Journal des penchants du roseau

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Tag - Yasmina Teterel

Fil des billets - Fil des commentaires

vendredi 27 avril 2012

Bienvenue aux lectrices et lecteurs de Bankster

couverture_bankster_1_400

Chers lecteurs de Bankster de Robert Bruce, les commentaires, ci-dessous, vous sont ouverts. N'hésitez pas à vous exprimer ; ou gardez le silence si vous le préférez.

°°°

(...) Je ne résiste pas au plaisir d'ouvrir de suite ce livre de 29 pages, ayant tout de même avant, vu le classique de bon ton de la couverture (cliquez pour la voir)

A peine quelques mots lus et j'entre complétement dans l'univers de Robert Bruce, celui de la belle écriture, des beaux mots, une syntaxe parfaite, même la police est jolie !

L'histoire se situe à Paris, il y a quelques années déjà, et commence dans un bouillon...

La suite, vous la connaîtrez en lisant vous-même ce livre, vendu 3.50 euros et je vous souhaite le même régal que celui que j'ai connu !

Sabine Barbier (extrait de son billet : Bankster par Robert Bruce)

°°°

(...) L’écriture... La nouvelle... Je n’étais que sourire... Un moment délicieux grâce à un style à l’ancienne, comme j'aime, mais en plus aéré. Une réconciliation avec les descriptions que "jadis" les écoliers trouvaient, à tort ou à raison, interminables. J’ai même songé, au Moulin...

Vous qui connaissez sans doute ma profession d’antan, je peux témoigner que ce genre d’aventure, un bref récit policier en somme et « en sommes », est tout à fait plausible. Je certifie que l’énigmatique Jean-Marie C... que nous dévoile Robert Bruce n’a rien d'un tartarin !

Plus haut, je mens un tantinet en parlant d’instant présent. J’ai quand même pris le temps de lire les vingt-neuf pages avant de dépêcher ma souris rouge pour vous écrire. Jamais, il me semble, je n’ai rien lu aussi vitement ! (...)

V.S. (extrait d'un commentaire ci-dessous).

°°°

(...) Un style classique, enlevé ; langue française parfaitement maîtrisée.

L’auteur écrit à la première personne, où va-t-il nous mener ?

Il nous relate ses habitudes dans le quartier des Halles, chez le « Merle Moqueur », où il aime goûter aux plats « comme à la maison ». Une ambiance de rue, les clients sont des habitués, le ton y est badin, familial.

Restaurant populaire à succès, il y fait chaque midi bondé. Un jour, alors que le narrateur s’y trouve, il remarque un homme, habitué comme lui. Flanqué d’une moustache à la Salvator Dali, le sourire éternel gravé sur le visage, l’homme attire l’attention du narrateur. Pour son accoutrement un peu spécial, certes, mais surtout, et aussi, parce que, coincé entre ses jambes, il y serre avec crainte une sorte de cartable « un peu arrogant ». (...)

Savina de Jamblinne, extrait du billet : Robert Bruce : « Bankster », de , à lire dans Vingt mille lieues sous les livres...

°°°

Après avoir lu divers avis sur Bankster, j’attendais avec impatience ce livret et hier, dès réception, j’ai pu satisfaire ma curiosité.

La nouvelle est un exercice qui demande, dans un format réduit, tous les ingrédients d’une histoire en évitant les égarements et une chute satisfaisante tout en ouvrant des possibilités. Oui, exercice particulier et formateur. Robert Bruce, ici, nous fait une belle démonstration de sa maîtrise du sujet. Son écriture, de facture classique mais non dépourvue d’humour et de verve, apporte à cette histoire un goût particulier. D’ailleurs, si certains éléments se rapportant à notre époque n’étaient pas mentionnés, nous pourrions situer l’histoire à une autre. Et c’est ce qui fait le charme de cette nouvelle. Une histoire à lire par tous les temps et en tout temps.

Bravo à Robert Bruce pour ce coup de maître !

Yasmina Teterel (recopié d'un commentaire ci-dessous).

°°°

J'ai (...) lu "Bankster" que j'ai trouvé, comme tout le monde, malicieux et enlevé, mais réticence devant les phrases où la gouaille m'a paru forcée (la tendance à glisser de manière un peu systématique des aphorismes, certes drôles et/ou bien vus), avec parfois une impression de redites (l'image de "la patience de bénédictin", par exemple).

Marco (extrait de ce commentaire)

°°°

Il y a de la tendre malice, de la générosité et beaucoup d'humanité dans ce "Bankster" de Robert Bruce dont je me suis régalé à la lecture !

Robert confie à Savina que son petit roman est "un amusement intellectuel, un pied de nez, un exercice pour l’esprit", moi je crois qu'il est plus que cela.

J'y ai perçu, dans l'atmosphère, dans la description de ses personnages, dans l'ironie du détail, des bolées de cidre à la Maupassant voire même des gouttes de Vouvray à la Balzac. Je m'y suis assise "comme à la maison" et m'y suis retrouvée en terrain familier.

L'affaire est magnifiquement et rondement menée jusqu'au bout ! et puis on ne peut s'empêcher d'avoir de la tendresse pour le narrateur qui dit que sa vie c'est "de ne point avoir d'histoire" alors qu'elle semble en regorger !.. de l'affectueuse admiration aussi pour ce Bankster que Robert compare "à cette patiente petite graine sommeillant des années sous terre, qui un jour, sent la nature se réveiller et commence à monter vers le soleil pour disparaître aussitôt après après la floraison"... Je suis sûre qu'il y a un peu du Jean-Marie/Bankster dans notre Robert... et/ou inversement !.. et ça c'est réjouissant voire attendrissant !

Enfant je voulais être Molière et partir sur les routes de France... je fus "foraine" aussi dès l'âge de neuf mois accompagnant mes parents sur les marchés du pays de Caux, alors forcément ce Colporteur et son Platon parlent à mes premières aspirations enfouies à jamais dans les pores de ma peau !

Désormais, j'ai bien envie de découvrir "les habits du Dimanche" "la grande nuit" ou encore "Soleil" dont parle Françoise ! Quoiqu'il en soit, Bravo à vous, Robert et merci à Christian d'avoir eu la belle idée de publier votre Bankster !

Cécile Delalandre (recopié de ce commentaire)

°°°

Bankster : tentant, gourmand, insolent, réjouissant et très bien écrit. Robert Bruce est aussi captivant, par l'acuité du regard qu'il porte sur un certain jeu social, que son personnage.

Anne-Laure Brun Buisson (avis reproduit avec son autorisation)

°°°

Une nouvelle ? Une histoire courte c'est certain mais qui tient la route comme son auteur qui « colporte » avec son âne Platon. Des personnages bien campés, des décors savoureux, il y a dans ce récit tous les ingrédients pour faire un récit au long cours.

J'ai beaucoup aimé la scène au restaurant du Merle Moqueur avec la serveuse Marinette qui me rappelle cette époque des « restaurants ouvriers » où il n'y avait que de grandes tables et où il fallait se mettre à la suite... sans discuter ni du menu ni de la boisson... comme chez grand-mère !

Avec ses « Petits Penchants », notre apprenti libraire s'inscrit dans l'esprit des Folio à 2 euros que j'adore : découvrir ou redécouvrir un auteur par une petite pièce ou une longue nouvelle... c'est bien ce qui arrive ici avec Robert Bruce que je découvre avec bonheur.

Becdanlo (recopié d'un commentaire ci-dessous)

°°°

Le personnage, l'atmosphère, les descriptions, la belle écriture pourraient laisser penser que l'histoire se passe fin dix-neuvième. Mais non, il y a des euros. J'ai bien aimé l'emploi des temps grammaticaux qui animent le texte, déroulent les scènes. Très agréable à lire.

Cependant, l'auteur aurait-il quelque côté machiste ? Les femmes piaillent et "sont maquillées à la truelle", sont plus agréables quand elles ne parlent pas, repassent à merveille, font des épouses légitimes raides et revêches. Ah ! Prendre maitresse, devenir bankster et partir avec elle au soleil... A mon avis, Jean-Marie est parti seul. Parce que les couples "indifférents l'un à l'autre dans l'année" ne se découvrent "des tendresses inattendues" et des goûts communs que lorsqu'ils jouent les touristes pris "d'un accès aigu de culture". Alors pourquoi recréerait-il un tel ennui ?

