Journal des penchants du roseau

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samedi 25 février 2012

Réponse à Yedov à propos de Litanie, le livre de Benoit Deville

Excusez-moi, Yedov, pour ce billet tardif, je vous l'avais promis, mais j'ai attendu quelques jours que les esprits s'apaisent. Pas tout à fait sûr que ce soit le cas... Mais je ne vais pas sans cesse reporter cette parole donnée.

Comme je vous l'ai dit vitement dans un commentaire, si aujourd'hui j'entendais la question : « Est-ce un livre ? » à propos de Litanie de Benoit Deville, ma réponse serait oui, un oui franc. J'ai d'ailleurs pu, depuis, vraiment le lire. L'ai-je aimé ? non – pour dire vrai – , pourtant je rejoins ce qui fut exprimé par Sagace : « Mon cher Deville, pour vous avoir lu, je dois dire que je ne suis pas un fanatique de vos textes. Mais ils sont incontestablement l’œuvre d'un écrivain authentique et je comprends parfaitement que des lecteurs puissent les apprécier car ils sont porteurs de visions. » C'est donc une histoire de goût, les miens. Dites-le bien à Benoit de ma part et souhaitez-lui un bon printemps des livres à Châtillon-le-duc.

Mon séjour en Gallésie se prolonge et, par acculturation, je deviens têtu (ouh ! le cliché, déjà Al-Idrīsī ou Arthur Young...). J'ai décidé de mettre l'image, ci-dessous, à l'accueil des penchants du roseau. Pourquoi ? Parce que tel est mon bon plaisir, il serait vin (que ne ferais-je pour un verre ?) vain de vouloir me le gâcher...

… hors me pendre :

Quelques billets et commentaires connexes :

mercredi 22 février 2012

Petite publicité gratuite pour notre amie d'outre Atlantique

(je ne ferai aucun commentaire, mais laisse ceux-ci ouverts à ceux qui le veulent, je ne noterai pas non plus tous les faits erronés - il est si plaisant de créer de la fumée pour désigner le feu qui ne nous réchauffe point - sauf peut-être celui-ci : aucun billet ni commentaire de ce blog n'a été censuré ni retiré hors deux - qui n'ont rien à voir avec m@n : un à la demande d'un commentateur qui le voulait expressément, l'autre quand un auteur fut mis en question pour une histoire strictement privée)

Pub gratuite donc (Lise-Marie, n'allez pas révéler que nous sommes de connivence ! Personne ne vous croira... quoi que...)

je recopierai au fur et à mesure lorsque j'en aurai le temps, désolé si certains commentaires du site source disparaissent.

L’opération m@n de Léo Scheer: la grande entourloupe!

Voilà le message que m’a envoyé une wannabe déçue par l’opération m@n de Léo Scheer (qui consiste à payer 50 euros pour mettre son manuscrit en ligne, 100 euros pour mettre deux manuscrits, etc.)

J'ai découvert votre blog il y a quelques semaines en tapant sur le moteur de recherche google "Léo scheer" et "m@n".

J'ai pu voir que vous étiez critique à l'encontre du site m@n et je constate par moi même que ce site ne tient pas ses promesses.

J'ai adhéré à m@n après avoir vu Patric Le Lay présenter ce site comme une "Star academy des écrivains" dans une émission sur Canal +. Ayant un manuscrit bientôt fini et redoutant de subir des refus en envoyant mon roman par la Poste, je me suis dit "pourquoi pas ?".

Le montant de l'adhésion est de 50 euros et en échange on a le droit de mettre en ligne un texte sur le site et on reçoit trois livres dans l'année. (Les livres sont vendus dans le commerce 12 euros). Cela me paraissait attrayant, mais j'ai vite déchanté:

- nous ne sommes que 133 auteurs et seulement 30% d'entre nous ont déposé un texte. Les adhérents ont souvent des identités étranges, car il n'y a pas d'obligation pour les auteurs de se présenter sous leur identité civile ou sous un pseudo d'auteur vraisemblable. C'est ainsi que font partie des auteurs les dénommés ///, CLC, ddm, entre autres. On peut rêver mieux comme communauté d'auteurs;)

-Quasiment personne n'intervient malgré les efforts de l'animateur m@n pour tenter d'obtenir un semblant de vie sur ce site. Interviews, notes de lecture se succèdent dans l'indifférence générale; les auteurs qui ont déposé ces derniers mois voient leur texte téléchargés entre 10 et 20 fois grand maximum. On se demande pourquoi tous les adhérents silencieux ont acquitté 50 euros puisqu'ils ne lisent pas, ne commentent pas et ne déposent pas de manuscrit !

