendient en silence
Un morceau de sourire
Aux lèvres d'une mère,
Et l'emmènent plus loin
Pour le voir s'effriter.

Padrig Moazon in Celte présence, éd. Pierre-Jean Oswald, 1973.

jeudi 4 décembre 2014

Loin du marketing, Jacques Josse

C'est Padrig Moazon, non loin de la Rance un après-midi d'été, qui m'en a parlé le premier : Jacques Josse qui les évitait a obtenu un prix, celui de Loin du marketing décerné le 15 août dernier par son créateur et unique membre du jury, le libraire de Saint-Nazaire actuellement sans vitrine Gérard Lambert-Ullmann. Depuis, je découvre des lambeaux de ce prix, les expressions qu'il suscite dans d'agréables recoins du web. Ce billet sera le patchwork d'un choix de ces lambeaux ajustés à la sympathique.

Le site Lieux-dits associe dans une belle page consacrée à Jacques Josse cet éclat de poésie :

« plus loin
vers l'Orient,
les cendres d'une mère
flottent sur la rivière. »

aux Linges rendus à la lumière fertile de Maya Memin :

Prix Loin du marketing

« Gérard Lambert-Ullmann qu'est donc ce prix Loin du marketing ? »

« Voix au chapitre - librairie qui a vécu 18 ans à Saint-Nazaire - lance le prix Loin du marketing en été 2009.

Comme son nom l’indique, le prix Loin du marketing est voué à honorer un écrivain dont les éditeurs n’ont pas les moyens de se payer placards en chêne dans la presse pipeule, attachées de presse aux jolies menottes, cocktails aux tam-tams et diners de connivence, renvois d’ascenseurs et de monte-charges, et, donc, ont peu de chances de voir leurs livres chroniqués dans les médias, et moins encore d’être invités par les bonimenteurs des radios et télés, pas plus que d’intéresser la plupart des libraires l’œil scotché sur le compteur des « meilleures ventes » et contraints de « faire du chiffre » pour payer le loyer.

Le prix Loin du marketing est donc voué à honorer un écrivain qui n’a pas bénéficié des stratégies conçues pour que ça marche et qui ne peut compter que sur la qualité de ses écrits pour qu’on s’y intéresse.

Le prix Loin du marketing sera décerné chaque année le 15 août pendant le sommeil des commerciaux.

Le prix Loin du marketing est un prix strictement honorifique. Son lauréat sera au mieux gratifié d’une bonne bouffe arrosée à sa convenance s’il s’aventure jusqu’à Saint Nazaire. Sa seule récompense sera de pouvoir dire : c’est moi qui l’ai mérité !

Le premier prix Loin du marketing a été attribué à Lionel Bourg pour l’ensemble de son œuvre. »

« Si j'en crois rapminot, les lauréats suivants furent Pierre Autin-Grenier, Allain Glykos, Françoise Moreau et Cathie Barreau. Cette année, Jacques Josse s'est vu remettre le prix pour l'ensemble de son œuvre ce 15 août, pourquoi ? »

« Jacques Josse aime les poètes et les buveurs de bière. Mais, si ses livres ont un lectorat, ce n’est pas parce que le marketing les a fait mousser. Cette reconnaissance, d’ailleurs peu tapageuse, doit tout à la qualité de ses textes. Poète et romancier, Jacques Josse a écrit tranquillement quelques uns des livres les plus touchants de ces trente dernières années. Une confrérie de lecteurs s’en régale, la choppe à la main, et le nez sur le granit breton qu’il sait si bien évoquer quand le souffle rugueux du vent y pousse les vagues et que les pluies salées arrosent les hommes qui tanguent fort à la sortie des bars. De ces Habitués des courants d’air, Josse a su dire toutes les fêlures comme les maigres joies, dans une langue simple sans être simpliste qui porte l’émotion comme le coude lève le verre. Son œuvre est aussi habitée de livres comme un havre accueille les bateaux : Des livres ayant auparavant pris soin d’érafler les bordures des trottoirs, des livres aux mots extirpés par pincées de flaques sales (…) où plusieurs éclopés de l’âme ne cessaient de tirailler, d’étirer, de déconstruire de réinventer une langue qu’ils savaient malléable à souhait. Fondateur, par ailleurs, des éditions Wigwam où, pendant 19 ans, il a « hébergé les indiens de la littérature », Jacques Josse a également été directeur de la Maison de la poésie de Rennes. C’est donc, à tous points de vue, un solide « passeur » que le prix Loin du marketing se plait à saluer. »