Kayenn (recopié d'un commentaire présent ici)

°°°

Le livre de Robert Bruce m’a transportée, très facilement, dès les premiers paragraphes, dans une brasserie parisienne, où je me suis attablée familièrement, devenant le témoin d’une tranche de vie citadine, percevant la gouaille des consommateurs présents, me glissant dans la peau du narrateur, entourée de verres et de couverts qui s’entrechoquaient sur les tables et le zinc, dans le brouhaha ambiant.

Une belle langue : simple, mais élégante et efficace, de celles qui coulent pour conter une rencontre avec un personnage plus tout à fait ordinaire ; dont on aurait pu croiser le chemin, pour peu que l’on soit assez habile, pour observer et écouter la vie aussi bien que le conteur, et narrer ce récit d’escroquerie en ménageant le suspens...

Et pourtant avec l’air d’être habillées de mots de la semaine, ces phrases m’ont donné l’envie et le besoin de les relire, pour découvrir les mots endimanchés qui s’y étaient cachés, l’air de rien. Ah, vraiment, ce que j’appellerais une écriture sympathique. J’en redemande pour une prochaine « journée particulièrement rayonnante, avec un ciel aux éclats de victoire ».

Isabelle Giordani-Durand (voir la lecture ici)

°°°

Bienvenue aux lectrices et lecteurs d'Un jour de grosse lune

couverture_un_jour_de_grosse_lune_1_400

Chers lecteurs d'Un jour de grosse lune de Cécile Delalandre, les commentaires, ci-dessous, vous sont ouverts. N'hésitez pas à vous exprimer ; ou gardez le silence si vous le préférez.

°°°

Ce Vendremanche, j'ai pris le livre de Cécile Delalandre et je ne l'ai pas lâché.. Sans bouger, j'ai été transportée. J'ai pris une rame de métro infernale, je suis allée à Casablanca, j'ai vu au loin les côtes de Tanger , j'ai traîné place Clichy, et humé avec délices le parfum du premier matin d'Octobre.. Un conte fantastique avec des tranches de vie faites de paysages et de rencontres magiques, glauques et maléfiques, avec des couleurs et des odeurs entêtantes..

Et puis surtout le langage de Cécile, un style baroque et riche... couleur d'Azerty.

Dimitra (recopié d'un commentaire ci-dessous).

°°°

Il y a des jours comme ci, des jours comme ça, des jours avec ou sans et il y a les jours de Cécile Delalandre. Et là, nous entrons dans un monde, un autre monde dont on ne veut plus sortir.

Une explosion d’odeurs, de couleurs, de sons qui vous transporte dans un imaginaire extra-ordinaire où même le lecteur le plus terre à terre ne peut être insensible. Des tranches de vie, banales, magnifiées par la plume de Cécile et la musicalité de son verbe. La musique est partout, par le rythme, les mots et j’ai eu le sentiment, à la lecture, d’être une groupie accompagnant des artistes en tournée.

Hier, en recevant le livret, c’était un jour, ni sans, ni avec, ni comme ci, ni comme ça, c’était un autre jour. Merci.

Yasmina Teterel (recopié d'un commentaire ci-dessous).

°°°

J'ai joué au petit Poucet avec les textes de Cécile, les découvrant un à un sur mon chemin, éclairés par cette grosse lune qui les faisait luire. Puis j'ai eu le bonheur de recevoir mon exemplaire et de m'imprégner d'eux 'à la suite'... ils m'ont ramenée vers une maison dont l'hôtesse accueille en Rabelais les amants de ses mots.

Marie-Agnès Michel (recopié d'un commentaire ci-dessous).

°°°

J'ai lu deux fois ce petit livre. La première fois, j'ai été poussé dès les premières pages par la curiosité: le besoin d'avoir une impression globale, une apprehension, une compréhension, une intuition de la nature du texte et des sentiments qui s'y expriment.... A la fin, j'avais le goût d'un journal d'automne dans le coeur (ben oui..) La deuxième fois, j'ai relu doucement. J'ai oublié les fautes (il y en a peu) et je me suis arrêté sur les merveilles (il y en a beaucoup)que j'avais soulignées à ma première lecture... J'ai parfois regretté les ellipses parisiennes, l'addition des métaphores, ou la complexité de certaines phrases... J'ai souvent regretté la brièveté du texte (certaines paragraphes méritent plusieurs pages)... J'ai toujours adoré le mélange pudique-m'astuvu du langage, si fort, si difficile, si juste..... Surtout je n'ai jamais boudé mon plaisir ! Le goût qui m'en est resté est plus complexe: subtile, gai, doux, amer, une sorte poétique très parnassienne (ben oui). Je me suis dit que j'avais oublié ce qu'il y a entre les lignes, entre les mots.. Dans ce petit livre, il y a beaucoup à lire.. Avec un grand bonheur. Merci.

Je vais le relire.

Michel Dalmazzo (commentaire recopié)

°°°

Tout d'abord merci d'avoir usé ainsi des mots et de cette idée de les pousser parfois à bout ; la promenade est maîtrisée, cocasse, l'ambiance intime et sincère.

On sent que tu as pris plaisir à t'affranchir de certaines logiques rationnelles, et l'onirisme teinte continuellement l'aventure intérieure d'un souffle très personnel. Peut-être que cette dernière phrase ne veut rien dire... mais un peu à l'image de certaines phrases de ton texte, sur lesquelles je me suis interrogé également :-)

On a affaire, assurément, à un bel exercice de style. Les mots se marient, les duos séparés se rabibochent de force... de force, oui. Tour de force, ou tour forcée ?

On assiste finalement à une artiste chanteuse d'Opéra, sensible, expérimentée, qui vient s'échauffer la voix avant son grand récital.

Elle teste sa voix, l'élève en des trilles forcées, la met en sourdine curieuse, la place en des accords virtuoses et inattendus. Cela émerveille, surprend, agace parfois, émeut souvent. On peut même parfois trouver quelques répétitions, et se dire que cet échauffement peut paraître vain.

Le Jour de bal sur le pont Caulaincourt émerveille par ses descriptions inquiétantes et drôles.

Jour couleur d'Azerty surprend : c'est beau, mais quoi ?

Jour de premier octobre agace : ce n'est pas de la poésie, ce n'est pas de la prose ; l'auteur s'est fait plaisir.

Jour de Nuit émeut parce que deux solitudes se ratent dans des mots plus simples et moins alambiqués.
Des formules ou images répétitives ont élu adresse (« ... ton présent se mirera... tu projetteras ton futur » - page 22, « ... s'évaporèrent dans un hier qui disparut dans un demain » - page 26 , et à un autre endroit aussi il me semble.)

Curieusement, ce sont les textes les moins "travaillés" qui m'ont le plus plu.
Tel ce Jour de Rame assise qui lorgne du côté du petit sketch poétique de la vie quotidienne.
Tel ce Jour de Septembre, abusée, et surtout, le plus beau, celui qui clôt ce petit recueil, Frontières, qui raconte beaucoup en peu, qui parle beaucoup sans force mots.

On est loin « des vieilles moules enshalimarées d'où émanait un stupre peint sur une french manucure clinquante comme un bling-bling de culture dégoulinante qu'annoncerait un big-bang », qui donnerait l'envie de crier « Stop ! Trop, c'est trop ! »

Résumons : bravo l'artiste, l'échauffement de la voix est prometteur. C'est virtuose, beau, un peu forcé, mais on devine la douceur et la maîtrise. Alors, une fois les vocalises achevées, on attend, silencieux, le début du vrai récital, de l'œuvre écrite et ambitieuse qui nous prouvera que l'on a eu raison d'écouter jusqu'au bout ces arpèges et ces belles gammes.

Stanislas Fleury

°°°

J'ai reçu le livre ce midi, j'ai décacheté le délicat emballage avec soin, car il s'agit d'un livre précieux par sa forme et par son contenu. Il faut lire plusieurs fois les textes pour bien les comprendre. On éprouve beaucoup de plaisir à relire cet ouvrage. Cécile Delalandre est un artisan des mots. L'auteur a accompli un travail d'orfèvre, ces mots sont des bijoux précieux, j'aime les relire. Si il y a un effet miroir dans ce livre, c’est un effet miroir universel, car les textes de Cécile peuvent s’appliquer à tous et à chacun, même si les situations décrites sont issues de ces observations, et interprétations. C’est un livre d’une délicate poésie.

