Journal des penchants du roseau

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vendredi 5 mars 2010

Petite annonce n° 1 : chiffrer le pilon

(je remonte cette petite annonce, il serait curieux que parmi les visiteurs des penchants du roseau il n'y ait pas quelqu'un qui possède un début de réponse. Alors, merci de me donner une piste. Pour vous séduire, je présente à nouveau ce court et magnifique reportage de FR3 sur le développement durable du pilon)

J'étrenne une nouvelle rubrique: les petites annonces.

Vous commencez à être nombreux à venir ici (1), souvent fort silencieux parfois non. Il y a donc une petite chance qu'une annonce trouve réponse. Je tente donc la première.

J'aimerais écrire un relevé d'idées simples contre le pilon, celui des livres. Il pourrait s'appeler : « Mort au pilon !... Oui mon poulet » ou autrement, nous verrons bien.

Le pilon qui est, pour le livre, la modernité du modèle économique dominant : fabriquer des déchets et les peindre en vert, j'en ignore précisément l'étendue. « On » parle de 25 % des livres façonnés.

Ma petite annonce est :

Qui peut me dire, avec l'appui de sources fiables, la quantité des livres pilonnés chaque année en France (2) ? Et, sans vouloir pousser le bouchon trop loin : Quels sont les lieux principaux du pilonnage industriel ?




Le pilonage des livres - Ma-Tvideo France3
Les livres invendus finissent pilonnés dans une usine de Vigneux. Toutes les cinq minutes, 1,5 tonne de livres y sont détruits. Le papier est ensuite recyclé dans l'industrie papetière.

(1) une centaine de personnes par jour depuis février.
(2) nous nous bornerons à la France dans un premier temps, d'une part parce que nous y résidons, d'autre part parce qu'elle a la fâcheuse manie, par la voix de ses bredouilleurs patentés, de donner des leçons à la terre entière et même parfois... à l'Univers.

jeudi 24 décembre 2009

Les Conards de Rouen - notice sur la fête des fous III.3

Le vert dominait dans le costume primitif adopté par les Conards. Emblème de la folie, sa couleur se trouvait semblable à celle que revêt la nature à la venue du printemps. Il y avait, en effet, une piquante affinité entre la future saison où allaient poindre les feuilles, qui n’était pas sans aiguillonner la fibre sensuelle des hommes, et l’époque du carnaval où l’on entrait, qui lâchait bride à tous les instincts et convoitises.

« Certainement la plus commune voix est qu’il n’y a que le prin­temps qui esveille les corps et les esprits endormis de l’hyver fascheux et mélancolique ; et puisque tous les oiseaux et ani­maux s’en rejoüissent et entrent tous en amour, les personnes qui ont autres sens et sentiment s’en ressentent bien davan­tage. » Cette livrée printanesque fut par conséquent syno­nyme de toutes les fêtes de Conardie.

Lorsque la saison du vert approchait, entre l’espace de temps compris depuis la dernière semaine de janvier « jusqu’au mardy gras suyvant, pénultième jour de fevrier » rien ne pouvait contenir l’impatience des Conards ; les mandataires de l’abbé parcouraient les rues de Rouen en soufflant dans leurs trompes ou cornets.

Les nonnains attendaient la fringante invasion, revêtues de vête­ments masculins, ce qui se trouvait être le plus haut degré de licence, comme le prouve l’un des griefs d’accusation formulés contre Jeanne d’Arc pour avoir porté des habits d’homme. – On peut dire qu’il était tacitement convenu, dans ces réunions : « que là ne seraient reçües, sinon les belles, bien formez et bien naturez, et les beaux bien formez et bien naturez. »

Marc de Montifaud, 1874.

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in Les Conards de Rouen, 2009.