-il y a eu un mini scandale car le texte qui a gagné le 2 janvier 2012 l'a emporté à une voix près et certains se sont étonnés que ce livre soit déjà publié aux "Penchants du roseau" et ait bénéficié de la voix de son éditeur (inscrit comme auteur...), et de deux voix d'un adhérent qui est parti bien avant le 2 janvier car il était mécontent du fonctionnement du site, mais dont les deux votes ont été conservés. J'ai suivi le vote qui se terminait le 1er janvier à minuit pour constater que comme par hasard, il y a eu en faveur de la gagnante un vote dans la dernière demi heure, correspondant j'imagine à une adhésion providentielle, car entre l'après-midi et la soirée, il n'y avait plus le même nombre d'adhérents. Il est flagrant que l'équipe m@n souhaitait que ce soit ce livre là (Le souvenir de personne écrit par Cécile Fargue) qui gagne. Par ailleurs le site "Les penchants du roseau" est désormais partenaire m@n. Monsieur Domec est donc à la fois éditeur d'une petite maison, adhérent de m@n où il possède un droit de vote, et partenaire d'un site où un de ses auteurs a gagné. On ne peut faire plus embrouillées comme pratique éditoriale et comme transparence d'un concours.

-dernier point qui est très contraignant et injuste; les votes ne sont pas remis à zero, si bien que le texte qui a perdu à une voix près, bénéficie de 28 voix d'avance pour le prochain vote.

J'ai pris la décision de ne pas déposer de manuscrit sur ce site: à quoi bon ? Pour être lue par dix personnes et voir gagner quelqu'un avec des voix de complaisance, merci bien. Et je ne renouvellerai pas cette adhésion. Quand je pense qu'il y en a qui ont dépensé 100 euros pour déposer deux manuscrits !

Je vous remercie de défendre les auteurs car ils en ont bien besoin.

Le 16 mars 2011, j’écrivais que l’opération m@n est une opération pour se faire de l’argent sur le dos des wannabes. On vous avait prévenu! Reste que je compatis au sort de tous ces malheureux qui ont payé 50 euros ou plus pour une telle entourloupe...

Commentaires

Sans doute cela s'est passé comme ça... mais ce qui est dommage, c'est que le texte de Cécile Fargue est très bien et méritait de gagner une publication chez m@n et peut être même bien ailleurs. L'opération m@n est peut être foireuse mais pas "Le souvenir de personne". Quant aux "Penchants du Roseau", je pense que Christian Domec s'est fait piégé dans cette histoire. Quand il a proposé le livre de Cécile, il voyait sûrement une possibilité de donner de la visibilité au livre de son auteur sans bien prévoir une telle suite...

Rédigé par : osier | 22 février 2012 à 08:49

Bon, mais fallait quand même être un peu cruche pour lâcher ses 50 balles. Il y a longtemps que Wrath nous a ouvert les yeux sur cet éditeur, non ?

Rédigé par : Clodius | 22 février 2012 à 09:45

Ce qui serait cool, ce serait que tous les commentateurs de ce blog se cotisent et déposent le fameux "Crevez tous, useless cunts" sur le site de ce brave Léo.

Ce serait plutôt marrant que ce soit lui qui publie la camarade Wrath...

Rédigé par : Philippe M. | 22 février 2012 à 15:21

"je pense que Christian Domec s'est fait piégé dans cette histoire." Allons donc; il savait très bien ce qu'il faisait, utiliser cyniquement la plateforme de quelqu'un d'autre pour mettre en valeur un de ses auteurs. Et d'après la personne qui a écrit à Wrath, le vote s'est fait à une voix près, sans celle de son éditeur et des copains de l'auteur et de l'éditeur probablement inscrits sur le site eux aussi; celui qui a perdu à une voix près a dû en être tout dégouté... Le penchant n'est pas un ange d'intégrité intellectuelle, comme il aime à le faire croire; il a supprimé le billet de son blog où il critiquait m@n quelques semaines avant le vote, ça en dit long sur la force de ses "convictions". Cela dit, si la demoiselle n'en vend que 130 et quelques ex aux abonnés et une poignée en librairie ça leur fera une belle jambe !

Rédigé par : zazou | 22 février 2012 à 17:05

@Zazou : non je ne suis pas d'accord, Christian Domec n'est pas un cynique, il était déjà dans la mouvance de M@nuscrit version Leo Scheer, il aussi ouvert un partenariat avec Scriff...

Ce que je regrette, c'est que rien ne trouvera grâce à vos yeux, des alternatives comme comme Publie.net de François Bon ou celle des Christian Domec avec les Penchants du Roseau, les wanabees les noircissent alors que si on touche un cheveu à Gallimard c'est le tollé : ne touchez pas à notre rêve ! Les wannabes veulent rêver rien de plus !