Rémy (recopié d'un commentaire ci-dessous)

°°°

J'ai lu, relu, et encore... Les phrases vif argent claquent comme des balles de tennis. On les tâte, on les monte, on les démonte, on les associe... mais elles vous échappent sans préavis. Ce sont des écorchures, de sublimes fêlures,d'impérissables ratures. Je n'ai jamais ressenti pareille commotion en lisant un texte aussi raisonnablement démesuré,d'un auteur qui défend le temps du rêve ou le temps éveillé,l'hyperbole ou le mot juste, l'aile ou la main.

La Fourche, le Wepler, Mancey, Caulaincourt, autant de lieux que je frôlais chaque jour à longueur de temps.

C'est vous dire que je ne suis pas peu fier d'avoir commenté une œuvre exceptionnellement lumineuse un jour de grosse lune.

Robert Bruce__ (copié d'un commentaire ci-dessous)

°°°

Mardredi, jour de marché ; Lundredi, jour de nuit ; Mercremanche jour de kiss ; ainsi s'égrènent les jours de l'univers de Cécile Delalandre. Tout un monde décalé et visuel... on se croirait sur une scène abandonnée, dans un espace cerné de pendrillons noirs où un projecteur éveillerait des mondes improbables : tel ce voyage à bord d'un bateau à voile qui avance à l'air décomprimé, ou celui d'un certain septembre, en subaru sur un chemin bordé de pruniers et de figuiers...

Une vingtaine de petits textes tricotés avec grâce et humour comme « des enluminures sous les draps de sa retirance... qui fait du vert de flambe dans sa mélancolie »

Becdanlo (copié d'un commentaire ci-dessous)

°°°

La poèsie de Cécile, belle à en crever, belle à en déchirer les pages puis les manger afin d'absorber, s'imprégner un peu de cette rime, la sienne, pour en faire ressortir quelque chose de plus léger que la lourdeur. Trop en dire serait mentir, ralentir la naissance de ses mots, les goûter, pour les voir s'envoler vers de lointains azur et disparaître, nous laisser pantois, à faire couler un pleur.

Deville (copié de ce commentaire)

°°°

J'ai tellement aimé ce jour de grosse lune - je ne suis pas une grande lectrice mais je le redis j'ai tellement aimé !!!- merci pour ce moment délicieux

Chantal (copié de ce commentaire)

°°°

« (...) Le vocabulaire est riche et précis, poétique en diable, léger comme une plume de colibri. L’écriture de Cécile Delalandre est pleine de sensibilité et de tendresse et la nostalgie qu’on sent poindre souvent n’empêche pas des accès de drôlerie, de jeux de mots et d’invention langagière (le mardredi). La plume flirte à la fois avec Boris Vian, Queneau et une certaine littérature américaine à l’élégance un peu déglinguée.(...) »

Marianne Desroziers, in « Un Jour de grosse lune » de Cécile Delalandre (Les Penchants du roseau).

°°°

A la réception de l'enveloppe, je découvre un livre fin, fragile, 50 pages qui me disent qu'elles vont vite être lues. Non, il n'en est point. Tout de suite, dès la première page, les mots précis, subtils, tordus freinent mon élan. La brièveté des chapitres me permet de les relire pour mieux m'imprégner du sens et des images que transmettent ces mots. Une histoire où je me suis laissée entraîner agréablement dans les tourbillons des bons et mauvais souvenirs de la narratrice. Des souvenirs qu'elle égrène dans une balade féérique et une vision optimiste, au fil des jours aux évocations originales. Une balade, où à travers des mots précis, inhabituels, et de multiples métaphores, j'ai pris des étoiles pleins les yeux.

Seule, la rencontre inattendue, à la fin, m'appelle à la réalité.

Mary Troillard

°°°

Je perçois l’écriture de Cécile Delalandre comme l’expression d’une sensibilité viscérale, au travers d’une langue maîtrisée, travaillée, au point que certains passages me laissent imaginer, que peut-être il existerait une soixante-quinzième langue parlée au monde, que j’aurais découverte à la faveur de mes promenades virtuelles...

Bien que reliés par un lien invisible, les chapitres, se succèdent et ne se ressemblent pas nécessairement, semblant témoigner d’instants de vie, ceux d’un être humain fictif ou réel — peu importe, peu m’importe ; avec des mots bien façonnés, pour qu’un sens émerge au coin des lettres, sans trahir complètement l’intimité du personnage. Ce ne sont pas les mots de tout le monde : ils méritent un effort... Tantôt assemblés dans des phrases courtes qui font aussitôt sens, nous donnant l’illusion d’être tapis dans l’esprit de la narratrice, tantôt à cru, bientôt enjolivés pour claquer à l’oreille, puis agencés et bien choisis pour créer des métaphores surprenantes. Vous vous trouvez transporté de l’imaginaire à l’ordinaire, du très intime, au très anonyme.

C’est sûr, il vous faudra relire certaines phrases plusieurs fois, mais une belle lecture peut être balade ou randonnée, que l’on soit : « Jour de marché, jour d’Azerty ou Mercremanche »...

Isabelle Giordani-Durand (voir l'ensemble de sa lecture)

°°°

dimanche 1 janvier 2012

Bienvenue aux lectrices et lecteurs du Souvenir de personne

Le Souvenir de personne, Cécile Fargue, première de couverture

Le 5 octobre 2010, Le Souvenir de personne de Cécile Fargue est déjà parvenu en Marne et de là, il poursuivra sont parcours de mains en mains, accrocher l'œil de l'un, compagnon d'une soirée de l'autre. Nul ne saurait prédire ses itinéraires et les cheminements intérieurs qu'il suscitera.

Ce jour donc, j'ouvre ce lieu de bienvenue à ses lecteurs. Les commentaires, ci-dessous, vous sont ouverts. N'hésitez pas à formuler vos critiques du flacon ou de l'ivresse ; ou gardez le silence si vous le préférez.

[je réactualise ce billet-accueil des lecteurs du Souvenir de personne en y glissant au fur et à mesure que j'en prends connaissance des avis glanés ici ou là, n'hésitez pas à me faire parvenir les vôtres]


**********************************************

Chaque fois que je passe devant un de ces bouquets qu’on voit parfois plantés en bord de route, j’accélère malgré moi, et pendant quelque temps, je ne peux m’empêcher de songer à cette personne qui a disparu, à ces gens qui l’ont aimée et qui sont peut-être seuls à se souvenir. Le pincement au cœur que j’éprouve dans ces moments-là, je ne sais s’il provient du drame qui s’est joué un jour à cet endroit ou de l’état du bouquet. Car certains sont tellement rabougris, tellement noircis par les voitures – sans parler des fleurs en plastique – qu’ils me foutent le cafard comme lorsque je traverse une zone industrielle. Je n’ai qu’une envie : être déjà loin. Ne me parlez pas de votre disparu.

Puis un beau jour, il pleut des cordes, la route est boueuse et triste. Et sur le bas-côté, je vois un autre ce ces bouquets. Mais ses fleurs sont tellement belles, et s’emploient si bien à cacher leur beauté, que je lève le pied, que je m’arrête.

Et en redémarrant, je me dis qu’elle a de la chance la personne à qui on a rendu un si bel hommage. Autant de chance que Nancy dans cette belle chanson de Leonard Cohen.

Pour moi, Sébastien, Nancy, c’est la même musique. Merci.

Sindbad le marin (recopié d'un commentaire ci-dessous)


**********************************************

Ayant la chance d'avoir obtenu une prévente du "Souvenir de personne", je tenais à encourager tout curieux à se procurer cet ouvrage. Pour moi, l'émotion a été forte à la lecture de ce livre. Du sourire aux larmes, il nous transporte dans les tendres souvenirs de Cécile et laisse une morsure indélébile.... Si vous espérez trouver un livre cru et froid, détournez vous... Par contre, si vous voulez ouvrir vos yeux comme l'auteur l'a fait et tenter de vous imprégnez de ces souvenirs, de cette réalité, procurez vous "Le Souvenir de Personne".

