
Chers lecteurs de Staccato de Michel
Gros Dumaine, les commentaires, ci-dessous, vous sont ouverts. N'hésitez pas à
vous exprimer ; ou gardez le silence si vous le préférez.
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Staccato, "piqué" et "détaché", donc, à tous les sens: "une suite
d'instants", une forme "syncopée" au rythme des saisons de la mémoire, un
phrasé souvent heurté, où chaque parcelle de phrase résonne et dit la
discontinuité d'une vieille vie qui s'effiloche, un passé qui apparaît par
bribes et dont il faudra bien se détacher.
C'est brillant - parfois trop. Je veux dire: les courtes biographies qui
associent systématiquement avec malice petite et grande Histoires, tous les
thèmes qui s'orchestrent avec une parfaite minutie, la blancheur de la maison
dans les ouvertures, les larmes qui reviennent dans les clôtures, certes tout
cela est impliqué par les réminiscences en spirale de Simon-l'homme-immobilisé,
mais - à mon goût- trop visiblement en place, à leur place exacte. (tout comme
les messages du caveau familial qui apparaissent très (trop?) logiquement juste
avant la dernière partie, l'hivernale...)
A la lecture, des interférences troublantes, plaisantes, voulues ou non par
l'auteur je l'ignore: par exemple le début du "Printemps" fourmille de détails
qui renvoient à "L'Orphelinat" de Bayona, film hautement psychanalytique (le
prénom: Simon, 1-2-3 soleil, enfances vouées à la disparition, grande maison
solitaire au bord de la mer...); ou encore les brefs récits de vie, très
réussis, par leurs lacunes même, qui semblent se situer entre "Souvenirs pieux"
de Yourcenar et "Vies minuscules" de Michon (cf les 4 belles lignes consacrées
au modeste Clotaire)...
Bref encore une oeuvre maîtrisée, émouvante, profonde, malgré mes quelques
réserves.
Marc Sefaris
(ce Retour de lecture de Marc fut fait sur Scryf à partir du manuscrit de Staccato
déposé là-bas par Michel, il y est d'ailleurs toujours consultable)
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« (...) « Staccato » est un terme employé en musique. Michel
Gros Dumaine explique que les contenus de la mémoire, atteinte par la maladie
d'Alzheimer, jaillissent par des à-coups non liés comme les notes de musique
jouées staccato. La musique est très présente dans « Staccato »
puisque l'auteur utilise les quatre saisons comme les quatre temps de la vie
(l'enfance, la jeunesse, l'âge mûr et la vieillesse) et qu'il entame chacune
d'entre elles dans une relation avec la musique. »
Georges Coffre, Sud-Ouest
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Quel livre magnifique ! Je viens juste de le terminer, pleine
d'admiration et d'émotion. Vers la fin, je me suis dit "J'avais besoin de ce
livre". Je ne sais pas encore pourquoi.Ces phrases minuscules au début, qui se
dilatent, s'élargissent progressivement au long du texte (en omettant les
Traces de mémoire) jusqu'à une fin presque lyrique, cette voix du narrateur,
calme, implacable, cette retenue et ce contrôle ! J'admire (autant que je
puisse admirer un écrivain).
Gabrielle Ostoya
(ce Retour de lecture de Gabrielle fut fait sur Scryf à partir du manuscrit de Staccato
déposé là-bas par Michel, il y est d'ailleurs toujours consultable)
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« Et le voilà dans la peau de Simon posant sur le papier ses
jaillissements de mémoire. Les phrases arrivent avec la force de l'éclair
traversant le cerveau de Simon et se posent comme des sculptures, images de
souvenirs intimes et inachevés. Simon se répand sur sa jeunesse avec lucidité
et nostalgie et s'écorche sur son présent imprécis fugitif et anxieux. On est
pris par le rythme, par la richesse des images et des mots, par la souffrance
de cet homme qui ne peut faire partager sa lucidité intérieure. Alzheimer.
Alzheimer oui mais avec une vie affective qui nous réhabilite avec le patient.
Et nous suivons l'homme sur son chemin où chaque caillou le déroute
inlassablement et il continue à avoir inlassablement des fulgurances de mémoire
que l'auteur traite par saccades aussi riches en vocabulaire que violentes dans
l'action. Staccato livre bien nommé et qui nous électrise autant qu'il nous
fait suivre, en paix, Simon vers ses "lieux incertains de l'oubli". Un hymne
staccato à la gloire de toute trace de vie »
Jean Lasaires, Charente Libre
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Fini en à peine 2 heures intenses, ce livre est juste magnifique.
Il va pour moi crescendo dans les abîmes inexplorées de la déchéance mentale de
Simon en transposant ses flashs sur la vie de l'auteur.
Dans sa construction, dans son style, dans son intensité, dans son humanité et
dans sa sensibilité, ce roman est une pure merveille dans laquelle chacun peut
se projeter par bribes.
