Journal des penchants du roseau

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Tag - Savina de Jamblinne

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vendredi 27 avril 2012

Bienvenue aux lectrices et lecteurs de Bankster

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Chers lecteurs de Bankster de Robert Bruce, les commentaires, ci-dessous, vous sont ouverts. N'hésitez pas à vous exprimer ; ou gardez le silence si vous le préférez.

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(...) Je ne résiste pas au plaisir d'ouvrir de suite ce livre de 29 pages, ayant tout de même avant, vu le classique de bon ton de la couverture (cliquez pour la voir)

A peine quelques mots lus et j'entre complétement dans l'univers de Robert Bruce, celui de la belle écriture, des beaux mots, une syntaxe parfaite, même la police est jolie !

L'histoire se situe à Paris, il y a quelques années déjà, et commence dans un bouillon...

La suite, vous la connaîtrez en lisant vous-même ce livre, vendu 3.50 euros et je vous souhaite le même régal que celui que j'ai connu !

Sabine Barbier (extrait de son billet : Bankster par Robert Bruce)

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(...) L’écriture... La nouvelle... Je n’étais que sourire... Un moment délicieux grâce à un style à l’ancienne, comme j'aime, mais en plus aéré. Une réconciliation avec les descriptions que "jadis" les écoliers trouvaient, à tort ou à raison, interminables. J’ai même songé, au Moulin...

Vous qui connaissez sans doute ma profession d’antan, je peux témoigner que ce genre d’aventure, un bref récit policier en somme et « en sommes », est tout à fait plausible. Je certifie que l’énigmatique Jean-Marie C... que nous dévoile Robert Bruce n’a rien d'un tartarin !

Plus haut, je mens un tantinet en parlant d’instant présent. J’ai quand même pris le temps de lire les vingt-neuf pages avant de dépêcher ma souris rouge pour vous écrire. Jamais, il me semble, je n’ai rien lu aussi vitement ! (...)

V.S. (extrait d'un commentaire ci-dessous).

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(...) Un style classique, enlevé ; langue française parfaitement maîtrisée.

L’auteur écrit à la première personne, où va-t-il nous mener ?

Il nous relate ses habitudes dans le quartier des Halles, chez le « Merle Moqueur », où il aime goûter aux plats « comme à la maison ». Une ambiance de rue, les clients sont des habitués, le ton y est badin, familial.

Restaurant populaire à succès, il y fait chaque midi bondé. Un jour, alors que le narrateur s’y trouve, il remarque un homme, habitué comme lui. Flanqué d’une moustache à la Salvator Dali, le sourire éternel gravé sur le visage, l’homme attire l’attention du narrateur. Pour son accoutrement un peu spécial, certes, mais surtout, et aussi, parce que, coincé entre ses jambes, il y serre avec crainte une sorte de cartable « un peu arrogant ». (...)

Savina de Jamblinne, extrait du billet : Robert Bruce : « Bankster », de , à lire dans Vingt mille lieues sous les livres...

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Après avoir lu divers avis sur Bankster, j’attendais avec impatience ce livret et hier, dès réception, j’ai pu satisfaire ma curiosité.

La nouvelle est un exercice qui demande, dans un format réduit, tous les ingrédients d’une histoire en évitant les égarements et une chute satisfaisante tout en ouvrant des possibilités. Oui, exercice particulier et formateur. Robert Bruce, ici, nous fait une belle démonstration de sa maîtrise du sujet. Son écriture, de facture classique mais non dépourvue d’humour et de verve, apporte à cette histoire un goût particulier. D’ailleurs, si certains éléments se rapportant à notre époque n’étaient pas mentionnés, nous pourrions situer l’histoire à une autre. Et c’est ce qui fait le charme de cette nouvelle. Une histoire à lire par tous les temps et en tout temps.

Bravo à Robert Bruce pour ce coup de maître !

Yasmina Teterel (recopié d'un commentaire ci-dessous).