Alexia (lu à cette adresse)


**********************************************

Gamine, souvent, en rentrant de l'école, je faisais un crochet par le petit cimetière de campagne qui longeait la route surplombée d'un joli sous-bois où j'aimais m'attarder, au risque de me faire gronder.

Comme vous, Sinbad, j'ai eu maintes fois le coeur serré malgré mon bas âge - celui de l'insouciance - en observant les pierres tombales dénudées. Celles des enfants étaient toujours fleuries, je m'en souviens. En ce temps-là, les Sébastien n'existaient sans doute pas encore, sauf dans les livres évoquant des poètes dits maudits.

Aujourd'hui, je ressens qu'un livre tel que celui consacré à la mémoire de Sébastien peut placer un lecteur dans une position proche de la torture par tout ce qu'il renvoie en miroir. Par exemple, un frère perdu il y a peu, disparu sans collier, et retrouvé dans un bas fossé. Dès lors, je ne peux non plus "parler du disparu" !

Iris (recopié d'un commentaire ci-dessous)


**********************************************

Ce qui est bouleversant, troublant aussi dans le "Souvenir de Personne" de Cécile Fargue, c'est qu'au-delà d'une lettre magnifiquement écrite sur le caveau d'une promesse tenue, elle nous crie à tripes ouvertes, son combat contre l'oubli et l'indifférence.

Ses mots justes, retenus, admirablement poétiques, sont bien pl...us forts qu'une Pâques, pour ressusciter Sébastien, son ami de rue mort comme un chien à l'âge de quatorze ans. Cécile Fargue nous parle deux mais c'est d'un, d'elle dont on entend encore le cri quand on referme ses pages.

Il est essentiel de lire ce petit bijou de talent et d'émotion brute.

Cécile Delalandre (lu à cette adresse)


**********************************************

« L'amour, forme suprême de reconnaissance, permet à la narratrice de conférer une dimension supplémentaire à l'anonyme, de lui donner un supplément d'existence. "Personne" devient ainsi "une personne". Et le fait de mettre en scène un instant d'intimité entre la narratrice et le garçon, dans une chambre miteuse ("Novembre"), recrée pour le couple (où chacun se donne, alors que d'ordinaire le jeune homme se vend) la profondeur dramatique d'un rituel qui n'a rien de mécanique. »

Daniel Fattore, Lire l'article sur le site Fattorius.


**********************************************

« (...) on évolue dans un monde où l'on ne dit pas "merci", le mot étant truqué par les menaces de la condescendance ou devenu "trop lourd". Un monde qui voit les enfances disparaître au contact de réalités grimaçantes. Pourtant le rêve enfantin n'est jamais loin, presque à portée de main. Perchés sur un arbre sans cabane où "on fait semblant d'être les Indiens de notre histoire", ou buvant une "grande rasade de cet alcool qui rend propre" (l'eau de Cologne) comme un élixir du pauvre, ou passant aux yeux d'un "clodo" un peu fou pour "le passeur de nuit" maître de rassurantes clés imaginaires, ou comment transformer un geste de mépris et de défense _ la copine qui s'essuie la manche _ en comptine urbaine, "un deux trois", ou Sébastien mimant avec dérision et sérieux le geste du jardinier: autant de moments où le quotidien le plus désespérant semble prêt à céder aux jeunes élans de vie, où par la magie du jeu l'existence semble soudain pouvoir être autre. »

Marc Sefaris, Lire le billet : Un poids, une place, ici.


**********************************************

« (...) ce cri dans la nuit n’est ni empreint de rage ou de colère, d’angoisse ou de solitude. Il est une voix qui s’unit à celle de Sébastien ; il est une âme qui rejoint l’âme sœur ; un amour qui a trouvé.

(...) un long souffle retenu qui peu à peu se défait, et le lecteur, dans ce silence, écoute ; face à ce texte, se tait. »

Savina de Jamblinne Lire l'article sur le site Vingt mille lieues sous les livres...


********************************************** « (...) Je voudrais que cet objet-évènement se recopie, se fragmente, se répète, se simule, se dédouble, sans que quiconque n'impose ce qu'il voulait dire, ni de dire ce qu'il voulait être.

Le souvenir de personne, c'est du Mozart. Après sa lecture, même le silence est grand.

Merci à toi, Cécile de nous chuchoter tant d'émotions,de nous procurer cette sensation indéfinissable qui nous fait percevoir que nous sommes vivants... simplement vivants. (...) »

Robert Bruce [Lire le texte ici]


**********************************************

« (...)Le souvenir de personne surprend par la maîtrise de son écriture et par la force du récit. On pense à L'attrape-cœurs de Salinger, à L'herbe bleue témoignage anonyme devenu culte, ces œuvres marquantes par leur universalité : parler des marginaux (dans le sens de ceux qui vivent dans la marge) est beaucoup plus efficace pour décrire une époque que de délayer le quotidien des gens dit normaux. Et ce livre a la grâce des œuvres écrites avec l'émotion de la jeunesse, cette grâce qu'on finit par perdre avec le temps. (...) »

Marie Lebrun Lire l'article sur le site Post scriptum...


**********************************************

Parfois, il est bon de ne rien dire tant un texte se suffit à lui-même.
Lorsque j'ai lu « le Souvenir de personne » j'ai tout de suite ressenti ce besoin d'être discret, pudique, tant on est au cœur d'une histoire secrète... celle de deux adolescents... dont le destin sera tragique pour l'un d'eux.

Je garde en mémoire, tout ce passage où Sébastien tentera de se désintoxiquer... dans cette cabane prêtée... au bord d'un monde qui se réveille chaque jour... et qui n'est pas forcément le nôtre. « Le Souvenir de personne » c'est une tentative de faire revivre quelque chose, quelqu'un... mais c'est comme visiter un camp de la mort : on voit les décors, les paysages... ce qui reste... mais qu'en est-il vraiment des êtres humains qui ont vécu là ?

En un « Voyage au bout de la nuit »... le livre refermé, on garde le silence... c'est ce qu'il convient le mieux au souvenir de Sébastien... car le silence est profond, vaste et sans limite...

Il faut tout de même dire que j'ai été heureux de lire ce livre, d'être un "témoin" de ce qu'a été la vie de Sébastien.

Becdanlo


**********************************************

Je repense à ce qu'en évoque Cécile et c'est vraiment cela, un cri , que pour ma part j'entends encore résonner en moi deux mois presque après sa lecture... et j'y repense souvent, cette angoisse qui noue le ventre, comment retenir un soupçon de ce qui a été, ne pas le laisser disparaître à jamais...Cécile Fargue a su si bien nous interpeller, nous accrocher...

le "Souvenir de Personne" restera le mien..

Ariane Grammaticopoulos (recopié d'un commentaire ci-dessous).


**********************************************

On aura tous croisé dans les rues des grandes villes le regard si adulte, et enfantin, de très jeunes toxicomanes, sans faire rien d'autre que de s'éloigner en pressant le pas, et en cela le récit de Cécile Fargue prend toute sa dimension, dans ce sens qu'elle s'arrête, elle marque le pas, et le récit poétique qu'elle livre – même s'il aurait gagné à être resserré, épuré, acéré – sonne bizarrement juste.

Vincent Wackenheim (Lire l'article)


**********************************************

Pour résumer, c'est pour moi un bien beau livre dans son style et son dessein, mais l'absence de soutien et de révolte donne un étrange sentiment de complaisance.

Stanislas Fleury (Lire le texte)


**********************************************

Le Souvenir de personne s'est refermé tout doucement hier soir et il est devenu mien à présent. Sans difficulté, il a su trouver une place dans ma mémoire. Comment rester indifférent à cette indifférence dont souffre Sébastien ? L'indifférence tue ses victimes, dans un terrible anonymat. Il n'y a pas d'autre issue, l'indifférence ne choisit pas, elle ne veut pas choisir.

L'écriture à fleur de peau de Cécile Fargue, sa poésie et ses mots crus, aussi crus que les maux de Sébastien, magnifient cet adolescent dont l'héroïsme est plus puissant et plus morbide que son héroïne, fidèle compagne de ce voyage si court.

Bouleversée, retournée comme ce pauvre corps, j'ai pris, le temps de cette lecture, la place de Cécile et je l'en remercie. D'ailleurs, je me souviens de ce papi libidineux et de son regard lubrique. J'ai la nausée, j'aimerais le tuer.