Rédigé par : osier | 22 février 2012 à 18:08

http://www.scribd.com/doc/60583535/Semper-fidelis

Le voici, ce fameux Crevez tous. Bonne lecture !

Rédigé par : Sansnom | 22 février 2012 à 19:03

@Osier. Scryf.

Rédigé par : nic | 22 février 2012 à 19:14

Je mets au défi n'importe quel auteur de trouver un éditeur qui remplisse toutes les conditions suivantes :

1/ Travail éditorial de premier ordre, de niveau égal à ce qui se trouve chez des éditeurs "reconnus
2/ Fabrication de livres d'une qualité identique à celle d'un grand éditeur (avec simplement une couverture souple, sans doute pour de simples raisons technico-budgétaires : C. Domec fabrique chaque livre à l'unité, mais dans une forme irréprochable de finition)
3/Non exigence d'un contrat d'exclusivité et souplesse totale du rapport auteur/éditeur : un auteur reste libre de le quitter ou d'éditer ailleurs même en restant chez lui. Et libre aussi de lui rester fidèle quoi qu'il arrive.
4/ Diffusion simultanée en numérique (partielle ou totale, sous Google livres ou carrément sous Pdf, au choix de l'auteur) et en "papier"
5/ Honnêteté et respect de l'auteur en tous points
Je n'ai pas eu de contacts très prolongés avec Leo Scheer, et son expérience M@n, dont l'échec était prévisible, m'a dès l'origine répugné pour son caractère commercial et le mépris que cette loterie impliquait envers les auteurs, à l'inverse de l'expérience initiale M@nuscrits, laquelle témoignait d'une ouverture exceptionnelle de sa part, étonnante chez un éditeur "classique".
Mais C. Domec, je connais un peu à présent, et c'est l'éditeur dont tout auteur pourrait rêver. Celui à qui on peut dire : faites au mieux, sans jamais être déçu. Et question honnêteté, on ne fait pas d'eau plus claire : aussi cette idée d'une "magouille" à laquelle il serait mêlé me paraît-elle relever d'une absurdité sans nom ou d'une totale méprise.
En ce qui concerne la suppression d'un billet critique de son blog envers M@n, il s'agit d'une contre-vérité facile à démontrer : le billet en question est toujours là, et se montrait très critique envers la qualité technique sommaire de la première mouture des livres de M@n (il semblerait qu'il y ait eu une évolution ensuite mais je n'en sais pas plus, n'étant pas inscrit là-bas - et cela ne risque pas de changer :
http://billets.domec.net/post/2011/10/11/Est-ce-un-livre
Il a d'ailleurs décidé de publier sur son blog l'intégralité du présent billet de Miss Wrath et les commentaires qui s'ensuivront : preuve de transparence, s'il en était besoin. http://billets.domec.net/post/2012/02/22/Petite-publicit%C3%A9-gratuite-pour-notre-amie-d-outre-Atlantique
Je me permettrai d'ajouter - ironiquement - qu'il s'agit pour C. Domec d'une véritable consécration : il n'était jusqu'alors qu'un simple apprenti, le voici promu au rand d'éditeur magouilleur. Bref, il passe "pro". Donc champagne...

Rédigé par : East-Mount | 22 février 2012 à 20:14

Moi je pense que le "drame" de m@n c'est de n'avoir pas démarré de zéro... m@n est parti avec l'handicap des courtisans de Leo Scheer... qui, pour beaucoup, ont plus ou moins obtenus ce qu'ils voulaient. Courtisans virtuels mais aussi au travers de rencontres réelles lors de soirées sur Paris.
Sur l’entreprise m@n, on a vu dans le passé que tous ces types d'initiatives étaient plus ou moins vouées à l'échec parce que personne ne jouait vraiment le jeu : tricheries avec les votes multiples (Blogauteurs) ou tricheries de l'organisateur lui même (festival internet de Romans).

Au fond, tout ce que l'on reproche à l'édition traditionnelle (copinages, passe-droits) se retrouve encore et toujours dans ce type d'organisation.

Rédigé par : cobalt | 22 février 2012 à 20:43

Et qui seraient donc ces courtisans cher Cobalt?

Rédigé par : Diffama | 22 février 2012 à 21:02

@Diffama : dans ces courtisans je n'inclue pas Christian Domec qui n'est pas un auteur... enfin pas que je sache.

Rédigé par : cobalt | 22 février 2012 à 21:18

Et qui y incluez-vous alors, pourrait-on le savoir? Un peu de témérité, que diable!