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J'ai (...) lu "Bankster" que j'ai trouvé, comme tout le monde, malicieux et enlevé, mais réticence devant les phrases où la gouaille m'a paru forcée (la tendance à glisser de manière un peu systématique des aphorismes, certes drôles et/ou bien vus), avec parfois une impression de redites (l'image de "la patience de bénédictin", par exemple).

Marco (extrait de ce commentaire)

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Il y a de la tendre malice, de la générosité et beaucoup d'humanité dans ce "Bankster" de Robert Bruce dont je me suis régalé à la lecture !

Robert confie à Savina que son petit roman est "un amusement intellectuel, un pied de nez, un exercice pour l’esprit", moi je crois qu'il est plus que cela.

J'y ai perçu, dans l'atmosphère, dans la description de ses personnages, dans l'ironie du détail, des bolées de cidre à la Maupassant voire même des gouttes de Vouvray à la Balzac. Je m'y suis assise "comme à la maison" et m'y suis retrouvée en terrain familier.

L'affaire est magnifiquement et rondement menée jusqu'au bout ! et puis on ne peut s'empêcher d'avoir de la tendresse pour le narrateur qui dit que sa vie c'est "de ne point avoir d'histoire" alors qu'elle semble en regorger !.. de l'affectueuse admiration aussi pour ce Bankster que Robert compare "à cette patiente petite graine sommeillant des années sous terre, qui un jour, sent la nature se réveiller et commence à monter vers le soleil pour disparaître aussitôt après après la floraison"... Je suis sûre qu'il y a un peu du Jean-Marie/Bankster dans notre Robert... et/ou inversement !.. et ça c'est réjouissant voire attendrissant !

Enfant je voulais être Molière et partir sur les routes de France... je fus "foraine" aussi dès l'âge de neuf mois accompagnant mes parents sur les marchés du pays de Caux, alors forcément ce Colporteur et son Platon parlent à mes premières aspirations enfouies à jamais dans les pores de ma peau !

Désormais, j'ai bien envie de découvrir "les habits du Dimanche" "la grande nuit" ou encore "Soleil" dont parle Françoise ! Quoiqu'il en soit, Bravo à vous, Robert et merci à Christian d'avoir eu la belle idée de publier votre Bankster !

Cécile Delalandre (recopié de ce commentaire)

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Bankster : tentant, gourmand, insolent, réjouissant et très bien écrit. Robert Bruce est aussi captivant, par l'acuité du regard qu'il porte sur un certain jeu social, que son personnage.

Anne-Laure Brun Buisson (avis reproduit avec son autorisation)

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Une nouvelle ? Une histoire courte c'est certain mais qui tient la route comme son auteur qui « colporte » avec son âne Platon. Des personnages bien campés, des décors savoureux, il y a dans ce récit tous les ingrédients pour faire un récit au long cours.

J'ai beaucoup aimé la scène au restaurant du Merle Moqueur avec la serveuse Marinette qui me rappelle cette époque des « restaurants ouvriers » où il n'y avait que de grandes tables et où il fallait se mettre à la suite... sans discuter ni du menu ni de la boisson... comme chez grand-mère !

Avec ses « Petits Penchants », notre apprenti libraire s'inscrit dans l'esprit des Folio à 2 euros que j'adore : découvrir ou redécouvrir un auteur par une petite pièce ou une longue nouvelle... c'est bien ce qui arrive ici avec Robert Bruce que je découvre avec bonheur.

Becdanlo (recopié d'un commentaire ci-dessous)

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Le personnage, l'atmosphère, les descriptions, la belle écriture pourraient laisser penser que l'histoire se passe fin dix-neuvième. Mais non, il y a des euros. J'ai bien aimé l'emploi des temps grammaticaux qui animent le texte, déroulent les scènes. Très agréable à lire.