Cependant, mon intrusion dans cette histoire a été parfois quelque peu perturbée. L'usage récurrent des points de suspension m'ont frustrée, à certains moments. J'aurais aimé que Cécile en dise plus, se laisse aller. Cette sensation de "retenue", même si elle est justifiée par l'émotion, exclut le lecteur de ce souvenir de personne, au risque de demeurer justement personne.

Et cette retenue, par instant, tombe dans son inverse, là où justement il ne faudrait pas trop en dire pour laisser le lecteur à sa propre interprétation qui ne sera jamais éloignée de la vérité. Un mot de trop, un adjectif inutile suffisent à contrarier, agacer même. Mais ces petites faiblesses nous rappellent que l'auteur est humain et que le talent doit rester humain.

Yasmina Teterel, (reçu par mail avec autorisation de le publier).


**********************************************

« (...)Ce jeune garçon se prénommait Sébastien. En quelques dizaines de pages, Cécile Fargue l’a extrait de la fosse commune où on l’avait jeté. Elle lui a offert une sépulture – notre lecture – d’où il pourra poursuivre sa route. Latcho drom, Sébastien ! »

Lire l'article sur le blog de Gilles Monplaisir...


**********************************************

Le Souvenir de personne : c'est pour moi une lecture bouleversante, très difficile, une expérience véritablement charnelle. Ce récit est un don qui traduit l'immense générosité et l'amour que porte en elle Cécile Fargue. Quelle grâce.

Anne-Laure Brun Buisson (avis reproduit avec son autorisation)


**********************************************

C’est poignant, on ne sort pas intact d’une telle lecture, les mots manquent. Certaines scènes sont bouleversantes et terribles. Elles poursuivront longtemps le lecteur. Le pire est l’indifférence, la lâcheté des personnes ayant croisé Sébastien.

Parmi les personnes ayant profité de Sébastien, les personnes les plus humaines paraissent les plus coupables, car elles se rendent compte de la détresse de l’adolescent. Ces personnes en se montrant « amicales », , « bienveillantes », essaient de se déculpabiliser, tout en profitant de Sébastien.

Sébastien, transpercé d’aiguilles, nouveau Saint Sébastien, transpercé également comme une poupée vaudou, sur laquelle la société entière déverserait ses frustrations tout en le transperçant de toute part, en lui volant sa fraicheur, sa jeunesse, son étrangeté, son côté libre et sauvage contre de l’argent ou de la drogue.

Cette drogue détruit Sébastien, les clients le savaient pertinemment. Ils profitaient de Sébastien car il était seul isolé, ils pouvaient agir en toute impunité face à quelqu’un de démuni.

L’auteur, Cécile Fargue, en écrivant Le Souvenir de personne, rend hommage à cette vie perdue, à son amour perdu, en édifiant à la mémoire de Sébastien, un véritable monument de mots, j’ai bien aimé l’expression : « une cathédrale de mots ».

Rémy (copié d'un commentaire, ci-dessous)


**********************************************

Un livre où l'on course la mort entraîné par ces deux-là. La voix de Cécile, l'innommable de Sébastien. Le tout dans l'indifférence de ceux qui passent où le viol de ceux qui paient. Rude, dur, couleur de muraille, d'urine, de shit.

Bourré de tendresse et de désespoir. ça fait du froid dans le coeur quand on referme le livre et c'est bien. La chaleur on la garde, regard épargné, pour le prochain môme aux veines bleuies que l'on croisera, tapi, au coin d'un porche.

Merci cécile.

Christiane (copie d'un commentaire déposé ici)


**********************************************

Elle aussi avait, niché au creux de son vide, un rat. Je ne l’ai pas croisée dans les rues de mon adolescence, celles où Cécile a caressé la vie de Sébastien, mais dans le lieu où, loin de là, j’avais construit un accueil pour l’errance. Elle est venue sur la pointe de sa peur briser sans hâte la chape d’indifférence où elle était tenue, cueillir sans précipitation les éclats disséminés de son être-jeté-dans-le-monde. Je l’ai aimée aussi, à la manière admise par ma fonction d’analyste, comme Cécile et Sébastien se sont aimés dans le silence bruissant des douleurs indépassables, là où rien ne s’achève pris dans le flot impétueux de l’ex-sistence, des mots aussi.

J’ai lu Sébastien, comme faire là se peut, dans mon regard tendu vers les mots de Cécile et le texte qu’elle m’oblige à construire. Il n’y a pas d’autre lieu que dans cet entrecroisement où "fabriquer" la littérature et nous en remercier.

Michel Gros-Dumaine (recopié du commentaire ci-dessous)


**********************************************

« Je garde précieusement ce livre pour le faire lire dans quelques années à ma fille, il est important. »

(fragment d'un courrier reçu par Cécile Fargue)


**********************************************

Un récit plein de justesse et sans pathos, en hommage à un jeune garçon disparu bien trop tôt et qui fait partie de la longue liste des morts de la rue. Grâce à Cécile Fargue, ce corps enterré anonymement, retrouve une dignité, une âme, une histoire, un nom. Il s’appelait Sébastien. Il vendait son corps pour quelques dizaines de francs. C’était les années 1990. Cécile y était aussi. Elle avait 13 ans et elle a connu ce jeune adolescent à la dérive qui malgré la prostitution, la drogue et la rue avait réussi à garder sa grâce et sa délicatesse. C'est l'histoire d'un amour perdu d'avance mais pas vraiment puisqu'ils se sont accompagnés l'un vers la mort, l'autre vers la vie à un moment où ils en avaient le plus besoin.

Un livre nécessaire dont la lecture bouscule.

Marianne Desroziers (recopié du pandémonium littéraire)


**********************************************

Bienvenue aux lectrices et lecteurs de Mémoires du Cargo

couverture_memoires_cargo_1_400

Chers lecteurs de Mémoires du cargo de Padrig Moazon, les commentaires, ci-dessous, vous sont ouverts. N'hésitez pas à vous exprimer.


**********************************************

Magnifique
Quelle douceur - quelle beauté
Le cargo glisse et vous emmène très loin dès le matin......
Un voyage inoubliable que je referai

Bidet (recopié d'un commentaire ci-dessous)


**********************************************

C'est un cargo envoûtant qui transporte l'âme au gré de la houle. Il m'a emmenée, toutes sensibilités dehors comme autant de voiles, légère. De paysages en parfums, de langueurs en mouvements, de douceurs en lenteurs, il avance, tangue et fait escale, figeant l' instant de vie comme sur pellicule, imprègne de sa tendresse ou de sa lassitude. Il effleure les courbes de la terre et de l'eau, amant mélancolique. Les phrases ondulantes et poétiques impriment les images, le temps et l'espace comme ces petits poèmes japonais. Passagère du cargo, je n'ai pas pu le quitter. Bonheur.

Kayenn (recopié d'un commentaire ci-dessous)


**********************************************

On lit les Mémoires du cargo comme on feuillette un album photos. Ce fut ma première impression à la lecture de ce recueil, le sentiment que Padrig Moazon a cherché, avant tout, à fixer ses mots comme on fixe une image, une scène, sur pellicule. D’ailleurs, l’usage de termes en rapport à la photographie, tels que mémoire photographique, dispositif, vient conforter cette idée. Et cette impression est d’autant plus forte quand un dernier vers, posé un peu en retrait, semble commenter et/ou illustrer l’image évoquée. De plus, le rythme de certains vers, court, bref, un peu sec, semble être un clic de l’auteur. Cependant, ces images ne sont pas aussi figées qu’elles le paraissent. Padrig Moazon sollicite nos sens et un bouquet de couleurs, de senteurs, de sons, nous transporte avec ce cargo dans ces voyages et ces escales. Sous nos yeux, les mots se meuvent et se transforment en paysages.

Nous découvrons alors ce que l’auteur a vu et ressentons son profond respect pour son environnement. Ce dernier est le personnage principal de ces mémoires et s’il y a mouvement, ce n’est pas celui du cargo, ni celui des hommes, mais bien celui de la Nature à laquelle le poète cède verbes et actions. Les îles élaborent des stratégies, le crabe s’interroge, le bigorneau est en colère…

La poésie de Padrig Moazon est profondément humaine, respectueuse de notre monde et surtout nous ramène à l’essentiel. L’homme doit rester humble. « La terre et la mer mettent leur problème en commun, l’homme ». Merci au poète. Du grand art !