Rédigé par : Diffama | 22 février 2012 à 21:23

Peut être vous même cher Diffama ?

Rédigé par : cobalt | 22 février 2012 à 21:26

Ah! Le courage des anonymes qui font dans l'ad hominem sans citer de noms. Des pets, rien de plus.

Rédigé par : Diffama | 22 février 2012 à 21:35

Votre insistance et/ou votre fébrilité est amusante. Sacré Diffama !

Rédigé par : cobalt | 22 février 2012 à 21:45

Je suis au regret de vous le dire, mais la traduction de François Domec du "Vieil homme et la mer" est vraiment à ch..

Rédigé par : aussi sec | 23 février 2012 à 10:20

Pas étonnant : au lieu de bosser sa traduction à fond, il a couché avec la baleine (notez que c'est toujours plus moral que de s'être tapé le gamin ou le vieux)

Rédigé par : Saligaud | 23 février 2012 à 10:31

et là, tu vas encore avoir Philippe Jaenada et sa réponse habituelle à Lise-Marie et Guillaume : "ben quoi ? c'est normal ! dans quel monde vivez-vous ?" "pourquoi semblez-vous ulcérés ? c'est comme ça le monde, c'est ainsi"

Rédigé par : Guillaume | 23 février 2012 à 11:33

Ah bon ? C'est Jaenada qui emballe le chocolat à présent ? Moi, je pensais que c'était la marmotte.

Rédigé par : vroum-vroum | 23 février 2012 à 12:02

http://www.dailymotion.com/video/xoziwk_la-belle-et-l-abbe-raphael-zacharie-de-izarra_news

Rédigé par : Anna Rosenberg | 23 février 2012 à 13:04

@Sansnom: Merci pour le lien, j'ai pu jeter un coup d'oeil à ce fameux roman qui a fait couler tant d'encre.

Après avoir lu plusieurs commentaires qui le traitaient de "bouse", avec des avis aussi tranchés que ceux que Wrath elle-même réserve pour les éditeurs, je m'attendais à une véritable catastrophe.

Bon.

J'ai lu les vingt premières pages et, pour être honnête, il n'est pas si mal. Je ne le pense pas publiable en l'état (trop de répétitions, de phrases lourdes, de métaphores maladroites) mais il a du potentiel. Plus, en tout cas, que pas mal de textes amateurs qu'on peut trouver sur le net.

Après, je ne sais pas si Wrath a démarché les bonnes maisons. De ce que j'en ai lu également, c'est un roman qui aurait plus sa place (une fois retravaillé et épuré) chez un éditeur de thrillers ou de policiers, plutôt que chez GalliGraSeuil. Ca se lit agréablement, un peu comme un roman de gare (et c'est un vrai compliment que je fais, les romans de gare nécessitent un vrai talent), mais je ne le vois pas en couverture blanche.

My two cents.

Rédigé par : Grenouille Bleue | 23 février 2012 à 14:15

Grenouille Bleue, vous n'avez jamais dû lire Houellebecq (cas rare !). Ce manuscrit est un exécrable plagiat de Houellebecq, surtout de celui des Particules et de Plateforme.

Mais le pastiche nécessite lui aussi du talent, comme vous le dites.

Rédigé par : Sansnom | 23 février 2012 à 17:09

J'ai lu Houellebecq - mais si tous les auteurs qui parlent de sexe crûment doivent se comparer à ses Particules, on n'est pas sorti de l'auberge.

Je suis le premier à trouver les articles de Wrath bien trop creux et orientés pour être intéressants (mais après tout, a-t-elle tort de jouer ce rôle puisqu'il lui apporte l'exposition ?). Je suis le premier à penser que les facettes qu'elle expose sur internet la font passer pour une fille capricieuse, agressive et monomaniaque.

Ca ne m'empêche pas de juger honnêtement son texte et, DE MON POINT DE VUE, il se lit agréablement. Encore une fois, il y a de nombreux défauts de jeunesse dedans, mais il incite à tourner la page, et c'est déjà pas si mal.

Combien de romans ces derniers temps ont-ils été écrits avec un talent littéraire impressionnant, une habileté syntaxique éblouissante, des effets de style admirables - et une histoire anémique ?

Après, je rappelle que je ne me base que sur une vingtaine de pages.

Rédigé par : Grenouille Bleue | 23 février 2012 à 18:02

Non, non, je ne parle pas du "fond", mais du style. La plupart des phrases sonnent comme du Houellebecq : ce mélange d'audace fausse, d'ingénuité vraie ou fausse, de cynisme, de sécheresse et de moralisme.