« Merci Gérard »

Jacques Josse

Nous en reparlerons certainement ici. Outre la lecture de ses livres cf. bibliographie) vous pourrez approcher ses écrits en lisant ceux présents sur son blog, en commençant, pourquoi pas, par celui-ci :

« Le bar ouvre sur une place avec église, cimetière, commerces, parking et monument aux morts. Pour trouver le Capitaine, c’est le soir qu’il faut venir. La porte reste souvent grande ouverte. Il suffit d’entrer, de saluer, de s’asseoir et de capter quelques-unes des bribes de phrases qui volent au ras du comptoir. Entre six et huit, il se pose, s’accoude, fidèle, exact au rendez-vous. Pedro lui sert des doubles à intervalles réguliers. Lui, il boit, s’essuie les lèvres, parle, s’arrête, réfléchit, reparle. D’emblée, sa stature en impose. C’est un bloc. Un massif teigneux doté d’une force de cheval, disent les rares qui s’y sont frottés. Visage oblong, pommettes saillantes, oeil aux aguets, il paraît capable de saisir en un instant les détails infimes qui surgissent, se trament, se nouent tout autour. Il possède en outre de nombreuses histoires en réserve. Quand il se lance, quand il égrène, distille, dispatche, il semble difficile de l’interrompre. Il ne s’arrête que pour se désaltérer et pour s’éponger le front. (...) »

in Cloués au port, éd. Quidam, 2011.

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Entretien avec Jacques Josse, écrivain, à l'occasion de la parution de son dernier livre "Terminus Rennes", aux éditions Apogée, 2012.
Une vidéo de Bretagne Actuelle.

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À lire aussi : Un anti-Goncourt avant la rentrée, le prix Loin du marketing à Jacques Josse

mardi 22 avril 2014

30 minutes et votre manuscrit deviendra livre ! rendez-vous à Vitré ces 26 et 27 avril

Pour les grincheux, 30 minutes c'est quand même 1800 secondes, le temps de cuire en dix casserolées des œufs à la coque, celui de les déguster avec force mouillettes croquantes adoucies de beurre fondant, arrosés d'un Valençay gouleyant. Envoyer quelques traits entre deux bouchées et que pupilles scintillent à ceux qui mordent. Une fraction d'éternité, quoi !

Pour les cliqueurs fous et les dingues de la poucette, c'est le temps pour consulter des centaines de brèves, envoyer des dizaines de tweet ou lever des centaines de doigts, se plonger dans le buzz planétaire, bref, vivre à donf.

« 30 minutes et votre manuscrit deviendra livre ! », ce titre, je l'ai chipé sur le blog des éditions lunatique en le déformant. Lorsque j'y ai lu « Faire d’un manuscrit un livre en 30 minutes », j'ai sursauté... le tressaillement d'un doute (« excuses m'en », Pascale), les publieurs en vogue proposent déjà cette gageure en caressant l'impatience contemporaine de chromos-clacs (1).

Ces trente minutes, ici, sont le temps imparti lors du Salon de Vitré aux éditions lunatique et aux penchants du roseau pour aborder ce thème : « faire d'un manuscrit un livre ou les palpitantes aventures de deux indépendants. » Une redoutable épreuve cet exercice de concision du dimanche 27 mai à 15 h à l'étage de l'office du tourisme de Vitré (voir affiche ci-dessous) !

Cependant, nous aurons tout le temps du salon, les samedi 26 et dimanche 27 pour en parler mieux et surtout présenter notre catalogue. Les éditions lunatique inviteront A. S. Nebojša et sa Toute petite fille monstre, aux Penchants du roseau vous pourrez rencontrer Carmen Pennarun, Tisane de thym au jardin d'hiver et Padrig Moazon, Mémoires du cargo & Une gorgée de cailloux.

Nous aurons aussi le plaisir d'y retrouver des amis, je vous laisse devenir deviner lesquels en consultant ce programme.

À ce week-end !