Je crois que vous l’aurez compris, j’ai aimé.

Yasmina Teterel (recopié d'un commentaire ci-dessous)


**********************************************

Dès les premiers mots, j'ai su que j'aimerais les Mémoires du cargo, tant elles m'ont, d'emblée, par ses touches impressionnistes fait rêver. Présentées tel un journal de bord poétique, il me semble que Padrig Moazan renoue ou rejoint la tradition de ce grand poète voyageur d'autrefois que fut Pierre Loti. Du moins pour les souvenirs qu'il me laisse. Et comment ne pas avoir une pensée pour les croquis des carnets de voyages d'Eugène Delacroix ?

Véra (recopié d'un commentaire ci-dessous)


**********************************************

(...) Sa dernière page tournée, il continue de naviguer en songes. Pour longtemps.

Philippe Simon in Ouest-France, le 8 juillet 2011.


**********************************************

Bienvenue aux lectrices et lecteurs de Dangereuse expédition

couverture_dangereuse_expedition_1_400

Chers lecteurs de Dangereuse expédition des Scènes étranges d'une enfance de garçon, les commentaires, ci-dessous, vous sont ouverts. N'hésitez pas à vous exprimer.


****************************************

Je viens de lire "Dangereuse expédition" et j'avoue que ce récit, comme le précédent, m'a beaucoup troublée !

A l'époque de mon enfance, la sévérité de mes parents sans être identique à celle des parents du livre était impressionnante par rapport aux méthodes d'éducation actuelles. Ceci dit, cela n'enlève rien aux qualités de mes procréateurs à qui je dois tout.

Toutefois, je me suis rendu compte que, enfant, ce qui m'a manqué c'était le fait que nos parents ne nous disaient jamais qu'ils nous aimaient. Cela ne se faisaient pas. De nos jours, on le dit parfois sans compter et à tort et à raison, ce qui, à mon avis, n'est pas forcément très bien non plus. Pourtant, secrètement, et, peut-être, bêtement, j'attendais qu'ils me le disent.

En refermant le livre et en repensant à la phrase qu'elle avait dite à son fils aîné, "...maman t'aime, je t'aime très fort aussi...", je ne pus empêcher mes larmes de couler...Effet de catharsis ? Probablement.

Emouvant et inquiétant récit !

Maïa (appréciation reçue par mail)


********************************

Il est des récits dont la lecture, tout juste achevée, nous laisse dans un état qu’on ne peut définir tant le bonheur et le malaise sont présents. Ces scènes étranges en font partie.

Dans cette dangereuse expédition, l’auteur nous ramène une fois de plus à notre enfance et aux jeux auxquels nous nous livrions. Des jeux, dont le genre respectait le sexe, où nous nous identifions aux adultes. Avec un style qui lui est propre, la plume, à l’instar d’une caméra, nous visionne deux petits garçons, des frères, s’adonnant à un jeu de guerre. Le danger est présent, la mort n’est pas loin.

Le style de l’auteur simple et si singulier, non seulement nous rappelle notre propre enfance mais nous transpose dans le corps de ces deux protagonistes. Nous ressentons l’angoisse du petit Serg, nous haletons devant le danger qui arrive à son point culminant devant cette porte, celle de la chambre des parents. Territoire si convoité par l’enfant et si terrifiant, la vision de la scène tuant l’idéalisation de ces êtres que sont les parents.

« Ils font de l’amour » et les pensées de mort submergent Wems. La vengeance sera implacable et Serg en fera les frais.
Cette mise en italiques de Il et Elle, cette manière si étrange de nommer les parents nous laisse supposer qu’il y a autant de haine que d’amour dans le cœur de Wems pour eux.

Un récit très fort, très humain. Tout au long de la lecture, j’ai ressenti une obsession chez l’auteur, celle de se délester.

Merci à lui et aux Penchants de ce partage.

Yasmina Teterel (recopié d'un commentaire ci-dessous)


********************************

C'est-à-dire, qu'à mon corps défendant, ce qui me charme aussi dans ce récit-ci, c'est son irrésistible drôlerie tendre. Si j'ose dire.

Mais non dénuée de cette cruauté souvent propre à l'enfance que le monde dit des adultes semble souvent ignorer en vieillissant.

Citer des exemples seraient trop réducteur, mais je pense que la prouesse - le génie - du narrateur est d'avoir su transmettre un univers de l'enfance, ses émois, ses tourments, en parvenant, par sa justesse de ton, à créer de véritables archétypes.

Personnellement, je ne pense pas que le style soit "naïf", mais, au contraire, il dénote une faculté singulière d'introspection avec la mémoire à l'enfance qui me laisse franchement baba.

Si, un exemple quand même ! L'expression de l'ombrageux Wems « Ils font de l’amour », résume à merveille - par son petit "de" - la petite voix secrète du récit. Drôle à souhait, j'insiste !

Véra-Rèva (recopié d'un commentaire ci-dessous)


********************************

Bienvenue aux lectrices et lecteurs de Retours difficiles

couverture_retours_difficiles_1_400

Chers lecteurs de Retours difficiles des Scènes étranges d'une enfance de garçon, les commentaires, ci-dessous, vous sont ouverts. N'hésitez pas à vous exprimer.


**********************************************

Avant de livrer mes appréciations, je tiens à préciser que je n’ai lu aucune critique, aucun commentaire sur les écrits d’Eric Meije – même pas l’échange mis en ligne ici sur le site accompagnant l’annonce de sa publication -, tenant ainsi à préserver un regard nouveau, « innocent » sur les Retours difficiles. Dès les premières lignes, j’ai eu le sentiment de connaître cette écriture ou plutôt cette voix. Voix d’un narrateur nous rapportant une histoire, vous savez ce genre de voix que l’on entend dans les films, alors que les images défilent.

Quand nous lisons, notre imaginaire se met en route et va à la rencontre de l’auteur, le rejoint sur son terrain créatif. Ici, c’est l’imaginaire d’Eric Meije qui vient à nous et de lecteur nous devenons spectateur. Nous devenons « voyeur ». C’est une des grandes forces de ce récit.

L’écriture d’Eric Meije est simple avec de longues phrases dont le rythme met en haleine, l’image est en perpétuel mouvement avec des sensations de gros plans, de digressions, pour revenir ensuite au sujet premier. J’ai été très frappée par ce style et je rejoins ce qui a été mentionné en préambule au récit. L’écriture est cinématographique.

Ces Retours difficiles dégagent une atmosphère pesante. Certes, nous ressentons l’angoisse de ce petit garçon ayant peine à retourner au pensionnat – comment ne pas l’être avec l’évocation des châtiments ? - mais nous sommes également gênés par la normalité d’un contexte qui est tout sauf normal. C’est cette évocation d’acceptation qui est dérangeante. Soumission à une autorité quelle qu’elle soit, quoiqu’elle exige. Le passage évoquant son amour pour son père est très éloquent. Ces répétitions de mots tel que « père », ces insistances, sont comme des martèlements jusqu’à assimilation.

Si l’histoire se déroule dans un lieu sorti de l’imagination de l’auteur, elle n’a aucune difficulté à entrer dans notre réalité. La situer dans un lieu connu et réel n’aurait pas eu le même impact. Dans le cas présent, ce lieu inconnu permet à chacun de se situer dans cette histoire. C’est très judicieux de la part d’Eric Meije. Il est fait appel à une mémoire, à celle que l’histoire nous a malheureusement léguée. Chacun peut faire le rapprochement avec des faits, des lieux.

Eric Meije nous livre cette histoire et je l’y ai senti très impliqué, ce qui fait la beauté de ce récit. S’il n’y a pas d’effets de style, d’écriture pompeuse, d’artifices inutiles, il y a de l’humain dans ces mots et en cela on ne peut être indifférent.

J’ai été fascinée et dans le même temps perturbée par cette lecture et je crois que ces sensations sont normales même si elles surprennentt. Je crois que c’est le but recherché de ces récits. Ils touchent à nos sentiments les plus profonds, à ceux que nous avons enfouis.

Pour finir - du moins pour l’instant – j’avoue que cela faisait bien longtemps que je n’avais lu un tel ouvrage et je remercie l’auteur et l’éditeur.