Au hasard, des phrases comme : "Mais Valentin avait fâcheusement gardé ses baskets, ce qui cassait un peu l’effet de réel" ; "Axel se souvenait vaguement d’avoir tâté des gros seins et d’avoir léché une chatte touffue. C’était à peu près tout" ; "Qui n’a pas une attitude passive ? Il faut énormément de résignation pour supporter la vie. D’ailleurs, dès quelqu’un affiche une trop grande joie, ou une tristesse exagérée, ilest vite remis à sa place. Il faut se traîner dans l’existence avec un sourire commercial et légèrementennuyé. Elle soupira, se sentit soudain proche de Prune. Mais quand même, se reprit-elle, il y avaitle cul. Seul le sexe pouvait donner l’impression de vivre vraiment." ; "Axel sentit une vague de chaleur douce envahir ses organes, comme une promesse d’intimité et de bonheur." sans parler de "C’était débile, elle n’avait que 22 ans. Ça lui laissait encore une quinzaine d’années à vivre. Mais peu à peu, elle assisterait à la chute de son potentiel érotique, et de son enviede vivre. Voilà le système qu’avaient institué les pédés. A quarante ans, ils commençaient tous à paniquer devant leur chair pendante et leurs culs flasques." (reprise presque mot à mot d'un passage des Particules) sont du pur Houellebecq.

Mettons que ce sont les Particules récrites par une adolescente convenablement intelligente et pas douée pour écrire. Pas plus.

Rédigé par : Sansnom | 23 février 2012 à 19:18 flytox

On s'en fout Sansnom, ce n'est pas le sujet du billet !

Rédigé par : flytox | 23 février 2012 à 19:29

Cobalt a écrit : "tricheries avec les votes multiples (Blogauteurs) ou tricheries de l'organisateur lui-même (festival internet de Romans)."

N'oublions pas non plus le prix Gros Sel qui cumule la tricherie des votes et la complicité des organisateurs.

En ce qui concerne "m@n", le plus gros reproche serait son opacité : il faut payer 50 € pour savoir ce qui s'y passe. Le teasing actuel serait que Léo Scheer y écrit maintenant son blog. Vous êtes prêt à mettre 50 € pour lire un blog ?

Rédigé par : Reuters | 24 février 2012 à 07:48

50 euros pour une chance sur 30 d'être publié, c'est un bon deal en fait. Quant à LS, il a donc reçu un peu plus de 5600 euros et doit en échange offrir 260 livres, payer un informaticien, une publication, donc un correcteur et l'imprimeur, je ne vois pas en quoi il se fait le moindre argent d'ailleurs depuis 2008, il ne se fait pas le moindre argent avec cette opération, il en a perdu très certainement. On peut lui reprocher beaucoup de choses mais pas de se faire du fric. Et bien sûr qu'éditer un livre qui a déjà été publié et que l'éditeur précédent soit un participant, c'est maladroit pour les nouveaux inscrits, même si cela partait d'une bonne intention. Cependant si le texte était objectivement le meilleur sur 30, pourquoi pas? Mais dans ces cas là, le mieux serait de recommander ce texte auprès d'un grand éditeur parisien.

Rédigé par : Fatigue | 24 février 2012 à 08:20

Oui, que Léo Scheer ne gagne pas grand chose, c'était surtout vrai avec la série des M@nuscrits. Les m@n, c'est autre chose : avec 5600 € moi je ferais plein de choses.

Sinon, pour le moment je n'ai pas trouvé un m@n dans les libraies de ma ville, alors que j'y voyais les M@nuscrits... j'ai l'impression que les libraires se sont lassés de ces expériences.

Rédigé par : afp | 24 février 2012 à 13:21

@afp: "je n'ai pas trouvé un m@n dans les libraies de ma ville, alors que j'y voyais les M@nuscrits... j'ai l'impression que les libraires se sont lassés de ces expériences." Les chiffres de ventes de M@nuscrits étaient catastrophiques, voilà pourquoi!

Rédigé par : wrath | 25 février 2012 à 06:23

(à suivre peut-être...)

lundi 1 août 2011

Le Souvenir de personne de Cécile Fargue chez M@n

Christian : « (... en parlant de M@n ...) Je n'ai bien sûr pas de manuscrit à présenter et ne voterai pas : c'est plus pour voir.

D'un autre côté, tu sais que je cherche à développer l'idée qu'un texte appartient à son auteur et à ses lecteurs ; qu'un éditeur ne devrait être qu'un premier lecteur attentif puis un passeur : il ne devrait jamais "s'approprier" un texte. Et, j'aimerais donc à terme que les textes que je publie soient publiés par un ou plusieurs éditeurs (avec l'accord de l'auteur, bien évidement).