(1) je n'y résiste pas, par un curieux tour de passe-passe, les penchants du roseau s'y trouveraient presque associés, dingue ce que la télé réalité provoque !

mardi 11 mars 2014

...même pas un murmure

« À travers les ruelles du village,
l’argument de la pluie apaise les dérobades,
lave les visages intermédiaires.

En voulant donner un sens au quotidien,
L’usage des mots émousse les outils dérangés dans l’atelier des habitudes.
Le protocole est respecté, question de principe.
L’alphabet n’est pas l’écriture,
même pas un murmure.

Padrig Moazon, Une gorgée de cailloux, 2013.

°°°

« (...) dans l’Ouest : La Part commune, à Rennes qui édite Pierre Tanguy et Jean-Pierre Boulic ; Les éditions Les penchants du roseau éditeur, notamment de Padrig Moazon, qui organise ses 2es lectures buissonnières, le samedi 24 mai, à Saint-Aubin-du-Cormier (Ille-et-Vilaine) ; Les Editions Soc et foc, en Vendée, qui publient le bas-normand Jean-Claude Touzeil. Des revues diffusent elles aussi des œuvres. L’Internet est riche de sites et de blogs. En voici quelques-uns : le site breton « Recours au poème » ; Le site toulousain de « Texture » ; le site bas-normand de la revue « Les tas de mots »... (...) »

Philippe Simon in Le Printemps des poètes est aussi sur le Net, Ouest-France, 8 mars 2014.

(lire l'article)

mardi 3 décembre 2013

Merci Padrig pour cette balade poétique au Bar d'à côté ce matin de décembre

« Poteaux, pancartes, transfos :
il n’y a pas de paysage apolitique »

Chann Lagatu, cité dans Une gorgée de cailloux de Padrig Moazon.

La brèche, Daniel Abiven © des Errances 1999 / 2013

°°°

Ce parcours poétique auquel nous a invité Padrig Moazon, accueilli par Jennyfer et Bénédicte ce dimanche 1er décembre au Bar d'à côté, pourrait faire récit, j'ai préféré utiliser ce collage :

°°°

  • Deux découvertes adolescentes, René Char & Eugène Guillevic, tout est donc possible :

«  Tu es pressé d'écrire,
Comme si tu étais en retard sur la vie.
S'il en est ainsi fais cortège à tes sources.
Hâte-toi.
Hâte-toi de transmettre
Ta part de merveilleux de rébellion de bienfaisance.
Effectivement tu es en retard sur la vie,
La vie inexprimable,
La seule en fin de compte à laquelle tu acceptes de t'unir,
Celle qui t'est refusée chaque jour par les êtres et par les choses,
Dont tu obtiens péniblement de-ci de-là quelques fragments décharnés
Au bout de combats sans merci.
Hors d'elle, tout n'est qu'agonie soumise, fin grossière.
Si tu rencontres la mort durant ton labeur,
Reçois-là comme la nuque en sueur trouve bon le mouchoir aride,
En t'inclinant.
Si tu veux rire,
Offre ta soumission,
Jamais tes armes.
Tu as été créé pour des moments peu communs.
Modifie-toi, disparais sans regret
Au gré de la rigueur suave.
Quartier suivant quartier la liquidation du monde se poursuit
Sans interruption,
Sans égarement.

Essaime la poussière
Nul ne décèlera votre union. »

René Char in Le Marteau sans maître, éd. Surréalistes, 1934.

« L'arbre, ici, maintenant, debout,
Rien que du bois,
Comme un oiseau figé debout
La tête en bas. »

Eugène Guillevic in Arbre l'hiver, Sphère, éd. Gallimard, 1963.

  • Cinquante ans après Arbre l'hiver, ce poème entrebâille la poésie pour des élèves d'école primaire :

« Quelquefois
Ce n’est pas grand-chose une île
Un peu de brume
Une poussière d’oiseaux blancs
Un rêve fatigué

L’océan triche à chaque marée. »

Padrig Moazon in Mémoires du cargo, 2011.

  • Mais la triche ne se camoufle pas seule dans chaque marée :

« À travers les ruelles du village,
l’argument de la pluie apaise les dérobades,
lave les visages intermédiaires.

En voulant donner un sens au quotidien,
L’usage des mots émousse les outils dérangés dans l’atelier des habitudes.
Le protocole est respecté, question de principe.
L’alphabet n’est pas l’écriture,
même pas un murmure. »

Padrig Moazon in Une gorgée de cailloux, 2013.