Cependant, l'auteur aurait-il quelque côté machiste ? Les femmes piaillent et "sont maquillées à la truelle", sont plus agréables quand elles ne parlent pas, repassent à merveille, font des épouses légitimes raides et revêches. Ah ! Prendre maitresse, devenir bankster et partir avec elle au soleil... A mon avis, Jean-Marie est parti seul. Parce que les couples "indifférents l'un à l'autre dans l'année" ne se découvrent "des tendresses inattendues" et des goûts communs que lorsqu'ils jouent les touristes pris "d'un accès aigu de culture". Alors pourquoi recréerait-il un tel ennui ?

Kayenn (recopié d'un commentaire présent ici)

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Le livre de Robert Bruce m’a transportée, très facilement, dès les premiers paragraphes, dans une brasserie parisienne, où je me suis attablée familièrement, devenant le témoin d’une tranche de vie citadine, percevant la gouaille des consommateurs présents, me glissant dans la peau du narrateur, entourée de verres et de couverts qui s’entrechoquaient sur les tables et le zinc, dans le brouhaha ambiant.

Une belle langue : simple, mais élégante et efficace, de celles qui coulent pour conter une rencontre avec un personnage plus tout à fait ordinaire ; dont on aurait pu croiser le chemin, pour peu que l’on soit assez habile, pour observer et écouter la vie aussi bien que le conteur, et narrer ce récit d’escroquerie en ménageant le suspens...

Et pourtant avec l’air d’être habillées de mots de la semaine, ces phrases m’ont donné l’envie et le besoin de les relire, pour découvrir les mots endimanchés qui s’y étaient cachés, l’air de rien. Ah, vraiment, ce que j’appellerais une écriture sympathique. J’en redemande pour une prochaine « journée particulièrement rayonnante, avec un ciel aux éclats de victoire ».

Isabelle Giordani-Durand (voir la lecture ici)

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dimanche 1 janvier 2012

Bienvenue aux lectrices et lecteurs du Souvenir de personne

Le Souvenir de personne, Cécile Fargue, première de couverture

Le 5 octobre 2010, Le Souvenir de personne de Cécile Fargue est déjà parvenu en Marne et de là, il poursuivra sont parcours de mains en mains, accrocher l'œil de l'un, compagnon d'une soirée de l'autre. Nul ne saurait prédire ses itinéraires et les cheminements intérieurs qu'il suscitera.

Ce jour donc, j'ouvre ce lieu de bienvenue à ses lecteurs. Les commentaires, ci-dessous, vous sont ouverts. N'hésitez pas à formuler vos critiques du flacon ou de l'ivresse ; ou gardez le silence si vous le préférez.

[je réactualise ce billet-accueil des lecteurs du Souvenir de personne en y glissant au fur et à mesure que j'en prends connaissance des avis glanés ici ou là, n'hésitez pas à me faire parvenir les vôtres]


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Chaque fois que je passe devant un de ces bouquets qu’on voit parfois plantés en bord de route, j’accélère malgré moi, et pendant quelque temps, je ne peux m’empêcher de songer à cette personne qui a disparu, à ces gens qui l’ont aimée et qui sont peut-être seuls à se souvenir. Le pincement au cœur que j’éprouve dans ces moments-là, je ne sais s’il provient du drame qui s’est joué un jour à cet endroit ou de l’état du bouquet. Car certains sont tellement rabougris, tellement noircis par les voitures – sans parler des fleurs en plastique – qu’ils me foutent le cafard comme lorsque je traverse une zone industrielle. Je n’ai qu’une envie : être déjà loin. Ne me parlez pas de votre disparu.

Puis un beau jour, il pleut des cordes, la route est boueuse et triste. Et sur le bas-côté, je vois un autre ce ces bouquets. Mais ses fleurs sont tellement belles, et s’emploient si bien à cacher leur beauté, que je lève le pied, que je m’arrête.

Et en redémarrant, je me dis qu’elle a de la chance la personne à qui on a rendu un si bel hommage. Autant de chance que Nancy dans cette belle chanson de Leonard Cohen.

Pour moi, Sébastien, Nancy, c’est la même musique. Merci.