Yasmina Teterel (recopié d'un commentaire ci-dessous)


**********************************************

Je viens d'achever ma lecture, et j'en reste sur les fesses ..

Bien sûr comme tout le monde, j'ai lu Dickens ou "Jane Eyre" mais à la lecture de ce livre je ressens moins de colère pour la cruauté des adultes que d'admiration pour le courage et la fierté du héros.Le livre décrit merveilleusement le caractère fort et l'orgueil de ce jeune garçon qui se refuse à laisser paraître la moindre faiblesse ..Curieuse époque où même le père de Wems, qui fait montre d'une grande affection pour son fils, donne malgré tout l'autorisation aux maîtres d'exercer leur droit de punir par châtiments corporels..

Je ne peux d'ailleurs m'empêcher de voir dans ces coutumes une propension assez peu catholique de ceux-ci à se délecter de la douleur et de l'humiliation des enfants...

À ce propos , il me revient un souvenir qui prouve que ces temps ne sont pas si éloignés, car j'avais en cours primaire une maîtresse qui nous menaçait très souvent de nous fesser cul nu (sic).

Admirable récit en tout cas, et qui a produit chez moi une très forte impression, tant par le contenu que par le style , simple mais imagé et les descriptions d 'un paysage de mer, sauvage et envoûtant.

Dimitra (recopié d'un commentaire ci-dessous).


**********************************************

Une sensation à la fois âpre, aigüe, tendre et sauvage de cet indicible petit-je-ne-sais-quoi qui nous serait, oserais-je dire, profondément familier - ou pas encore - mais semblable à une quête inconsciente, voire collective ?

Ce qui m'avait aussi fort impressionnée, troublée, émue, à l'époque..., c'est l’œil vif du narrateur. Celui qui observe tout scrupuleusement sans complaisance, comme s'il se mettait farouchement - volontairement - en retrait.

Or, il me semble que tout porte à croire que le lecteur serait en droit d'imaginer, sans trop s'égarer, que Wems est bel et bien ce narrateur mystérieux qui ne cesse de fouetter notre imagination...

Sonia Winterfeld... (recopié d'un commentaire ci-dessous)


**********************************************

J'ai aimé, beaucoup, Retours difficiles pour leur caractère universel, car il me fait penser à d'autres totalitarismes mais aussi à l'époque où petite écolière de 7 ans, chez les Ursulines, j'avais été punie pour avoir oublié à la maison ma broderie pour le cours de travaux manuels : la bonne sœur m'a ordonné de me mettre à genoux sur des grains de maïs pendant un temps qui m'a paru interminable. Je me rappelle encore aujourd'hui les larmes qui coulaient silencieusement sur mon visage et je n'ai jamais compris le sens de cette punition qui me semblait énorme par rapport aux faits.

Des "retours" douloureux donc dans mon passé.

À propos, qui pourrait bien être l'auteur de ces Scènes étranges ?
Tout un chacun ?
Sûrement quelqu'un qui sait dire, avec talent, ce que tout un chacun aurait pu vivre sans trouver les mots pour l'exprimer !

Maïa (recopié d'un mail reçu avec son autorisation)


**********************************************

jeudi 10 novembre 2011

Bulletin n° 35 (ça c'est du titre mon roro !)

Le bulletin est mis à jour, pour les habitués de ce journal, rien de neuf. Il est téléchargeable, ci-dessous, au format pdf, j'en reproduis le contenu dans ce billet (d'ici).

Bulletin n°35 contenant le catalogue des livres disponibles actuellement

les penchants du roseau n° 35

Chers lecteurs,

« Les penchants du roseau », librairie artisanale, vous propose un petit choix de livres fabriqués à l'unité dans son atelier sis au bord de l'étang de Saint-Aubin-du-Cormier en Ille-et-Vilaine. Chaque livre peut bien sûr être commandé directement ou acheté chez votre libraire. Il vous est loisible de le feuilleter dans sa bibliothèque numérique ainsi que dans les feuilles correspondantes du journal des penchants du roseau ou, plus charnellement, dans votre bibliothèque préférée, si vous en demandez l'acquisition.

« Les penchants du roseau » prend le plus grand soin dans le choix des textes qu’il publie ; se défiant des genres, l’accent est mis sur la singularité, le ton et la profondeur de l’écriture de leur auteur.

Christian Domec, apprenti libraire.

Christian Domec - 9, rue du Bourg au Loup - 35140 Saint-Aubin-du-Cormier

http://domec.net
roseau.penchant@orange.fr

Au catalogue en novembre 2011

Cécile Fargue Schouler
Instants tannés — Textes & autres miniatures
« Petits penchants » — 10

« (…) Oui, elle voudrait qu’il y ait un cheval pas loin, un cheval qui s’ennuie. Il s’ennuierait et alors, devant son enclos, elle pourrait s’arrêter, l’appeler, le caresser et croire qu’il l’attendait. En le quittant, elle se dirait, au dedans d’elle, que les hommes n’ont décidément rien compris, que ce sont les bêtes qui savent, et ainsi de suite en reprenant son chemin. Elle continuerait de se rabâcher ces choses qu’on dit pour avoir moins froid, pour croire que toute cette solitude c’est un choix. Même que ça lui ferait du bien ces petits mensonges, parce que ce ne sont jamais les gros arbres qui font les radeaux de fortune, mais les petites branches qu’on accumule. (...) »
2011 — ISBN : 978-2-916965-14-7 — 48 p. — 5,00 €

Scènes étranges d'une enfance de garçon
Dangereuse expédition
« Petits penchants » — 9

« — Un bébé pas maturé, c’est un bébé qui vient au monde avant le moment normal. Quand on l’attend pas, quoi… Et en plus, il est tellement fragile qu’il risque de mourir au dernier moment !
Serg plissait le front, comme pendant les dictées difficiles à l’école.
— Ils m’attendaient pas, papa et maman ?
— Ben non... »
2011 — ISBN : 978-2-916965-13-0 — 56 p. — 5,00 €

Padrig Moazon
Mémoires du cargo
« Petits penchants » — 8

« (…) Les vagues soulevées par le moteur viennent lécher les cicatrices de la mangrove, tatouée de tentacules. Mélancolie des albatros attendant que le soleil sèche les plumes de leurs ailes déployées.

Le delta neutralise le fleuve, lui impose l’immobilité.
Les pêcheurs ont pris le parti de ne pas provoquer l’horizon.

Un vol de pélicans pour justifier le ciel. »
2011 — ISBN : 978-2-916965-12-3 — 52 p. — 5 €

Scènes étranges d'une enfance de garçon
Retours difficiles
« Petits penchants » — 7

« Tout était si difficile en grandissant avec les sentiments. Ils s’accrochaient aux basques du petit môme d’autrefois que vous n’étiez plus et refusaient de vous quitter, ainsi il vous fallait apprendre à leur mener la vie dure, les obliger à lâcher prise. Vous vous sentiez parfois malheureux de cette dureté qui s’installait peu à peu en vous bien sûr, mais elle était nécessaire : comment grandir autrement ? »
2011 — ISBN : 978-2-916965-11-6 — 48 p. — 4,50 €

Quinze poètes
Infinis paysages
« Petits penchants » — 6

Yasmina Teterel, Matin vert.
Stanislas Fleury, Croquis marins & Croquis urbains.
Nourit Masson-Sékiné, Le Jour me lève.
Cécile Delalandre, Les paumés & Tess.
Dzovinar, Compagnon d’un moment.
Marie-Agnès Michel, Les Indiens.
Simon Camier, D’un qui dérivait.
Christelle Anjou, Farandole.
Luna Barbare, Le Crapaud, ma chère.
Robert Bruce, Mon frère.
Fanie Vincent, Là-bas.
Christine Leininger, J’entends mendier les bruits des secondes.
Patrick Aspe, Petites phrases
Véra Stépanowa, Flâneries.
Annie David, Né en Maurienne.