« (…) Alors, aux soirs de lassitude
Tout en peuplant sa solitude
Des fantômes du souvenir
On pleure les lèvres absentes
De toutes ces belles passantes
Que l'on n'a pas su retenir »

Antoine Pol in Les Passantes, Émotions poétiques, éd. Vanves-Paris du monde nouveau, 1918.

  • Mais vite, il faut conclure, parler des à venir dont l'écho du cargo pour Yasmina Hasnaoui : son blues, Coucous de théâtre, Amor omnia et de ce lointain invité de la médiathèque Amadou Hampâté Bâ :

« Dans l’ombre aride des chevelures, le vent s’est brisé contre les rêves. Il n’y aura pas d’algues aux branches des tilleuls. L’absence dénude les paysages.
Seule la pluie peut assassiner le silence mais le ciel refuse de rincer la gueule du monde. Qu’il sue donc ses plaintes ! Les rues canent sous les pas et je me dis qu’il n’y a pas d’autre issue que l’enfermement. »

Yasmina Hasnaoui in Cargo blues, à paraître en 2013.

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« Dernier ouvrage paru : C’est assez dire, éd. Rue des promenades – illustré par Julien Couty.

– Cher Georgie de Saint-Maur, votre livre a obtenu le prix de Saint-Maur 2013, avez-vous un commentaire à ce sujet ?
– Rue des Promenades est un éditeur exceptionnel !

Extrait de la 4e de couverture de Coucous de théâtre de Georgie de Saint-Maur, à paraître en 2013.

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« – Tu voulais voir la mer, je crois...

Elle sort brusquement de sa mélancolie.

– Oh oui, j'en ai si envie. On part en vacances alors ?
– Si tu veux. Trois jours.
– Je suis heureuse.
– Il y a vingt minutes, tu voulais mourir...
– Justement, vouloir mourir, c'est parfois désirer vivre autre chose. »

Christophe Esnault in Amor omnia, à paraître en 2014.

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Ce rendez-vous le 6 décembre avec Amadou Hampâté Bâ à la médiathèque de Saint-Aubin-du-Cormier.

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Merci à tous et à très bientôt !

samedi 30 novembre 2013

Dimanche 1er décembre, rendez-vous avec le poète Padrig Moazon

Dimanche 1er décembre de 10h à 12h30

Le Bar d'à Côté - 33 rue porte carrée 35140 Saint-Aubin-du-Cormier - vous propose une rencontre avec Padrig Moazon, sa poésie, son inspiration, son écriture. Il est l’auteur de Celte présence, Mémoires du cargo & Une gorgée de cailloux.

Serge Prioul, nous offrira des poèmes.

Les trois prochaines publications des penchants du roseau – Coucous de théâtre de Georgie de Saint-Maur, Cargo blues de Yasmina Hasnaoui & Amor omnia de Christophe Esnault – seront présentées en avant-première ; ainsi que les animations prochaines à la médiathèque de Saint-Aubin-du-Cormier.

Amoureux et curieux des livres, venez nombreux

► renseignements auprès de Christian Domec - christian.domec@wanadoo.fr

L'affichette (en cliquant sur l'image, vous pouvez la télécharger, la photo est signée Erwann Moazon) :

Le livre au bar d'à côté, 1er décembre 2013

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C'est déjà passé et c'était bien :

Le livre au bar d'à côté, 3 novembre 2013

Bar d'à côté, éditions lunatique le 6 octobre 2013

Le livre au bar d'à côté - Saint-Aubin-du-Cormier

dimanche 20 octobre 2013

« Une gorgée de cailloux : le titre est déjà magnifique »

Lu à l'instant :

« Une gorgée de cailloux : le titre est déjà magnifique. Les poètes comme Padrig Moazon (de Cesson) nous réconcilient avec la partie immergée de nous-même. On a envie d'isoler les bons mots : « La poésie est biodégradable » ; ou « Tenir un smartphone à la main au lieu de tenir une autre main » ; « Le lointain commence passé le pas de la porte ». On ne devrait pas. La poésie est beaucoup plus qu'une performance. »

La rédaction de Nous, Vous, Ille

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