J'ajoute qu'il ne manque pas d'un certain engagement sur les idéaux, d'amour,
d'humour aussi, bref j'ai adoré.
Merci Michel.
Laurent Garlin (copie d'un commentaire ci-dessous)
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Dans Staccato j’y suis. Dedans, tout de suite. Il y a un état
d’écriture, une humeur, un rythme dans votre Staccato. Une simplicité
aussi. Je trouve que l’érudition souvent tue l’émotion. Et puis, c’est toujours
désagréable d’être pris en flag de bêtise ou d’inculture.
Dans Staccato la forme épouse le fond. On ne me dit pas, on me fait
vivre. Je suis dans la mémoire chaotique de Simon. L’écriture ne raconte pas,
elle fait ressentir. J’ai eu froid de solitude dans ce canapé et chaud
d’enfance auprès de la forge de l’arrière-grand-père.
Quand vous écrivez « Simon a faim », j’ai senti tous les Simon dans
cette faim, l’enfant, l’adolescent, le vieillard.
J’ai BEAUCOUP aimé l’alternance des styles. Avec les Traces de
mémoire, vous donnez à ressentir ce que fut la pensée de Simon quand il
était dans la force et l’intelligence de l’âge. Tout comme vous dressez avec
humour parfois (agréable contrepoint à la dérive du Simon en fin vie) les
portraits de ses ancêtres.
J’aime bien cette mémoire accrochée toujours à cette même image qui revient,
lancinante, inlassablement « Elle est seule posée sur la plage… »
Il y a des choses superbes de poésie et de simplicité :
« Son horizon, courbé, esquisse la rondeur du monde. »
« C’est l’heure du calme. Des pensées fuyantes, inutiles. Impossibles à
retenir. »
« Du temps en vrac. Du temps qui détruit la mémoire. Qui fatigue Simon. Du
temps étranger. »
« Simon ouvre les yeux qui regardent son rêve » et tant
d’autres !
Staccato est maîtrisé et bouleversant.
Chantal Malignon écrivain.
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"Se souvenir des belles choses", le film de Zabou Breitman nous donnait à
voir le lent déclin de la mémoire chez Claire, une femme encore jeune. Et sur
ce fond pessimiste elle tissait les beaux moments d'un amour naissant avec un
parti pris d'optimisme malgré la gravité du sujet.
Dans Staccato, le roman de Michel Gros Dumaine, Simon, lui, est au quatrième
tempo de sa vie, la vieillesse. Bientôt il aura effacé de sa mémoire, les
belles choses comme les moins belles qui ont jalonné son existence, les
souvenirs profondément enracinés dans le terroir de ses ancêtres. Le drame est
bien là, dans ces absences qui le plongent peu à peu dans l'oubli de ce qu'a
été sa vie. Le lecteur accompagne alors Simon dans les derniers jaillissements
de sa mémoire. Il l'accompagne enfant, adolescent, homme mûr avant que ne se
referme définitivement avec la vieillesse le livre de ses souvenirs. Le lecteur
suit avec passion le cheminement de cette vie qui, petit à petit,comme la
bougie vacillante, va s'éteindre. Le lecteur a de la compassion pour Simon. En
même temps il n'est pas triste, puisque Simon, quoiqu'il advienne, sera
toujours riche de toutes les choses de sa vie qui nous sont données à lire.
Et c'est là le tour de force de l'auteur. Par son style, par ses mots, par
la poésie qui se dégage de ce livre, nul apitoiement mais une bienveillante
empathie à l'égard de son héros déclinant.
Martine Playe
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Cher Michel, Je suis là, enfin ! Simon, votre héros et vos phrases
ressemblent a un voilier. Quand il ne peut plus lutter contre le vent, la mer,
la vie pour poursuivre encore un peu sa route, il lui reste deux allures pour
ne pas s'enfoncer de l'avant : la cape (le foc bordé à contre et la barre
dessous )le soumet à la dérive du vent, de la mer, de la mémoire, et la fuite
devant la tempête en épaulant la lame sur l'arrière avec un minimum de
toile.
J'ai pris délibérément ces expressions nautiques pour résumer la vie de
Simon, car la fuite reste souvent, loin des côtes, la seule façon de sauver le
bateau, de se sauver. Elle permet aussi,' (comme dans votre roman) de découvrir
des rivages inconnus qui surgiront du tréfonds des souvenirs. Rivages inconnus
qu'ignoreront ceux qui ont la chance apparente de posséder un cerveau qui nous
donne un sens ou plutôt aucun.
Le tragique de la destinée humaine ne vient-il pas de ce que l'homme
comprend qu'il en a assez pour savoir qu'il n'en connîtra jamais
suffisamment.