« D'infinis paysages, thème du Printemps des poètes 2011, fut l'occasion pour les penchants du roseau de lancer un appel à poèmes début février. Grande fut notre surprise de découvrir l'engouement qu’il suscita. Pendant plus d’un mois, plusieurs centaines de personnes venaient chaque jour déposer, lire, recopier, commenter des poèmes, ceux de leurs infinis paysages ; certains oubliés dans le fond d'un tiroir ou déjà en recueil, d’autres écrits pour l’occasion. Plaisir de découvrir que leurs paysages déchiraient les décors habituels pour y retisser de l’intime, du profond, de la nostalgie, du malicieux. Ce recueil présente ceux que nous avons choisis : quinze poètes et leurs infinis paysages. »
2011 — ISBN : 978-2-916965-10-9— 52 p. — 5 €

Christine Lapostolle
Descriptions — Jean-Yves, chevrier – Éric, potier
« Petits penchants » — 5

« J’ai parfois du mal à dire que je suis potier, je ne veux pas dire céramiste parce que je trouve que c’est prétentieux. Donc voilà, c’est un métier, enfin, c’est mon métier. »
« C’est nous qui avons décidé d’élever des chèvres, de venir ici. On n’a pas hérité d’une exploitation. Tout est notre choix. Je suis tout à fait d’accord avec ce que je fais. »
2011 — ISBN : 978-2-916965-09-3 — 52 p. — 4,50 €

Jean Giono
L’Homme qui plantait des arbres
« Petits penchants » — 4

« C’était un berger. Une trentaine de moutons couchés sur la terre brûlante se reposaient près de lui. Il me fit boire à sa gourde et, un peu plus tard, il me conduisit à sa bergerie, dans une ondulation du plateau. Il tirait son eau – excellente – d’un trou naturel, très profond, au-dessus duquel il avait installé un treuil rudimentaire.
Cet homme parlait peu. C’est le fait des solitaires, mais on le sentait sûr de lui et confiant dans cette assurance. C’était insolite dans ce pays dépouillé de tout. »
2011 — ISBN : 978-2-916965-08-6 — 24 p. — 2,50 €

Yasmina Teterel
Peaux de papier
« Petits penchants » — 3

« L’essai se meurt
De ma main fébrile
Je ne suis qu’un brouillon
Voyez ! Je m’efface

Je … »
2010 — ISBN : 978-2-916965-07-9 — 36 p. — 4 €

Cécile Delalandre
Un jour de grosse lune
« Petits penchants » — 2

« Quand les côtes de Tanger se sont mises à blanchir, il s’est tu. Moi j’étais groggy, à terre, par tout ce qu’il venait de me révéler.
Il a tenté de me consoler en me disant qu’il avait eu le temps de voir les mûres rougir, d’écouter la chouette chevêche, de caresser l’aubépine, de souffler sur les séneçons, d’humer les tanaisies, de délainer des chèvres maltaises... qu’il allait bientôt aspirer un autre air et qu’il avait moins peur du crochet des serpents que celui du big brother ! »
2010 — ISBN : 978-2-916965-06-2 — 52 p. — 4,50 €

Robert Bruce
Bankster
« Petits penchants » — 1

« À première vue, notre homme n’a ni l’entregent d’un Stavisky, ni la révolte d’un Mandrin, encore moins la farouche combativité de Villon, la canaillerie d’un Cartouche, d’un Guilleri ou tous ces autres légendaires malandrins des grands chemins de France. Non, ce personnage ne leur ressemble pas, il est d’une espèce différente, de celle qui, secrètement, méthodiquement, solitairement, dans une sorte de jouissance intellectuelle intérieure inouïe monte une seule mais spectaculaire carambouille, puis son forfait accompli, tire sa révérence et disparaît définitivement de la scène. »
2010 — ISBN : 978-2-916965-05-5 — 32 p. — 3,50 €

Cécile Fargue
Le Souvenir de personne

« ce sont les mots de Sébastien, jeune garçon de 14 ans qui vit ses derniers instants. Une vie d’errance, à la marge de ce qui est bien, de ce qu’on regarde, et dont Cécile Fargue se souvient pour nous. Mais, Le Souvenir de personne n’est pas un témoignage de la misère, c’est une mémoire qui s’ouvre comme une prière, un cri contre l’indifférence. »
2010 — ISBN : 978-2-916965-04-8 — 120 p. — 13 €

Paul de Musset, Jean Domec
La Chèvre jaune & Balade caprine à travers la littérature
« Côte à cote » — 0

« On fait, en Sicile, une grande consommation de lait de chèvre. Tous les matins, quantité de troupeaux descendent des montagnes et parcourent les villes en distribuant le lait de maison en maison. Le dormeur, réveillé par le son joyeux des clochettes, ouvre sa fenêtre et s’amuse à regarder ces escadrons de nourrices qui apportent dans leurs mamelles le remède des poitrines malades et le déjeuner des enfants sevrés. »
2010 — ISBN : 978-2-916965-03-1 — 160 p. — 13 €

Jean-François Joubert
Bleu Terre, balade poétique & insulaire

« Une récréation d’un monde commence-t-elle par une comptine ? Jean-François Joubert le suggère en amorce de Bleu Terre, balade poétique. Son verbe, doux et sensible, sera ses conversations avec les êtres qui, entre estran et abysses, peuplent les redoutables récifs où se fracassent les coques égarées, les lames écumantes, sous le regard distrait de l’astre de nuit. Les toiles de Georges Briot sont, dans leur reproduction, sa respiration picturale. »
2010 — ISBN : 978-2-916965-02-4 — 112 p. — 13 €

Commander ?

Que vous soyez professionnel ou particulier, suivre cette démarche :

1.envoyer un message(1) à l'adresse roseau.penchant@orange.fr annonçant votre commande,
2.vous recevrez une réponse précisant la date estimée de l'envoi, les moyens de paiement (chèque(2), virement(3), paypal(4)),
3.si vous en convenez, vous envoyez votre paiement(5),
4.après réception, votre commande vous sera expédiée à la date convenue.

(1) Attention ! Vous recevrez la réponse d'une personne et non d'un robot, n'en soyez pas surpris.

(2) chèque à l'ordre de Christian Domec,adressé à :

Christian Domec
9 rue du Bourg au Loup
35140 Saint-Aubin-du-Cormier

(3) les références vous seront communiquées par retour de mail.

(4) compte : christian.domec@wanadoo.fr

(5) une facture sera jointe à l'envoi aux libraires ou bibliothécaires pour paiement à réception.

Frais d'envoi

Un forfait de 2 € de frais d'envoi pour la France et les pays limitrophes est ajouté à la commande lorsque son montant total est inférieur à 12 € ; les frais d'envoi sont inclus au-delà.

Remise

Sauf accord particulier, la remise libraire est de 30 % sur le prix indiqué hors frais d'envoi, la remise bibliothécaire est de 9 %.

vendredi 30 septembre 2011

Salon du livre de Liffré le 1er octobre 2011

salon du livre de Liffré 2011

Ils m'accompagneront ce premier octobre 2011.

Qui ?

Cécile Fargue par son Souvenir, Yasmina Teterel avec son Papier et ses peaux, Christine Lapostolle et ses Descriptions, Cécile Delalandre via sa Lune grosse, Padrig Moazon et son Cargo, Robert Bruce avec Bankster pour caresser Platon, Jean-François Joubert et le Bleu de la Terre & Les Scènes étranges & Giono & Musset & les Paysages infinis. Ils seront tous là - hormis les Conards - non charnellement, mais par l'expression de leur(s) caractère(s), celle qui n'indiffère jamais la personne qui se risque à les lire.

Où ?

À Liffré, non loin de Rennes, 7 rue des écoles.

Quand ?

Le 1er octobre 2011 de 10 h à 18 h.

Avec qui ?

Déchiffrez l'affiche, ci-dessus. Mais j'aurai plaisir à côtoyer mon voisin graveur François Houtin, revoir Gaël Brunet, Albert Bensoussan, Jean-Loup Lecuff, Liza Lo Bartello, et tant d'autres.

À bientôt donc.

(je m'absente quelques jours de ce journal)

mercredi 24 août 2011

Peau d'encre : Attente (2)

« Sous ce joug d’acier, le troquet entre en résistance »

Yasmina Teterel in Attente (2), Peau d'encre.

(voir : Peau d'encre : Attente (1))

samedi 20 août 2011

Peau d'encre : Attente (1)

« Dans les lits, des corps couchent avec l’absence. »

Yasmina Teterel in Attente (1), Peau d'encre.

(lire aussi Aux Mémoires du cargo de Padrig Moazon.)

- page 1 de 2