C'est là où, vis à vis de M@n, l'idée m'est venue : je pourrais y déposer Le Souvenir de personne dans son entièreté, comme une personne qui présente le texte d'une autre, même s'il est déjà publié. L'intérêt est de faire circuler un peu plus ce texte et de voir les effets que peut créer cette proposition peu orthodoxe (je suis toujours un peu joueur). Je ne ferai rien pour qu'il y ait vote pour ce texte, donc une seconde publication via M@n est fort improbable, mais sait-on jamais : ce pourrait être cocasse. »

Cécile : « il s'y trouve des lecteurs et, l'essence même d'un livre étant d'aller à leur rencontre, je dis pourquoi pas à ton idée. »

C'est suite à cette courte correspondance – coquilles comprises – entre Cécile Fargue et moi-même que nous avons décidé de présenter Le Souvenir de personne sur la plateforme M@n. En quelques mots nous disons, tous deux, ce que nous en pensons. Il s'agit donc bien de ça : donner à lire, même sous une forme « non achevée » parce que numérique, un texte déjà édité et publié, laisser les portes ouvertes, être friands des commentaires suscités. Bref ne pas se satisfaire de l'enclosure et de son confort captif.

Le Souvenir de personne peut aussi être librement feuilleté ici.

Quelques avis de lecteurs sont regroupés là.

À découvrir : Les cahiers à plumes de Cécile Fargue.

Le Souvenir de personne, Cécile Fargue, première de couverture

mercredi 20 juillet 2011

M@n, Scryf et une articulation penchée

Fichtre ! Il y aurait en France 3 000 000 de personnes ayant un manuscrit à proposer, et de 10 à 15 000 vrais lecteurs (cf. Léo Scheer sur France Culture). Si cela est vrai... pas de doute, il faut inverser l'économie du livre – ce qui en soit ne serait pas une grande révolution – faire payer les auteurs pour financer les lecteurs : accroître l'offre de lectorat, en lui proposant un bon prix, pour satisfaire la demande de publication. Remarquez, Gide déjà, jeune, s'y prenait comme ceci : il publiait à compte d'auteur et « arrosait » une coterie littéraire. Il écrivait pourtant déjà sacrément bien (cf. André Gide, le messager).

Si cette perspective n'est pas à l'ordre du jour malgré l'attrait des sirènes d'officines à compte d'auteur qui, simples prestataires de services, se travestissent en éditeurs à « coups de cœur » sur les boulevards numériques, c'est parce que l'économie est essentiellement une idéologie et que cette idée n'est pas dans l'air du temps, mais aussi parce que les chiffres de Léo Scheer sont faux. Les vrais lecteurs – ah oui, bien sûr nous pourrions finasser sur leur définition – ne peuvent être que 10 à 15 000. Tiens prenons ce 15 000, divisons la population totale de la France : 60 000 000 pour faire tout rond. Il y aurait donc un vrai lecteur pour 4 000 habitants : aucun donc à Saint-Aubin-du-Cormier parce que cette commune en « pleine expansion » ne franchit pas ce seuil. Eh bien ! cher Léo, je vous invite à visiter cette « ville » (oui, oui, ils ne souffrent le mot village) et je vous ferai rencontrer quelques vrais lecteurs, ils vous surprendront : plusieurs connaissent même les éditions Léo Scheer par les livres qu'elles publient. J'ai pris Saint-Aubin, mais j'aurais pu prendre Rouen : 27 vrais lecteurs ? Je n'y crois pas. Il est vrai que je ne connais guère les habitudes de lecture dans la capitale, elles doivent être bien faibles – cela s'expliquerait par la propension au port des Itruc et Ibazar (la lecture d'un livre est incongru dans la rame du métro n° 1 de l'Hôtel de Ville à La Défense, et en voiture, en skateboard ou à vélo cela ne doit guère être ordinaire) –, mais ce relatif désert de la pensée francilien ne peut compenser la foison « hors ». Non, non, Pierre Lepape, par exemple, parle de 70 000 (je n'ai pas la référence à portée de main, mais ce doit être dans Le Pays de la littérature), chiffre faible, mais plus vraisemblable. Et les trois millions voulant proposer leur manuscrits, je n'y crois pas non plus. Qu'il y ait trois millions de tiroirs ou l'intime caresse l'étoffe, je veux bien. Qu'il y ait aussi trois millions de manuscrits déposés dans les maisons ces dernières années, je l'envisage, mais ceux qui frappent à leurs volets entrebâillés aiment fréquenter les boulevards et les ruelles, les devantures éclatantes et celles dignes d'un bouge estaminet. Cet exemple en est l'illustration (lorsque j'aurai le temps, il faudra que je lui demande son manuscrit, qui sait ?, j'aurai peut-être l'honneur de côtoyer P.O.L & Plon,ou mieux, m'en distinguer).