Sindbad le marin (recopié d'un commentaire ci-dessous)


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Ayant la chance d'avoir obtenu une prévente du "Souvenir de personne", je tenais à encourager tout curieux à se procurer cet ouvrage. Pour moi, l'émotion a été forte à la lecture de ce livre. Du sourire aux larmes, il nous transporte dans les tendres souvenirs de Cécile et laisse une morsure indélébile.... Si vous espérez trouver un livre cru et froid, détournez vous... Par contre, si vous voulez ouvrir vos yeux comme l'auteur l'a fait et tenter de vous imprégnez de ces souvenirs, de cette réalité, procurez vous "Le Souvenir de Personne".

Alexia (lu à cette adresse)


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Gamine, souvent, en rentrant de l'école, je faisais un crochet par le petit cimetière de campagne qui longeait la route surplombée d'un joli sous-bois où j'aimais m'attarder, au risque de me faire gronder.

Comme vous, Sinbad, j'ai eu maintes fois le coeur serré malgré mon bas âge - celui de l'insouciance - en observant les pierres tombales dénudées. Celles des enfants étaient toujours fleuries, je m'en souviens. En ce temps-là, les Sébastien n'existaient sans doute pas encore, sauf dans les livres évoquant des poètes dits maudits.

Aujourd'hui, je ressens qu'un livre tel que celui consacré à la mémoire de Sébastien peut placer un lecteur dans une position proche de la torture par tout ce qu'il renvoie en miroir. Par exemple, un frère perdu il y a peu, disparu sans collier, et retrouvé dans un bas fossé. Dès lors, je ne peux non plus "parler du disparu" !

Iris (recopié d'un commentaire ci-dessous)


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Ce qui est bouleversant, troublant aussi dans le "Souvenir de Personne" de Cécile Fargue, c'est qu'au-delà d'une lettre magnifiquement écrite sur le caveau d'une promesse tenue, elle nous crie à tripes ouvertes, son combat contre l'oubli et l'indifférence.

Ses mots justes, retenus, admirablement poétiques, sont bien pl...us forts qu'une Pâques, pour ressusciter Sébastien, son ami de rue mort comme un chien à l'âge de quatorze ans. Cécile Fargue nous parle deux mais c'est d'un, d'elle dont on entend encore le cri quand on referme ses pages.

Il est essentiel de lire ce petit bijou de talent et d'émotion brute.

Cécile Delalandre (lu à cette adresse)


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« L'amour, forme suprême de reconnaissance, permet à la narratrice de conférer une dimension supplémentaire à l'anonyme, de lui donner un supplément d'existence. "Personne" devient ainsi "une personne". Et le fait de mettre en scène un instant d'intimité entre la narratrice et le garçon, dans une chambre miteuse ("Novembre"), recrée pour le couple (où chacun se donne, alors que d'ordinaire le jeune homme se vend) la profondeur dramatique d'un rituel qui n'a rien de mécanique. »

Daniel Fattore, Lire l'article sur le site Fattorius.


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« (...) on évolue dans un monde où l'on ne dit pas "merci", le mot étant truqué par les menaces de la condescendance ou devenu "trop lourd". Un monde qui voit les enfances disparaître au contact de réalités grimaçantes. Pourtant le rêve enfantin n'est jamais loin, presque à portée de main. Perchés sur un arbre sans cabane où "on fait semblant d'être les Indiens de notre histoire", ou buvant une "grande rasade de cet alcool qui rend propre" (l'eau de Cologne) comme un élixir du pauvre, ou passant aux yeux d'un "clodo" un peu fou pour "le passeur de nuit" maître de rassurantes clés imaginaires, ou comment transformer un geste de mépris et de défense _ la copine qui s'essuie la manche _ en comptine urbaine, "un deux trois", ou Sébastien mimant avec dérision et sérieux le geste du jardinier: autant de moments où le quotidien le plus désespérant semble prêt à céder aux jeunes élans de vie, où par la magie du jeu l'existence semble soudain pouvoir être autre. »

Marc Sefaris, Lire le billet : Un poids, une place, ici.


