
(photo de Kat, licence creative common)
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jeudi 2 septembre 2010
Par Christian le jeudi 2 septembre 2010, 19:09 - Journal

(photo de Kat, licence creative common)
mardi 4 mai 2010
Par Christian le mardi 4 mai 2010, 22:22 - Bleu Terre
Quand la pieuvre s’avançait dans mes nuits, je pouvais me cabrer, mais ses immenses tentacules entraient dans mon cerveau et me tiraient vers un ailleurs sombre, je luttais pour conserver un peu de soleil, un peu de vie. J’affrontais ce silence où, ma tête engloutie, je me noyais, recouvert par ses pattes aux ventouses pourpres assassines. Dans ma nuit, je me débattais. La sueur collait aux draps, j’endurais la menace. En apnée, je subissais cet instant de courte folie, celui où l’animal me mordait avant de me jeter au visage son encre poison. J’étais contrarié. Comment réagir ?
Tel un roseau qui ne plie pas aux vents, je me dressais et m’insurgeais de cette intrusion dans mes rêves de sommeil. Espérer résister au cauchemar était vain… Je supportais ce voyage obscur sans réellement me rebiffer, habité par la peur de me briser, et de crouler sous la menace qui veille. L’ampoule avait claqué, et je cherchais ce couloir de lumière, désobéissant au monstre marin qui tentait de définitivement m’éteindre. Je me mesurais à lui, un combat sans merci où tout nous opposait, lui si fort, et moi si frêle.
Sans céder, je reculais sans capituler, obsédé par ma victoire, celle de conserver en mémoire ton visage, soutien magique, fruit de jeunesse qui jamais ne s’altère face au temps qui passe, et qui jamais ne recule devant le danger de l’oubli. L’amour à mort, sans dépérir, juste un souvenir.
in Bleu Terre, Jean-François Joubert, 2010.
mardi 2 mars 2010
Par Christian le mardi 2 mars 2010, 23:45 - Bleu Terre
Postface
Quelle curieuse alchimie nous oblige à publier un texte plutôt qu'un autre ? Oh ! Je connais les réponses proclamées par ceux qui ont coutume de publier et ceux qui les observent : le texte diront les uns, le sexe et l'argent, proclameront les autres. L'affaire est entendue ce n'est qu'une question de goût, de préférence sucrée pour ceux qui ont l'ocre amer à la bouche, le boniment facile et l'imagination crispée. Et pourtant, je m'interroge. Pourquoi Bleu Terre ? Est-ce le texte ? Oui, certes, le texte ; et pourtant, non, pas le texte en lui-même, plutôt ce qu'il suggère de la sensibilité de l'auteur, ses conversations avec des êtres peuplant l'estran ou masqués par les profondeurs, la tête en l'air, l'œil cillant à l'astre facétieux. Et aussi la mémoire. Se souvenir d'un bref échange, des images qu'il suggéra. Vouloir les décalquer d'un trait malhabile, ce que seul une main tremblante sait dessiner. Cet échange eut lieu là où les manuscrits étaient déposés du côté des éditions Léo Scheer, en voici la teneur, celle que mon greffier sut saisir :
Bleu Terre – vendredi 29 août 2008 – Poisson de lune
Les quarante ou cinquante premières pages sont à couper le souffle.
J’ai cru rêver tellement c’est beau et fait résonance pour les amoureuses de la
mer et des astres. Puis j’ai préféré m’arrêter par crainte de rompre le charme.
C’est comme pour l’aquarelle ou le pastel, les matières sont tellement
agréables au toucher que tout l’art est de ne pas trop s’y complaire, sinon le
dessin risque de se fatiguer. Si j’étais jury dans un club de lectrices, je
donnerais un 10/10 pour l’écriture en tout cas.
L’âge du capitaine – vendredi 29 août 2008 – Ludivine Cissé
Si vous avez moins de vingt ans, c’est — disons — vaguement
encourageant. Autrement, votre effort est au mieux inégal. Quelques rares
trouvailles qui frôlent la poésie, mais des tonnes de clichés navrants, aussi,
et des échos de mirliton partout, partout. À moins que vous ne soyez un
amoureux comblé, auquel cas vous ne faites que confirmer, après vingt-huit
milliards d’autres niais triomphants, que le bonheur écrit décidément très mal.
Mais à en croire le commentaire précédent, votre ami(e) a aimé — et si vous
pensez que c’est l’essentiel, voire que cet avis prime sur tous les autres,
alors écrivez plutôt des listes de courses. Vous m’êtes sympathique, cela dit.
Une belle âme, sans doute.
Bleu Terre – vendredi 29 août 2008 – jeffjoubert
@Ludivine Cissé. J’ai moins de vingt ans... d’écritures... et déjà, je
cite : « quelques rares trouvailles qui frôlent la poésie. »
Venant de vous cela me fait sourire. Je parcours le blog et vos commentaires
sont toujours là, présents, pour faire mal. Les clichés, possible, mais
contrairement à vous, je ne les note pas dans mes listes de courses. Donc si
j’en fais c’est que je suis rattrapé par l’inconscient collectif... Pour finir,
merci quand même d’avoir posé vos yeux sur ces textes, et je crois que vous
avez essayé d’être « gentille ».