Non, non, soyons sérieux, il existe un équilibre entre les lecteurs et les auteurs (vrais ou faux ?).

Publier est irrépressible parce que s'exprimer l'est. Le nombre de références en « littérature générale » a été multiplié par trois en l'espace d'une génération (cf. Internet va tuer le livre !). La branche web d'internet, démocratisée à partir de 1995 était, à son origine, essentiellement destinée à la publication (succès rapide de Mygale, manifeste du web indépendant...).

Publier à sa mesure est chouette et – quelque soit le support adopté : tract, web, brochure, codex ; le nombre d'exemplaires diffusés – il serait idiot de s'en priver. Le web ne fait que rendre visible, de manière déformée, à ceux qui ne savaient côtoyer le foisonnement des expressions et, en particulier, de l'écriture : il permet que des tiroirs se vident. C'est heureux. Le seul bémol grinçant serait cette propension de postier moderne à « finir dans le journal » (voir note 1, ci-dessous).

Publier n'est pourtant pas éditer. Éditer est la rencontre de deux personnes autour d'un texte : un auteur & un écrivain, un écrivain & un éditeur, un auteur & un lecteur attentif, peu importe : une rencontre, oui (Celle de Montaigne & Marie de Gournay, Flaubert & Ducamp, Gide & Louÿs...). De cette rencontre pourra résulter un livre, un vrai ; il ne sera pas nécessairement publié, c'est déjà une autre aventure. Éditer est finalement assez intime : un accord entre deux êtres indifférents au brouhaha pour préserver la solitude d'un texte avant sa possible fête. Cette rencontre pourra être bavarde ou silencieuse – question de tempérament –. Loin de suffire elle est pourtant nécessaire si le livre prétend être autre chose qu'un article de commerce nu au code barre éclatant.

Je ne voulais pourtant pas vous parler de ça, mais de deux initiatives M@n & Scryf, de leur possible articulation fragile avec les penchants du roseau. Parmi la kyrielle de projets apparemment similaires visibles sur le web, j'ai choisi ceux-ci pour une bonne et simple raison : je me suis déjà frotté à certains de leurs responsables et j'en garde de bons souvenirs.

M@n, pour résumer, est une initiative de Léo Scheer – éditeur – qui vise à publier trois livres par an parmi les textes présentés par les auteurs et lecteurs abonnés à cette plateforme. Le choix se fera par vote interne. L'impression par l'imprimeur Laballery. La distribution moitié vers les libraires, moitié vers les auteurs/lecteurs qui préachètent les livres. L'ensemble devrait être financé par les abonnés au service : une adhésion de 50 € par ans. L'abonné recevra donc trois livres, choisis par la « multitude », pourra présenter un manuscrit et disposera d'une voix.

M@n, mon point de vue provisoire : il n'est pas ici question d'édition (voir ci-dessus), mais de publication décidée par une « multitude » avec toutefois le savoir faire de deux professionnels : un éditeur et un imprimeur. La solution de financement est astucieuse, le plancher est un peu élevé, mais bon, c'est un choix : elle induit pourtant une dérive marketing qui frise celle que présentent les margoulin du compte d'auteur ou de la Française des jeux : misez petit, vous pourrez gagner gros (cf. l'émission de France culture). Le système de vote m'inquiète bien plus, même s'il est assez rigoureux : déjà les dérives coutumières de ce genre d'exercice sont perceptibles : quelques profils multiples pour une même personne, des courriels reçus disant : « inscrivez-vous, votez pour moi ». L'animation pour inviter le chaland est assez ridicule, du type : « - Les scènes de sexe dans les livres : nécessaires ou superflues ? En général qu'en pensez-vous ? (Les exemples seront les bienvenus) » (sic). Ceci dit, la plateforme est sans fioriture, intuitive et comme partout, il dépend des uns et des autres pour qu'elle soit riche de l'intérieur : des critiques de lecture pourront intéresser l'auteur d'un texte. Concernant les livres publiés, je vous ferai certainement un compte-rendu ici après leur lecture. Surprise !

Scryf, résumons aussi, est une plateforme mise en place par des auteurs et des critiques après un long temps de murissement et de gestation. Elle n'a pas d'autre but qu'elle même, c'est à dire faire se rencontrer des auteurs et des lecteurs autour de textes. L'inscription est libre et laisse au participant toute latitude pour s'exprimer, papillonner, discuter, lire, critiquer ou présenter un texte.