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« (...) ce cri dans la nuit n’est ni empreint de rage ou de colère, d’angoisse ou de solitude. Il est une voix qui s’unit à celle de Sébastien ; il est une âme qui rejoint l’âme sœur ; un amour qui a trouvé.

(...) un long souffle retenu qui peu à peu se défait, et le lecteur, dans ce silence, écoute ; face à ce texte, se tait. »

Savina de Jamblinne Lire l'article sur le site Vingt mille lieues sous les livres...


********************************************** « (...) Je voudrais que cet objet-évènement se recopie, se fragmente, se répète, se simule, se dédouble, sans que quiconque n'impose ce qu'il voulait dire, ni de dire ce qu'il voulait être.

Le souvenir de personne, c'est du Mozart. Après sa lecture, même le silence est grand.

Merci à toi, Cécile de nous chuchoter tant d'émotions,de nous procurer cette sensation indéfinissable qui nous fait percevoir que nous sommes vivants... simplement vivants. (...) »

Robert Bruce [Lire le texte ici]


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« (...)Le souvenir de personne surprend par la maîtrise de son écriture et par la force du récit. On pense à L'attrape-cœurs de Salinger, à L'herbe bleue témoignage anonyme devenu culte, ces œuvres marquantes par leur universalité : parler des marginaux (dans le sens de ceux qui vivent dans la marge) est beaucoup plus efficace pour décrire une époque que de délayer le quotidien des gens dit normaux. Et ce livre a la grâce des œuvres écrites avec l'émotion de la jeunesse, cette grâce qu'on finit par perdre avec le temps. (...) »

Marie Lebrun Lire l'article sur le site Post scriptum...


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Parfois, il est bon de ne rien dire tant un texte se suffit à lui-même.
Lorsque j'ai lu « le Souvenir de personne » j'ai tout de suite ressenti ce besoin d'être discret, pudique, tant on est au cœur d'une histoire secrète... celle de deux adolescents... dont le destin sera tragique pour l'un d'eux.

Je garde en mémoire, tout ce passage où Sébastien tentera de se désintoxiquer... dans cette cabane prêtée... au bord d'un monde qui se réveille chaque jour... et qui n'est pas forcément le nôtre. « Le Souvenir de personne » c'est une tentative de faire revivre quelque chose, quelqu'un... mais c'est comme visiter un camp de la mort : on voit les décors, les paysages... ce qui reste... mais qu'en est-il vraiment des êtres humains qui ont vécu là ?

En un « Voyage au bout de la nuit »... le livre refermé, on garde le silence... c'est ce qu'il convient le mieux au souvenir de Sébastien... car le silence est profond, vaste et sans limite...

Il faut tout de même dire que j'ai été heureux de lire ce livre, d'être un "témoin" de ce qu'a été la vie de Sébastien.

Becdanlo


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Je repense à ce qu'en évoque Cécile et c'est vraiment cela, un cri , que pour ma part j'entends encore résonner en moi deux mois presque après sa lecture... et j'y repense souvent, cette angoisse qui noue le ventre, comment retenir un soupçon de ce qui a été, ne pas le laisser disparaître à jamais...Cécile Fargue a su si bien nous interpeller, nous accrocher...

le "Souvenir de Personne" restera le mien..

Ariane Grammaticopoulos (recopié d'un commentaire ci-dessous).


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On aura tous croisé dans les rues des grandes villes le regard si adulte, et enfantin, de très jeunes toxicomanes, sans faire rien d'autre que de s'éloigner en pressant le pas, et en cela le récit de Cécile Fargue prend toute sa dimension, dans ce sens qu'elle s'arrête, elle marque le pas, et le récit poétique qu'elle livre – même s'il aurait gagné à être resserré, épuré, acéré – sonne bizarrement juste.

Vincent Wackenheim (Lire l'article)


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Pour résumer, c'est pour moi un bien beau livre dans son style et son dessein, mais l'absence de soutien et de révolte donne un étrange sentiment de complaisance.

