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Chers lecteurs de Retours difficiles des Scènes étranges d'une enfance de garçon, les commentaires, ci-dessous, vous sont ouverts. N'hésitez pas à vous exprimer.


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Avant de livrer mes appréciations, je tiens à préciser que je n’ai lu aucune critique, aucun commentaire sur les écrits d’Eric Meije – même pas l’échange mis en ligne ici sur le site accompagnant l’annonce de sa publication -, tenant ainsi à préserver un regard nouveau, « innocent » sur les Retours difficiles. Dès les premières lignes, j’ai eu le sentiment de connaître cette écriture ou plutôt cette voix. Voix d’un narrateur nous rapportant une histoire, vous savez ce genre de voix que l’on entend dans les films, alors que les images défilent.

Quand nous lisons, notre imaginaire se met en route et va à la rencontre de l’auteur, le rejoint sur son terrain créatif. Ici, c’est l’imaginaire d’Eric Meije qui vient à nous et de lecteur nous devenons spectateur. Nous devenons « voyeur ». C’est une des grandes forces de ce récit.

L’écriture d’Eric Meije est simple avec de longues phrases dont le rythme met en haleine, l’image est en perpétuel mouvement avec des sensations de gros plans, de digressions, pour revenir ensuite au sujet premier. J’ai été très frappée par ce style et je rejoins ce qui a été mentionné en préambule au récit. L’écriture est cinématographique.

Ces Retours difficiles dégagent une atmosphère pesante. Certes, nous ressentons l’angoisse de ce petit garçon ayant peine à retourner au pensionnat – comment ne pas l’être avec l’évocation des châtiments ? - mais nous sommes également gênés par la normalité d’un contexte qui est tout sauf normal. C’est cette évocation d’acceptation qui est dérangeante. Soumission à une autorité quelle qu’elle soit, quoiqu’elle exige. Le passage évoquant son amour pour son père est très éloquent. Ces répétitions de mots tel que « père », ces insistances, sont comme des martèlements jusqu’à assimilation.

Si l’histoire se déroule dans un lieu sorti de l’imagination de l’auteur, elle n’a aucune difficulté à entrer dans notre réalité. La situer dans un lieu connu et réel n’aurait pas eu le même impact. Dans le cas présent, ce lieu inconnu permet à chacun de se situer dans cette histoire. C’est très judicieux de la part d’Eric Meije. Il est fait appel à une mémoire, à celle que l’histoire nous a malheureusement léguée. Chacun peut faire le rapprochement avec des faits, des lieux.

Eric Meije nous livre cette histoire et je l’y ai senti très impliqué, ce qui fait la beauté de ce récit. S’il n’y a pas d’effets de style, d’écriture pompeuse, d’artifices inutiles, il y a de l’humain dans ces mots et en cela on ne peut être indifférent.

J’ai été fascinée et dans le même temps perturbée par cette lecture et je crois que ces sensations sont normales même si elles surprennentt. Je crois que c’est le but recherché de ces récits. Ils touchent à nos sentiments les plus profonds, à ceux que nous avons enfouis.

Pour finir - du moins pour l’instant – j’avoue que cela faisait bien longtemps que je n’avais lu un tel ouvrage et je remercie l’auteur et l’éditeur.

Yasmina Teterel (recopié d'un commentaire ci-dessous)


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Je viens d'achever ma lecture, et j'en reste sur les fesses ..

Bien sûr comme tout le monde, j'ai lu Dickens ou "Jane Eyre" mais à la lecture de ce livre je ressens moins de colère pour la cruauté des adultes que d'admiration pour le courage et la fierté du héros.Le livre décrit merveilleusement le caractère fort et l'orgueil de ce jeune garçon qui se refuse à laisser paraître la moindre faiblesse ..Curieuse époque où même le père de Wems, qui fait montre d'une grande affection pour son fils, donne malgré tout l'autorisation aux maîtres d'exercer leur droit de punir par châtiments corporels..

Je ne peux d'ailleurs m'empêcher de voir dans ces coutumes une propension assez peu catholique de ceux-ci à se délecter de la douleur et de l'humiliation des enfants...

À ce propos , il me revient un souvenir qui prouve que ces temps ne sont pas si éloignés, car j'avais en cours primaire une maîtresse qui nous menaçait très souvent de nous fesser cul nu (sic).

Admirable récit en tout cas, et qui a produit chez moi une très forte impression, tant par le contenu que par le style , simple mais imagé et les descriptions d 'un paysage de mer, sauvage et envoûtant.

Dimitra (recopié d'un commentaire ci-dessous).


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Une sensation à la fois âpre, aigüe, tendre et sauvage de cet indicible petit-je-ne-sais-quoi qui nous serait, oserais-je dire, profondément familier - ou pas encore - mais semblable à une quête inconsciente, voire collective ?

Ce qui m'avait aussi fort impressionnée, troublée, émue, à l'époque..., c'est l’œil vif du narrateur. Celui qui observe tout scrupuleusement sans complaisance, comme s'il se mettait farouchement - volontairement - en retrait.

Or, il me semble que tout porte à croire que le lecteur serait en droit d'imaginer, sans trop s'égarer, que Wems est bel et bien ce narrateur mystérieux qui ne cesse de fouetter notre imagination...

Sonia Winterfeld... (recopié d'un commentaire ci-dessous)


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J'ai aimé, beaucoup, Retours difficiles pour leur caractère universel, car il me fait penser à d'autres totalitarismes mais aussi à l'époque où petite écolière de 7 ans, chez les Ursulines, j'avais été punie pour avoir oublié à la maison ma broderie pour le cours de travaux manuels : la bonne sœur m'a ordonné de me mettre à genoux sur des grains de maïs pendant un temps qui m'a paru interminable. Je me rappelle encore aujourd'hui les larmes qui coulaient silencieusement sur mon visage et je n'ai jamais compris le sens de cette punition qui me semblait énorme par rapport aux faits.

Des "retours" douloureux donc dans mon passé.

À propos, qui pourrait bien être l'auteur de ces Scènes étranges ?
Tout un chacun ?
Sûrement quelqu'un qui sait dire, avec talent, ce que tout un chacun aurait pu vivre sans trouver les mots pour l'exprimer !

Maïa (recopié d'un mail reçu avec son autorisation)


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