Staccato ! Vos mots sonnent, claquent, résonnent puis viennent rouler à
nos pieds portés par le ressac de la vie antérieure de Simon. Quel beau livre
inspiré ! Quelle force littéraire quasi présente dans ce texte. C'est un
jardin intérieur dans lequel on peut inviter ses amis sans leur demander ni
titre, ni passeport.
Je m'incline respectueusement devant cette oeuvre oraculaire, alors je vous
dis tout simplement merci, merci, et surtout longue, très longue vie
littéraire.
Robert Bruce
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Une première lecture rapide me laisse sans voix : belle écriture
efficace, style court et rythmé (d'où le titre), quelques passages magnifiques
qui m'ont rappelé mes vacances d'été chez mes grands-parents, et de beaux
moments d'émotion.
Je laisse un peu retomber l'affaire et je le reprendrai avec une lecture
plus attentive et plus lente, pour mieux m'imprégner de cette écriture sobre
mais ô combien efficace.
Bruno (voir aussi le commentaire de Bruno sur La
Cave de Bobosse)
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Staccato.Saccadé.Secoué.Déchiré. La mémoire en puzzle. Les pièces perdues,
mélangées, éparpillées. Ls pensées en pointillés. Comment ne pas être ému,
bouleversé par Simon.Sa vie en lambeaux. Les contours qui s'estompent dans une
mémoire embrumée. Je suis rentrée dans l'univers de Simon et je n'en sors pas
indemne...
Merci à Michel Gros de m'avoir offert ce moment d'émotin intense, de retour
sur soi-même, de réflexion sur le sens même de la vie.
Danielle Garlin
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Que dire - écrire - après tous ces commentaires ? Quand j'ai refermé
Staccato, j'ai eu une étrange sensation. Beaucoup de tristesse et de désarroi.
Car si Michel Gros Dumaine a su se mettre dans la tête de Simon, il n'a pas
manqué d'y entraîner le lecteur. A ma lecture j'étais Simon avec ses sursauts
de mémoire. J'avais des blancs aussi et j'avais peur. Car si on aspire à faire
le ménage avant de partir et n'emporter que ce qu'il y a de bon, il ne faut pas
que ce soit à notre insu. Simon ne peut choisir ce qui est à garder ou non. Sa
mémoire est devenue "un être à part entière" qui refuse d'être enfermée dans
une boite osseuse. Elle s'en va laissant un corps, juste un corps.
Merci à Michel, à ses mots et même à ces silences.
Yasmina Hasnaoui
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« L’auteur, psychanalyste de profession, a voulu non pas décrire la
maladie en tant que telle mais faire apparaître des moments de lucidité chez
son personnage principal. Et les raconter dans un style, précis, concis,
saccadé (d’où le titre de l’ouvrage), à travers les quatre périodes de la vie
humaine correspondant aux quatre saisons : printemps, été, automne et
hiver. Ce qui lui permet de retrouver son enfance à Neuvicq, les personnages
qu’il a rencontrés ou dont il a entendu parler : le maréchal-ferrant, son
arrière-grand-père, Oscar, et son « arpète » Clotaire, sa femme
Maria, et bien d’autres qui accompagnent ses souvenirs. Il s’agit bien d’un
« concerto des quatre saisons » qui laisse au lecteur une double
impression : celui du temps passé avec la vie d’un village, vibrante et
variée, dont les habitants étaient les acteurs d’un film en noir et blanc sans
le savoir ; et les éclairs de lucidité de Simon, qui s’enfonce peu à peu
dans un éternel oubli, mais dont la vie transparaît à travers ces vagues
successives d’images d’un temps à jamais révolu.
extrait d'un article de Pierre Girard-Augry dans l'Hebdo
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« Michel Gros Dumaine a écrit avec « Staccato » un roman
remarquable sur la mémoire et l’oubli, le souvenir et le temps, l’identité et
la perte.
(...) l’auteur a une plume toute personnelle, légère et précise à la fois.
Sa description de l'ambiguïté des relations familiales sonne très juste et son
évocation des paysages charentais est poétique et nostalgique.
Un roman émouvant et intense, écrit dans un style élégant et subtil.
Extrait d'un billet de Marianne Desroziers sur son
Pandémonium littéraire.
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Suivre les souvenirs de Simon, ces fragments dispersés et perdus dans sa
mémoire brisée m’a beaucoup émue – pourquoi et comment certaines images,
certains mots sont restés gravés ? Quel mystère se cache derrière ce
front ? Enigme qui nous renvoie tous à notre incompréhension et aussi à
une sourde angoisse face à notre propre fragilité – mais ce livre n’est pas
triste ; de ses pages s’égrènent lentement les notes de tout ce qui a fait
la vie de Simon, de ce qui fait toute vie et l’on sent une certaine tendresse
de l’auteur pour ce personnage, qui pourrait être nous. Michel a su trouver le
ton juste pour en parler, comme on dit d’une voix qu’elle chante juste.
Wanda Celestra, Petra – Lesvos (Grèce)
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