Scryf, mon point de vue provisoire : malgré un enthousiasme technoïde et son vocabulaire abscons : « crowdsourcing » (sic), l'oubli parfois qu'un texte numérique nu se réduit à une suite numérique du type de ce 00111111 qui ne peut être lue que grâce à un bidule prothèse à l'éphémère existence (je vous en donne une traduction en note 2, ci-dessous) et l'aspect un peu usine à gaz de cette plateforme, les personnes qui ont eu la volonté de la monter sont sympathiques, ouvertes et, ce qui ne gâche rien, possèdent une fine plume critique. C'est certainement un lieu qui sera propice à la confrontation d'un texte à ses lectures. En tout cas toutes les bases sont là pour qu'il en soit ainsi. Il serait dommage de s'en priver.

Deux articulations (j'abrège, j'abrège) :

Vous savez qu'une des idées qui me tient à cœur est qu'un texte, un livre ne soit pas approprié par son éditeur (publieur), mais puisse se transmettre d'auteur à lecteurs par différents canaux. M@n m'offre la possibilité de faire une tentative de son côté : je présenterai donc, en accord avec son auteur, un des textes déjà publié par les penchants du roseau.

Vous savez aussi que je déborde de manuscrits à lire. J'ai à peu près lu tous ceux reçus avant mai 2011 (plus de 240 quand même) et ne pourrais continuer à ce rythme : d'autant que le même nombre de courrier à écrire et envoyer m'attend. Pourtant il serait dommage de tarir cette source de textes, être surpris est un des attraits de cette activité. Ce que je vais faire, sera de proposer à certaines des personnes qui m'envoient des manuscrits de tenter la plateforme Scryf, les critiques reçues permettront sans doute de m'éclairer un peu avant, pendant ou après une première lecture. J'en parlerai plus longuement dans quelque temps (je me dois préparer la cuisson d'une composition de légumes).

Note 1 : Ce qu'en dit Piergiorgio Bellochio :

« « Finir dans le journal » représentait pour nos vieillards l'un des pires malheurs, une véritable honte. L'indétermination de l'expression n'était pas due au hasard ; elle en étendait la signification bien au-delà de l'évidente référence aux faits divers sanglants, pour en faire quelque chose d'absolu. Le même sentiment de répulsion, à peine nuancé, frappait le criminel et la victime, le protagoniste d'un scandale et le personnage à succès, et plus que tout autre celui qui mettait volontairement son nom dans le journal : le journaliste. Le mot fama conservait encore l'acceptation négative qu'il avait en latin. Selon l'opinion commune, on ne pouvait pas être en même temps « comme il faut » et célèbre (famoso). Le métier de journaliste était considéré comme à peine moins infamant que la prostitution. La rudesse de nos vieillards était parfois dotée d'un flair infaillible. »

Note 2 : La traduction de ces codes par un bidule électronique pourrait être :

Aux Libertins

Voluptueux de tous les âges et de tous les sexes, c'est à vous seuls que j'offre cet ouvrage: nourrissez-vous de ses principes, ils favorisent vos passions, et ces passions, dont de froids et plats moralistes vous effraient, ne sont que les moyens que la nature emploie pour faire parvenir l'homme aux vues qu'elles a sur lui; n'écoutez que ces passions délicieuses; leur organe est le seul qui doive vous conduire au bonheur.

Femmes lubriques, que la voluptueuse Saint-Ange soit votre modèle; méprisez, à son exemple, tout ce qui contrarie les lois divines du plaisir qui l'enchaînèrent toute sa vie. Jeunes filles trop longtemps contenues dans les liens absurdes et dangereux d'une vertu fantastique et d'une religion dégoûtante, imitez l'ardente Eugénie; détruisez, foulez aux pieds, avec autant de rapidité qu'elle, tous les préceptes ridicules inculqués par d'imbéciles parents.

Et vous, aimables débauchés, vous qui, depuis votre jeunesse, n'avez plus d'autres freins que vos désirs et d'autres lois que vos caprices, que le cynique Dolmancé vous serve d'exemple; allez aussi loin que lui, si ,comme lui, vous voulez parcourir toutes les routes de fleurs que la lubricité vous prépare; convainquez-vous à son école que ce n'est qu'en étendant la sphère de vos goûts et de ses fantaisies, que ce n'est qu'en sacrifiant tout à la volupté, que le malheureux individu connu sous le nom d'homme, et jeté malgré lui sur ce triste univers, peut réussir à semer quelques roses sur les épines de la vie.

La Philosophie dans le boudoir, Marquis de Sade.