Stanislas Fleury (Lire le texte)


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Le Souvenir de personne s'est refermé tout doucement hier soir et il est devenu mien à présent. Sans difficulté, il a su trouver une place dans ma mémoire. Comment rester indifférent à cette indifférence dont souffre Sébastien ? L'indifférence tue ses victimes, dans un terrible anonymat. Il n'y a pas d'autre issue, l'indifférence ne choisit pas, elle ne veut pas choisir.

L'écriture à fleur de peau de Cécile Fargue, sa poésie et ses mots crus, aussi crus que les maux de Sébastien, magnifient cet adolescent dont l'héroïsme est plus puissant et plus morbide que son héroïne, fidèle compagne de ce voyage si court.

Bouleversée, retournée comme ce pauvre corps, j'ai pris, le temps de cette lecture, la place de Cécile et je l'en remercie. D'ailleurs, je me souviens de ce papi libidineux et de son regard lubrique. J'ai la nausée, j'aimerais le tuer.

Cependant, mon intrusion dans cette histoire a été parfois quelque peu perturbée. L'usage récurrent des points de suspension m'ont frustrée, à certains moments. J'aurais aimé que Cécile en dise plus, se laisse aller. Cette sensation de "retenue", même si elle est justifiée par l'émotion, exclut le lecteur de ce souvenir de personne, au risque de demeurer justement personne.

Et cette retenue, par instant, tombe dans son inverse, là où justement il ne faudrait pas trop en dire pour laisser le lecteur à sa propre interprétation qui ne sera jamais éloignée de la vérité. Un mot de trop, un adjectif inutile suffisent à contrarier, agacer même. Mais ces petites faiblesses nous rappellent que l'auteur est humain et que le talent doit rester humain.

Yasmina Teterel, (reçu par mail avec autorisation de le publier).


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« (...)Ce jeune garçon se prénommait Sébastien. En quelques dizaines de pages, Cécile Fargue l’a extrait de la fosse commune où on l’avait jeté. Elle lui a offert une sépulture – notre lecture – d’où il pourra poursuivre sa route. Latcho drom, Sébastien ! »

Lire l'article sur le blog de Gilles Monplaisir...


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Le Souvenir de personne : c'est pour moi une lecture bouleversante, très difficile, une expérience véritablement charnelle. Ce récit est un don qui traduit l'immense générosité et l'amour que porte en elle Cécile Fargue. Quelle grâce.

Anne-Laure Brun Buisson (avis reproduit avec son autorisation)


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C’est poignant, on ne sort pas intact d’une telle lecture, les mots manquent. Certaines scènes sont bouleversantes et terribles. Elles poursuivront longtemps le lecteur. Le pire est l’indifférence, la lâcheté des personnes ayant croisé Sébastien.

Parmi les personnes ayant profité de Sébastien, les personnes les plus humaines paraissent les plus coupables, car elles se rendent compte de la détresse de l’adolescent. Ces personnes en se montrant « amicales », , « bienveillantes », essaient de se déculpabiliser, tout en profitant de Sébastien.

Sébastien, transpercé d’aiguilles, nouveau Saint Sébastien, transpercé également comme une poupée vaudou, sur laquelle la société entière déverserait ses frustrations tout en le transperçant de toute part, en lui volant sa fraicheur, sa jeunesse, son étrangeté, son côté libre et sauvage contre de l’argent ou de la drogue.

Cette drogue détruit Sébastien, les clients le savaient pertinemment. Ils profitaient de Sébastien car il était seul isolé, ils pouvaient agir en toute impunité face à quelqu’un de démuni.

L’auteur, Cécile Fargue, en écrivant Le Souvenir de personne, rend hommage à cette vie perdue, à son amour perdu, en édifiant à la mémoire de Sébastien, un véritable monument de mots, j’ai bien aimé l’expression : « une cathédrale de mots ».

Rémy (copié d'un commentaire, ci-dessous)


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Un livre où l'on course la mort entraîné par ces deux-là. La voix de Cécile, l'innommable de Sébastien. Le tout dans l'indifférence de ceux qui passent où le viol de ceux qui paient. Rude, dur, couleur de muraille, d'urine, de shit.