Bleu Terre – vendredi 29 août 2008 – jeffjoubert
@ Poisson de lune. L’écriture est ce plaisir de partager ses émotions,
ne serait-ce qu’à une seule personne... Vous avez rêvé, quitté la scène avant
de : « rompre le charme » et laissé ce commentaire, sincère, qui
me touche... Que dire d’autre : merci !
Conclusion : Merci d’avoir laissé un commentaire...
Soeur Emmanuelle – vendredi 29 août 2008 – Ludivine Cissé
@Jeffjoubert. Pas pour faire mal, non, ne vous méprenez pas. J’ai
apprécié votre travail, même si je le dis sans doute avec la maladresse d’un
style qui ne s’y prête pas. Seulement j’exècre le ménagement hypocrite et
l’indifférence qui se voile d’une appréciation molle. Votre texte manque à mon
avis de maturité, mais pas de talent ni d’ambition. Ce n’est sûrement qu’une
question de temps, et d’expérience, pour qu’en disparaissent les scories qui
m’empêchent d’être vraiment touchée. Au plaisir de vous lire davantage, et
mieux.
Bleu Terre – vendredi 29 août 2008 – jeffjoubert
@ Ludivine Cissé. Là où je vous suis c’est sur le côté « inégal
», cependant je ne suis pas certain que le temps soit un ami... (je brûlerais
bien quelques textes...)
Et ce qui est sûr, c’est que vous n’êtes pas « hypocrite »
et ce : « J’ai apprécié votre travail, même si je le dis sans doute
avec la maladresse d’un style qui ne s’y prête pas », ce doit être un sacré
compliment, du moins je le prends tel quel...
Merci... Vous me donnez l’envie de recommencer mes « listes de
courses » en évitant les scories, bien sûr...
Bleu Terre – samedi 30 août 2008 – Christian
@Franfreluche : j’ai entamé Bleu Terre ce matin — aux aurores —
comme vous m’y aviez invité. J’ai sursauté, la comptine des jours de la semaine
qui ouvre l’ouvrage souvent je l’utilisais en d’autres variations auprès de ma
fille.
Beaucoup de douceur dans ces textes, c’est charmant et
enchanteur.
Votre comparaison — du moins celle de Poisson de lune — avec
l’aquarelle et sa fragilité est très juste. J’ai lu la critique de
Ludivine Cissé nécessairement outrancière et définitive, mais qui ne manque pas
de justesse si on en atténue les traits (elle a aimé vraisemblablement avec
tout l’agacement que cela procure). Du bleu-terre à la lettre-bluette la marge
est mince ; les bluettes ne sont-elles pas aimables si l’écriture sait les
habiller ?
Oui, un recueil d’aquarelles avec ces textes en vis-à-vis serait une
bonne idée.
Bleu Terre – samedi 30 août 2008 – jeffjoubert
@Christian. Certains textes de Bleu Terre sont nés de mes impressions
sur la vue d’aquarelles de Georges Briot, un peintre que j’adore. Merci de
votre passage, de votre lecture et de ce commentaire...
Bleu Terre – samedi 30 août 2008 – Christian
@Jeffjoubert. Ah Georges Briot, je ne connais pas. J’ai trouvé ce
site : http://users.skynet.be/pascale58/page4.html
Bleu Terre – samedi 30 août 2008 – jeffjoubert
@Christian. Eh bien maintenant vous le connaissez... le lien que vous
avez trouvé est correct, cet homme peint la nature depuis de nombreuses années
et son atelier se trouve près de chez moi...
Voilà comment, j’ai pu m’inspirer de ses propres inspirations, pour
certains textes...
Bleu Terre – mercredi 22 octobre 2008 – eva baila
Jeff, je viens de lire avec plaisir Bleu Terre. J’y ai retrouvé des
chapitres que j’avais déjà lus sur un site d’écriture, et que j’avais beaucoup
aimés. À cette époque, je me souviens vous avoir demandé si vous étiez peintre
aussi, tant votre écriture semblait colorée, visuelle. J’ai maintenant la
clef : certaines évocations, dites-vous, sont inspirées du peintre Briot.
J’ai lu Bleu Terre avec la naïveté du lecteur ordinaire, profitant de la
mélancolie et de la douceur des évocations oniriques. Je n’ai certes pas l'œil
d’un écrivain, ni celui d’un éditeur, et je me suis laissée bercer par cette
douceur, sans trop de questionnement. Ce fut un très agréable moment passé avec
vous, et je vous en remercie. Toutes mes amitiés. eva-Cerf volant.
Bleu Terre – jeudi 23 octobre 2008 – jeffjoubert
@Cerf-volant. Quelle patience, puisque je sais que vous connaissez
déjà ces textes, et malgré tout, vous continuez à y prendre du plaisir...
Sachez simplement, que j’ai de nouveau envie d’écrire des textes courts, un peu
grâce à vous. Merci et amitiés. Jeff
Se demander si la réponse ne se trouve pas dans ces quelques lignes, les relire encore et attendre que la maquette soit finie, lécher... avant d'annoncer... Bleu Terre.
Christian Domec, apprenti libraire.
in Bleu Terre, Jean-François Joubert, 2010.