Bourré de tendresse et de désespoir. ça fait du froid dans le coeur quand on referme le livre et c'est bien. La chaleur on la garde, regard épargné, pour le prochain môme aux veines bleuies que l'on croisera, tapi, au coin d'un porche.

Merci cécile.

Christiane (copie d'un commentaire déposé ici)


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Elle aussi avait, niché au creux de son vide, un rat. Je ne l’ai pas croisée dans les rues de mon adolescence, celles où Cécile a caressé la vie de Sébastien, mais dans le lieu où, loin de là, j’avais construit un accueil pour l’errance. Elle est venue sur la pointe de sa peur briser sans hâte la chape d’indifférence où elle était tenue, cueillir sans précipitation les éclats disséminés de son être-jeté-dans-le-monde. Je l’ai aimée aussi, à la manière admise par ma fonction d’analyste, comme Cécile et Sébastien se sont aimés dans le silence bruissant des douleurs indépassables, là où rien ne s’achève pris dans le flot impétueux de l’ex-sistence, des mots aussi.

J’ai lu Sébastien, comme faire là se peut, dans mon regard tendu vers les mots de Cécile et le texte qu’elle m’oblige à construire. Il n’y a pas d’autre lieu que dans cet entrecroisement où "fabriquer" la littérature et nous en remercier.

Michel Gros-Dumaine (recopié du commentaire ci-dessous)


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« Je garde précieusement ce livre pour le faire lire dans quelques années à ma fille, il est important. »

(fragment d'un courrier reçu par Cécile Fargue)


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Un récit plein de justesse et sans pathos, en hommage à un jeune garçon disparu bien trop tôt et qui fait partie de la longue liste des morts de la rue. Grâce à Cécile Fargue, ce corps enterré anonymement, retrouve une dignité, une âme, une histoire, un nom. Il s’appelait Sébastien. Il vendait son corps pour quelques dizaines de francs. C’était les années 1990. Cécile y était aussi. Elle avait 13 ans et elle a connu ce jeune adolescent à la dérive qui malgré la prostitution, la drogue et la rue avait réussi à garder sa grâce et sa délicatesse. C'est l'histoire d'un amour perdu d'avance mais pas vraiment puisqu'ils se sont accompagnés l'un vers la mort, l'autre vers la vie à un moment où ils en avaient le plus besoin.

Un livre nécessaire dont la lecture bouscule.

Marianne Desroziers (recopié du pandémonium littéraire)


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mardi 18 janvier 2011

je dessine mes toiles, odeurs, couleurs et mélodies picaresques avec mes seuls mots, d’une plume balbutiante d’émotion.

Une très belle interview de Robert Bruce par Savina de Jamblinne. En voici un extrait :

« (...) Savina : Un dernier mot pour le lecteur de ce blog, pour ceux qui écrivent aussi ?

Robert : Je suis très attentif aux critiques de mes lecteurs, car en vérité c’est grâce à eux et à leur relecture, que je progresse. Je leur dois un énorme remerciement et voudrais simplement rappeler ce texte issu du Traité des Principes de l’Ecclésiaste : Ne méprise aucun homme, et ne dédaigne aucune chose, car il n’y a pas de chose qui ne trouve sa place, ni d’homme qui n’ait son heure. (...) »

PS : le titre, ci-dessus, est un éclat d'une réponse de Robert.

vendredi 5 novembre 2010

Le Souvenir de personne vu par Savina de Jamblinne

« (...) ce cri dans la nuit n’est ni empreint de rage ou de colère, d’angoisse ou de solitude. Il est une voix qui s’unit à celle de Sébastien ; il est une âme qui rejoint l’âme sœur ; un amour qui a trouvé.

(...) un long souffle retenu qui peu à peu se défait, et le lecteur, dans ce silence, écoute ; face à ce texte, se tait. »

Lire l'article sur le site Vingt mille lieues sous les livres...